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La Game Boy est à mon humble avis de seigneur Sith une des plus grandes inventions de l’histoire, et mon maître Darth Plagueis le Sage ne s’y serait pas trompé : en incarnant les personnages de jeu vidéo, on leur donne la vie. Pour ce support révolutionnaire, de grandes séries se sont métamorphosées telles Mario pour créer la série des « Land » et Castlevania pour créer la série des « Adventure ». O gloire à Maitre Yokoi, quel dommage qu’il n’ait jamais basculé du Côté Obscur ! La grandeur de Gunpei Yokoi combinée à la connaissance de Darth Plagueis le Sage nous aurait permis de dominer le monde du jeu vidéo et d’ainsi éviter à Konami son abjecte décadence…

Castlevania The Adventure : serez-vous digne ?

Nous sommes en 1989. Année jubilatoire qui vit la chute du Mur de Berlin, le Bicentenaire de la prise de la Bastille que d’aucun considèrent comme l’élément déclencheur de la Révolution Française ( à tort selon moi, les évènements de Vizille en 1788 c’était quoi , hein ?) et la chute du très sympathique couple Ceaucescu mari et femme comme cadeau de Noel. Mais c’est surtout l’année d’arrivée de la Game Boy, formidable invention qui aurait du valoir plus que l’estime universelle au regretté Gunpei Yokoi, qui après les Game ‘N’ Watch marquait encore plus durablement l’histoire des loisirs ludiques en les rendant praticables autant en cours qu’aux latrines…Parmi la première génération de jeux sur cette nouvelle console, figurait un opus de cette noble franchise de Konami : The Castlevania Adventure.

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Ca commence tranquilou. Entrainez-vous à manier le héros pour la suite !

En 1576, Christopher Belmont avait vaincu le comte Dracula après un périple éprouvant au long des quatre niveaux de Castlevania The Adventure, un titre détesté de bien des joueurs…En ces temps-là, la saga de la famille Belmont avant d’être envahie par d’autres personnages et un aspect RPG que je continue contre vents et marées à considérer comme responsable de la décadence de la série, était liée à Nintendo, par les épisodes NES, excellents et d’un niveau de difficulté suffisamment prise de tête pour s’imposer même aux joueurs les plus skillés (encore une phrase à rallonge, vous n’auriez pas un prof de concision stylistique sous la main ?). Ainsi nait un épisode parallèle de Castlevania mettant en scène Christopher Belmont, membre méritant de cette noble famille et grand-père du célèbrissime Simon qui donna à Castlevania ses plus beaux moments. Nous sommes en 1576, l’équilibre précaire qui régnait en Transylvanie vient d’être rompu par l’emergence d’un nouveau repaire du Vampire en chef, le sinistre Dracula. Et comme décidément, ce monde est trop petit pour Vlad Tepes IV et les Belmont, vous n’avez plus qu’à prendre votre fouet et partir à l’assaut des quatres places fortes investies de créatures démoniaques, jusqu’à la confrontation finale entre notre héros et l’esprit sorti du tombeau…

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Christopher au pays des horreurs…La vie ne tient qu’à un fil !

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« Les Espagnols ont la merveilleuse particularité d’être tout le temps désorganisés, mais quelques fois, ils leur arrivent de faire des prouesses en étant un tant soit peu coordonnés, excepté que ça arrive très rarement. » Cette belle citation tirée « Hommage à la Catalogne » de l’écrivain George Orwell, oeuvre racontant son point de vue de la Guerre civile espagnole dans les années 30′, illustre à la perfection le bordel auquel je viens d’assister. Je n’ai jamais joué à un Castlevania, mais je connais la série, je sais les grandes lignes scénaristiques, je connais les subtilités et on me la rabâche depuis que je touche une manette, mais cela ne m’a jamais vraiment attirer, ni Symphony of the Night (considéré comme la Rolls de la licence) , ni le reboot « Lord of Shadow » de MercurySteam et Kojima Productions. Je commence tout naturellement sur le deuxième volet qui me caressait gentiment la rétine… Monde de merde !

Élu Boss de l'année

Élu Boss de l’Année.

