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SILVER SURFER sur NES : la légende

Le Net est parfois bien farceur. Oui, comment pourrait-il sinon faire d’un petit jeu passé inaperçu et végétant dans un oubli de bon aloi un véritable mythe ? C’est ce qui est arrivé à ce Silver Surfer sur NES, un de ces innombrables jeux à licence dont le destin n’aurait sans doute jamais été aussi singulier si quelques joueurs ne l’avaient pas redécouvert des années après sa sortie.

Mais pour quelle raison ? Des graphismes fabuleux ? Même pas, le jeu, sans être laid, n’est pas vraiment remarquable. Une bande sonore hors du commun ? Là, la réponse serait plus complexe, le titre jouit en effet d’une excellente composition musicale, assurée par le très compétent Tim Follin. Mais en dépit de cette qualité, ce n’est pas cet environnement sonore qui a donné au jeu sa notoriété. Une jouabilité inventive ? Encore une fois, non : il s’agit d’un bête shoot them up, lequel a pourtant la particularité de se dérouler en vues latérale et verticale. Mais alors ma bonne dame, pourquoi viens-tu nous casser les roupettes avec ce jeu dont personne n’a relevé un quelconque aspect marquant ? Je vais y venir, espèce de vil impatient mal embouché : Silver Surfer se distingue par un aspect du plus haut comique ! Et non, il ne s’agit pas d’un jeu parodique (quoique certains ennemis permettraient d’en douter) : sa difficulté en a fait un titre culte. Oui, culte. Je ne vais pas m’étaler ici sur les aspects techniques et gameplay de ce jeu, après tout je l’ai déjà suffisamment présenté ce titre. Oui, je reconnais qu’il m’a fasciné, au point de l’avoir bouclé et même présenté sur Nolife il y a quelques années ; et aujourd’hui encore on m’en parle. Oui, j’ai été pris d’un accès de folie car pour l’avoir relancé depuis, je ne vois pas ce qui a pu me pousser à m’achearner ainsi sur cette chose, qui je le rappelle n’est pas à proprement parler ce que l’on pourrait nommer une chiasse ludique criminelle. Mais à l’évidence, Silver Surfer constitue un subtil exemple de jeu qui suscite la perplexité et le débat, entre d’un côté les personnages qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et ceux qui, plus enclins à la masturbation intellectuelle, y verront une énigme. Et j’avoue me situer dans cette deuxième catégorie.

Chose your death…euh, destiny !

Car si la difficulté monstrueuse du jeu est indéniable, il faut se demander si elle ne constitue pas une âpreté volontairement élitiste, ce qui ne semblait guère si absurde à l’époque. Car oui, en 1990, année où sortit cette cartouche, il était de coutume de finalement prendre les jeux pour ce qu’ils étaient : un jeu ultra dur était ultra dur, point. On y jouait si on le voulait bien, mais osait-on réellement s’en prendre aux concepteurs ? Non. Et c’est là que je calme en moi cette folie qui m’avait fait également hurler mon incompréhension lors de mes premiers essais : OK, Silver Surfer est ultra coton, mais il ne force personne à le jouer. Le titre établit un genre de contrat d’adhésion avec le joueur qui pourrait se formuler ainsi : « Je suis un monument de difficulté, alors sois informé que je vais t’en faire baver un max, mais que telle est ma nature et à toi de voir si tu es de nature à relever le type de défi que je propose ». Il est d’ailleurs étonnant que ce titre ait ainsi été assimilé à une daube alors qu’il est plus que techniquement acceptable, surtout en notre période où, avouons-le, jouer à un jeu NES ne coûte plus rien. Tandis qu’en 1990, il fallait débourser entre 300 et 500 francs pour avoir le droit d’insérer la cartouche d’un jeu NES dans la NES qui va avec, personne ou presque ne s’offusquait de ces titres pourtant coutumiers sur la 8-bits de Nintendo à présenter un niveau d’exigence aussi démesuré.

Ca a l’air de rien comme ça…

Bref : Silver Surfer est un digne représentant de cette tendance qui veut que le joueur accepte tout d’abord de se soumettre aux règles que le jeu institue. Et parole de libertaire, se soumettre aux règles d’un jeu vidéo est infiniment moins douloureux que recevoir ses avis d’imposition ou de supporter les dernières absurdités dont nous abreuvent nos politiques de tous bords. Alors finalement pourquoi s’emporter contre ce malheureux Silver Surfer ? Vous le savez que le jeu est difficile, alors soit vous vous sortez les doigts du fondement et vous persévérez, soit vous riez un bon coup devant ce tableau délirant d’âpreté et vous en faites des gorges chaudes seul ou avec des potes ! Mais inutile de dire que le titre est une daube, car il ne l’est pas. Il serait plutôt l’un de ces titres incompris et fort peu accueillants qui font tout le sel de l’archéologie ludique et rétro, à la manière d’un Tower of Druaga ou pour reprendre un titre connu, d’un Tortues Ninja sur NES. Eh oui, il y a des fois où il faut savoir se poser des questions et tenter de raisonner en adulte, en non pas en petit joueur gâté qui trouve qu’un jeu ardu est fatalement mauvais… Bon, je dis ça mais je dois avouer ne plus avoir retouché le jeu une fois celui-ci bouclé, et ce depuis plus de quatre années…Pour une raison finalement très simple : je l’ai fait, je peux en parler, et pour paraphraser Eric Cartman, je vous emmerde et je rendre à ma maison ! Cette ultime affirmation d’ailleurs est dédiée à ceux qui me diront que je n’ai finalement que très peu parlé du jeu et qui n’auraient d’ailleurs pas tort. Alors pour achever cette inhabituelle bafouille que je ne décrirai pas comme test mais comme « Reflexo », je vous recommande simplement de vous lancer dans le jeu (et avec un autofire cependant). Allez, sans rancune, grâce à ça vous aurez vécu une expérience de plus ! Et une expérience… inoubliable.

Essayez et vous verrez !

PS quelques liens pour pas avoir l’air trop con après vous avoir ainsi pris à parti :

Le jeu en une vie (c’est possible vous dis-je !)

Le jeu commenté comme il se doit

Et oui, j’ai même un peu participé à démythifier ce jeu. Alors, vous vous y collez quand ?

Informations sur le jeu

Plateformes : NES

Genre : Shmup à s’arracher les poils pubiens et rectaux

Développeurs : Software Creations

Éditeur : Arcadia Systems

Date de sortie : 1990

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