GTA

GTA, ce sont trois lettres qui en disent beaucoup. Ces jeux qu’on appelle Grand Theft Auto sont d’abord une série de jeux en open world traduisant  les dérives de la société américaine à l’excès de 1997 à nos jours. Mais ils font également partie d’un phénomène de société, donnant des frissons extrêmes aux fans et déclenchant les plus grandes colères des opposants. Quand des procès, des politiques, des émissions entières, des journaux sont liés à un média, ce n’est plus un simple divertissement. Et nous allons faire un tour d’ensemble de la question en prenant des épisodes-étapes de la série.

GTA 1 : Un pari risqué

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Les jeux vidéo sont considérés comme étant violents ou abrutissants, mais ça c’est surtout maintenant. Dans le milieu des années 90, l’explosion grand public a tout juste débuté avec l’arrivée de la Psone et le jeu vidéo garde encore la dimension de jouet pour gamins. DMA Design (sans Rockstar) donne un bon coup de pied dans le tas avec Grand Theft Auto.  Le tout est mis en avant dans les publicités par les arguments suivants : faites ce que vous voulez quand vous voulez. Il n’y a d’ailleurs aucun scénario. La volonté de polémique chère à la série n’est pas innocente, et notamment avec le titre du jeu. Grand Theft Auto est en fait un terme utilisé pour désigner le vol d’une voiture aux Etats Unis. Mais pas seulement….

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Aux USA, le jeu commence à se vendre avec une publicité assez réduite. Mais une idée germe dans la tête pleine de DMA Design pour faire parler de leur nouveau titre. Max Clifford, publiciste reconnu pour ses travaux avec Frank Sinatra ou Marvin Gaye, va faire une chose rare pour l’époque. Il va forcer la polémique en écrivant une série de faits divers dans la presse nationale, augmentant le succès du jeu part le bouche à oreille. Ce qui est assez étonnant car après cette histoire, c’est que la polémique sera plus tard subie et non voulue, même si ça aide aux ventes. En France, l’association Familles de France commence à se faire connaître dans le domaine des jeux vidéo.  Pour ceux qui ne connaissent pas, cette association familiale part du principe de la bonne éducation des enfants mais exagère le trait sur tout ce qui est numérique au dessus de la limite de 12 ans. Dans le cadre de GTA premier du nom, en s’associant avec les syndicats de police Alliance et SCP-CUP ; Familles de France réussit à faire interdire le jeu sur l’ensemble du pays, considérant qu’il fait appel au meurtre des forces de l’ordre. Mais cela ne dure qu’un temps, et après la vente sous le manteau, le jeu est finalement remis en vente. Ce qui explique que le jeu fera un semi bide avec également une couverture médiatique plutôt faible. Au Brésil, En Espagne, en Allemagne et en Australie le jeu sera soit fortement censuré, soit complètement banni. Au final, le jeu aura un succès honnête pour l’époque car au delà de la polémique, le jeu a de vraies qualités. Il ne se base pas uniquement sur le politiquement incorrect, à l’instar d’un Boogerman ou d’un Postal III, mais prouve aussi sa maîtrise du monde ouvert, et que le jeu vidéo peut faire parler de lui au delà du simple cercle des geeks.

6 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Un vrai plaisir que de se laisser emporter à travers l’histoire de cette série qui, au delà des notions de goûts et de couleurs, a osé cartographier des zones du ludoland sans jouer l’autruche, en forçant à se positionner face à des problématiques présente dans le jeu vidéo au sens large sur un mode frontal, mais loin d’être dénué d’intelligence et de verser dans la simple provoc (même si le premier a son petit coté postal quand même^^).
    Dommage que finalement, le débat ait été stérilisé par le manque d’intelligence de l’opposition, restant au raz des paquerettes sur le mode du classique et galvaudé « le jeu vidéo rend-il violent ? » en postulant que le gamer est stupide et ne sait pas faire la différence entre virtuel et réel.

    C’est aussi assez marrant de voir l’impact qu’a pu avoir la scène de boule de San Andreas, ainsi que la relation timide du jeu vidéo même 18+ à la représentation du sexe (dans God of War on a droit à un bout de sein et un coup de schpatz hors écran, et il n’y a guère que dans le magistral Witcher 2 qu’on a droit à de la fesse et du poil!) quand on tombe sur les titres de Mystique sur Atari 2600, soit au début des 80’s, quand même! Les culs bénis et les bien pensants n’avaient peut-être pas investi dans la console ?

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  2. Flbond-
    Flbond- dit :

    La relation aux scènes de violence ou de sexe dans les jeux vidéos témoigne d’une certaine incompréhension des adversaires pour ce média, qu’ils ne controlent finalement que peu. Le plus virulent à la limite de la pathologie reste quand même Jack Thompson.

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  3. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Rétrospective très intéressante ! Pour revenir sur l’ouverture en fin d’article, il est amusant de regarder comment évoluent les polémiques autour de la série. Si ça a d’abord commencé par ce qui était à la mode dans les années 90, la violence (souvenez-vous des polémiques autour de Doom), ça a doucement viré au sexe et à la drogue dans les années 2000 pour finir aujourd’hui sur la misogynie de GTA V !

    A vrai dire chacun des jeux présentent en gros le même type de sujets, ce sont donc les intérêts et préoccupations de la société qui changent !

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    • Flbond
      Flbond dit :

      Bonne analyse, je pense qu’à travers la série GTA, c’est l évolution du jeu en général qui est évoqué. On a l’impression que les opposants ont voulu dans un premier temps étouffer le média dans les années 90 avant de lui attribuer les plus grosses horreurs. En quelque sorte le cinéma a aussi eu les mêmes histoires.

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  4. Le serpent
    Le serpent dit :

    Gta est toujours allé loin. A la fois dans la critique de la société americaine, que dans la violence. Reste à comprendre l’orientation de tout ça.

    Malheureusment les médias dominants ne comprennent pas le jeu vidéo. Journaux télévisés en tête. C’est à mon avis un un problème de génération qui sera résolu, tout seul, dans une vingtaine d’annéee lorsque les enfants des année 80 deviendrons les dirigeants des médias dominants.

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