En 2010, le premier volet avait su créer la surprise, la majorité des joueurs et la presse spécialisée, main dans la main, chantaient des louanges à son nom pour son souffle épique, sa narration et sa beauté. Co-produit par Kojima Productions, dont Hideo Him-self, le premier volet me fait toujours de l’oeil, mais passe en dernier ressort des nombreuses choses que j’ai à régler. Annoncé depuis la préconférence de Konami à L’E3 2012, Lord of Shadow 2 se faisait attendre, on aurait peut-être dû être un peu plus patient. Avant de se plonger dans la critique formelle, je voulais rédiger tout de même un avant-propos. Il faut savoir que le jeu sur les quatre ans de développement a été un bordel sans nom. D’après les dires d’un des développeurs du jeu, l’ambiance de travail au sein du studio MercurySteam était devenue l’enfer après le succès du premier volet. Sur les quatre ans de travaux, l’organisation et la planification du travail était complètement aléatoire, aucun chef ne prenait ses responsabilités, une mauvaise communication entre les équipes, le Game director Enric Àlvarez qui avait pris la grosse tête suite au succès de leur dernière production jusqu’à snober ses salariés. Tout ce magnifique bordel laissait le chantier en roue libre, ce qui a entraîné des départs volontaires de développeurs, un dépassement de date butoir qui coupa les financements du jeu sur les 6 derniers mois de développement. Il faut savoir que la production d’un jeu vidéo AAA (comprendre par jeu à multiples paquets de billets) est extrêmement coûteuse et quand un éditeur vous lâche son financement, vous devez vous démerder à payer les coûts de production, la masse salariale, les taxes et les locaux, bref, vous voilà dans la merde. Malheureusement, ça se ressent sur la globalité du jeu et je pense que l’introduction du jeu fait partie entre autres des six derniers mois de développement.

« La grande majorité de cette équipe est consciente que le jeu que nous avons fait est une vraie merde qui n’a rien à voir avec la qualité et les valeurs de production du premier… Personne n’est surpris par les mauvaises notes que le jeu reçoit.

S’il y a quelqu’un à blâmer ici, c’est Enric Alvarez. Il est la personne qui a dirigé un mauvais développement, basé sur ses critères personnels, négligeant complètement les programmeurs, les designers et les artistes. Malgré son capital sympathie auprès de la presse, souvent considéré comme un créateur « visionnaire » à l’image de David Cage ou Peter Molyneux, ce type a de sérieux problèmes. C’est un mec méchant et vilain, et depuis le succès du premier Lords of Shadow, son ego a grandit au point qu’on n’ose même plus lui dire « bonjour » quand on le croise dans les couloirs. »

castlevania1L’introduction du jeu est absolument affreuse, vous savez normalement, cette partie est dans tous les jeux vidéo la représentation de ce que vous allez vivre, donc il faut impérativement que ça vous donne envie de continuer. Lord of Shadow 2 lui, vous laisse une impression de catastrophe vidéoludique. La première heure de jeu, sans déconner, c’est du repompage de la Playhistoire des 10 dernières années (God of War, Batman Arkham & Uncharted en tête). Si ce n’était que ça, je n’aurai pas fait un paragraphe sur la seule introduction. Outre le clin d’oeil au Seigneur des anneaux : la communauté de l’anneau avec un : « You Shall not Pass » affligeant tellement le brisage du quatrième mur est lourd, il y a énormément d’écueil gerbant dans ce produit, les phases de plate-forme à la Uncharted du pauvre, les ennemis sont moches, leurs punchlines écrites avec les pieds se répètent, c’est basé sur une forme de tutoriel barbante, les sensations de combats sont froides et sans âme, les zooms caméra qui montrent l’objectif à accomplir cassent le rythme à coup de pied de biche, ça essaye d’être épique, mais c’est mou. En résumé, je pense que beaucoup de joueurs vont s’arrêter à ce point-là : « bon ben, c’est de la merde » et le pire, c’est qu’on ne peut pas leur donner tort, puisque tous ces défauts se retrouvent tout au long du jeu.

 

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Terre d’accueil du genre Metroidvania, la Gameboy Advance est plutôt bien rodée grâce à deux Castlevania sortis en début et milieu de vie de la console. Konami, ne laissant aucun répit au joueur, rempile en proposant une aventure dans une ère futuriste. Quoi de mieux qu’un bon vieux lance-roquettes pour casser les dents à tonton Dracula ?

From Japan with Love

IGA en garde à vue, lnotre photographe était là.

IGA sous effet secondaire, notre photographe était là.

