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jackettBonjour et bienvenue dans un moment tomagique un peu spécial, ce pour deux raisons. Trois, en fait. Voire trois et demi. La première est que j’ouvre non pas avec une tirade envolée pleine de nostalgie humide de l’oeil, mais par des excuses, car la semaine dernière, j’ai honteusement loupé le rendez-vous, sans lettre d’excuse de ma moman, du médecin, ni même de notre chef Serpent vénéré. Je ne rentre pas dans les détails, mais c’est tout confus que je vous présente mes plus plates excuses. J’ai donc décidé cette semaine de donner dans l’autoflagellation et donc de parler d’un jeu sur PC, et les habitués savent ce qu’il m’en coûte, vu mon antipécéisme primaire affiché sans vergogne dans ces lignes. Et enfin, il s’agit d’un titre relativement récent, un comble sur un site de rétrogaming, me direz-vous! Qui plus est, le moment tomagique en question ici date d’il y a à peine quelques semaines! Mais vous verrez, il a tout à fait sa place dans cette chronique, sur ce site. Replongeons donc ensemble quelques semaines auparavant, lorsque le pad en main, je tentais de vaincre Crimzon Clover.

Quand vous tirez en überHyper, ça avoine sévère!

Quand vous tirez en überHyper, ça avoine sévère!

Crimzon Clover a sa place ici, puisqu’il s’agit d’un shmup 2D hommage aux grands shoot’em up des années 90, les fameux danmakus qui continuent encore aujourd’hui à faire le bonheur des superplayers et des moyenplayers adeptes du credit-feeding frénétique. Créé par un homme seul, Yotsubane, sur plusieurs années, ce dôjin (terme désignant les productions « amateur ») se hisse dans la cour des grands, et n’a pas à pâlir en comparaisons des productions actuelles dans le domaine, tant il est soigné, fignolé avec amour, jouissif, et généreux. Du grand classique dans ce jeu frénétique, avec un tir principal frontal, un tir secondaire qui locke des ennemis et ralentit le vaisseau, de la smartbomb, un mode Hyper à la puissance de tir décuplé, un überHyper encore plus puissant et orgiaque, un scoring system élaboré mais compréhensible, le tout dispatché suivant deux modes de jeu plus un facilement déblocable, tous trois parfaitement complémentaires et singuliers dans ce qu’ils offrent au joueur. On commence avec un seul vaisseau, un second déblocable facilement et un troisième autrement plus difficile à obtenir, surtout pour un moyenplayer comme moi (un gnome, dirait-on sur shmupemall.com, un des deux sites spécialisés en langue française, avec shmup.com). C’est d’ailleurs à cause de ce troisième vaisseau que j’écris ces lignes.

Attention, sentiment de puissance et mouillage de caleçon garanti

Attention, sentiment de puissance et mouillage de caleçon garanti

En effet, quasiment tout le système de déblocage de bonus, musiques, stage select, crédits, second vaisseau…etc, est basé sur les items récoltés en cours de partie, les étoiles, qui servent de monnaie virtuelle. Ce n’est pas le cas pour le vaisseau type-Z, ce fameux troisième vaisseau, qui, s’il s’achète lui aussi dans la boutique, à prix d’or, n’y apparaît qu’une fois le jeu terminé en un crédit en mode Simple. Simple de nom et pourtant déjà pas mal cossu, avec son lot de passages tendus, mais accessible néanmoins avec un peu d’entrainement et de bonne volonté. Ce vaisseau type-Z me faisait fantasmer depuis un moment, mais mes performances ne me menant guère plus loin que le stage 3 dans mes meilleurs jours (stage 4 en utilisant ma réserve de 3 crédits, seuil que je refusais de dépasser parce que continue, oui, mais credit feeding, non, et puis en plus, chaque crédit acheté fait augmenter le prix du suivant!) ne me laissaient que peu d’espoir. Néanmoins, en tombant un peu par hasard il y a maintenant quelques mois sur une vidéo d’une partie de Crimzon Clover commentée provenant de l’excellent site shmupemall, et appartenant à la série des One Sissy, série de vidéos hebdomadaires destinée, louable intention, à aider les joueurs moyens à atteindre la fin des shmups, se plaçant en porte-à-faux face aux vidéos de superplay généralement trouvée sur les internets, comme on dit, j’ai eu un déclic, une crise de conscience.

Un combat contre boss, en mode couillu, ça peut ressembler à ça...

