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Hahaha arrête Robert, j’ai mal au ventre putain !

Il y a plusieurs types de matins. Ceux où on est impatient de se lever, ceux où on voudrait rester au lit ; ceux qui commencent à six heures, et ceux qui débutent vers midi. Mais il n’existe aucun matin où on se réveille dans un cryotube sur un vaisseau spatial orbitant autour de Neptune tapissé de cadavres putréfiés.

Jusqu’à ce matin.

L’IA de service m’a chaleureusement accueilli d’un diagnostic d’arythmie cardiaque, quatre côtes fracturées, une atrophie musculaire et un risque de pneumothorax. J’ai bien essayé de demander à mon voisin du cryotube d’à côté ce qu’était un pneumothorax, le petit fumier faisait le mort. J’ai alors esquissé quelques pas gracieux en direction de l’infirmerie, pour remarquer que… eh bien, je flottais. Oui, je flottais dans une sorte de mauvaise incrustation sur fond vert, très troublante. Après quelques secondes pour traiter cette information – le cerveau humain n’est pas fait pour être malmené de la sorte – je me suis traîné, clopin-flottant, jusqu’à la salle d’opération.

Tiens c’est sympa ici, c’est Feng Shui.

Qu’on se le dise : l’infirmerie, c’était le début des emmerdes. Laissez-moi préciser tout de suite que je ne suis pas un grand mordu de point’n’click. J’ai donc essayé méthodiquement toutes les combinaisons possibles en traînant mon corps comme une majestueuse pierre de curling. Arrivé au bout de mes peines, j’ai eu le droit à un rafistolage gratos aux frais du contribuable et une petite tape sur la fesse pour m’inviter à poursuivre. C’est généreux. Franchement, fallait pas.

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-> 23 octobre – J’en ai ma claque de ces couloirs à la con

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Attention. Ce couloir dissimule un autre couloir.

Attention. Ce couloir dissimule un autre couloir.

J’en ai ma claque de ces couloirs à la con. Depuis que je me suis réveillé, je déambule comme une âme-en-peine dans des salles vides et des corridors déserts. Aujourd’hui, j’ai croisé Samantha. J’en avais entendu parler en lisant les logs des terminaux informatiques, qui semblent avoir été écrits par les mêmes personnages que Soma. Avec les mêmes noms, les mêmes intrigues, et la même absence de style. On y apprend le quotidien insipide des employés du vaisseau, avec autant de rebondissements que des chroniques de maison de retraite. Et comme je dois écrire cette feuille de choux, je me suis tapé tous ces putains de logs jusqu’à en pleurer d’ennui. C’est du journalisme total, qu’on appelle ça.

Je disais donc : j’ai croisé Samantha. On m’en parle tellement depuis le début que je ne peux pas dire avoir été vraiment surpris. Ni la première fois, ni les suivantes, car elle n’arrive finalement que lorsqu’on l’attend – ce qui est très loyal-mauvais de sa part. Le reste du temps, je patauge dans la charogne, je tripote des cadavres, j’entre des codes et pousse des leviers : la vie continue.

Ce n'est pas le niveau de la propreté.

Ce n’est pas le niveau de la propreté.

J’aurais aimé pouvoir profiter davantage de ces décors baudelairiens à la technique digne des meilleures introductions de Diablo II, mais je dois confesser que l’ambiance ne m’a guère inspiré. C’est sale, on traverse des cuves immondes, on rencontre des tas de chairs qu’on préférerait voir morts, mais je n’ai jamais ressenti un seul instant une tension, une peur ou une angoisse. Parce que, même si la mort est possible à certains endroits précis de l’aventure, elle est sans conséquence : on n’est jamais inquiété. Le jeu ne vous prendra jamais en embuscade entre deux horreurs sur pattes, en vous forçant à utiliser vos dernières munitions pour survivre quelques minutes de plus comme un Dead Space. Il ne vous plongera pas dans une cave infernale remplie de statues traumatisantes, bataillant contre des ennemis trop forts pendant qu’une pluie de projectiles s’abat sur vous comme un Dark Souls. Car Stasis est plus du côté diaporama de la Force, son horreur est graphique, sonore, mais jamais vidéoludique.

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À retenir

Aventure courte d’environ 5 heures, Stasis est un solide représentant de la science-fiction horrifique d’Alien et Promotheus. L’atmosphère pesante et sordide sert malheureusement de toile de fond à un scénario peu inspiré, à la limite de la série Z. Ne croyez pas ceux qui vous disent que les énigmes de Stasis sont plus logiques que la majorité des point’n’click : ça reste toujours aussi tordu, et il vous arrivera souvent de combiner aléatoirement vos objets pour créer un gadget débile. La linéarité concédée à l’histoire m’a fait l’effet d’un vol, tant l’écriture aurait mérité un traitement plus ambitieux en échange. Le résultat me donne l’impression de jouer à une série de slides PowerPoint avec une énigme pour passer à la suivante. Et même si ces slides sont jolies, rien ne me motive vraiment à assister à la présentation jusqu’au bout. Alors j’ai dû finir Stasis sur les rotules, pour confirmer qu’il n’y avait aucun retournement de situation. Et ça, finalement, c’était presque surprenant.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC

Genre : point’n’click

Développeur : The Brotherhood

Éditeur : The Brotherhood

Date de sortie : 31 août 2015

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