Il y’a un défaut inhérent aux séries vieilles de quelques dizaines d’années : la chronologie qui déraille. Castlevania n’échappe pas à cette règle, la faute à des jeux casés scénaristiquement entre deux pour faire joli. Cependant, Konami joue la carte de l’audace avec Aria of Sorrow qui pose ses marques dans un futur lointain. Fini le Moyen Âge et la Renaissance, on laisse de côté les pécores et leurs fourches pour s’aventurer au pays des samurais (et des tentacules). Laissez-moi planter le décor si vous le voulez bien : nous sommes au Japon, année 2035 et nous vivons dans une ère où nul ne craint le Seigneur des Ténèbres. En effet, une ultime confrontation Belmont-Dracula a fait rage en 1999 au cours de laquelle le vampire et son gigantesque château ont été scellés dans une éclipse solaire. Vous avez bien lu, j’ai parlé d’une éclipse solaire, à croire que on ne fait pas les choses à moitié chez les Belmont. A la tête de ce scénario de haute volée, on retrouve toujours notre bien aimé Koji « IGA » Igarashi qui a visiblement décidé de se mettre à la culture de la verte bien fraîche pour pondre de pareilles fantaisies.

Non, j'ai besoin d'un câlin pour ça

Non, j’ai besoin d’un câlin pour ça.

Bref. Nous incarnons Soma Cruz – qui n’a rien à voir avec le porto – , un étudiant étranger parti au Japon pour profiter des milles saveurs exotiques de cette contrée. Prêt pour son rencard de l’année, Soma donne rendez-vous à son amie Mina au temple Habuka pour assister à une éclipse. Vu qu’on parle bien de la même éclipse, je la fais courte : Soma et Mina sont miraculeusement transportés à l’intérieur de celle-ci et se retrouvent donc aux portes de Castlevania. Evanoui, Soma est réveillé par Genya Arikado qui le sauve in-extremis d’une horde de démons. Participant au combat pour défendre sa belle, Soma absorbe sans le vouloir une matière noire qui est en réalité une âme de démon. Arikado (qui a l’air d’en savoir diablement trop) lui indique que son pouvoir est naturel et lui suggère d’aller dans la salle du trône, là où Soma « comprendra la vérité » et trouvera le moyen de rentrer chez lui. Bien entendu, on ne se doute pas un seul instant qu’il va y avoir une fusée spatiale direction la Terre au sommet de Castlevania… Petit note inutile : il faut savoir que dans la version japonaise, Soma est bien et bel japonais. Allez savoir pourquoi ils ont changé ses origines dans les versions occidentales, peut-être un problème d’ego ?

Episode #5 – Castlevania

Oyé ! Oyé, braves gens ! Suivez-nous dans les entrailles sordides du marketing de Dracula. A l’occasion de la sortie de Lords of Shadow 2, le Serpent Retrogamer réalise une semaine spéciale autour de la série Castlevania.

Et nous, aventuriers des archives, nous regardons la communication faite autour de cette série qui est une des plus vieilles du jeu vidéo à être encore très active. Une communication parfois classique mais parfois plus vicieuse, et c’est, comme toujours, avec un brin de taquinerie que nous nous attaquons à ses instigateurs.

Bon visionnage à tous !

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Castlevania… On associe tout plein de chose à ce mot si joli, et si on faisait un brainstorming, il en ressortirait : univers gothique, Belmont, fouet, crucifix, Symphony of the Night, mais surtout, ooooohhhh surtout : Dracula. Débutée en 1986, et comptant aujourd’hui plus de 20 épisodes, Castlevania reprend inlassablement le thème de la confrontation de la famille Belmont face au seigneur du mal : Dracula le vampire. Cette série, vieille de presque 30 ans, a su renouveler le thème de vampire et passer à travers ce que j’appelle la « mielisation » du mal, phénomène ayant pour digne représentant la série Twilight. Dracula et tout l’univers gothique qui en découle a toujours été présent à travers les opus, sachant à la fois se renouveler et capitaliser sur ses acquis. Voyons donc ensemble quelles sont les formes de l’iconographie de Dracula dans la série Castlevania.

