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Si vous êtes un lecteur de mangas assidu, cela ne vous a sans doute pas échappé. Weekly Shonen Jump a fêté ses 50 ans l’an passé. Ce magazine japonais, dont la réputation au Pays du Soleil Levant s’est forgée à coup de publications marquantes tel que cela fut le cas avec Dragon Ball, One Piece, Slam Dunk ou encore Hunter x Hunter, s’est vu rendre hommage de bien des manières. Parmi ces dernières, le jeu de Spike Chunsoft, un studio connu notamment pour avoir développé les excellents 999 : Nine Hours, 9 Persons, 9 Doors et sa suite Virtue’s Last Reward ou encore la série Danganronpa. Edité par Bandai Namco, Jump Force rend donc hommage à ce mythique magazine de mangas en proposant une sorte de All-Stars Battle des personnages de manga qui ont fait les beaux jours de ce dernier. Si vous avez déjà joué à J-Stars Victory VS, vous connaissez sans doute le principe. Je vais cependant soigneusement éviter la comparaison tant ce dernier m’avait déçu à l’époque. Vous comprendrez vite pourquoi. 

Annoncé en Juin 2018 lors de l’E3, ce crossover tant attendu arrive enfin entre les mains des fans. Alors à qui s’adresse Jump Force ? Aux aficionados de la japanimation et des mangas ? Aux joueurs férus de jeux de combat et des enchaînements de combos, comme dans Dragon Ball FighterZ, qui a fait fureur il y a un an de cela ? Le jeu a-t-il davantage à offrir que du pur et simple fan-service ? C’est ce que nous allons découvrir ensemble au travers de ce test.

A la croisée des mondes

Les mondes Jump fusionnent avec le nôtre

Lorsque vous lancez le jeu, vous devez créer votre avatar afin de participer à l’histoire concoctée par les scénaristes. L’action se déroule dans notre monde, une force inconnue ayant enclenché la fusion des différents mondes de Jump avec ce dernier. On se retrouve alors au beau milieu de Times Square pour un petit tutoriel afin de prendre le jeu en main.

Le scénario en lui-même manque d’intérêt. Vous rejoignez la Jump Force afin de lutter contre les méchants à l’aide d’une association de héros provenant des différents mangas publiés par Weekly Shonen Jump. Comptez entre 10 et 15h pour en voir le bout. Les missions, une fois déclenchées, consistent en une série de combats entrecoupées de diverses cinématiques manquant souvent de naturel. J’ai personnellement trouvé, malgré le fait que je ne sois pas familier avec tous les univers présentés, que les interactions entre les personnages manquaient totalement de crédibilité et les liens entre ces mêmes protagonistes auraient pu être davantage travaillés pour donner un rendu un brin plus cocasse. C’était l’occasion rêvée de se lâcher et le résultat est malheureusement bien trop sobre. Il fallait cependant un prétexte pour réunir autant de personnages et justifier que Naruto puisse donner la réplique à Trunks, même si l’effet produit demeure très étrange.

Team de choc

Néanmoins, on retrouve globalement le caractère des personnages tels qu’on les connaît et les doublages sont de bonne facture. Notons que les doublages japonais sont disponibles, intégralement traduits en Français.

Un relooking controversé

Controversé, le design des personnages s’est brouillé avec le cell-shading si cher aux joueurs afin de proposer un style plus « réaliste » qui sied mieux à certains personnages qu’à d’autres – je pense notamment à Toguro ou Trunks qui ne se sont pas réellement embellis. Saluons également la polyvalence du talent d’Akira Toryama qui avait déjà travaillé sur certains jeux vidéo – Chrono Trigger en tête – et qui a conçu le design des personnages créés spécialement pour le jeu. Le niveau graphique n’est quant à lui pas forcément mauvais mais sa qualité ne saute pas vraiment aux yeux…si en plus on ajoute à cela quelques baisses de frame rate par moments et les innombrables et parfois interminables chargements qui parsèment le jeu, on se demande si les moyens mis à disposition ont été utilisés à bon escient par le studio.

En soi, la customisation de son personnage – j’y reviens enfin – est assez complète. Le choix est extrêmement large et emprunte des traits physiques ou autres à tous les univers. Au final, on peut carrément se retrouver aux commandes du personnage le plus badass du jeu en combinant et jonglant habilement avec les différentes caractéristiques proposées. De plus, à chaque combat, mission, etc, vos personnages gagnent des points d’expérience qui leur permettront de grimper de niveau afin d’améliorer leurs stats notamment.