Un combat contre boss, en mode couillu, ça peut ressembler à ça…

Depuis l’avènement des jeux à sauvegarde, mon genre de prédilection puisque je RPGisais principalement durant mes années sauvages, la notion de performance, de finir un jeu en une partie avait tout bonnement disparu de mon champ de conscience, et était devenue pour ainsi dire obsolète dans le monde du jeu vidéo. Les jeux devaient de plus en plus grands, longs et je laissais volontiers les speedruns et autres à des joueurs plus volontaires que moi, focalisant mes efforts sur l’exploration méticuleuse, la découverte de secrets…etc. Mais du coup, alors que j’étais un joueur correct dans ma prime jeunesse, le constat cruel s’imposait : j’avais rouillé, faute de challenge imposé. Les modes de difficulté supérieurs dans les jeux actuels ne me passionnent pas (mais je me refuse systématiquement à l’option de facilité, jouant généralement en « normal », ni plus ni moins), et pour les jeux de plateforme et d’arcade, je pratique sans honte ni hésitation le continue après un game over intempestif – ou le reset de console pour reprendre à mon point de sauvegarde lorsque c’est possible, pour donner l’illusion d’une partie sans fausse note… Bref, pas très porté sur la perf, le burve.

tapi dans l'ombre, le boss final tentaculaire apparaît...

tapi dans l’ombre, le boss final tentaculaire apparaît…

Mais là, il y avait ici un enjeu, le fameux type-Z. Galvanisé par la vidéo et par le revival de mon amour du shmup sauce danmaku ces dernières années, encouragé et conseillé sur les forums des deux sites sus-cités, je lançais à corps perdu dans cette humble quête. Après un certain nombre de pétage de dents de devant en hurlant de douleur, je suis arrivé, finalement relativement rapidement, au boss du dernier niveau, que je n’ai pu battre, du moins pour cette première rencontre, qu’en utilisant mes fameux 3 crédits de sûreté, histoire d’avoir au moins la satisfaction, sinon de me la péter avec mon beau vaisseau, au moins de lui mettre une fessée, même souillée par du continue intempestif. Mais je tenais le bon bout! Et un matin, ce qui devait arriver arriva… Enfin, presque. J’étais en train de torcher une partie proche du perfect (sur mon échelle, bien entendu), avec non seulement un one-life sur les trois premiers stages, mais en plus un score presque pas trop dégueu. Je m’excite, perds quelques vies, me reconcentre, et là, c’est le drame : la gâchette droite de mon pad, correspondant au tir secondaire le fameux lock qui, en plus d’atteindre les adversaires hors d’atteinte, permettait de ralentir le vaisseau pour danser entre les bullets, déconne et devient horriblement difficile à activer, m’obligeant à appuyer comme un sauvage pour contrer le faux contact, me faisant louper le coche une fois sur cinq. C’est dans ces conditions qu’à coups de crampes, de vies perdues par accident, et de coups de chatte, il faut le noter, j’arrivais enfin à vaincre le boss, avec encore deux vies au compteur!!! De joie, je lance le pad, je fais une petite danse de la victoire, j’insulte le boss, hilare, rayonnant… jusqu’à ce qu’apparaisse sous mon regard horrifié le True Last Boss!!! Argh! Je me jette sur le pad, mais trop tard, les deux vies sont parties en fumée, sous mon regard impuissant…

Le fameux vaisseau Type Z en double exemplaire, face à face au sommet!

Le fameux vaisseau Type Z en double exemplaire, face à face au sommet!

Je m’étais fait induire en erreur par mon run avec continue mentionné plus haut, et j’avais complètement oublié qu’en donnant dans le one CC, on atteignait un True Last Boss qui s’avère être le fameux vaisseau Type-Z tant convoité, et qui possède deux formes, histoire de compliquer les choses. C’est un classique du danmaku, le TLB, mais dans l’euphorie, j’ai oublié… Je suis donc passé d’un moment de gloire, de joie extatique, à l’impression d’avoir avalé un cendrier de bar un soir de fête le week end avec en prime la poubelle des toilettes des filles. Mais peu de temps après, je paradais aux commande du fameux Type-Z, avec à mon actif un score limite pas dégueu, pour un moyenplayer. Tout est donc bien qui finit bien. Et je vous offre en prime la vidéo de cette fin de jeu, avec le même vaisseau que j’ai utilisé, mais par quelqu’un qui se débrouille mieux que moi. Ca vous permettra de juger sur pièce. La semaine prochaine, autre temps, autre lieu, autre jeu, autre moment de magie vidéoludique. A dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig