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Street Fighter IV le retour en puissance du roi du versus fighting

This is it !

2008, depuis maintenant pret de 16 ans Capcom ne fait plus rien de concret avec la franchise Street Fighter. Pourtant cette annee là, Street 4 sort sur borne arcade. Cet épisode se veut un retour aux sources en empruntant son gameplay aux épisodes 2D, et en proposant des personnages et un univers évoluant en 3D. Le résultat est saisissant et on est d’emblée saisi par cette beauté graphique et ses personnages (qui sont quelquefois caricaturaux mais tellement bien modélisés) en cel-shadding haut en couleur. C’est surprenant au début mais on s’y habitue vite car ça colle finalement plutôt bien à la série. On retrouve les habituels Blanka, Chun-Li, Dhalsim, Bison, Sagat, Ryu, Ken est bien d’autres compétiteurs désormais classiques, mais des nouveaux aussi pour agrémenter le jeu de nouvelles têtes. Dans cet opus on retrouve un big fake le fameux Sheng Long renommé ici Gouken. Rappelons-le, il y avait  un buzz autour d’un personnage secret dans Street Fighter II, en faisant une manipulation particulière on croyait pouvoir affronter Sheng Long, mais en fait ce fut en fait un poisson d’avril. Cela n’a pas  empêché Capcom de lui donner vie sous le doux nom de Gouken, un ersartz de Heiashi Mishima. Les animations sont fluides très bien animées, les personnages ont bénéficié d’une animation faciale de très bonne qualité : au-delà de leurs mimiques, quand un un perso prend le coup vous voyez sa douleur ! Quel plaisir de voir cette expression quand vous placez un uppercut final. Les coups sont bien réalisés et des attaques ultimes de toute beauté viennent agrémenter les combats. En parlant de combat, ô toi simple joueur passe ton chemin car ici pas de place pour la faiblesse ou la facilité ! Ici c’est pas Tekken et consort et je peux te le dire je l’ai appris à mes dépens. Mode arcade je choisi Dhalsim en mode normal  je me dis tranquille ça va le faire, 1er combat je me fais avoiner par Honda je me dis non c’est  pas possible je suis pas bidon, je réessaye en facile, rien, très facile non plus, je met le mode débutant ça marche mais je lutte quand même. Cette anecdote pour vous dire que cela ne ce joue pas comme un jeu de combat lambda. La maniabilité est old-school mais le plaisir est le challenge sont bien là. Une maniabilité qui promet des joutes endiablées et je sais ce que je dis, certains membres de la rédac se reconnaîtront, surtout au niveau des touches pour sortir des ultras. Il va vous falloir de la maîtrise pour arriver à dompter les quarts de cercle et consorts qui vous permettront de ne pas vous faire latter par l’IA ou vos amis.

La qualité au rendez-vous

 

Comme le dit le titre, la qualité est là, bien au rendez-vous. Graphismes, animations et décors, mais aussi un travail sur les cinématiques qui sont présentées sous forme de dessin animé manga de très bonne facture. Mais qu’en est-il de la bande-son ? Ambiance très discrète au niveau des combats, Capcom nous à livré une musique catastrophique pour la scène d’introduction. Ça ressemble à une  musique d’ado pré-pubère pas du tout représentative de la saga, une vraie horreur pour nos ouïes. Une bonne musique de métal (dont Töma à le secret) aurait amplement suffit. Mis à part la bande-son pas fantastique, le titre s’en sort très bien. Le cheminement classique emprunte les mêmes ficelles que les autres jeux du genre : un mode arcade où vous choisissez votre personnage, et où on vous présente son histoire pour enchaîner des combats jusqu’au boss de fin qui à généralement une apparence (ou qui est) ridicule. Une fois cela accompli vous débloquez des personnages supplémentaires, ainsi que des suppléments dans la galerie. Avec une maniabilité et une prise en main pas évidente ce jeu vous demandera du doigté et de la patience. Ajoutez à cela à des combats en réseau et des défis dont vous pourrez gérer la difficulté pour vous tenir en haleine et pour finir, si vous en avez le courage, par jouer en difficile : le challenge sera alors plus que coriace. En nous livrant depuis SF II une copie parfaite de ce jeu, un retour plus que bienfaiteur pour les fans en attente d’un nouveau suppléant, le pari à été tenu, merci Capcom !

