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Amis Plateformistes, Run & Jump est de retour avant un mois de vacances. Comme convenu nous allons parler de cette merveilleuse invention qu’est le scrolling et comment elle a révolutionné le genre. Bien sur tous les genres de jeux en 2D bénéficient d’un scrolling que ce soit en arcade ou sur console à un moment ou à un autre, donc nous allons voir dans un premier temps un constat plus général, pour ensuite s’intéresser « aux » scrollings. Car oui de Pac Land à Braid il y a une sacré différence ! Vous êtes prêts ? c’est parti.

SCROLLING : C’EST QUOI DONC?

scrolltransLe scrolling ou défilement dans la langue de Kad Mérad, est le procédé qui consiste a afficher tout un élément au travers d’une fenêtre. Mathématiquement, il dérive de la translation géométrique, à savoir le déplacement selon un vecteur v d’un objet sans rotation ni transformation. Dans le contexte vidéo-ludique, un scrolling une superposition de deux calques : le premier est celui qui supporte le décor, généralement le paysage et les éléments qui ne vont pas interagir avec le joueur, le deuxième quand a lui est superposé au décor et contient le joueurs avec ses ennemis et le décor « atteignable » (blocs, plateformes, etc). Et là où le joueur peut se déplacer sur l’écran selon les règles définie par le développeur, la magie de scrolling consistera à déplacer le décor à une vitesse différente, donnant l’illusion de perspective et permettant d’avoir des niveaux ne s’arrêtant pas à une seule case. Dans le jeu de plate-formes des années 80 (surtout sur console 8 bits), le scrolling est abordé de deux manières. Le défilement peut être

  • Forcé. c’est à dire que peu importe les actions du joueur, le décor ne l’attendra pas.
  • Contrôlé, c’est à dire que la condition du « glissement » du décor se fera par le personnage. Généralement il faut que le personnage soit à 75 % du bord droit de l’écran.

LES BALBUTIEMENTS DU SCROLLING

scrollrallyxDans les années 70 et 80 les jeux en arcade ne sont pas des exemples de mouvement. Des barres de Pong à Space Invaders, l’action se résume au seul écran de la borne d’arcade. Mais Namco donne un coup de pied dans la fourmilière avec Rally-X (1981). Dans ce jeu de course en vue de dessus, le joueur doit récupérer dix drapeaux dans des circuits arènes. Mais cette même arène étant bien plus grande que l’écran, les développeurs font appel au scrolling vertical et horizontal pour le déplacement. Le genre du shoot em up est également concerné par le scrolling, notamment avec Defender et Xevious, mais on s’éloigne du sujet. Côté jeux de plate-formes, Jump Bug (Hoei Corporation) ouvre le bal en 1981 avec des niveaux horizontaux et verticaux en scrolling forcé. Les avis divergent sur ce titre, car il ressemble plus a une course d’obstacles, mais il contient des sauts et des plate-formes. Pac Land (Namco) de 1984 lui emboite le pas , et pour en avoir suffisamment parlé précédemment, on ne va pas faire l’affront de répéter, si ce n’est que c’est de l’aveu de Shigeru Miyamoto l’a désigné comme une source d’inspiration pour Super Mario Bros. Prévu à la base comme un jeu avec éléments de shoot em up et non un jeu de plate-formes aventure, les scrollings horizontaux et verticaux on été prévus. Mais dans une optique de se rapprocher d’un Pac Land par exemple, la verticalité à été assurée par les plantes grimpantes (et la fleur a remplacé les missiles). Le scrolling en lui même est contrôlé par Mario, ce dernier le faisant avancer en se rapprochant du bord droit de l’écran. Cet élément lié aux autres avancées de gameplay aura fait de ce jeu une remise à zéro du genre et un monolithe qui sera repris encore maintenant.

Episode #2 – Les Consoles de Salon

Elles sont de retour ! Alors qu’une génération de consoles s’achève pour laisser sa place à la suivante, les Archives Oubliées s’intéressent à la communication qu’en ont fait les constructeurs. De l’Atari 2600 à la XBox One, les errances sont nombreuses, de la vulgaire publicité pour enfant aux essais conceptuels on est passé par plusieurs périodes que vos serviteurs tentent de démêler. Deuxième épisode, même formule, on se donne rendez-vous la première semaine de Janvier pour le troisième volet.

Bon visionnage à tous et comme toujours, n’hésitez pas à commenter !

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La Xbox One et la PlayStation 4 sont sorties, respectivement les 22 et 29 novembre 2013, marquant ainsi le début d’une nouvelle génération de consoles. L’occasion pour nous d’analyser à froid, et avec le recul, celle qui va laisser peu à peu sa place, la fameuse next-gen, qui va par la même devenir rétro. Et de se rendre compte à quel point elle laissera un souvenir paradoxal et doux-amer.

Les consoles et les jeux ont-ils encore une identité?

Carte-IDOn a tendance à penser, et à juste titre, que ce qui fait une machine, c’est sa ludothèque. Quand les consoles des précédentes générations se créaient une identité avec des catalogues spécifiques composés de licences exclusives, la Xbox 360 et la PS3 ont partagé la plupart des titres. FIFA et PES pour tout le monde, et des jeux racés très (trop?) peu nombreux pour définir une véritable allure à l’une et à l’autre. Et quand l’on sait que le PC, machine en perpétuelle évolution, a finalement supplanté sur le plan technique les consoles HD (comme leurs devancières en leur temps), et a proposé de très nombreux portages moins chers tout en se dotant d’une jouabilité manette facilement accessible, on se demande ce qu’est devenue l’offre spécifique console. Le jeu vidéo a profondément changé avec cette génération. C’est souvent vers la composition de la communauté et les services en ligne qu’il faut se tourner pour déterminer son choix parmi les deux machines. Parce que c’est sur ces offres, respectivement le Xbox Live et le PSN, que le nerf de la guerre se situe désormais. A côté des jeux triple A à tire-larigot et vendus à des prix élevés, le jeu indépendant y a trouvé pignon sur rue, les utilisateurs des prix intéressants, tout en donnant de l’eau au moulin de politiques commerciales nouvelles et encore craintes (DLC, abonnements, DRM, format épisodique…). Jouer sur sa console n’a plus la même signification, ni la même saveur : on attend que la mise à jour se termine, que le titre s’installe sur le disque dur, on perd du temps à ne pas s’amuser en fait. On peut même se demander si ce support, en évoluant pour devenir un outil multimédia avec une architecture proche de l’ordinateur, n’a pas compliqué les choses et détruit un peu le jeu vidéo tel qu’on le connaissait. D’ailleurs, quel regard les joueurs qui ont grandi avec le médium des années 90-2000 porte-t-il sur lui ? Comment le marché va-t-il évoluer pour les garder avec lui ? Que deviendra le solo ? Pourquoi par exemple faire du multi quand cela ne s’impose pas ?

Coquilles vides et gameplays innovants

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Parce que s’il est une chose avérée, c’est le succès d’estime qu’ont rencontré les jeux de la scène indépendante. Ces titres peu onéreux et empruntant souvent au folklore de l’âge 2D ont avant tout basé leurs mécaniques sur un gameplay intelligent et une esthétique indémodable pour rencontrer le succès qui a été le leur. Voilà un paradoxe bien criant de cette génération qui avait pour but initial de proposer du jeu en haute définition. Dire qu’elle a complètement échoué dans cette entreprise serait toutefois hasardeux voire de mauvaise foi, quand on connait notamment les prouesses réalisées par des titres comme Red Dead Redemption, Grand Theft Auto V ou The Last of Us. Mais à côté de cela, il y a beaucoup de controverses, d’inachevé, de contre-pieds. Assassin’s Creed, malgré sa promesse d’open world, se noie dans des versions annuelles, un monde creux et un gameplay finalement très limité. Le très attendu Metal Gear Solid 4 n’a pas eu la résonance de ses devanciers, ni su choisir de façon responsable son orientation finale. Certains observateurs ont critiqué le gameplay pauvre de Heavy Rain, alors que The Walking Dead a ému la quasi-unanimité. Dishonored et Mirror’s Edge, malgré leurs concepts d’infiltration intéressants voire novateurs, ont lassé sur la durée. La saga Prince of Persia s’est perdue dans les sables de la facilité et les doutes sur la capacité de renouvellement de la franchise Darksiders sont permis. Il y a en filigrane un manque d’audace et de courage dans cette génération, comme cette fin de Mass Effect 3 qui a dû être changée suite aux protestations de nombreux joueurs. Plus généralement, les gamers ont reconnu les qualités de jeux dits old school, parmi lesquels Street Fighter IV, Super Meat Boy, Bayonetta, Max Payne 3, Rayman Origins, Fez et Braid. Et ce n’est pas une question de nostalgie, des mécaniques efficaces même datées le restent et l’on a souvent dû s’en contenter, à défaut d’une offre conséquente de titres bien écrits ou empreints d’une sensibilité qu’on a peu revue depuis la fin de la PS2, ou qui ont eu le mauvais goût de ne pas être à l’heure (The Last Guardian).

