Extra Spin : Interlude et histoire de noeuds

Un petit break s’impose, car on a beau avancer, débroussailler, le sujet est massif, et plusieurs axes se croisent, en fait. On pourrait aborder le sujet sur un mode chronologique tout bête, mais, paradoxalement, ce serait finalement plutôt confus, vu les ramifications entre les épisodes des spin-offs. On aurait pu aussi présenter ces derniers en suivant le déroulement des épisodes de la série principale, mais on serait passé à coté de pas mal de choses plus ou moins importantes. D’où mon choix initial, de regrouper les spin-offs plus ou moins thématiquement. Mais juste pour le fun, mêlons un peu de frise chronologique avec des regroupements par chapitre pour voir, en en profitant pour faire un peu le point.

Certaines images de FF font pleurer d'émotion, d'autres font pleurer tout court...

Certaines images de FF font pleurer d’émotion, d’autres font pleurer tout court…

On l’a vu, 1997 est une vraie date majeure dans la série, pour les raisons évoquées plus haut, à savoir naissance de deux des trois pans principaux du spin-off FF (donc du spin-oFF) (…). Mais ça fourmille encore, ce n’est pas spécialement structuré, c’est simplement le début (si l’on met de coté les quelques exceptions, tenant plus de l’utilisation abusive du nom Final Fantasy que du spin-off à proprement parler, que l’on peut retrouver dès la fin des 80’s) de la frénésie. On trouve de l’excellent comme du moyen moins, de l’essentiel comme du contingent, et ça part un peu dans tous les sens. Mais Square sort en 2003 le tristement célèbre FFX-2, qui change définitivement la donne. La raison d’être de cet épisode est simple, l’équipe ne voulait pas quitter l’univers du X, s’était attaché à celui-ci, aux personnages, et ils ont donc décidé de faire tout bêtement un autre jeu dans cet univers, à cheval entre la suite et le spin-off, placé dans la série centrale, avec son chiffre romain abâtardi d’un « -2 » disgracieux mettant d’autant plus en avant le fait qu’il ait le cul entre deux chaises, qu’il n’est assumé qu’à moitié. Seulement voilà, assumée ou non, une suite de FF, ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère, parce que, à la façon de la justice made in America, ça crée un précédent, quelque chose qu’on pourra refaire si ça nous chante (si ça nous chante, pour FFX-2, c’est une bien bonne blague d’une subtilité déconcertante (déconcertante, pour une histoire de concert, c’est… bon, ok, j’arrête…) ).Et une fois le Saint Commandement brisé, les membres de Square se sont certainement dit « bon allez, rien à battre, nous sommes de toute façon damnés à cause de notre impardonnable sacrilège, autant en profiter pour se faire de la tune dans la foulée »… Bon, ils ne se sont peut-être pas dit ça exactement comme ça, mais bref, quitte à nous avoir cassé les burettes avec une suite moisie sauce J-Pop du X, autant capitaliser sur quelque chose de plus fan, de plus service, de plus fan service. Et quoi de plus capitalisable que FFVII, je vous le demande un peu ?! Les fans, déjà à l’époque, pleuraient pour avoir droit à un remake sur PS2, puis une remake HD sur PS3. Au lieu de céder, Square décide d’initier un projet de compilation autour de FFVII, pour étayer l’univers, donner un os à ronger aux fans hardcore, et visiter d’autres genres à travers cet univers particulièrement porteur.

De l'amitié virile, de l'action de l'aventure, et des révélations sur les tenants et les aboutissants de FFVII, c'est déjà par mal, non ?

Crisis Core : de l’amitié virile, de l’action de l’aventure, et des révélations sur les tenants et les aboutissants de FFVII. Et en plus, c’est beau !

