Rares sont les titres qui à eux seuls couvrent plusieurs jeux à tel point qu’ils arrivent à créer la confusion dans l’esprit des joueurs.
Pourtant le titre de « Super Mario Bros 2 » est tout sauf précis. Afin de lancer ma réflexion, je vais me baser sur une analyse qui successivement va me faire passer par les trois jeux qui sont ainsi concernés.
Car oui, « Super Mario Bros 2 », c’est en fait trois jeux ! Étonnant mais sacrément confondant quand on tente de démêler ce gros sacs de nœuds. Oui, un gros sac de nœuds, Super Mario Bros 2 c’est quoi ? Cette obscure mais pourtant réelle suite en 1986, le jeu que Nintendo of America imposera comme le seul Super Mario Bros 2 auprès du marché US et européen, jusqu’en 1993 et éclipsant par la même occasion un autre jeu de Shigeru Miyamoto, Doki Doki Panic. Vous voyez, trois jeux concernés par un seul et même titre, une duplicité qui s’étale sur plusieurs années, bref : un gros boxon qui pourtant nous a tous concernés.

Comme je ne perds pas de vue que nous sommes des petits joueurs européens, je tiendrai pour fait acquis dans cette première partie que Super Mario Bros 2 est le jeu sorti en Europe en 1989. 1989, amusant détail quand on sait qu’à l’époque où arrivait Super Mario Bros 2 sur NES, nos amis japonais qui avaient en ce temps-là la fâcheuse tendance à toujours garder le meilleur pour eux, en étaient déjà à Super Mario Bros 3 que nous autres, pauvres traîne-savates, n’aurons qu’en 1991…
Il convient donc de présenter rapidement ce que fut ce jeu qui nous arriva ainsi avec retard et sans trop de battage sur nos NES US et PAL, et que l’on considérait comme Super Mario Bros 2, du moins entre 1989 et 1993…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ceux qui virent arriver ce Super Mario Bros 2 ont du être étonnés devant la profonde nouveauté du jeu, qui n’a de commun avec son prédécesseur de 1985 que les personnages de Mario et Luigi. Mais étonnés sans être déçus : après tout, un jeu qui arrive à se renouveler ainsi ! Quoi de mieux ? On peut enfin jouer à la suite du monument de 1985, et avec deux nouveaux personnages : la Princesse, et Toad, dont c’est là les premières apparitions en tant que persos jouables et non plus le perso à sauver et l’autre qui ne faisait que répéter « Thank you Mario ! But our princess is in another castle ! »
On a enfin une suite à se mettre sous la dent. Et le jeu en lui-même n’a donc que peu en commun avec Super Mario Bros.

Here come new challengers

Tout est en effet différent dans ce Super Mario Bros 2. De deux, on passe à quatre joueurs. Excellente idée, chaque personnage a des aptitudes propres dont la correcte utilisation semble être la clé de la victoire. Le level design -souvent très touffu- apparait en effet minutieusement calculé de façon à enjoindre au joueur de judicieusement sélectionner son héros avant de démarrer. De plus, à chaque stage où après chaque mort, le joueur peut à nouveau choisir son protagoniste et pourquoi pas, tenter le niveau en souffrance avec un nouveau héros en fonction du passage à franchir !

La dream team, pour une fois que Peach ne sert pas de boniche

La dream team, pour une fois que Peach ne sert pas de boniche

Mario est le personnage le plus équilibré de la bande.
Luigi a des facultés de saut plus développées mais demeure difficile à contrôler parfois.
La Princesse use d’un pouvoir de lévitation qui lui permet de survoler de large espaces.
Toad est rapide dans ses déplacements.

Outre ce premier point ma foi plutôt positif, on peut également s’émerveiller du gameplay tout neuf et particulièrement fouillé de ce nouvel épisode. Désormais, on ne saute plus sur les ennemis pour les abattre, mais on leur saute dessus pour les empoigner et s’en servir comme projectiles pour en dessouder d’autres ! J’ai toujours tenu pour avéré que Super Mario Bros 2 était de ce fait l’épisode le plus violent de toute la série : il faudra attendre 1994 et l’arrivée de Warioland sur GB pour à nouveau voir un héros Nintendo user autant de force brutale pour se défaire de ses ennemis. On peut aussi se servir de ces ennemis comme moyen de transport, ce qui se révèle fort utile dans plusieurs sections du jeu. De même, le personnage choisi peut et doit composer avec les munitions qu’il trouvera en chemin, à savoir de gros légumes à balancer à la tête des ennemis de parcours. Il est d’ailleurs fort recommandé de toujours avoir sur soi une arme afin de ne pas se faire surprendre…
La faculté de ramasser ces objets est au surplus une des caractéristiques qui différencient les héros. Mario et Toad sont ceux qui agrippent le plus rapidement, tandis que Luigi et Peach sont un peu plus lents.
Chaque monde est composé de trois parties (à l’exception du dernier qui n’en contient que deux), chaque section est achevée d’une rencontre avec un obscur bestiau appelé Ostro qui sert de boss, à l’exception de la dernière section de chaque monde, gardée par un boss.
Bref, tout est radicalement changé dans Super Mario Bros 2 : les tuyaux sont remplacés par de longs vases qui vous mènent à des souterrains, exit les goombas et autres plantes carnivores, et Bowser est passé à la trappe au profit de boss plus ou moins exotiques comme la souris artificière, le serpent à trois tête, une flamme hargneuse, un crabe furax et le gros vilain final, un genre de crapaud baveux joliment appelé Wart (« verrue »). Pour les vaincre, ne comptez pas leur sauter dessus, il faut leur asséner des coups avec soit divers projectiles, soit retourner leurs pièges contre eux. On ne peut nier une certaine ingéniosité dans le gameplay de ces combats par ailleurs.

Je causais un peu avant du level design, et force est de constater qu’une fois encore, c’est une réussite. Les stages , composés de sections de plates-formes pur jus, optent le plus souvent pour une configuration labyrinthique dont seuls les esprits les plus méthodiques sauront sortir. L’usage de bombes et d’ennemis pour détruire murs et franchir des espaces abyssaux sera légion, de même que les portes fermées à clé dont il vous faudra bien entendu franchir les blocages, sous la poursuite d’un gardien de clé assez féroce et très casse-bonbons. Le tout jusqu’au boss.

La difficulté est à mon sens un poil plus élevée que celle du premier volet, car la gestion des power-up est bien plus parcimonieuse, et les capacités offensives des héros sont directement liées à la présence d’armes sur les lieux , ce qui n’est pas toujours le cas. Mais bon, on ne galère pas trop à triompher du jeu quand on a déjà quelque aptitude au monde du jeu de plate-forme.

Et voilà le portrait qu’on pouvait dresser du jeu. Mais le temps passe et souvent, révèle de bien étranges vérités…

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