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Sonic The Hedgehog 2

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En 1991, Sonic le hérisson bleu, la nouvelle mascotte de Sega supplantant Alex Kidd et censée être plus à même de donner le change au plombier de Nintendo, a droit à son premier jeu où il est la vedette. Sobrement intitulé Sonic The Hedgehog, le titre permet au sprinteur de connaître ses courses initiatiques, dans des versions différentes sur Master System et Game Gear d’un côté, et sur Mega Drive de l’autre. Le succès se confirme et la formule, qui avait déjà bouleversé le jeu de plateforme, se peaufine avec la suite qui sort un an plus tard, constituant probablement l’épisode le plus apprécié de la série. Un excellent jeu sur les 8 bits de Sega, une consécration et un soft légendaire sur la 16 bits.

Versions 8 bits (Master System et Game Gear)

Les moutures Master System et Game Gear de Sonic The Hedgehog 2 débarquent fin octobre 1992 en Europe, soit un peu moins d’un mois avant la version Mega Drive qui allait marquer l’histoire de la plateforme 2D et de la machine de Sega. Cependant, les jeux sont clairement distincts entre les supports 8 et 16 bits. Les uns et les autres ne sont aucunement des portages, mais bien des softs indépendants et uniques. Chose dont nous pouvons être encore reconnaissants envers Sega, de ne léser aucun joueur et de traiter avec la même attention toutes ses machines encore sur le marché à cette époque. Le pitch de ce second opus 8 bits des aventures du hérisson bleu prend place toujours sur South Island, que Sonic avait décidé de déserter quelques temps parce qu’il s’y ennuyait après avoir maté le satané Dr Ivo Robotnik. Seulement, à son retour de vacances, la mascotte de Sega ne retrouve plus grand monde. Le scientifique a fait sa réapparition et est venu kidnapper les animaux de l’île. Et parmi eux, Tails l’écureuil à deux queues. Sonic ne parvient pas à sauver à temps son ami, ce qui le lance à la poursuite du ravisseur, dans une aventure qui lui demandera de récolter les six émeraudes du Chaos pour délivrer son pote collant, mais bien membré.

Le monde de Sonic 2 est donc divisé en six zones principales, et en contient une septième accessible si les six joyaux sus-cités ont été récupérés. Chacune propose deux niveaux classiques et un dernier comportant le boss – sans aucun anneau pour aider à le terrasser. On a donc, successivement: Underground contenant un volcan, des lacs de lave et des wagons de mineurs; Sky High mettant le joueur la tête dans les nuages; Aqua Lake reproduisant l’exploration difficile des profondeurs d’un lac; Green Hills avec ses collines vertes classiques, signatures de cette époque Sonic; Gimmick Mountain explorant une usine de Robotnik; Scrambled Egg avec toutes ses roches et tous ses tuyaux. L’ultime monde, et de loin le plus intéressant, Crystal Egg propose des plates-formes transparentes et une sorte de désert de cristal en toile de fond. On ne peut donc avoir accès à la fin réelle du jeu qu’à la condition de collecter toutes les émeraudes, qui sont à dénicher dans les seconds niveaux des six premières zones. Parfois très bien cachées, ces pierres demanderont un esprit certain d’exploration et une grosse dose d’apprentissage et de patience.

Sonic 2 8 bits est un jeu très fun, pêchu, rapide et avec une certaine fraîcheur dans sa direction artistique, dans la droite lignée de son prédécesseur. Éminemment joli, avec des graphismes détaillés et colorés, il bénéficie de paysages variés, avec par moments de jolis arrière-plans monocouches tantôt statiques tantôt scintillants, et surtout de musiques entraînantes. C’est également un ravissement d’observer les mimiques écarquillées de Sonic quand il regarde le joueur au moment d’arrêter ses courses ou quand il est au bord d’un précipice. Plutôt facile, le jeu peut se terminer très rapidement en traversant les niveaux en ligne droite. Toutefois, c’est rater beaucoup de choses et des aspects de son sympathique level design, ce qui renforce la replay-value. Mais quoi de mieux quand on joue à Sonic que de foncer, me direz-vous? Ceci est un débat pour les puristes, et surtout signifie qu’il y a deux lectures, deux manières différentes et complémentaires de profiter de l’expérience.

Explorer les niveaux dans toute leur verticalité est un véritable plaisir, et les fouiller à la recherche des nombreux chemins alternatifs également. Sonic ne fait pas que courir vite (même si l’accélération n’est pas des plus explosives et le Spin Dash, évoqué plus bas, manque cruellement à ces versions); il vole aussi en deltaplane, rebondit sur l’eau ou se la joue Indiana Jones dans des chariots de mineurs. Le scrolling horizontal suit toujours la cadence et c’est encore fluide à regarder de nos jours, qui plus est pour un jeu 8 bits. On note également l’apparition, plutôt grisante, des loopings. Sonic The Hedgehog 2 est truffé de bonus ça et là, et celui attribué en fin de niveau dépend de plusieurs règles mathématiques. Par exemple, si le solde d’anneaux est un multiple de dix, on en obtient dix supplémentaires. Le plus tordu est probablement l’attribution d’une vie supplémentaire, puisqu’il faut pour cela former une minute entière en additionnant le nombre d’anneaux et le temps mis pour terminer le niveau.

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