GTA San Andreas : Café chaud

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En 2004, le jeu Grand Theft Auto San Andreas (ou GTA SA)  sort dans les bacs et bénéficie d’un contenu très impressionnant et d’une liberté sans égale. Il sera d’ailleurs très bien accueilli par la presse et les joueurs car il va faire une double performance : devenir le jeu le plus vendu de 2004 et un des jeux les mieux notés de la PS2. Personnellement je ne suis pas un fan absolu de la série, mais San Andreas est le jeu qui m’a le plus passionné. Je ne vais pas être original en disant que les anti Rockstar ont hurlé, mais le plus étonnant reste que la raison de la colère est un mini jeu caché : le Hot Coffee. Nombreux sont ceux qui connaissent ce mini jeu mais voilà le principe. Le héros de l’aventure CJ peut se lancer dans une partie de joyeusetés avec une fille de son choix. Il peut également choisir la position pour varier les plaisirs. Maintenant on a plus l’impression de voir un combat de legos, surtout que tout le beau monde est habillé, mais 9 ans auparavant les esprits s’échauffent. Dans un premier temps, la révélation de ce mod est tout de suite contestée, considérée rapidement comme un fake. Mais la confirmation est arrivée peu de temps après, et aux USA l’affaire éclate. Il n’en faut pas plus pour que Super Jack Thompson reparte au combat, et sa cible sera le président de l’Entertainment Software Association : Doug Lowenstein. Dans les critiques douces adressés au lobby des jeux vidéo, il accuse le président d’être un frustré sexuel, de briser les fondations de l’indépendance Américaine et d’être un voleur né (j’adore cet homme).

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Mais fait assez exceptionnel, un politique de premier rang s’occupe aussi de la nouvelle affaire. C’est Hillary Clinton, femme de l’ex-président Américain et à cette époque sénatrice, qui considère en appeler à la loi pour durcir les restrictions apportés aux jeux violents et/ou pornographiques. Elle tient une conférence de presse le lendemain pour clarifier ses positions. Mais l’ESRB (l’équivalent Américain de notre PEGI) prend les devant, et pour apaiser la polémique élève la classification de M pour mature à AO pour non-distribuable en magasin. Rockstar décide donc de rééditer une version sans le contenu suspect (même si inaccessible), et ce au moment où la NRA (lobby des armes) en remet une couche pour se dédouaner. Une autre polémique parmi tant d’autres voit le jour quelques temps plus tard, avec une accusation de racisme important. En effet, le jeu représente quasi exclusivement des afros américains. Rockstar répliquera par une déclaration comme quoi le jeu traite d’une guerre des gangs comme dans le Bronx, et que la vérité est bien plus violente que ce que le jeu veut montrer.

En Europe et en France plus particulièrement, l’impact de cette affaire est bien moins importante. Non pas par opposition au puritanisme des USA, mais surtout dû au fait que la classification PEGI a attribué la plus grande classification à GTA San Andreas avec 18+. Les critiques ont plutôt été consacrées comme toujours au côté supposé manipulateur, violent ou encore abrutissant (Lorent Joffrin – Libération). Famille de France bouge encore de leur côté et affirme détenir le lien entre les jeux vidéo et la drogue, lien que l’on attend toujours aujourd’hui. Mais les critiques semblent de moins en moins efficaces, tandis que de plus en plus de joueurs prennent goût à la valeur sure d’action et de fun.

 GTA IV : Blockbuster et Jack Thompson

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GTA IV franchit une nouvelle étape dans le rayonnement de la série. La promotion se rapproche dorénavant bien plus d’un blockbuster holywoodien, avec notamment des affiches dans tous les cinémas, des trailers coincés entre deux super productions et un bon nombre de teasers : 13 plus exactement. Chacun de ceux-ci est accompagné d’une bande-son des grands artistes de rue du moment. Le budget est également le plus important à ce jour (GTA V excepté) avec 100 millions de dollars, développement et marketing compris en surpassant des films comme Terminator/StarWars/Indiana Jones.

