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On a tous dans notre bibliothèque personnelle un de ces bouquins dits “beaux livres” qu’on adore feuilleter, regarder, admirer puis qu’on oublie complètement du jour au lendemain. Et qu’on ne lit jamais dans son intégralité, puisqu’il est plus fait pour rincer l’œil que pour raconter une histoire. Quelle joie de s’apercevoir parfois de façon complètement accidentelle qu’il est encore là, parmi les objets de décoration du salon ou de la chambre. Quel plaisir de le reprendre, de le revoir. En ce début d’année 2014, c’est ce qui m’est arrivé avec l’artbook du jeu vidéo selon moi le plus abouti et le plus cohérent dans sa direction artistique de l’histoire : le grand et exquis Ōkami. Ce mois-ci, je ne vais donc pas vous parler d’un livre que j’ai lu et que je vais critiquer, mais consacrer un article à Ōkami Official Complete Works, un ouvrage d’images magnifique sorti en juin 2008 et rendant dignement hommage au chef-d’oeuvre de feu-Clover.

Suivre le guide? Pourquoi pas!

sample01L’ouvrage pèse 288 pages, il a l’odeur et le toucher d’un guide officiel Piggyback, mais il se lit de droite à gauche et c’est un artbook regroupant tous les dessins, croquis et idées qui ont servi de base aux décors et aux personnages du jeu Ōkami. Pas de préface, juste un sommaire détaillé et annoté indiquant que certains passages renverront à la bande originale. En effet, Ōkami Official Complete Works surprend tout de suite très agréablement puisqu’il annonce déjà qu’il permettra de compléter ses descriptions par la musique associée au protagoniste ou au décor décrit. Par exemple, la première à avoir les honneurs d’une présentation est bien entendu la louve Amaterasu et sous le petit texte qui lui est consacré, il est recommandé au lecteur d’écouter simultanément la piste 7 du premier CD, ainsi que les titres 26 à 29 du quatrième. Une simple mais brillante idée qui permet un niveau supplémentaire d’immersion dans l’ambiance si particulière du titre.

Il en va donc de même pour les autres personnages alliés, principaux (Issun, Susano, Sakuya) comme secondaires (Fuse, Kaguya, Oki…). Il ne manque personne à l’appel et tout ce beau monde est classé par région de Nippon, ce Japon mythique terrain de jeu de Ōkami dont la carte détaillée est donnée en introduction de cette première partie de l’artbook, et dans l’ordre d’apparition, ce qui permet de revivre de façon chronologique la grande aventure de Amaterasu. Pas étonnant d’ailleurs que cette section s’intitule Image Scroll of Those From The Road. Sur fond dégradé du bleu ciel au sample03rose clair, ces pages initiales sont douces, colorées et confortables. On a déjà envie de sortir son crayon, son encre de Chine, ses pinceaux, ses pastels et de reproduire ces personnages magnifiques. Vient ensuite le tour des démons, et l’on passe ici à des arrières-plans plus sombres, plus menaçants, à l’aspect parchemin maltraité. Le chara design est alors plus dur, mais aussi plus travaillé dans cette Illustrated Encyclopedia of Legendary Demons. Là encore, on respecte l’ordre chronologique et hiérarchique, et on décrit tout un chacun avec concision et précision.

okami3On a déjà franchi la barre des cent pages et voici le premier interlude regroupant les cover arts qui furent utilisés dans les e-mail magazines que recevaient les membres du Club Clover durant le développement du jeu. La troisième grande partie du livre en est aussi le cœur, puisqu’il s’agit ici des concept works qui ont abouti aux designs finaux. Sur près de cent pages, les auteurs illustrent par des croquis et des crayonnés leur cheminement, leurs réflexions, leur route vers le joyau qu’est Ōkami. Pas de spoiler ici, mais on y apprend ainsi par exemple les premiers contours de Amaterasu (qui n’a pas toujours été une louve!), les modifications qui ont été apportées à son design. En résumé, on nous explique l’histoire de l’art derrière le jeu, des erreurs comme des idées brillantes des concepteurs.

Je vais pas vous mentir, la belle époque des micro-ordinateurs et des disquettes de seulement 4 Mo, je ne l’ai pas connue. Mais ce serait une erreur de faire abstraction d’un temps qui a donné ses lettres de noblesses au jeune média qu’est le Jeu Vidéo. Et si certains titres paraissent injouables ou obsolètes, nombre d’entre eux parviennent encore aujourd’hui à tenir le joueur en haleine.

Kampfkohlrabi

Les point’n click, pour la plupart d’entre eux, conservent encore un charme indéniable, surtout s’ils ont bénéficié du savoir-faire de LucasArts en la matière. Car oui, les Maniac Mansion, Indiana Jones, Day of the Tentacle demeurent encore aujourd’hui des grands classiques. Humour, esthétique, histoire, tout les ingrédients sont là pour faire de ces aventures de très bons moments à passer devant un écran. D’ailleurs, certains profitent d’un petit coup de lifting pour faire parler d’eux.

Rulzdemol

The Secret of Monkey Island Special Edition fut pour moi l’occasion de goûter à ces expériences devenues trop rares aujourd’hui et qui pourtant demeurent extraodinaires. Aux commandes d’un pirate stupide et intrépide, vous parcourez les sept mers à la recherche de je-ne-sais-quel trésor, pourchassé par un capitaine fantôme, à profiter des célèbres duels d’insultes, à résoudre des énigmes qui ne semblent avoir aucun sens, à croiser des autochtones frugivores, j’en passe et des meilleures…

Toadboue

Sirocco