Aux origines, un Roman

Le bouquin en question, mais pas dans sa première édition

Le bouquin en question, mais pas dans sa première édition

Dracula est aujourd’hui un personnage connu de tous. Qu’on l’ai vu dans un film, une bande dessinée, où même grâce à des jouets, on a tendance à oublier, qu’à la base, Dracula est un roman de Bram Stoker. Il s’agit d’ailleurs de son œuvre majeure, paru en 1897. Très documenté bien que fantastique, Dracula s’apparente autant à un roman qu’à une étude ethnologique, historique, géographique, et même folklorique. En se documentant dans les bibliothèques, Bram Stocker parvient à décrire une Transylvanie dans laquelle il n’a jamais mis les pieds, de manière précise, évocatrice. Le récit se joue donc entre l’Angleterre et la Transylvanie au XIXème siècle, dans un château retiré des Carpates où le comte Dracula, un vampire aristocrate sème la terreur. Récit épistolaire, lugubre et sinistre, mais aussi rédigé à la première personne (plusieurs personnages, mais pas le comte épouvantable), il s’agit là d’un classique. Et comme souvent, Stoker ne connut pas le succès avec son œuvre et ne fut reconnu qu’à titre posthume. Avec Dracula, Stoker se défini clairement comme un auteur dit « Gothique » comme Mary Shelley et Sheridan Le Fanu. Il a, par contre, eu l’intelligence de mettre au centre de son roman un mythe plutôt délaissé jusque-là : celui du vampire. Une orientation surement due au contexte historique de la réaction de l’œuvre : nous nous situons à la fin de la grande époque Victorienne, à une époque où Jack l’Eventreur fait des ravages dans les rues de Londres. Une fin de XIXème siècle particulièrement mouvementé dans le pays de Shakespeare. Dernière petite précision concernant le contexte et l’inspiration de l’auteur : le bouquin de Marie Nizet, intitulé Le Capitaine Vampire, du milieu du XVIIIème siècle, dans une Europe ravagée par les pestes, fièvres jaunes et autres épidémies. C’est donc bien grâce à Stocker que Dracula a pu devenir la représentation la plus connu du vampire. Et bien qu’il soit clairement acté que Dracula est la principale source d’inspiration de la série Castlevania, Konami en rajoute une couche avec l’opus Castlevania : The New Generation. En effet, cet opus, sorti uniquement sur Megadrive en 1994, reprend l’histoire de Bram Stoker dans le scénario du jeu. Ce dernier met en scène John Morris, le fils de Quincy Morris, qui a combattu Dracula aux côtés de Van Helsing dans le roman. La famille Morris est aussi citée dans Portrait of Ruin, notamment comme cousine du clan Belmont.

Qui est Dracula ?

Dracula version Belmont, ça en jette ya pas à dire...

Dracula version Belmont, ça en jette ya pas à dire…

Le nom Dracula serait dérivé du mot dragon qui, en langue valaque, se disait dracul. Par ailleurs, dracul ne signifie pas seulement « dragon » en roumain, mais également « diable ». Dracula est aussi appelé Nosferatu, qui signifie « non–mort ». Il se nourrit du sang de ses victimes et transforme à son tour celles-ci en vampires. Finalement, Stoker étant Irlandais, nous pouvons remarquer proximité des noms Dracula et Droch Ola, signifiant « mauvais sang » en gaélique. Sur plan de la représentation, le comte Dracula est souvent présenté comme un aristocrate dans la force de l’âge, grand et svelte, voire maigrichon, le teint pâle et les cheveux noirs. Souvent vêtu en noir avec une cape doublée en rouge, il fait très peur. Mais cette représentation, mise en avant par Christopher Lee dans son interprétation de Dracula lors de différents longs métrages, est en inadéquation avec l’iconographie du vampire défini par Stoker. Il y est plutôt décrit comme un homme vieux ayant des cheveux blancs et une moustache de même couleur. Il rajeunit au fur et à mesure qu’il suce le sang de ses victimes. Il est aussi reconnaissable grâce à des canines pointues et des paumes de mains velues. Il pue, n’a pas d’ombre, et ne peut se refléter dans un miroir. Autre image mise en avant par Christopher Lee : le Dracula Seducteur. Beau et jeune, et doté d’un charisme sans précédent, Dracula pouvait avoir les femmes qu’il voulait. Ce n’est clairement pas le cas dans le roman de Stoker. Il s’agit d’un vieillard rajeunissant certes, mais qui n’avait rien du séducteur. Il est donc plus proche d’un monstre que d’un culturiste, plus orienté vers le crime compulsif que vers l’amour charnel.