Mais qu’entends-je ? Monsieur Thompson s’embête chez lui et veut gueuler ? Eh bien oui il est de retour. Cette fois ci il intente un procès contre Take Two, ces derniers attaquant Jack Thompson. Le premier veut interdire GTA IV (ainsi que Bully), pour violence envers les mineurs et qu’ils soient déclarés « dangers publics ». Les seconds pour que le premier arrête ses gamineries et se calme direct. Le procès ne se déroulera pas car les deux parties se sont mis d’accord. On pense que l’avocat tendu s’est calmé, mais il n’en est rien. Quelques mois plus tard, celui-ci s’en prend directement à Strauss Zelnick, et plus précisément sa mère. Dans une lettre parue dans Metro, il déclare à la pauvre dame que son fils fait « du commerce de porno et de violence », et qu’elle « devrait avoir honte ». Zelnick répliqua par une plainte pour menaces, poussant Thompson à se justifier par le fait que la lettre devait arriver à l’avocat de Take Two, et non la mère de son président. Les seuls avantages de ces polémiques ont été de discréditer définitivement l’homme et de renforcer l’image ludique et associée à des meurtres de Grand Theft Auto. Il faut être attentif avec les plus jeunes et laisser le jeu aux majeurs, mais ne pas tomber dans l’excès inverse. Et les affaires à venir, que ce soit un taxi fou en Thailande, des meurtriers nudistes, une grand mère de 90 ans tuée, ont été associées au jeu sans avoir énormément d’impact sur l’opinion. En France, l’émission Grand Journal accorde une chronique spéciale au jeu, montrant que l’impact de celui ci est national. Bien sur les ventes ont été ahurissantes.

A  retenir

Grand Theft Auto est une série qui fait et qui fera parler un long moment. Je n’ai pas parlé d’absolument toutes les affaires ou caractéristiques qui auront marqué le parcours de la série, mais on voit clairement qu’au delà d’un simple jeu, ou d’un grand n’importe quoi politiquement incorrect, ces jeux ont un sens. Bien sûr on peut aimer ou détester, mais dans l’évolution du jeu, la série open world a su devenir un phénomène de société qui déchaîne les passions. Et ce n’est pas fini car en moins d’un mois, GTA V aura engrangé plus d’un milliard de dollars, et déclenché 3 ou 4 polémiques. En bref une série à essayer qui mérite sa place dans l’histoire du jeu vidéo.

Flbond

6 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Un vrai plaisir que de se laisser emporter à travers l’histoire de cette série qui, au delà des notions de goûts et de couleurs, a osé cartographier des zones du ludoland sans jouer l’autruche, en forçant à se positionner face à des problématiques présente dans le jeu vidéo au sens large sur un mode frontal, mais loin d’être dénué d’intelligence et de verser dans la simple provoc (même si le premier a son petit coté postal quand même^^).
    Dommage que finalement, le débat ait été stérilisé par le manque d’intelligence de l’opposition, restant au raz des paquerettes sur le mode du classique et galvaudé « le jeu vidéo rend-il violent ? » en postulant que le gamer est stupide et ne sait pas faire la différence entre virtuel et réel.

    C’est aussi assez marrant de voir l’impact qu’a pu avoir la scène de boule de San Andreas, ainsi que la relation timide du jeu vidéo même 18+ à la représentation du sexe (dans God of War on a droit à un bout de sein et un coup de schpatz hors écran, et il n’y a guère que dans le magistral Witcher 2 qu’on a droit à de la fesse et du poil!) quand on tombe sur les titres de Mystique sur Atari 2600, soit au début des 80’s, quand même! Les culs bénis et les bien pensants n’avaient peut-être pas investi dans la console ?

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  2. Flbond-
    Flbond- dit :

    La relation aux scènes de violence ou de sexe dans les jeux vidéos témoigne d’une certaine incompréhension des adversaires pour ce média, qu’ils ne controlent finalement que peu. Le plus virulent à la limite de la pathologie reste quand même Jack Thompson.

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  3. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Rétrospective très intéressante ! Pour revenir sur l’ouverture en fin d’article, il est amusant de regarder comment évoluent les polémiques autour de la série. Si ça a d’abord commencé par ce qui était à la mode dans les années 90, la violence (souvenez-vous des polémiques autour de Doom), ça a doucement viré au sexe et à la drogue dans les années 2000 pour finir aujourd’hui sur la misogynie de GTA V !

    A vrai dire chacun des jeux présentent en gros le même type de sujets, ce sont donc les intérêts et préoccupations de la société qui changent !

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    • Flbond
      Flbond dit :

      Bonne analyse, je pense qu’à travers la série GTA, c’est l évolution du jeu en général qui est évoqué. On a l’impression que les opposants ont voulu dans un premier temps étouffer le média dans les années 90 avant de lui attribuer les plus grosses horreurs. En quelque sorte le cinéma a aussi eu les mêmes histoires.

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  4. Le serpent
    Le serpent dit :

    Gta est toujours allé loin. A la fois dans la critique de la société americaine, que dans la violence. Reste à comprendre l’orientation de tout ça.

    Malheureusment les médias dominants ne comprennent pas le jeu vidéo. Journaux télévisés en tête. C’est à mon avis un un problème de génération qui sera résolu, tout seul, dans une vingtaine d’annéee lorsque les enfants des année 80 deviendrons les dirigeants des médias dominants.

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