La customisation de l’avatar est très complète

C’est donc avec ce personnage que nous nous retrouvons dans le hub du jeu, un espace très large où vous pouvez vous déplacer librement afin d’aller aux endroits clés permettant d’accéder aux différentes missions ou modes de jeu. Je n’ai pas encore trouvé le bouton pour se téléporter d’un endroit à un autre cependant (Quoi ? On ne peut pas !?). Le hub donne l’impression d’être gigantesque par rapport aux options possibles et on retrouve les mêmes stands à différents endroits. Et honnêtement, on s’y perd très facilement au début du jeu.

Un pour tous, tous pour un !

Le système de combat de Jump Force repose sur un style à la Naruto : Ultimate Ninja Storm où les combattants se battent sur une aire de combat en 3D. Vous avez à votre disposition une touche permettant de déclencher des coups légers que vous pouvez combiner avec une autre touche dédiée aux coups forts tandis qu’une autre vous permet de projeter votre adversaire au loin. Moins technique qu’un Dragon Ball FighterZ, qui est tout de même devenu une référence dans le milieu en un peu plus d’un an, le jeu n’en reste pas moins fun, grâce notamment à son système de barre de Ki sur 5 niveaux, permettant ensuite d’envoyer des attaques spéciales bien connues des fans. Certaines attaques donnent droit à des cinématiques punchy frissonnantes et sont dans l’ensemble très réussies.

Les attaques sont fidèlement reproduites

Bien évidemment, le jeu aurait pu être davantage technique s’il avait misé sur des combos à la DB FighterZ ou tel un Super Smash Bros. sur le contrôle de l’espace, dont l’importance est grandement amoindrie par la touche rush. Mais l’important est ailleurs, à savoir, encourager une prise en main rapide et un fun immédiat, ce qui en ce sens est plutôt réussi si l’on n’est pas le genre de joueur à aimer sans cesse repousser les limites offertes par son niveau actuel. Cependant, pour les aficionados de la baston à base de combos et skills acquis au bout d’heures d’entraînement, il faudra repasser, même si deux joueurs de très bon niveau peuvent très bien s’offrir quelques combats dantesques sur Jump Force.

 

Passons au détail qui fâche réellement. J’ai assez parlé de DB FighterZ (et il recommence en plus !) donc je vais mentionner Marvel vs Capcom, qui offre la possibilité de choisir 3 combattants. Ce système de Tag-Team est repris par Jump Force…sauf que les trois personnages que vous choisirez partageront la même barre de vie et la même barre de Ki. L’intérêt d’avoir trois personnages passe à la trappe, si ce n’est pour combler l’envie de voir tel ou tel personnage effectuer sa super attaque – sauf qu’au bout de la 50e, on s’en lasse quelque peu. J’amplifie un tantinet ma déception car effectivement, le changement de personnages permet tout de même de sortir de la pression exercée par son adversaire et les assists sont quand même de la partie.

Autre point gênant, la caméra a parfois du mal à suivre l’action et sa non-maîtrise donne une impression de saccade par séquences.

Cependant, il y a tout de même de quoi prendre son pied des heures durant, grâce notamment aux 42 personnages jouables issus des 16 univers de manga proposés. Et comme il est jouissif de pouvoir dérouiller Goku avec le Colt Magnum .357 Python de Ryô Saeba ! Une anomalie dans la matrice.

 

A Retenir

Véritable rêve de gosse de la plupart des lecteurs de manga et fans d’animés japonais, Jump Force ne comble malheureusement pas les attentes suscitées par son annonce et l’espoir d’avoir une meilleure option qu’un décevant J-Stars Victory à sa portée. Il comblera sans doute les fans qui ne sont pas réellement des adeptes du VS Fighting et qui se délecteront notamment des attaques spéciales de chaque personnage, reproduites fidèlement pour l’occasion, de la possibilité de voir leurs héros favoris croiser le fer comme jamais ou encore de pouvoir customiser son propre personnage avec les traits physiques et attaques issus de tous les univers de mangas proposés. Cependant, il laissera sur leur faim ceux qui espéraient voir une réelle interaction entre des personnages aux réalités fictives hétérogènes et qui aurait sans doute pu donner lieu à des situations extrêmement cocasses, voire mythiques. Et évidemment, beaucoup regretteront la pauvreté de l’OST…

