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Joyeux Noël à tous ! Eh oui, la chronique PRE(JEUX)GES s’offre un niveau bonus en ce jour de fête. L’actualité récente a été marqué par le deuil dans le monde vidéo-ludique. En effet, le « père des jeu vidéos » Ralph Baer, nous a quitté en début de mois, et avec lui s’efface une époque un peu branlante dans laquelle les fondations du jeu vidéo ont été posées. Malheureusement, peu de choses sont connues sur cette personne et sur la révolution que cet homme a entraîné derrière lui. Et après le plus de recherches possible, on va essayer de corriger ça. Bien sur, tradition oblige, quelqu’un va poser les questions entre deux coupes de champagne : M. Toma Uber.

 

Toma Uber ; La première console est bien entendu la Magnavox Odyssey en 1972 > Je plaide coupable, j’ai pensé ça très longtemps. Mais comme pour l’histoire des jeux vidéos, l’histoire des consoles est plus compliquée qu’elle n’y parait.

Ralph H Baer est un ingénieur Germano Américain né à Rodalben en 1922. Face aux actions de plus en plus violentes du régime Nazi face à la communauté juive, il part en 1938 pour New York. C’est en 1956 que le jeune ingénieur rejoint l’entreprise d’électronique militaire Sanders Associates dans la division « Conception d’Equipements ». Rapidement il  en prend la tête et dirige 500 personnes, mais une idée lui trotte en tête. 10 ans plus tard, tandis qu’il attend un collègue au détour d’une gare, il écrit sur un bout de calepin des idées pour changer la manière d’agir sur sa télévision. Et le 1er septembre de la même année, il rédige noir sur blanc un document fondateur du jeu vidéo dans son laboratoire. Tout y est expliqué, le principe de la console comme les jeux, le canal de diffusion (chaine 3 du téléviseur) la couleur et les accessoires de jeux. Tout gamer sur Terre doit sa passion à ce bout de papier. L’inventeur perd pas de temps et, avec Bob Tremblay, seulement 5 jours plus tard, le (TV Game) TVG1 est créé. Cet énorme boitier gris, à la base un calibreur TV (IG-62), est rudimentaire mais possède deux caractéristiques primordiales. Il affiche deux points blancs à l’écran, et deux molettes pour les déplacer. Elle est la première console jamais créée et les présentations faites en décembre 1966 de celle ci impressionnent les équipes. Par contre on ne peut pas encore parler de « jeu » à part entière, ce qui sera corrigé avec le TVG2. Ralph Baer a obtenu un financement de 2500 dollars pour continuer ses recherches, accueilli une nouvelle personne nommée Bill Harisson, et écrit des schémas de nombreux jeux (sport, tir, poursuite, etc…).

Pour la deuxième console, fini le IG-62, un boitier radio fréquence maison est fabriqué. Le jeu de poursuite de carrés-blanc est amélioré pour que la collision change la couleur de l’un deux, des manettes sont créées, mais le point principal reste le jeu de tir. Au moyen d’une réplique d’un fusil et d’un générateur de cible, le joueur déclenche à chaque tir un « carré de lumière », et si celui ci correspond au carré à l’écran le joueur a gagné. Cette innovation est importante et sera source de conflits bien plus tard. A noter également l’apparition d’une barre montante à chaque victoire, un erzast de score. Un collègue du nom de Herb Campman est amené à tester le prototype, et fusil en main s’est mis au bout d’un moment à « dégainer à la hanche » selon Baer, ne voulant plus quitter le jeu. Des brevets concernant ces consoles sont déposés. Un succès qui en amènera d’autres, quoique…

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Le duo continue sur sa lancée et après une présentation réussie du TVG 2, les têtes pensantes de Sanders Associates envisagent une commercialisation de la machine de jeu (10 000 unités). Mais un problème demeure, car le budget alloué a cette activité particulière fond à vue d’oeil. Ralph veut un prix de 25$ (de 1967) pour l’acheteur, mais les avancées du TVG3 amènent à une estimation du double du prix dans le meilleur des cas. L’équipe dégage alors toute les fonctions non nécessaires au jeu sur les circuits imprimés, et tente d’utiliser un circuit plus évolué pour l’affichage entièrement couleur (TT7400). Mais le prix est encore plus élevé, et la situation critique. Mais Campman sauve la mise en proposant un ingénieur formé au MIT : Bill Rusch . Celui ci repense le projet, et permet la finalisation du 3ème TVG pour septembre 1967. Le TVG 4 est le prototype des jeux de sport, et notamment d’un jeu dans lequel les deux carrés contrôlés par le joueur, se renvoient un troisième point blanc. Cette « balle virtuelle » rebondit de manière réaliste grâce à un algorithme de l’équipe des 4 compères, et le fond change de couleur selon le sport. L’ancêtre de Ping Pong est né en Novembre 1967. Les travaux avancent bien mais les tensions arrivent : Bill Rusch en a marre d’être dirigé par Ralph Baer, et les dirigeants de Sanders s’impatientent. Une décision est prise pour faire rentrer des fonds. Nous voici déjà en mars 1968, et un détour par la télévision est opéré.