A retenir

Un grand jeu est de retour, un roi absent de son trône qui le reprend sans surprise. Capcom s’est fendu en deux pour nous livrer une copie unique, un vent de fraicheur souffle sur le versus fighting. SF vous prendra au cou avec son mode arcade magnifique, ses combats en réseau et sa difficulté, c’est sûr, vous en aurez pour votre argent. Si vous avez aimé le 2  ou même la saga, ce titre l’honore en tout point. A noter que deux déclinaisons de ce jeu existent avec Super Street Fighter IV et Super Street Fighter IV : Arcade Edition, histoire de prolonger plus longtemps cette expérience déjà unique. Quant à moi je retourne m’entraîner,  j’ai de futurs KOs à mettre.

 

Informations sur le jeu

Plateformes : Playstation 3 – Xbox 360 – PC – Arcade Taito Type X2


Genre : Combat 2D

 Développeurs : Dimps/Capcom

Éditeur : Capcom

Date de sortie : Février 2009

 

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Sonic, l’histoire et moi….

Ce nouveau laius n’est pas sans me surprendre. Je vous explique le topo tout en précisant que j’y reviendrai ensuite, je dirai même fatalement : votre dévoué rédacteur a pour une de ses multiples turpitudes d’être vendu à Super Mario, personnage qui à lui seul est responsable de certaines de mes plus belles heures. Mais pour autant mon sectarisme proverbial ne m’a guère empêché de jeter un oeil à la concurrence…Et comme à toute légende tout honneur, bienvenue dans cette petite tirade virtuelle sur Sonic the Hedgehog.



Un peu d’histoire. En 1985, Nintendo se dote enfin d’une série de jeu dont le protagoniste allait devenir sa mascotte, Mario le plombier italien, première célébrité de la profession avant le fameux plombier Polonais si décrié sous nos contrées réactionnaires où certains pantins en costard s’imaginent que tout le monde veut devenir plombier et donc se heurete à l’engorgement de la profession dû à ces envahisseurs arrivés de Varsovie.
On a souvent pour idée de dater la guerre des consoles à l’ère des 16 bits. Mais dès la précédente génération de consoles, Nintendo la Rouge aux consoles blanches s’opposait déjà à Sega la Bleue aux consoles noires, et cette dernière avait également investi dans une mascotte, le très sympathique Alex Kidd et son gout pour les gâteaux de riz ou les hamburgers selon le lieu du joueur.



Hélas, face à Mario, le pauvre Alex dut rapidement s’avouer vaincu, malgré l’idée géniale d’inclure l’excellent Alex Kidd in Miracle World comme jeu en mémoire de sa Master System. Et tandis que Mario prenait du galon avec ses suites en 1986 et 1988 (ainsi que l’imposture Super Mario Bros 2 aux USA et en Europe), Sega assiste à la montée en puissance du plombier italien et pas polonais donc, sans pour autant avoir de personnage apte à le contrer. Situation d’autant plus paradoxale qu’en ce moment de l’histoire ludique, Sega a déjà sorti sa console 16 bits là où Big N continue d’abreuver sa NES d’une foultitude de titres et semble négliger l’évolution de son hardware.
Mais ça bosse dur chez Sega. Le studio de développement AM8 gamberge et force est de reconnaitre que le brainstorming aura donné plusieurs idées : la nécessité tant ludique que publicitaire de créer un personnage nouveau, mais aussi le refus d’abandonner cet anthropomorphisme qui, malgré l’échec de représentativité d’Alex Kidd, n’a pas quitté l’esprit des créatifs. Après des idées conventionnelles (un chien ?), d’autres plus originales (un tatou ? Un lapin ? Teddy Roosevelt en costume de bagnard, idée qui servira ?), la proposition de Naoto Ōshima est finalement retenue : un hérisson.