Malgré son manque de profondeur technique, le gameplay puise sa force dans la simplicité qui en découle et les combats demeurent tout de même très sympathiques. Le jeu trouvera son public et peut s’avérer être une excellente option entre amis, la différence de niveau ne pouvant être aussi rédhibitoire que sur un Street Fighter

 

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Informations sur le jeu

Plateformes : PC/One/PS4

Genre : Combat/Action

Développeur : Spike Chunsoft

Éditeur : Bandai Namco

Date de sortie : 15 Février 2019

Dark Souls III était annoncé comme le dernier volet de la saga; The Ringed City vient en apporter le point final. Après un premier contenu additionnel Ashes of Ariandel intéressant mais jugé trop court, From Software renoue ici avec sa tradition de DLC d’excellente facture, commencée avec l’inoubliable Artorias of the Abyss et le très recommandé Crown of the Old Iron King (Raime, si tu passes par là, la bise…). The Ringed City apporte une conclusion à la hauteur, ainsi que moult objets intéressants et des réponses à certaines questions restées depuis toujours en suspens.

Tout d’abord, comment accéder à ce DLC? Deux solutions: si vous possédez Ashes of Ariandel, il faudra emprunter le nouveau feu de camp dans la salle du dernier boss, sinon se rendre à proximité du premier feu de l’ultime zone de Dark Souls III. Quoi qu’il en soit, il n’est donc pas obligatoire d’avoir terminé le précédent contenu, même s’il y a des liens scénaristiques entre les deux, notamment à la fin mais nous n’en dirons évidemment pas plus. Plutôt conseillé pour les personnages de niveau 100 minimum, The Ringed City est très fourni en contenu, en durée de vie (comptez une bonne dizaine d’heures de jeu) et surtout en objets de craft. Les ennemis en lootent beaucoup, et de toutes sortes. Les mordus de forge seront ravis et pourront ainsi faire monter plus facilement et plus fréquemment leurs armes jusqu’à leur niveau maximal.

Un équipement qui va également s’étoffer, grâce à ce DLC, de quelques nouveaux sorts, armes et armures très sympathiques et très stylés. Comme le sont les ennemis plutôt originaux dont certains, bien classes, proposent un challenge brutal voire inédit par moments – et on ne pense pas qu’aux mini boss, eux aussi très réussis. En effet, il faudra parfois affronter des sorciers faisant appel à des hordes de fantômes qui attaqueront sans relâche, ou encore à des monstres de grande envergure et dotés d’une puissance de frappe destructrice. Le challenge est donc également au rendez-vous, pour le plus grand bonheur des fans de la série. Quatre boss (dont un optionnel) sont proposés, avec une diversité bienvenue dans leur design, leur style de combat et leurs patterns. En venir à bout apporte le fameux sentiment d’accomplissement qui fait toute la force de la série.

Le dernier rappellera également de bons souvenirs aux fans de Artorias of the Abyss, et il n’est d’ailleurs pas le seul élément de The Ringed City à le faire. En effet, au-delà de la construction verticale voire vertigineuse des niveaux et des décors qui renoue avec le premier Dark Souls, cette cité annelée a quelques airs d’Oolacile et vient apporter des compléments de lore, justement plutôt orientés sur les Ténèbres, les Humains et ce fameux personnage fondamental qu’est le Pygmée. A la fois cendreux et mystérieux, ce DLC propose également deux grands marais, dont un empoisonné, et mise plus sur l’étendue de certaines zones qu’un level design à embranchements, même s’il reste de très bon aloi et dans la veine Souls. De même qu’il faut prêter attention aux détails des décors, aussi bien au non verbal qu’aux dialogues et aux descriptions, pour aller chercher un univers et une histoire qui, comme à leur habitude, ne se dévoileront qu’aux joueurs les plus curieux.