Depuis aussi longtemps que les divergences entre les joueurs PC et les joueurs consoles existe, le PC n’a cessé d’être déclaré comme mort ou sur le point de disparaître. Qu’apporte réellement un PC de jeux par rapport à une console et quels en sont ses inconvénients ? Est-il réellement utile, en 2012, d’acheter un nouveau PC ou de mettre à jour le sien alors que des consoles comme la Xbox 360 ou PS3 proposent, a priori, des jeux similaires ?

Acte I : Confort de jeu

La souris et le clavier sont également souvent pris à défaut par les joueurs habitués depuis leur plus tendre enfance aux joypads de leur console favorite. Il y a plus de touches, l’ergonomie peut paraître moins user-friendly. Néanmoins, la grande majorité des jeux sont maintenant compatibles avec le Pad Xbox 360, parfaitement supporté par Windows, qui aideront les plus réticents à mettre le clavier et la souris de côté. Certains jeux, souvent des portages de jeu consoles, privilégient notamment cette façon de jouer. Quant au confort physique, il faut privilégier un bon fauteuil de bureau pour éviter d’avoir mal au cul trop vite. De ce côté là, le confort du canapé manque quelque peu. A noter qu’avec un peu d’astuce et une bonne installation, il est tout à fait possible de brancher son PC à sa TV et donc de profiter du canapé. S’il y avait un point à accorder aux consoles,selon moi, ce serait bien celui du confort pour toutes les raisons évoquées plus haut. Le PC étant ce qu’il est, il reste moins accueillant et facile d’accès qu’une console où insérer un disque suffit pour jouer (même si de nos jours, certains jeux requièrent une installation obligatoire). Même si le PC fait des efforts, il reste toujours destiné à un public possédant un minimum de connaissances.

Acte II : Du côté des bourses

« Un PC ça coûte une blinde et en plus il faut le changer tous les 6-12 mois. » Voilà, en substance, la phrase que l’on entend le plus souvent dans la bouche d’un joueur étranger au monde du PC. D’un point de vue matériel, un bon PC de jeu peut se trouver aux alentours de 800-1000€ (même un peu moins si vous le montez vous-même). Avec ce prix, vous pouvez faire tourner n’importe quel jeu actuel en 1920×1080 dans de très bonnes conditions, c’est à dire un jeu tournant entre 45 et 60 images par seconde (Frame Per Second) avec les options poussées à fond (j’émets tout de même une petite réserve pour certaines options très gourmandes). Les PCs de fabricants et de grande surface sont absolument à éviter. Les pièces utilisées sont souvent cheap et ne sont pas optimisées pour le jeu. « Ça fait quand même de 2 à 4 fois plus chers qu’une console ! » disent certains. Alors oui c’est un investissement de départ plus élevé qu’une console (ceci dit, la PS3 à sa sortie coûtait tout de même 600€) mais le PC ne vous servira pas qu’à jouer évidemment. De plus, contrairement à la légende, il ne vous sera pas nécessaire de le renouveler l’année suivante. A mon avis, vous pouvez tout à fait attendre 2 ans avant de modifier quoi que ce soit des entrailles de la bête (carte vidéo ou processeur généralement). Changer une pièce n’étant pas très compliqué pour peu qu’on soit attentif et soigneux. Le PC a l’avantage d’être évolutif sur le long terme là où le hardware d’une console restera peu ou prou le même tout au long de la vie de la console. Du côté software, un jeu console reste en règle générale 10-15€ plus cher que son homologue PC, notamment à cause de la taxe imposée par chacun des trois constructeurs lorsqu’un jeu sort sur leur console. Cependant, avec un peu de débrouillardise, il est facile de trouver sur le net (Zavvi et Amazon.uk par exemple) des jeux nettement moins chers. Les magasins comme Micromania sont, évidemment, à proscrire. Côté PC, de nombreuses offres, promotions sont trouvables sur les plateformes de téléchargement comme Steam qui permettent d’acquérir, à moindre frais et parfois peu de temps après la sortie, des hits ou des jeux de plusieurs années pour une poignée d’euros. Il faut voir l’achat d’un PC comme un investissement à long terme et aimer le mettre à jour de temps en temps. Si nous n’aimez pas vous prendre la tête et que les graphismes sont secondaires à vos yeux, acheter une console semble être un bon compromis. Il n’est pas vraiment question de budget au final car les deux mondes se rejoignent. Les deux peuvent coûter chers si vous aimez en prendre pleins les mirettes ( une bonne télévision peut facilement coûter le double d’un bon moniteur). A contrario, si vous aimez faire dans le minimalisme et qu’une TV cathodique vous suffit, une 360 ou une PS3 suffira et elle sera même sous-exploitée.

