Version 16 bits

Quand Sonic 2 sur 8 bits ressemble très nettement au premier opus sur un plan graphique et technique, son homologue Mega Drive franchit un cap et offre une réalisation de très haute tenue, un ton au-dessus de son prédécesseur. Que ce soit au niveau du détail du chara et du level designs, de la palette de couleurs généreuse et foncée caractéristique de la 16 bits de Sega, de ses compositions musicales, ou encore de l’animation des éléments constituant les environnements (cascades, végétaux, pièges, ruines, arrières-plans à plusieurs dimensions), on touche là à ce que la 2D avait, et a encore, de meilleur. Quelque chose de magnifique et d’intemporel qui offre une jeunesse éternelle aux grands jeux de cet âge d’or. Comme sur Master System et Game Gear, Sonic The Hedgehog 2 joue la carte de la diversité dans ses niveaux, chacun possédant une ambiance bien particulière. Et il y a ici un total de onze zones à traverser: Emerald Hill, Chemical Plant, Aquatic Ruin, Casino Night, Hill Top, Mystic Cave, Oil Ocean, Metropolis, Sky Chase, Wing Fortress et Death Egg.

Les huit premières comportent deux niveaux et un boss de fin, le Dr Robotnik venant essayer ses nouvelles inventions sur Sonic et/ou Tails. Parce que oui, nous n’en avons pas encore parlé, mais le pitch et le gameplay sont également différents pour cette version Mega Drive. Ici, le hérisson bleu peut être accompagné de son ami renard (selon le choix du joueur qui peut même incarner seulement Tails s’il le souhaite) pour pourchasser le scientifique moustachu qui, à l’aide de robots métalliques, a kidnappé les animaux de l’île. Son but est de mettre sur pied une arme ultime, l’Œuf de la Mort. Le monde est quasiment sous le joug de Robotnik, mais il lui manque toujours les sept Émeraudes du Chaos, et Sonic se doit de les trouver avant lui. En mode classique un joueur, il sera donc accompagné par Tails qui aura son comportement et son IA propres, mais pas que. En effet, l’introduction de ce sidekick est une idée géniale de game design, puisque bien souvent, le petit renard viendra en aide à Sonic, soit en le délivrant des griffes d’une araignée, soit en lui montrant carrément comment faire pour battre un boss ou se sortir d’un piège.

Cependant, le gameplay reste le même quel que soit le personnage et ce qui fait la grande différence avec les versions 8 bits, c’est notamment la possibilité d’exécuter un Spin Dash, mouvement dans lequel le sprite charge son accélération en boule avant de partir comme une fusée. Élément très grisant, comme le sont les autres possibilités, dans le plus pur style Sonic. Il y a ici moins d’anneaux à récolter que sur Master System et Game Gear, mais éminemment plus d’objets (chaussures pour aller plus vite, protections temporaires), de recoins et de passages secrets à rechercher. A vrai dire, le level design est un travail d’orfèvre et donne constamment des sensations de vertige et d’immensité, aussi bien sur l’horizontalité que sur la verticalité. Il faut plusieurs runs pour explorer tous ces stages truffés d’éléments divers du jeu de plateforme (eau, leviers, ressorts, tuyaux, planchers mouvants…) et parfois de plusieurs étages. Mention spéciale au monde de Casino Night, qui plonge le joueur dans un immense flipper qui donne le tournis, pour une fantastique mise en abyme. Probablement l’un des mondes les plus réussis du jeu en termes de level design et d’ambiance, avec Metropolis.

La difficulté du soft est globalement croissante, juste et bien dosée, seulement ponctuée ça et là de quelques pics plus délicats. Il faut notamment veiller à bien apprécier la longueur et la hauteur des sauts, sous peine de se retrouver des dizaines de mètres plus bas, par exemple dans un lac qui mettra à mal les poumons de Sonic/Tails, voire carrément passer l’arme à gauche. Ici, pas de Continue, mais la possibilité de jouer à deux, et ce n’est pas de refus dans les Bonus Stages qui n’ont rien à envier à un Space Harrier. Ces niveaux spéciaux, en plus grand nombre dans la première zone, sont accessibles en atteignant les checkpoints avec au moins une cinquantaine d’anneaux au compteur. C’est là que les mignons petits animaux pourront dégoter les fameuses émeraudes. Une fois les sept en sa possession, Sonic pourra se transformer en un équivalent de Super Sayian, ce qui lui procure une invincibilité dont la durée est proportionnelle à son stock d’anneaux (celui-ci décroît progressivement), et surtout la possibilité de planer à une vitesse ahurissante. La cerise sur un gâteau déjà exquis et qui n’a rien perdu de sa saveur.

A retenir

Sonic The Hedgehog 2 représente à la fois l’âge d’or de la plateforme 2D, la volonté de Sega de créer des versions spécifiques à chaque console, et le climax d’une série qui a offert la reconnaissance éternelle au hérisson bleu et ses compères. Notamment grâce à la mythique mouture Mega Drive, qui a marqué les joueurs par sa réalisation, son game et son level designs, sa pêche, son gameplay grisant. Sonic 2 8 bits n’est pas en reste et fait partie des meilleurs jeux de plateforme sortis sur ces consoles, en plus d’être une version avec sa propre identité se démarquant de sa consoeur. Avec les nombreuses rééditions que Sonic 2 Mega Drive a connues depuis, il est désormais facile, et surtout indispensable, de s’y remettre ou de le découvrir.

Totof et Toma Überwenig

Informations sur le jeu

Plateformes : Master System, Game Gear, Mega Drive

Genre : Plateforme

Développeurs : Aspect (Master System et Game Gear), Sonic Team (Mega Drive)

Éditeur : Sega

Dates de sortie : 25 octobre 1992 (Master System), 29 octobre 1992 (Game Gear), 24 novembre 1992 (Mega Drive)

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