A retenir

The Ringed City est certainement le meilleur DLC de la série Souls depuis Artorias of the Abyss. Même s’il s’avère un brin moins marquant, la faute probablement à une ambiance moins viscérale et à une ville moins mystérieuse et moins grandiose qu’une Anor Londo ou une Oolacile, cet ultime chapitre vient conclure en beauté le troisième épisode, et plus généralement la saga. Tout en faisant une nouvelle fois la preuve des progrès de From Software, avec un framerate stable, une réalisation technique propre qui lui offre une grande distance d’affichage et un gameplay accompli, The Ringed City est une très belle manière de quitter une série qui aura définitivement marqué le jeu vidéo.

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4 – One – PC

Genre : Action-RPG

Développeur : From Software

Éditeur : Bandai Namco

Date de sortie : 28 mars 2017 

Sévissant depuis plus de 20 ans maintenant, Bandi-Namco profite du vingtième anniversaire de sa licence de JRPG pour gratifier Tales of Zestiria d’une sortie assez rapide en Europe, de quoi gâter les joueurs PS4 et PC (!!!) qui peuvent désormais espérer des localisations futures de plus en plus assurés. Et bah, tant mieux ?

La dame du Lac du Connemara

Mon odeur de mâle alpha dérange 8)

Qui dit Tales of dit grande aventure, entre 30 et 40h pour la trame principale avec son lot de personnages hauts en couleurs. Sans spoiler, petit résumé. Sorey, passionné d’archéologie avec son pote Mikleo, se retrouve rapidement confronté à son destin : celui de devenir malgré-lui le Berger, héros qui va « sauver le monde ». Pourtant très manichéen dès le pitch de départ, je me permets une parenthèse pour signaler que Sorey, comme les autres personnages du jeu, sera bien moins cliché que d’habitude. Je disais donc : accompagné par des séraphins, êtres semi-angéliques qui n’apparaissent pas aux yeux des humains normaux, Sorey doit résoudre les conflits de canards entre deux nations ennemies et enquêter sur la source de la « malveillance », phénomène on ne peut plus mystérieux qui transforme les hommes en bêtes. Zestiria a la particularité d’être largement plus soigné que ses prédécesseurs au niveau de l’immersion : beaucoup plus de cinématiques in-game doublées avec des sous-titres français bien inspirés, beaucoup moins de « bulles de dialogues » avec les PNJ qui peuplent les rares villes du jeu, des personnages un poil moins balai-dans-le-cul et des combats s’enchaînant illico sans transition. Largement plus ambitieux que par le passé, Sorey et sa bande de séraphins évoluent dans un open-world (parfois désespérément vide) doucement mis en place par Tales of Xillia. Finie la carte du monde classique où l’on se balade jusqu’à croiser un village représenté par une miniature. Le seul reproche que l’on pourra faire, c’est que les environnements sont plus terre-à-terre que d’ordinaire : bonjour les ruines et adieu la fantaisie (volcans, grottes de glace…). Mais fort heureusement, l’ambiance reste excellente et c’est grâce à une collaboration entre Motoi Sakuraba et Shiina Go qui nous offrent une bande son orchestrale, épique et digne d’une aventure avec un grand A. Espérons que le prochain Tales aura droit au même traitement de faveur. Même chose pour les saynètes où Namco nous laisse le choix entre doublages anglais ou japonais. Un poil moins nombreuses, elles ne cassent plus le rythme comme avant et les dialogues entre personnages se déroulent soit à l’auberge, soit aux points de sauvegardes histoire d’assister aux vannes débiles d’Edna sur Mikleo à tête reposée.

La lune sera basse ce soir

Au niveau de la technique, il y a plusieurs choses à savoir. Déjà, ce n’est pas super joli malgré une bonne direction artistique et le framerate reste complètement bloqué à 30 FPS même lors des combats. Le jeu était sans doute trop ambitieux pour de la PS3 et résultat des courses : ça rame et ça manque de « smooth ». Pour limiter la casse, Namco a porté le jeu chez nous sur PS4 et pour la première fois sur Steam où le framerate reste stable et la distance d’affichage plus importante. Pour profiter du jeu au maximum, je m’engage à vous orienter vers la version PC qui possède des options graphiques paramétrables : de quoi laisser profiter à la fois ceux qui ont des configurations modestes et ceux qui ont l’artillerie lourde à la maison. Et la cerise sur le gâteau, c’est qu’un développeur amateur a créé un fix hyper stable qui permet de jouer à 60 FPS constants alors que Namco avait déclaré que c’était impossible à faire vu que le système de combat et les animations étaient calés sur le framerate. Et pourtant, pour avoir passé le dernier tiers du jeu avec le patch de 60 FPS, il n’y a AUCUN problème à déplorer ! Mieux encore, les combats deviennent moins fouillis et on a largement plus l’impression de maîtriser quelque chose. Bref, ce fix transcende l’expérience et la version PC est donc largement recommandée.