2dto3dA travers cette réflexion sur l’évolution de la technologie graphique du jeu vidéo, c’est moins une description historique et technique qu’une analyse des outils de l’art vidéoludique que nous recherchons. Car force est de constater que les outils de l’art, si perfectionnés soient-ils ne préfigurent jamais la beauté d’une œuvre. Si l’apparition de la perspective en peinture ouvre de nouveaux horizons à l’artiste, en lui offrant précisément une troisième dimension, pour autant cela ne retire rien à la beauté des chefs d’œuvre de la pré-renaissance. Victor Hugo dans un pamphlet intitulé « l’Art et la science » explique ainsi la différence fondamentale qui sépare les deux domaines : chaque nouvelle découverte scientifique balaye la précédente et ses imperfections quant à la description du réel, à l’inverse, aucune nouvelle œuvre d’Art majeure ne remet en question la beauté de ses prédécesseurs. Ainsi, de la même manière que la photographie continue d’exister au temps du cinéma, le jeu vidéo en 3D ne nie pas le jeu vidéo en 2D – cette affirmation est d’ailleurs dans le cœur de tous les rétrogamers. Or le jeu vidéo dispose de cet intérêt particulier qu’il est le dernier né des arts et par conséquent se comprend, et s’inspire de l’influence de tous les autres au rang desquels le cinéma s’illustre souvent comme référence première. Plus qu’une simple évolution de l’outil, le passage de la 2D à la 3D a donc représenté un risque pour les développeurs, celui de s’enfermer dans la pure maîtrise de l’outil et de la technique en oubliant de créer une œuvre. Les enjeux sont donc bien plus grands que ceux d’une simple évolution technique, certes rapide, qu’il faudrait comprendre et s’approprier, le cœur même du problème est ici le game design. Car au delà du passage d’une technique à l’autre, c’est bien ainsi que se caractérise le Verbe au sens biblique, c’est à dire l’âme d’une œuvre dont le corps n’est que propice au préjugé. Que serait le jeu vidéo si d’un simple coup d’œil au graphisme on pouvait en déduire l’intérêt ? Peut être bien ce qu’il est aujourd’hui si je changeais le mot d’intérêt par celui de rentabilité.

L’enfance de l’art

Dépasser l'opposition 2D et 3D, tel est sans doute le but de cet article.

Dépasser l’opposition 2D et 3D, tel est sans doute le but de cet article.

Par ce titre, j’ai voulu évoquer une chose caractéristique du jeu vidéo ; le plus jeune des arts est aussi celui qui a, en moins de trente ans, vécu une histoire que la peinture a mis plusieurs milliers d’années à vivre. En naissant avec la peinture rupestre de Pong, le jeu vidéo a connu très vite les premières représentations de profil avec les jeux de plateforme à la Mario et Sonic (je préfère citer les deux pour ne blesser personne), et quelques ébauches de perspective dans les années 80 pour filer vers le trompe l’œil de trois dimension avec id Software (Doom) et enfin nous faire entrer de plain-pied dans l’univers de la 3D à la fin des années 90. Après une maîtrise relativement longue de la 3D allant bientôt jusqu’au photo-réalisme, un genre que l’on retrouve en peinture au début du XXème siècle, le jeu vidéo découvre les joies de l’abstrait avec des inspirations cubistes comme dans Bit.Trip Beat. En balayant ainsi du regard l’histoire du jeu vidéo on comprend tout du moins une chose, l’instabilité de la technique empêche les concepteurs de jamais se pencher sur les fondements de leur créativité si bien que d’années en années, le jeu vidéo évolue de façon erratique sans trop savoir où il va. Les plus grosses productions suivent le marché d’un œil attentif alors que naissent des OVNIs, de plus en plus nombreux, qui semblent laisser reposer la poussière soulevée par cette « space race » technologique et financière, symbole pour moi d’une certaine maturation de l’art vidéoludique.