En définitive, il s’agit bien de la série Castlevania qui retranscrit au mieux le Dracula de Stoker sur nos écrans. Dracula est représenté comme le mal absolu, un guerrier sanginaire qui veut éradiquer tout ce qui bouge. Alors qu’au fil des années, Dracula est passé du monstre sanguinaire sans aucun sentiment à un vampire capable d’aimer, de pleurer ou d’avoir de la sympathie envers quelqu’un ce n’est clairement pas le cas dans Castlevania. Cette affirmation est d’autant plus vraie lorsqu’on regarde le dernier épisode de la série : Lord of Shadow 2. Cet épisode nous montre enfin clairement les liens entre les Belmont et Dracula, mais nous présente surtout, en HD, un personnage de Dracula plus vrai que nature. Les studios de Mercury Steam ont été plus Stokerien que Stoker en quelque sorte. Dracula est sadique, laid, et vieux au début du jeu. Il n’est en aucun cas séducteur, ressemblant beaucoup plus à un monstre assoiffé de sang qu’à un gentleman. Il est extrêmement violent et glorifie sa puissance. Manipulateur, il n’est pourtant pas scientifique, mais plutôt soldat du mal.

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Amateurs de goules, de vampires, d’affrontements épiques, d’ambiances gothiques, fans de films de la Hammer, vous frappez à la bonne porte, car en ce sombre Lundi de mars débute à LSR une semaine dédiée à la grande série Castlevania. Avec sa trentaine d’épisodes, dont la plupart flirtent avec l’excellence, difficile d’effectuer une sélection satisfaisante pour honorer l’affrontement du clan Belmont contre les forces du Mal. Et nous ouvrons donc le bal avec cet épisode PSP. Si vous serrez les dents en vous disant qu’un remake n’a rien à fiche ici, c’est que vous ne connaissez pas le remake en question. Car outre le fait que celui-ci soit respectueux de l’original et justifié par des raisons évoquées plus bas, il offrira aux plus braves non seulement l’accès à l’épisode originel sur PC Engine, mais aussi à sa suite directe, le mythique Symphony of the Night sur Playstation! Une bonne occasion d’aborder une époque charnière pour la série de Konami, et de parler de deux de ses meilleurs épisodes, vous ne trouvez pas ?

Le Chaînon Manquant

remise aux goûts du jour d'un titre honteusement méconnu...

Remise aux goûts du jour d’un titre honteusement méconnu…

Symphony of the Night est considéré encore aujourd’hui par beaucoup comme tout bonnement le meilleur épisode de la série. Mais la radicale transformation de l’essence de la série avait de quoi laisser perplexe. En effet, on passait de jeux d’action-plateforme somme toute linéaires – même si la ligne est emberlificotée dans un enchaînement de salles et d’escaliers – à de l’aventure-action labyrinthique où l’on progressait à coups d’aller-retours, le personnage débloquant des capacités au gré du périple lui permettant d’emprunter des chemins inaccessibles auparavant. Labyrinthe, dimension RPG, pas de doute, c’est l’épisode du basculement vers le MetroidVania, terme un peu galvaudé de nos jours qui a néanmoins le mérite à la fois d’être explicite et de rendre à Samus et Alucard ce qui leur appartient. Et l’avalanche contemporaine de MetroidVania de tous poils, tant les jeux gratuits sur le net comme la série des Robot Wants… ou les deux épisodes magnifiques de KOLM que les sorties remarquées sur les plateformes de téléchargement de pépites comme Guaccamelee ou Outland, confirment l’importance radicale du titre de Konami, en en empruntant sans vergogne les mécaniques de level design et de gameplay.

Entrez, si vous l'osez, dans le château de tous les cauchemars...

Entrez, si vous l’osez, dans le château de tous les cauchemars…

Mais si l’on pouvait penser que SOTN représentait une rupture dans la continuité de la série, et pouvait presque s’apparenter à une trahison de l’essence de celle-ci, la redécouverte grâce à ce remake PSP de l’épisode Chi no Rondo nous prouve qu’il n’en est rien, que ce n’est finalement que le prolongement, certes audacieux et radical, d’une évolution amorcée par l’épisode PC-Engine.

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La série Castlevania doit entre autres son grand succès à son ambiance transylvanienne, son gameplay mêlant RPG, action, aventure et plateforme et au charisme de ses protagonistes et de son antagoniste principal, Dracula. Quand l’opus Order of Ecclesia débarque sur Nintendo DS lors de l’automne 2008 avec son héroïne sans lien avec le clan Belmont et un Comte apparemment en vacances, le doute et la curiosité furent ainsi permis. Heureusement, ils furent brefs car le soft est une pleine réussite.

