Shin Megami Tensei – Persona … La série spin-off qui fâche.

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Persona 2 – Innocent Sin/Eternal Punishment :  Gossips, Joker & other drugs

Parlons maintenant du cas épineux de Persona 2. Divisé en deux épisodes distincts, Persona 2 se passe dans un univers où les événements du premier opus ont bel et bien eu lieu. Le format a de quoi surprendre mais à posteriori on se souvient par exemple des deux très bons SMT : Devil Digital Saga qui avaient la particularité de découper la même histoire en deux épisodes qui auraient très bien pu ne faire qu’un à vrai dire. Et bien ici, ce n’est absolument pas le cas. Certes, les deux épisodes se complètent très bien – et difficile d’évoquer ces subtilités sans spoiler l’intrigue –  mais ils ne se suivent pas. Les événements du deuxième épisode se déroulent dans un monde où les événements du premier n’ont pas eu lieu. D’une certaine manière, on peut considérer ces deux épisodes comme faisant partie d’un trio indéboulonnable en compagnie du premier titre.  Malheureusement, les deux épisodes initiaux ne sont jamais sortis en France et si le premier, intitulé Persona 2 : Innocent Sin s’est refait une beauté via son remake sur PSP sorti en 2011 dans nos contrées, le deuxième n’a malheureusement pas eu droit aux mêmes égards et s’est vu refermer devant lui les frontières nippones. Qu’il est utile de pouvoir poser les mains sur le remake du premier sans pouvoir toucher à sa suite ! – petit indice : vous pouvez le télécharger si vous avez un compte PSN US. Le problème, c’est évidemment que la majorité des joueurs n’ont pu jouer qu’au remake du premier volet et logiquement, il faut s’attendre à recevoir un petit choc au moment d’entamer le deuxième, l’oeuvre originale donc. La question qui se pose d’emblée, c’est peut-on ne jouer qu’à Innocent Sin et pas à Eternal Punishment, son petit frère ? Oui, bien entendu. Le contraire ? C’est un peu plus compliqué tant les références à ses deux prédécesseurs pullulent à travers l’épisode en question.

L’histoire du premier épisode se déroule à Sumaru, une petite ville balnéaire japonaise. Nous incarnons Tatsuya Suou, un lycéen plutôt populaire dans l’établissement mais qui préfère davantage s’isoler que de se fondre dans la masse. Dans la ville, les rumeurs vont bon train, il paraît même que ces ragots deviennent réalité grâce à une entité appelée le Joker. Suite à un guet-apens organisé par une bande venue d’un autre lycée, les Personae du héros et de ses amis s’éveillent et les voilà contactés par l’étrange Philemon, déjà apparu dans le premier opus. C’est ainsi qu’avec les informations dont ils disposent, ils se mettent à jouer à une sorte de jeu permettant d’invoquer le Joker, ce qui finit par arriver. Ce dernier semble avoir une dent contre Tatsuya notamment et veut se venger d’un « péché » commis par la petite bande. Comme ces derniers sont pris d’amnésie, la vengeance n’a évidemment pas la même saveur et le Joker disparaît. C’est ainsi que l’aventure est lancée afin de débusquer ce Joker et de mettre un terme à ses agissements. En ce qui concerne le scénario, on peut dire qu’Atlus a su apprendre de ses erreurs tant l’histoire est bien narrée et le rythme maîtrisé. Les enjeux du scénario sont multiples et les thèmes abordés sont nombreux, entre l’occultisme, la vengeance, l’acceptation de soi, etc. Souvent vanté pour son scénario de qualité, Persona 2 : Innocent Sin ne faillit pas à sa réputation et magnifie le travail entamé par le premier opus.

