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Bon, à mon tour ; je débarque avec mes deux chromosomes X pour traiter d’un sujet délicat et récurrent à notre époque et qui, pourtant, peine encore à passer. Je commencerai par dire que non, aucune féministe ne parle de cela dans le seul but de faire chier les joueurs, mais plutôt dans un souci d’être all inclusive. Un concept dont je parlerai plus tard. Il y a trois ans, anecdote banale. Je discute tranquillement avec une connaissance de promo. Comme dans la plupart des conversations de personnes ne se connaissant pas très bien, on discute de trivialités : la météo, nos profs, etc. On en vient aux jeux vidéo. Ses yeux s’agrandissent de stupeur lorsqu’il apprend que je joue en ce moment à Fallout : New Vegas. Je lui demande pourquoi, il me répond qu’une fille qui joue aux jeux vidéo, c’est rare. Pour ma part, je suis très étonnée. Je ne m’estime pas victime de sexisme du fait de cet épisode, mais je pense qu’il révèle une chose : nous avons encore du mal, en tant que femmes, à avoir de la visibilité, alors que nous sommes plus nombreuses que les joueurs. Car oui, aujourd’hui, croyez-le ou non, il y a plus de joueuses que de joueurs. Si, si. Alors, me direz-vous, et si on exempte le casual gaming, mmh ? Je vous répondrai fort bien, certes. Le marché du jeu vidéo a changé, les supports de jeu aussi, les joueurs aussi. Mais en termes de « hardcore gaming » (terme que j’abhorre à titre personnel), que personne ne se leurre, le jeu vidéo, ça n’a jamais été « que » une histoire de mecs : nous sommes là depuis le début. *insérer smiley espiègle ici* Mais nous sommes, effectivement, victimes de sexisme. Vous aussi, au passage. Et ce sexisme s’exprime à plusieurs niveaux – il est d’ailleurs légitime de dénoncer contextuellement ce sexisme (ici dans le domaine du jeu vidéo), puisqu’il ne s’exprime pas partout de la même manière et que savoir l’identifier clairement dans différents aspects de la société permet de faire un travail de fond plus poussé. Je commencerai par parler du sexisme que peuvent subir les femmes travaillant dans le jeu vidéo, puis les galères que peuvent connaître les passionnées du jeu vidéo, que ce soit gameuses ou cosplayeuses. Je glisserai évidemment un mot sur le sexisme que peuvent subir, de leur côté, les hommes.

Pourquoi en parler ?

"Oh mon Dieu. Une FILLE ?!"

« Oh mon Dieu. Une FILLE ?! »

Je ne mentirai pas et je vais dire tout de suite que oui, je vais reprendre des éléments du quasi livre blanc écrit par Mar_Lard qui a causé un tel buzz sur la toile après sa parution. Si je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’elle dit, on ne peut nier les faits édifiants qu’elle nous expose. Le sexisme dans le jeu vidéo est une réalité ; et malheureusement, le dénoncer aujourd’hui se heurte encore une fois à une véritable levée de boucliers. Alors, sincèrement, du fond de mon coeur de gameuse passionnée : non, on ne dit pas ça pour vous faire chier. Bien sûr que non, vous n’êtes pas tous des gros machos, je sais que la majorité des joueurs et des joueuses ne versent pas dans les comportements outranciers à l’égard de l’autre/ou du même sexe. Ne prenez pas ce qu’on vous dit comme une accusation. Comme vous, nous aimons passionnément les jeux vidéo, nous trouvons que c’est un média fantastique riche en nouvelles possibilités. Le fait que nous dénoncions le sexisme n’est pas une volonté pour nous de décrédibiliser ou de pourfendre ce média que nous aimons tant, ni de vous attaquer personnellement en tant qu’hommes, mais simplement de rester critique vis-à-vis des messages que le JV peut transmettre, comme toute autre forme d’expression culturelle. Notons également que j’estime que le jeu vidéo, tout comme beaucoup de centres d’intérêt étiquetés « geeks », comme les comics, fait d’énormes progrès en matière de lutte contre le sexisme, l’homophobie, etc. En somme, si je vais dénoncer ce qui à mes yeux reste à corriger dans cette industrie, je n’oublie pas que le média avance, mais qu’il reste un bout de chemin à faire.