Ordre ecclésiastique

0Si elle parait bien naïve et mystérieuse au début du jeu, Shanoa, le personnage principal, se révélera d’une classe folle, dégageant à la fois élégance et puissance. Un charisme qui lui sera bien utile pour déjouer les intrigues et complots qui a priori la dépassent. Shanoa fait partie d’une organisation appelée Order of Ecclesia qui a pris le relais du clan Belmont désormais éteint dans la délicate entreprise de destruction du Comte Dracula. Le jeu débute avec le legs par Barlow, maître du clan, du glyphe Dominus à Shanoa. Ce pouvoir ultime est le trésor de l’ordre et il est convoité par Albus, frère d’armes de l’héroïne. Emporté par la colère en voyant qu’il n’est pas l’héritier, il s’enfuit avec Dominus durant la cérémonie. Shanoa, amnésique, va alors devoir retrouver les parties manquantes du pouvoir. Elle va surtout découvrir complots et manipulations pour une histoire qui ne mettra pas tout de suite en avant l’ennemi Dracula. Parce que les éléments centraux de Order of Ecclesia, ce sont bien ce personnage de Shanoa, ce village duquel partiront toutes les quêtes et où l’on pourra faire des emplettes et écouter les requêtes des habitants dont les proches sont retenus prisonniers.

Hype aux glyphes

1Et n’oublions surtout pas ces glyphes qui font tout le sel et l’intérêt du gameplay. Elles sont récupérables en fouillant des statues, en les volant à des adversaires pendant qu’ils les utilisent, ou en délivrant les villageois. Il est possible de les combiner, une dans chaque main. Le mariage est libre et peut donner lieu aussi bien à un arsenal équilibré qu’accentuer la puissance d’une glyphe en particulier. L’effet est garanti et donne une belle profondeur aux possibilités et à la personnalisation du style de combat. Les glyphes ne concernent en effet pas que les effets magiques, mais aussi les armes. Pour faire simple, tout repose là-dessus. Heureusement, le système est aussi intuitif que performant. De plus, elles revêtiront une meilleure efficacité si elles sont exécutées l’un après l’autre dans le bon timing. Il y a donc là un intéressant système de combo dont il ne faudra pas abuser non plus, puisqu’il consomme des MP. Enfin, un maximum de trois configurations différentes sont rapidement accessibles, sans repasser par le menu. D’ailleurs, certains glyphes permettront d’avancer dans le niveau, pas forcément pour se battre.

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En 1988 sort sur NES le premier jeu de la licence ayant le mieux servi les hordes de l’illustre Comte Dracula: Castlevania, bien entendu. C’est le début de la longue lutte entre le célébrissime vampire et le clan Belmont. Dans cette version, c’est Simon qui s’y frotte, armé de sa bravoure et de son fouet Vampire Kill. Le jeu est encore aujourd’hui un modèle de maitrise de ce gameplay si particulier, savant mélange hybride de plates-formes et d’action. Pour moi qui ai d’abord joué à l’un de ses successeurs, Order of Ecclesia (dont je vous parlerai en détails dans quelques semaines), avant de lire le roman original de Bram Stoker, ce fut un plaisir exquis de pouvoir constater à quel point l’ambiance de la licence de Konami retranscrit celle du livre, même s’il n’en est pas une adaptation directe (les époques ne sont pas les mêmes). Et la brume de la Transylvanie, j’aime bien. Atmosphère, atmosphère!

Des séries cultes, le Jeu Vidéo en connaît des dizaines (je crois que j’ai d’ailleurs déjà utilisé cette formule introductive, d’ailleurs). Et il faut être borné pour refuser cette qualité à Castlevania. Jeux d’action / plate-forme déjà présents sur NES (Nintendo Entertainment System) et qui ont traversé les âges et les générations, la saga se démarque tout d’abord par son univers pas si commun dans l’univers du média.

Car la plupart du temps et ce malgré quelques exceptions notables par ailleurs, vous incarnez un héritier de la lignée des Belmont (Berumondo en japonais, littéralement Belmondo en français, référence directe au célèbre acteur) parti éradiquer la menace Dracula qui empoisonne une région convertie aux forces du mal. Le tout équipé d’un simple fouet. Epique, tout simplement, vous ne trouvez pas ?

En attendant, squelettes, corbeaux, zombies, créatures fantastiques issues de tout horizons mythologiques, armes incarnées, armures vivantes… Voilà le bestiaire que tout les fans connaissent. Et si Lords of Shadow, dernière itération de la série, prend quelques libertés vis-à-vis des codes de la saga, on ne peut s’empêcher d’apprécier la touche apportée par les Espagnols de Mercury Steam qui réalisent là un excellent travail. Et malgré des DLC qui brillent par leur médiocrité, ces derniers ont le mérite de remplacer les cinématiques classiques par des cutscenes façon comics particulièrement bien inspirées.

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