On dépasse carrément le cadre de l’exloitation de FFIV mentionné (beaucoup) plus haut. Là, on parle de jeux différents, d’OAV, d’un long métrage en image de synthèse, bref, d’un projet d’envergure, totalement dans l’esprit spin-off. En 2004 sort donc un amuse-gueule sous forme de pseudo A-RPG pour téléphone portable, Before Crisis, vous plaçant dans la peau de Turks six ans avant les évènements de l’épisode phare. Anecdotique, peut-être officieusement test de marché, c’est néanmoins le premier d’une courte série d’oeuvres gravitant autour de l’épique aventure de Cloud, Tifa, Barrett, Sephiroth et Celle Qu’on Ne Doit Pas Nommer Sinon Je Pleure Dont Le Prénom Commence Par « A » Et Se Termine par « Eris ». Dirge of Cerberus sort en 2006 sur PS2, jeu clairement orienté action/TPS/exploration, et permet d’incarner le pseudo vampire gunfighter Vincent trois ans après les aventures principales, et de retrouver entre autres Yousfi dans cette nouvelle aventure. Bien réalisé mais anecdotique. Par contre, Crisis Core, Action-RPG pur jus sur PSP, nous met dans la peau de Zack et répond à certaines questions en suspens en nous faisant vivre une aventure musclée avec phases d’exploration aux cotés de son maître, compagnon d’armes de Sephiroth, mais aussi de Cloud. Plus intéressant, mieux foutu, avec une bonne durée de vie, on prend plaisir à combler enquêter, bastonner, et goûter à cette trame addictive, malgré le changement drastique en comparaison du RPG originel. L’opération est un succès en demi-teinte et se trouve augmentée d’une OAV, Last Crisis, décrivant la fuite de Cloud et Zack après les évènements tragiques de Nibelheim, village natal de Cloud massacré par un Sephiroth devenu fou, ainsi que d’un long métrage en image de synthèse très beau, Advent Children bien foutu, mais qui ne dépasse jamais vraiment le stade du déballage technique et du fan service.

REFLEXFFivaliceBref, un bilan en demi teinte pour ce coup d’essai autour du géant FFVII, dont le relatif échec d’estime tient en grande partie au fait que les fans de cet épisode sont des fans hardcore cherchant à recapturer les feelings de l’époque, coche complètement loupé par cette compilation disparate. Reste que Square est à l’évidence bien rentré dans ses sous, et n’a pas l’intention de s’arrêter là, puisque, après avoir développé l’épisode online qui n’existe pas, on nous annonce un autre projet de compilation centré autour de FFXII appelé Ivalice Alliance, et cette fois-ci contemporain de l’épisode central. En effet, dès l’année de sortie de Final Fantasy XII, 2007, voit le jour FFXII : Revenant Wings sur DS, qui s’ouvre sur une magistrale introduction nous rappelant que la DS en a dans le ventre et mettant en scène Vaan et Penelo avec un design plus gamin que dans FFXII, malgré le fait qu’un an se soit passé depuis la fin de l’épisode sur PS2 (Nintendo oblige), et donne dans une sorte de Tactical-RPG en temps réel de bonne facture. On a aussi droit au tout nouveau tout beau FF Tactics A2, dernier né de la série, mais pas le meilleur, comme vu plus haut, et Square en profite pour rééditer et inclure dans la foulée FF Tactics premier du nom sur PSP en le gratifiant d’une nouvelle traduction faisant honneur à la qualité d’écriture originelle. Et vu que ça se passe à Ivalice à une autre époque, resortir un jeu datant de dix ans auparavant s’avère une tricherie tolérable ne posant en tout cas aucun problème de continuité, et permettant à cette perle de revoir le jour. Unité de territoire, les terres d’Ivalice, à travers des époques différentes, sorties rapprochées, étendues sur à peine un an, tous territoires confondus, Square frappe fort avec ce projet, l’épisode XII étant d’autant plus considéré comme une remise en question drastique des mécaniques ancestrales de la série. Ce qu’ils avaient tenté a posteriori avec FFVII, ils l’ont réussi avec Ivalice Alliance.

Lightning, nouveau style pour un baroud d'honneur dans la fin de la trilogie du XIII porte-malheur

Lightning, nouveau style pour un baroud d’honneur dans la fin de la trilogie du XIII porte-malheur.

