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Battlefield 4 sortit l’année dernière durant la période où les consolistes n’avaient pas consolé grand monde en proposant des line-up pauvres et sans intérêt. Le jeu de EA se portait alors par défaut comme une claque technologique pour la next-gen et une Madeleine de Proust pour tous les amateurs de first person shooter console. Sauf qu’un léger pépin a terni le plaisir de bon nombre de joueurs, rendant les chocapics pour tout ce qui concernait le multijoueur, à cause notamment d’un problème d’optimisation du Netcode. 

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Coupure, éjection de partie, lag, Battlefield 4 a été décrié de tous les côtés pour son multijoueur incapable d’être fluide pour la plupart des joueurs, que ce soit du côté des consoleux ou PCiste. À tel point que le jeu se fut renommé Battlelag 4 par la communauté des gamers so british. À l’occasion de la sortie du dernier DLC Final Stand et de la sortie de la MAJ qui fixe en grande partie les bugs et autres déconvenues de la version initiale, EA sort Battlefield 4 Premium Edition. Cette version contient tous les addons, maps et avantage premium (comprendre des boost xp et plein de trucs esthétiques rigolol), une sorte de version Game of the Year dans son fond, mais cette appellation aurait été incongrue, pour un jeu qui était considéré jusqu’à le mois dernier « une version Beta » à 69€. L’ironie ça a du bon quelquefois, mais EA n’a pas osé franchir cette ligne, quoique ressortir la version en le nommant seulement Battlefield 4, ça aurait été un joli moyen de pas assumer le shitstorm du début d’année.

Alors concrètement Battlefield 4, qu’apporte-t-il au schmilblick des jeux vidéo ?

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Si j’avais la main mise sur le secteur vidéoludique et que je n’avais plus qu’une seule solution pour rentrer un maximum d’intérêt afin de continuer à me taper des putes, payer ma coke, l’assurance de ma twingo et les pensions alimentaires, je compterais sur Battlefield. Cette licence est selon moi, la moins mauvaise des licences AAA grand publique et celle qui se vend le plus facilement (FPS oblige). Il y a dix ans, c’était une bonne licence, Battlefield 2 en 2005 et l’excellent volet Battlefield 2142 m’avaient appris les joies du multijoueur PC et compétitif, genre monter une team communautaire (avec forum,serveur,teamspeak), se mettre sur la gueule lors de « War » à 16vs16 ou 32vs32 à l’heure du goûter et jouer les Napoléon du dimanche en élaborant des stratagèmes qui ferait tomber la base ennemie, ça, c’était génial.

Puis je me suis complètement désintéressé du jeu quand Team Fortress 2 est sorti. TF2 et BF sont assez similaires dans la recherche du Teamplay, l’approche est différente, mais l’idée « d’une victoire assurée si on travaille en équipe » y est sur chacun de ces deux jeux. C’est quelque chose que j’aime énormément dans un jeu en ligne, pas de chichi artistique, juste du jeu, son skill de combat et de cohésion avec ses potes, c’est tout ce qui faut pour la réussite d’un jeu multijoueur. Sauf qu’en 2011 avec le retour en fanfare de Battlefield 3, bien on a perdu de tout ce charme, place à du close-action à la Call of Duty au détriment des échanges de tir étudié. Les communications entre joueur passé au second plan, absence du commandant, valorisation des kills plutôt que la poursuite des objectifs et du teamplay, ect. Le troisième volet m’a réellement refroidi concernant la licence même si c’était beau et impressionnant.

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Beau et impressionnant, c’est un peu la figure de proue de ce quatrième volet, relativisons quand même sur deux points essentiels. Les versions PS4 et Xbox One sont clairement en dessous du visuel PC, si on atteint le sacro-saint 60 FPS constant, il faut digérer le fait que c’est amoindri de Tesselation et autres magies tout droit sorties des cartes graphiques PC, les textures sont moins détaillés et se chargent au fur et à mesure de notre progression, ombre pixélisée, etc… sacrifier la beauté pour la fluidité, il y aura un camp à choisir. Deuxième point à ne pas négliger, le réalisme de Battlefield est joli certes, mais n’est pas « beau » au sens propre du terme, c’est très gris, sombre et il n’y a aucune D.A à proprement parlé, c’est juste un sosie de la réalité gonflée aux Hormones d’Hollywood, c’est un parti pris. Un choix qui peux rebuter certain, mais ce « réalisme » est là pour l’immersion, et c’est là, une des plus grande réussite du jeu, à défaut de ne pas faire avancer le schmilblick du jeu vidéo, on en prend PLEIN LA GUEULE.

L’Ambiance frénétique

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L’immersion de Battlefield 4 nous plonge dans un autre niveau que celui du troisième opus, grâce notamment à l’optimisation de leur moteur maison Frosbite 3. Ce troisième moteur permet de faire évoluer une map au fur et à mesure de la bataille, par exemple à Shanghaï, la tour central peut s’effondrer, une autre map où un barrage peut lâcher et inonder la moitié du quartier. Le moteur permet de donner plein de détails à la map et permet aussi de changer la façon d’appréhender les situations, Frosbite 3 permet aussi de créer des tempêtes et autre désastre climatique (tempête de sable, ouragan ect) qui peut redistribuer les cartes aux deux camps. Les différents effets Fx entre les grenades, les tirs, l’environnement qui se déchaînent couplé avec le sound design aux petits oignons, nous voilà plongés au milieu d’un film de guerre, est ce que ça retranscrit à perfection un conflit réel ? La réponse viendra si malheureusement un jour je devais prendre les armes.

L’ambiance du jeu est tellement bonne en ce qui concerne le multijoueur qu’on vit des choses incroyables. Alors, je vais pas cité tout ce qui m’est arrivé durant les trente heures de multijoueur, mais il y a plein de situations différentes durant les parties qu’on a l’impression de ne jamais jouer la même partie de façon linéaire. Généralement, ce sont des faits que les développeurs eux-mêmes ne pensent pas forcément, genre une poursuite à la Benny Hill avec deux tanks et un hélicoptère qui me collent au train parce que je leur ai choppé le drapeau. On peut avoir le moment où on préfère rester planquer dans les hautes herbes parce qu’il y a une vague d’une dizaine de joueurs adverses qui arrivent en face. On a aussi les moments Micheal Bay où on passe lors de Dogfight entre deux avions explosés en faisant un « Barrel Roll ».

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Le plus drôle ou le plus cynique, c’est qu’on a un tas de montagne russe d’adrénaline dans le multijoueur de ce volet, mais la campagne solo est d’une platitude sans nom. C’est un des syndromes Post-COD Modern Warfare qui a déteint sur la série Battlefield. Comprenez moi bien, les campagnes solo des COD sont des exemples à faire si vous souhaitez faire virevolter votre joueur, certes dans des semblants de couloirs scriptés où la seule action est d’avancer, mais c’est fait d’une manière magistrale , les mecs qui sont derrière ces campagnes maîtrisent leur sujet et tout le monde s’en retrouve heureux. Étrangement je trouve que les multijoueurs COD sont chiants, répétitifs et plats, comme l’impression de joueur au mode solo de BF4.