La machine TVG cinquième du nom censée accompagner des émissions de télévision, est une révolution pour l’époque. Le principe des flash pour les jeux de tir est réutilisée pour des émissions de quizz interactives, le joueur pointant vers la réponse qui semble être la bonne. Une implication inédite des personnes mais qui n’a pas aboutit. Bill Rusch et Ralph Baer se prennent la tête de plus en plus fréquemment et chaque personne de l’équipe doit repartir à ses activités initiales, le projet de console étant abandonnée. Du moins temporairement … (suite à la prochaine page)

Nous sommes en 1994, la SNES semble déjà en fin de vie d’autant plus que la première console de Sony promet de faire exploser le marché avec l’arrivée de sa Playstation et de la 3D dans nos salons. En parallèle au développement de sa futur console 64 bits, Nintendo demande alors aux équipes de Rareware, peu connus du grand public, de faire ressurgir l’un de ses premiers personnages de l’histoire vidéoludique, un certain Donkey Kong et ainsi de montrer que la reine des consoles de salons 2D en a encore sous le capot. Autant vous dire que le résultat va aller bien au-delà de leurs espérances… Attention, mythe à l’horizon !

La renaissance de Donkey Kong

Le grand retour de Donkey Kong !

Renaissance ? On pourrait même parler de véritable naissance. En effet, avant son apparition dans DKC, le Donkey Kong de 1981 que l’on connaissait n’était qu’un simple gorille fou qui balançait des tonneaux sur un certain Jumpman pour l’empêcher de venir délivrer une princesse qu’il venait de capturer. Un jeu très basique mais qui avait fait ses preuves et avait surtout permis à Nintendo de trouver sa mascotte avec Mario, le plombier le plus connu du monde. Le grand singe lui, était peu à peu tombé dans l’oubli… Du moins, avant l’intervention de Rareware. Car oui, dans Donkey Kong Country, oubliez Mario, oubliez la princesse voire même l’ancien Donkey Kong pixelisé. Ici, le Donkey Kong nouveau est arrivé, et c’est lui le véritable héros du jeu, un jeu qui aura même le luxe de rivaliser avec les Mario traditionnels à tous les niveaux de lecture, et ça, croyez moi, c’est une performance exceptionnelle ! Nous nous retrouvons donc en compagnie du nouveau Donkey Kong (oui, j’insiste avec le terme « nouveau » car «l’ancien » Donkey Kong de 1981 apparaîtra dans le jeu sous la forme du vieux conseiller Cranky Kong) mais aussi de Diddy Kong, un chimpanzé beaucoup plus agile et fin que le puissant gorille. Encore une fois dans un jeu Nintendo, le scénario ne servira que de prétexte à une franche partie de rigolade et de fun, mais en face de ce monument de la plateforme, on oublie vite ce point de détail… Le but du jeu sera en effet très simple : récupérer les bananes volées par le terrible King K. Rool, sorte de roi crocodile mégalo et chef des Kremlings qui auront fort à faire face à la furie singesque. Heureusement, nos primates ne seront pas seuls et seront aidés par leur cousin Funky pour se déplacer de monde en monde, par Candy (la petite amie de DK) qui permettra les sauvegardes et donc par Cranky et ses conseils avisés qui ne manqueront parfois pas de piquant (l’humour est d’ailleurs omniprésent dans DKC). S’ajouteront également 4 animaux que l’on pourra chevaucher en cours de partie, le rhinocéros Rambi, Winky la grenouille, Expresso l’autruche, et Enguarde l’Espadon avec leurs caractéristiques propres (que nous détaillerons par la suite ^^). Un perroquet nommé Squawks sera également de la partie et le tout dans un monde d’une richesse, d’une finesse et d’une beauté remarquable qui fait que l’on est directement immergé dans l’ambiance si particulière qui règne sur cette île perdue de DK.