A bras raccourci

Un second flashback en guise de tutoriel vous enseignera l’essence du gameplay, qui tranche avec les habitudes du dungeon RPG sauce nippone et ses combats au tour par tour, en proposant du temps réel et deux axes principaux : la taillade franche, et le contre, ne se maîtrisant qu’au prix d’une lecture attentive des patterns et de patience. Car chaque démon a son propre rythme interne, ses points faibles, ses phases de garde, et un cycle d’attaque représenté par une jauge circulaire en bas de l’écran. Et certaines attaques peuvent être contrées, à condition de frapper juste, tant en terme de timing que d’orientation du coup. Si le premier combat contre un démon à quatre bras relève de la promenade de santé, les choses se compliquent lorsque plusieurs monstres vous encerclent, transformant les combats en une danse rythmique menée au fil de l’épée, particulièrement réjouissante, invoquant les plaisirs coupables éprouvés lors des premiers essais de Fruit Ninja en y intégrant certains codes du rythm game plus que du jeu de combat à proprement parler.

screenshot_2-768

De même que les adversaires ont leur jauge, Sasha, lorsqu’elle enchaîne les combos, fait grimper la sienne. Une fois celle-ci remplie, la mise à mort du démon sera suivie d’un court « bullet-time », comme on dit, durant lequel il vous faudra découper habilement et rapidement, membres, perle oculaire et autres joyeusetés, denrées permettant à Sasha d’évoluer à travers un arbre de compétence simple et efficace, à l’image du reste du jeu.

severed-decoupe

De Sony à Nintendo : d’un Monde des Morts à l’Autre

De par son game system, et un certain succès sur PSVita -nom teinté d’une cruelle ironie quand on assiste impuissant à son inexorable déclin, abandonnée même par Sony à l’international, les jeux japonais ayant de plus en plus de mal à franchir les frontières de l’archipel-, DrinkBox Studios prolonge l’aventure vers une autre terre d’infortune vidéoludique : la WiiU. Et force est de constater que le jeu est d’autant plus confortable sur Mablette, ne serait-ce que de par la taille de l’écran. Severed est à sa place sur WiiU, seule console à part la Vita à pouvoir respecter intégralement son gameplay… Seule ? Non, n’oublions pas la 3DS! Ce qui tombe drôlement bien, puisqu’on retrouve Severed sur les deux supports, et que le jeu est cross-buy ! Elle est pô belle la vie, hein ?! Et la 3DS, si sa définition ne permet pas la comparaison avec la Vita et la WiiU, se montre parfaitement à la hauteur en terme de plaisir de jeu, avec à l’appui une gestion des deux écrans faisant autrement plus sens que sur WiiU, qui propose aussi de sous-exploiter votre écran HD en y affichant la map générale, mais vous permet heureusement aussi de faire de votre télé le miroir de l’action à même la Mablette. Et le plaisir de pouvoir projeter les images du jeu sur grand écran ne se refuse pas, la Mablette ayant un poil tendance à pixelliser certaines diagonales. Dans les deux cas, la possibilité d’aborder le jeu à stylet armé offre une variation particulièrement à propos du gameplay tactile originel dans un jeu où tout se joue à l’épée.

severed-artwork

A retenir

Severed réussit, l’air de rien, et malgré ses imperfections, un tour de force : respecter les codes du dungeon crawler avec son déplacement case par case et ses affrontements à répétition, tout se les réappropriant, à travers une direction artistique de toute beauté avec son choix des couleurs aux formes tranchées et traits nets, et un game system simple et efficace, rythmé par une approche singulière du combat en temps réel. Les énigmes qui jalonnent votre parcours sont suffisamment claires pour ne pas être étouffantes, et offrent toujours ce petit sentiment de satisfaction personnelle, signe des jeux bien équilibrés, intégrant, outre des séquences ADN du jeu de rythme et du jeu de combat celles du MetroidVania, à travers des glyphes muraux et autres boucliers solaires/lunaires que l’on devine actionnable une fois les capacités adéquates débloquées. On pourrait reprocher la répétitivité du titre à la longue, malgré un renouvellement du bestiaire et des environnements, ainsi qu’une certaine facilité globale dans un jeu où l’on se sent rarement vraiment en danger, les checkpoints étant Legion, mais ce serait pinailler. Car le plaisir est là. Plaisir des yeux, des oreilles -les environnements sonores sont particulièrement bien en place, participant activement à l’ambiance générale-, et surtout plaisir du jeu. Et l’offre du cross-buy est un plus qui ne se refuse pas! Non, Severed n’est pas parfait, mais c’est un jeu entier, malgré ce qu’évoque son titre…

Informations sur le jeu

Plateforme : PS Vita, WiiU, 3DS

Genre : Action-Dungeon Crawler

Développeurs : DrinkBox Studios

Éditeur : DrinkBox Studios

Date de sortie : 26 avril 2016

toma über

wenig

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *