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6 mois sont déjà passés dans le merveilleux monde des idées reçues. Nous arrivons à la deuxième moitié des chroniques et pour fêter ça nous allons parler de sang, de tripes et de rillettes du Mans (ou non). La violence dans le monde vidéo-ludique est un phénomène qui est autant hors le jeu que dans le jeu. Nombreux sont les médias généralistes (télévision, journaux, radio) à faire preuve d’une grande virulence à l’égard des jeux, en les tenant responsables de tous les massacres effectués par des adolescents. Nous allons donc une fois encore vaincre les Pré(jeux)gés et essayer de déceler le faux du vrai dans toute l’histoire polémique de la violence pixelisée. Pour cela c’est monsieur J.P.Pernault, journaliste de région, qui posera les questions. Je ne traiterai pas de scandales uniquement lié au caractère sexuel des jeux (peut être dans un autre épisode).

 

J.P.Pernault : Le premier jeu violent a avoir fait scandale est Mortal Kombat en 1992 >  Dans le mille…à seize ans près. Et au jeu de la provocation un développeur a été expert  : Exidy

 

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Certains d’entre vous se souviennent peut être de Carmageddon. Le jeu de Stainless Games sorti en 1997 sur PC a défrayé la chronique en proposant des courses où l’un des objectifs est d’écraser des piétons pour remporter la partie. Cela lui a valu de nombreuses interdictions et censures, notamment en Australie (la version Nintendo 64 contiendra des zombies au sang vert). Mais ce n’est pas le premier jeu de courses sanglantes. Il faut remonter en 1976 avec DeathRace (ex Demolition Derby). Développé par Exidy, et adapté du film Death Race 2000, ce jeu vous demande d’écraser en voiture l’ensemble des gremlins de l’écran. La difficulté augmente car chaque mort est remplacé par une tombe, devenant un obstacle mortel de plus. Mais pourquoi une polémique ? Car à l’époque les graphismes restent très primaires et les gremlins ressemblent à des…humains, criant à leur mort. Pete Kaufmann, le PDG d’Exidy tenta de se tenir à la version « monstres », Exidy sortant même une suite avec des squelettes (Super Death Race). Mais La polémique remonta jusqu’aux institutions Américaines, en passant par les journaux nationaux. Consolation pour Exidy, le jeu fera des ventes dix fois supérieures aux attentes (10000 machines) .Une bonne entrée en matière et pourtant un autre jeu fera bien pire…

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Autre jeu qui a réellement marqué les esprits par sa violence : Chiller. Toujours développé par Exidy en 1986 pour l’arcade (bande de psychopathes), ce titre vous met dans la peau d’un bourreau. Dans les différents stages (salle de torture, cimetière, corridor), des personnes sans défenses sont attachés à des pièges mortels. Le but ? Les tuer de la manière la plus gore possible en activant les pièges (leur tirer dans la tête ne fait rien). On écrase des crânes, on éviscère, on dépèce, on fait hurler les victimes et suivant la rapidité et la cruauté de nos gestes, des bonus sont attribués. Pour la première fois un jeu est violent mais également malsain. En effet, aucune justification n’est donnée à la violence, ce qui n’a pas échappé aux critiques dans tous les pays de commercialisation. La censure a néanmoins été devancée. Les salles d’arcade n’ont pas voulu en majorité acheter les bornes pour ce jeu ; et bon nombre de joueurs d’hier comme de maintenant le rejettent en bloc. Une version NES a été réalisée sans l’accord de Nintendo avec une auto censure : les victimes sont des monstres et des effets sanglants ont été retirés. Autre fait marquant, le jeu est le seul a avoir été banni définitivement au Royaume Uni pour « violence gratuite sans volonté de diminuer l’effet ».

