Toucher le cœur des joueurs

Les thèmes abordés dans Persona 5 vous seront très familiers, de par leur modernité, dans le sens où ils sont toujours d’actualité. Le propos du jeu vise juste et le joueur se sent concerné par cette justice erronée, incapable de punir les véritables mécréants qui sévissent dans l’ombre. L’adulte corrompu par ses désirs pervertis qui impose sa vision du monde aux plus faibles est l’ennemi numéro un des Voleurs Fantômes.

L’écriture de Persona 5 – et sa traduction aux petits oignons – n’a vraiment pas à rougir devant celle de ses aînés. D’une justesse implacable, elle vient transpercer nos petits cœurs de joueurs, novices ou chevronnés, par des vérités inéluctables. De l’impuissance des uns aux velléités de singularité des autres, du libre-arbitre humain que l’on dénature par des désirs égoïstes refoulés à la reconnaissance d’autrui, les thèmes sont nombreux et subtilement mis en avant.

Le Café Leblanc ressemble étrangement au bar Stray Sheep de Catherine

En sus des thèmes principaux, notons également les différents sous-thèmes sociétaux abordés au travers de conversations houleuses, profondes ou passionnées avec les différents protagonistes du jeu. Le tout étant régi par cette immortelle notion de la Persona, masque social que l’on tend à porter afin de cacher notre nature véritable, tout en adoptant des comportements différents nous permettant d’obtenir la reconnaissance d’autrui.Nos choix ne sont-ils finalement pas dictés par notre volonté de faire progresser nos relations sociales ? Représentent-ils notre Soi – ou notre personnalité réelle – ou ne serait-ce qu’une adaptation de nos comportements à la personne à laquelle nous nous adressons ?

En mettant le joueur en situation, en plein cœur de ce thème central qui régit le jeu, grâce notamment à l’utilisation d’un personnage taciturne à souhait sur lequel nous projetons notre propre personnalité, les développeurs font usage de ce concept Jungien en piégeant le joueur, finalement prisonnier de ses choix, liés notamment à sa condition sociale et à sa volonté de s’identifier à autrui.

A Retenir

Persona 5 avait la lourde tâche de réconcilier les fans de la première heure et ceux de la deuxième vague de jeux de la série. En tirant profit du succès commercial du 4e opus, cet épisode améliore quasiment tout de ce qui faisait de Persona 4, déjà, un RPG atypique et prenant. En se classant aisément au rang des meilleures expériences vidéoludiques du genre à ce jour, il gagne le pari risqué de rester fidèle à sa nouvelle ligne de conduite tout en devenant toujours plus accessible aux néophytes. Ce n’était pas gagné d’avance. Après avoir placé la barre très haute, la série Persona continue finalement son petit bonhomme de chemin tout en abordant intelligemment des thèmes sociétaux actuels grâce à une écriture soignée et un Japonais diablement bien traduit. Alors si vous êtes malheureusement allergiques à l’Anglais, il est grand temps de vous reprendre en main. Si vous êtes un grand fan de JRPG en tous genres, voilà l’occasion rêvée de vous forcer à reprendre les bases. Car il serait dommage de passer à côté – et sans honte, aucune, je le clame avec la passion pour ce médium qui me fascine tant – de ce chef-d’œuvre du JRPG.   

ClishClash

Informations sur le jeu

Plateformes : PS3 (Japon)/PS4

Genre : JRPG/Dungeon Crawler/Dating-Sim

Développeur : Atlus (P Studio)

Éditeur : Atlus / Deep Silver

Date de sortie : 15 Septembre 2016 (Japon) / 4 Avril 2017 (France)

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