Et autour du XIII a pris forme un projet d’une envergure encore plus massive, Fabula Nova Crystallis, mais d’une grosse bombe, on a vite basculé au statut de pétard mouillé, entre FFXIII Type 0 qui ne verra probablement jamais le jour ailleurs qu’au Japon, malgré la beauté sans conteste du jeu et sa dimension massive et adulte, mais tout bêtement sorti sur une PSP en fin de vie, FF Versus XIII en exclusivité PS3 qui commence à accumuler presque autant de retard que The Last Guardian, et ne fait plus trop rêver, un FFXIII qui a divisé comme rarement, un FFXIII-2 qui fleure bon le retour en arrière et la tentative de séduction à la va-vite des fans mécontents, et un Lighting Returns qui continue dans la séduction et la volonté de prendre en compte les remarques des fans, mais qui pourrait être l’épisode de la réconciliation, après les audaces étouffées par des couloirs du premier et l’odeur d’excuse indirecte du second à coups de courbettes devant les exigences des fans, un épisode qui pourrait réussir là où les deux précédent se sont plutôt plantés, à condition que l’on ait bien voulu aller jusqu’au bout des deux autres, ce qui n’est clairement pas le cas de bon nombre de fans. Bref, le destin ne semble pas sourire à la Nouvelle Fable du Crystal, et on attendra de voir comment Square retournera la vapeur avec le XV (le XIV n’existant évidemment pas). Mais voilà pour les trois grands projets de spin-offs officiels de Square, la pause clope est finie, et on redémarre fort avec la dernière grosse série de spin-offs parallèle. C’est reparti!

4 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Toma, tu es un génie.

    Non seulement tu arrive à nous proposé un article que j’ai du lire en 2 fois tellement il était dense; Mais en plus tu ne nous perds pas dans des explications abracadabrantesque !
    Grâce à toi, je connais maintenant la stratégie de square en terme de spinn off, à travers le temps; Mais aussi ceux que je ne dois pas manqué.

    Tu m’as donné envie de me mettre au KH PSP, à Chocobo dongeons, etc… Mais tu m’as surtout donné envie de replonger dans des « vieux » FF. J’en avais oublié la magie.

    Du coup, grâce à toi, je me suis mis à FF6, que je n’avais jamais fait…

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Content que tu y aies trouvé ton compte, ô Serpentissime, tes éloges me vont droit au coeur!!
    Mais la vraie récompense, c’est de savoir que ça t’a remis la FFFever, et surtout que tu es en train de découvrir le sublime FF6, tu m’en diras des nouvelles ;-)!

    (et le KH PSP, c’est une valeur sûre, aucune hésitation à avoir tu peux y aller les yeux fermés (même si les yeux ouverts, le jeu est plus beau, quand même)

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      ^^ J’ai fait seulement 20 minutes à FF6.
      Mais il a l’air bien trippant.

      En fait, j’ai toujours eu peut de me confronter à un jeu en Anglais. Ce sera une première pour moi, et pour l’instant, je m’en sors pas trop mal dans la compréhension.

      J’ai toujours fait un blocage avec l’anglais. Espérons que ça disparaisse grâce à FF6

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  1. […] Final Fantasy est une licence à part, tous les joueurs vous le diront, les meilleurs Final Fantasy sont ceux pour lequel on a joué pour la première fois. Généralement un volet de Final Fantasy plait à une certaine génération de joueur et d’autres non, chacun voit midi à sa porte notamment grâce/à cause des univers originaux et changeants à chaque volet. Pour grossir le schmilblick avec la plus grosse mauvaise foi au monde, les intellectuels qui pullulent les internets aiment le sixième volet, parce qu’il est super et que vous avez tort. Les Kikoo se retrouvent à aduler le 7 et le 8 parce que c’est trop dark et cool, et que par conséquent vous avez tort de les dénigrer. Les connards de rétrograde aiment le 9 parce qu’il reprend la féerie des premiers volets donc vous avez tous tort. Puis il y a le dixième volet, flinguer par le consensus décrit quelques lignes plus haut, mais paradoxalement aimés et aduler par ceux qui ont découvert le jeu vidéo par le biais de la Playstation 2, ces nouveaux joueurs nés pendant l’émergence de la consommation du jeu vidéo en France et grandi avec des frères (ou sœurs) déjà touchés par la fièvre du Jeu Vidéo à l’image de mon petit frère. Donc, vous avez tort également bande de sagouins. […]

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