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En 1992, le dernier jeu violent à avoir été banni avant Mortal Kombat est Wolfenstein 3D (Id Software). Crédité comme le papa des jeux de tir à la première personne modernes, celui ci vous met dans la peau d’un soldat enfermé par les nazis, devant s’enfuir. Plus tard il découvrira la terrible arme secrète du régime, et tentera d’arrêter le futur massacre mondial. Le a été très mal vu en Allemagne pour différentes raisons : le jeu parle de nazis (avec un hymne du régime), est très violent (le visage du joueur qui saigne) et on rencontre même le peintre Autrichien Hitler. Pour ces raisons, la Bundesprüfstelle für jugendgefährdende Medien (organisme fédéral de protection des mineurs) décide de mettre le jeu à l’index, signifiant que le jeu ne peut avoir ni pub, ni vente publique. Le bannissement réel n’arrive que plus tard, avec une loi stipulant l’interdiction de « signes d’une organisation anticonstitutionnelle« , interdisant toute publication du jeu. Entre temps une version Super Nintendo est sortie, vite oubliée à cause de la trop grande censure . Contrairement à Doom dont le bannissement a été levé chez les Germaniques en 2013, Wolfenstein 3D est toujours persona non grata.

Meridian 59 est considéré comme le premier MMORPG en 3D avec vue à la première personne. Initialement disponible uniquement aux États-Unis, ce jeu d’héroïc-fantasy connaîtra ensuite un véritable succès pendant plusieurs années.

Présentation et caractéristiques

Il s’agit d’un jeu de rôle en ligne massivement multijoueur sorti le 27 Septembre 1996 et disponible sur PC.  Au delà de l’histoire du jeu, Meridian 59 se caractérise notamment sur son orientation axée PvP et est particulièrement connu pour ses assassins (classe que l’on retrouve désormais dans quasiment tous les MMORPG du style héroïc-fantasy). Bien qu’il y ait eu Neverwinter Nights en 1991 qui, pour l’époque, proposait déjà un système PvP ainsi que de mettre à disposition des joueurs la possibilité de créer une guilde ; Meridian 59 quant à lui, a donc repris ce système PvP qui plaît énormément aux joueurs. Le seul hic est le prix de l’abonnement par mois assez élevé. De plus, le prix pour avoir accès à internet dans ces années là était également important (payer internet à la minute ! Qui s’en souvient encore, avec ces modems hyper bruyant ?!). 3DO abandonnera son projet en 2001, face à la concurrence qui s’averera être rude avec la sortie d’Everquest en 1999. Near Death Studio rachète donc la licence à 3DO ayant pour objectif de relancer le projet. L’extension Evolution sortie en octobre 2004 proposera de nombreuses améliorations techniques telles que le possibilité de programmer ses touches ainsi que d’introduire des lumières dynamiques au jeu. En outre du fait d’apporter de grandes nouveautés, Near Death Studio introduira un nouveau moteur graphique au jeu. Malgré la refonte graphique en 2004, le jeu n’a jamais redécollé par la suite. Le jeu restera tout de même accessible bien qu’il ne soit plus exploité commercialement par Near Death Studio.

Gameplay

Notamment axé sur le PvP, Meridian 59 a mis en place un système de justice pour négocier le massacre d’autres joueurs. Ce MMORPG ne se base pas sur le niveau des joueurs. Pour devenir de plus en plus fort dans le jeu, il faudra tout simplement farmer le plus possible afin de gagner un maximum de points de vie ou encore, il faudra visiter le plus possible la map pour trouver des noeuds de mana. Peu importe le niveau du joueur ainsi que sa classe donc. Les joueurs ont la possibilité de rejoindre une des trois factions politiques : celle des rebelles de Jonas  D’Accor, celle de la princesse Kateriina ou celle de son rival Duc Arkadius dans le Tos. Vous vous battrez donc pour votre faction. A cela vient s’ajouter les guerres de guildes qui feront de Meridian 59 un véritable MMORPG JcJ. Véritable emblème de son temps, 8 extensions ont été disponibles par la suite : Vale de la douleur (Mars 1997), Révélation (Juin 1997), La Renaissance (Mars 1998), Insurrection (Août 1998), Les Auspices Foncés (Janvier 1999), Libération (Juillet 1999), Résurrection (Juin 2002), Évolution (Octobre 2004). Chaque école permet aux joueurs d’avoirs différentes façons de jouer.