Eternal Punishment reprend le même concept que son aîné. Dans la petite ville de Sumaru, vous incarnez cette fois Maya Amano, l’une des protagonistes majeurs d’Innocent Sin. La rumeur dit que si vous appelez votre propre numéro, le Joker en personne vous accordera une requête bien spéciale : vous pourrez lui désigner la cible de votre choix, cible qu’il ira ensuite assassiner pour vous. Vous enquêtez donc sur l’affaire afin de démasquer le Joker. Tout aussi bien amené, le scénario est, comme dit précédemment, blindé de références aux deux premiers épisodes. Afin d’en tirer le meilleur, il vaut mieux avoir joué aux deux premiers épisodes au préalable. Le problème d’Eternal Punishment est probablement son manque de nouveauté par rapport à IS, malgré des qualités équivalentes sur le papier.

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Une « Fusion Spell » , prédecesseur de la « All-out Attack » de Persona 3

Si dans Revelations : Persona, le rythme était très saccadé à cause notamment d’un laps de temps étonnamment court entre chaque combat, la mapmonde n’étant même pas épargnée, ici, il n’en est rien. Le joueur peut voguer facilement d’un quartier à l’autre sans devoir faire face à une horde de monstres déchaînés. Les combats en donjon restent néanmoins légion. Précisons d’ailleurs que la caméra subjective a été remplacée par une vue en plongée ajustable. Les mêmes donjons labyrinthiques remplis de démons propres à la série sont de la partie. Cette fois, la Velvet Room – la chambre située entre le réel et l’irréel permettant d’invoquer de nouvelles Personae – et les fournisseurs de stock en items, armes ou armures ne se trouvent plus dans les donjons et on peut enfin se préparer pour les prochaines batailles en toute sérénité.  Le placement stratégique des personnages a disparu, ce qui est dommage car l’aspect tactique du concept était plutôt appréciable mais en revanche, changer de Persona en cours de combat ne vous fait plus passer votre tour, comme c’était le cas dans le tout premier opus. La seule chose qui change véritablement au final entre les deux Persona 2 au niveau du gameplay est le système de négociations. Dans IS, chaque personnage a plusieurs choix de dialogues mais on peut choisir d’envoyer plusieurs personnages en même temps, ce qui crée quelques idées de dialogue bien sympathiques tandis que dans EP, les personnages n’ont plus qu’un seul et unique choix de dialogue. En revanche, les possibilités de combinaison entre les divers personnages sont beaucoup plus nombreuses. En plus des possibilités de contacter les démons et des classiques attaques physiques et attaques de nos Personae, les attaques « Fusion Spell » nous permettent d’effectuer des attaques à plusieurs en choisissant les attaques correspondantes dans le menu pour les déclencher. Malheureusement, on n’a toujours pas véritablement de bonus notable lorsqu’on utilise une attaque à laquelle les ennemis sont très vulnérables et les altérations d’état durent parfois indéfiniment. (Très aléatoire au final…)

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Le « mystérieux » Joker dans Eternal Punishment

Le premier Persona était assez ardu mais IS ne suit pas le même chemin que son aîné. Très facile durant les deux premiers tiers du jeu, il parvient enfin à offrir quelques combats dignes de ce nom dans la dernière partie du jeu. Chose d’ailleurs réparée par sa suite qui parvient à nous offrir un véritable challenge à finir en 40/50 heures en ligne droite. Il convient également ne pas négliger le système de fusion des Personae afin d’obtenir les meilleures alliés possibles. Pour ce faire, contacter les démons et les convaincre de vous donner des cartes de la catégorie dont ils sont issus vous permet d’échanger ces dernières contre certaines Personae dans la Velvet Room.

Les deux Persona 2 sont peut-être la meilleure combination entre gameplay & scénario de la série. Outre ses qualités narratives, le concept des rumeurs est extrêmement bien conçu et efface les limites du possible. Devenir une véritable rock star, proclamer la fin du monde, transformer un sushi shop en magasin d’armes, parler aux fleurs, tout y passe ou presque. (Avancer la sortie de Persona 5 à demain c’est possible?). Les deux opus ont en tout cas su améliorer en tous points un premier Persona volontaire mais parfois trop brouillon et poursuivent une certaine logique d’évolution de la série.

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Mélange de Ryô Chouchou Saeba, d'Onizuka et de Zélos Wilder.

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