Retrouver Dark Souls, c’est renouer avec une certaine idée du jeu vidéo. Du difficile, du tripant, de l’envoûtant. Le point fort de la série de From Software réside en trois atouts principaux: le système de jeu, l’ambiance et la construction du monde. Pour parler du second épisode sorti sur PC le 25 avril dernier, il est difficile de passer à côté d’un comparatif général avec son prédécesseur sur ces critères, et d’un plus particulier au sujet de la réalisation technique. Ainsi que de ces fameux contenus additionnels qui ont apporté une vraie valeur ajoutée au premier Dark Souls en son temps, avec notamment des boss exceptionnels, et qui ne dérogent pas non plus à la règle cette fois-ci.

Une version générique déjà généreuse…

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Très décriée à l’époque, la mauvaise qualité du portage PC du fils spirituel de Demon’s Souls souffrait de grosses chutes de frame rate et de graphismes pauvres que certains moddeurs amateurs avaient rapidement corrigées. Les leçons ont été tirées et cette version de Dark Souls 2 est parfaitement fluide, bien plus jolie et colorée, confortable au duo souris/clavier et servie par des mouvements de textures des plus appréciables. Attention, ce n’est pas non plus le canon de la classe, mais comme ses aïeux, le soft propose une esthétique dark fantasy qui, à l’instar de son principe général de die & retry, prend soit aux tripes, soit pas du tout.

Quand Dark Souls premier du nom bluffait par son monde ouvert ingénieusement construit, cohérent et solidaire, ce second opus se centralise autour de la ville de Majula où les PNJ rencontrés au cours de l’aventure viendront trouver refuge et proposer des services au joueur (items, forge, magies, level-up), et de laquelle partent les premiers chemins. Malheureusement, si la terre de Drangleic est immense, sa construction mène vers des zones impasses parfois petites, quand Lordran donnait, lui, l’impression d’un cube aux décors emboîtés et parfois vertigineux. Cependant, le level design est toujours aussi astucieux et raccourcis, échelles, pièges, porches et leviers poussent sans cesse à l’exploration des moindres recoins. Dommage que cela ne se produise qu’à l’échelle de zones, et non à celle du monde tout entier.

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Drangleic est un univers tourné vers la mer, multicolore, onirique, ensoleillé, peuplé d’âmes aux destins tragiques intimes, contrastant avec le Lordran intérieur, sombre, malfaisant, teinté d’un voile humide et aux enjeux plus macroscopiques. Ce qui explique également pourquoi le monde de Dark Souls 2 est moins viscéral, bien que plus vaste. Il y a bien des clins d’oeil par ci par là, des architectures rappelant notamment la mythique Anor Londo, mais bien peu d’environnements coupent le souffle ou imprègnent un sentiment de solitude et de désespoir comme pouvait le procurer le Hameau du Crépuscule. On soulève peut-être ici la différence fondamentale entre la beauté et le charme. L’histoire, quant à elle, est toujours construite de manière indirecte. Le joueur devra aller la chercher et la consolider lui-même par la lecture des descriptifs des objets, ou bien encore en engageant de longs dialogues avec les NPC. Toujours peu de cinématiques, Dark Souls 2 ne se conquiert, ni ne se met en scène facilement.

Par contre, le soft est probablement plus propre et accessible en termes d’informations fournies et de gameplay, même si on ne manquera pas de mourir encore et encore. Sauf que, si on sait toujours pourquoi on trépasse et si on progresse avec l’échec, il n’y a pas autant de moments où l’on ressent ce sentiment d’accomplissement si particulier à la série des Souls. La faute en grande partie à des sorts de Foi aidant grandement et très tôt dans l’aventure, et également à des boss pour la quasi-unanimité oubliables et assez faciles à décrypter. Il y en a certes quelques-uns qui donneront du fil à retordre et une concentration de tous les instants, comme le Démon Fondeur par exemple, mais ils se font trop rares. La force de ce Dark Souls 2 sera donc plus à chercher dans les combats de “routine”, avec des ennemis diversifiés et parfois étonnants, et surtout dans cette capacité unique de toujours donner envie d’avancer et de fouiller partout.

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Mesdames Messieurs, je me sens un poil emmerdé, je ne sais pas par quoi commencé en guise d’intro de cette critique, j’aurai voulu vanner toute la polémique autour de Zoé Quinn mais vu que tout se met à tourner sur le sujet putassier qu’est le sexisme, un sujet bateau qui couvre l’intégralité de l’iceberg sur le milieu pourri du Jeu vidéo, j’ai même plus envie d’en rire tellement que c’est parti en faveur de ceux qui méritaient d’être descendu. Alors, par quoi commencer ? Un petit descriptif de la série Tales of ? Non trop pompeux et classique. Mes vacances d’été ? Non j’en ai pas eu, je ne suis pas un lycéen, ni chômeur, ni un fonctionnaire. Donc quoi ? Bien, commençons par un léger tacle.

Le Best Game 2012 de 2014

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Alors que nous joueurs un peu cons, nous nous sommes rués cette année sur des consoles qui valent un tiers de notre salaire pour jouer à des jeux indés et moult portages. Pendant ce temps-là, la PS3 fait sa dernière année officielle en mode baroud d’honneur en proposant une année 2014 dantesque avec des jeux comme Lighting Returns, Dark Souls 2, South Park, Mugen Souls Z… Merde. Attendez, je rectifie, 2014 c’est la Big Year des Roleplayistes pauvres (ta mère j’invente aussi des mots). Bref, c’est sur ce festival de jeux de rôle qu’arrive en Europe avec SEULEMENT deux ans de retard par rapport à la version jap, Tales of Xillia 2. Ouep, 2 ans d’intervalle entre la sortie européenne et japonaise. Why ? Parce que malgré le fait que le J-Rpg reste généralement plus un jeu vidéo au sens propre que toute la plèbe des jeux AAA scripté occidentaux, il est moins populaire à cause de ses caractéristiques étriquées, on a beaucoup (trop) de blabla, le système de combat est certes ultra complet, mais bordélique bien souvent, les personnages sont stéréotypés au possible et le scénario malgré la tonne de lignes de script, c’est souvent chiant comme la pluie, dur dur à vendre pour le département marketing quand on est complètement aux antipodes de la production occidentale et des habitudes de consommation de ses joueurs.

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Mais merde qu’est ce que c’est cool à jouer, généralement on est très peu déçu de cette catégorie de jeu si on prend le temps de s’y atteler, c’est la seule condition sine qua non  pour y prendre plaisir. Bien sûr la saga Tales of fait partie des pionniers et des faire-valoir de la catégorie. Série de J-RPG populaire au Japon, connu par seulement une poche de fans en occident depuis 2004 avec la sortie du populaire Tales of Symphonia sur GameCube, cette licence depuis 1995 tient une ligne de conduite exemplaire, dans le sens où elle ne s’est pas transformée en foutoire de artworks ratés qu’est devenu Final Fantasy avec les travaux de Tetsuya Nomura, elle a toujours su rester simple à l’image de YS. Le design des personnages et des décors de Kosuke Fujishima reste correct teinté de la culture animée, partie du business qu’il connaît vu qu’il est Mangaka et créateur de Ah My Godness! Les cutscene entièrement animées quant à elles sont produites comme pour le précédent épisode par le studio Ufotable qui a gagné huit fois d’affilées le prix du nom d’entreprise le plus chelou de l’année devant Cochonou et Flunch.

Le Japon vous manquait après l’épisode 8 consacré aux pubs japonaises de jeux vidéo ? Le voici revenu mais cette fois-ci avec le sous genre des RPGs, que les japonais ont longtemps mis à l’honneur.

Or si les jeux de ce type montrent une certaine constance dans leurs fondements (un scénario développé et des personnages très archétypaux), la communication qui en fut faite n’a jamais vraiment dansé sur le même pied.

Entre WTF et epicness, nous allons voir de quoi il en retourne. Et on vous donne rendez-vous le mois prochain pour le dernier épisode des Archives Oubliées !

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