Oui, un hérisson. Et pour ne pas oublier le désormais défunt Alex Kidd (qui aujourd’hui a rejoint le club de ces personnages apparemment enterrés définitivement, aux côtés de James Pond, Lolo et Q-Bert), ce hérisson est désormais bipède avec une reprise de cet anthropomorphisme caractéristique.
Tout ceux qui auront eu la chance d’observer l’animal dans son milieu naturel en tireront une conclusion (faut avoir la fibre naturaliste) : les hérissons sont lents. Incroyablement lents. Au point de constituer un gibier de choix pour automobiles et autres véhicules terrestres à moteur.
Et bien voilà, nous tenons là l’occasion de singulariser le personnage ! Désormais, le hérisson en plus d’être bipède…n’est plus lent et au contraire, opte pour une vitesse hallucinante ! Et de là viendra un nom : Sonic, le hérisson supersonique. D’un joli bleu pour appeler qu’il est l’enfant de Sega la Bleue, chaussé de pompes rouges inusables, Sonic est désormais né, le studio AM8 devient la Sonic Team et le premier jeu est mis en chantier. La sortie surviendra en juin 1991.



Sonic is in the place !

La Sonic Team est dès lors investie d’un travail d’ampleur historique : créer une mascotte certes, mais aussi la mettre en scène dans un jeu dont la postérité est clairement un enjeu, surtout à présent que Nintendo a lancé sa 16 bits, la Super Famicom, qui connut en septembre 1990 un départ tonitruant et comptait dans sa ludothèque…je vous le donne en mille, la nouvelle et grandiose aventure de Mario, Super Mario World, jeu dont il est inutile de remémorer le côté légendaire assumé dès l’origine.

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NieR : Automata, coulez m[E]s larmes

Entre deux crises existentielles, je trouve du réconfort dans ma cafetière. C’est un objet très pragmatique : elle a été conçue pour faire du café, et s’en acquitte à merveille. Quand, un jour, elle cessera d’en faire, il ne me restera plus qu’à la jeter car c’est son unique intérêt. Son essence, c’est faire du café. C’est simple et rassurant.

NieR : Automata, c’est l’histoire de cafetières dans un monde sans café. Reliques décadentes d’une époque obsolète, privées de leur raison d’être par une réalité absurde, la disparition de leur essence les condamne aux affres insondables d’une épouvantable liberté. Car survivre au sens de sa vie, c’est découvrir qu’elle n’en avait aucun. Il n’y avait en fait ni raison, ni destin. Suffoquées par l’horizon infini des possibles, elles fendent alors timidement l’air d’un libre-arbitre inédit. Au bord du gouffre, le regard plongé dans les abysses et les abysses plongées dans le regard, elles éprouvent ce vertige nommé angoisse.

La solution la plus simple, on la connaît. Pour reprendre les mots d’Albert Camus, « il n’y a qu’un seul problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide ». Certaines machines franchissent le pas : elle se défenestrent, s’empalent et se grillent. Pour le joueur aussi, le suicide est accordé : deux pressions et un chip, c’est une fin parmi vingt-six. Mais quand l’être n’est qu’une suite d’octets à télécharger sur un serveur, la mort elle-même devient absurde. Tant qu’il y aura un substitut, tant qu’il y aura une sauvegarde, le suicide restera une chimère ; la liberté un mensonge. Alors, de corps en cadavres, d’existences en trépas, *panta rhei* et seule la mémoire demeure.

Pour celles qui choisissent de vivre, il faut retrouver un but. S’il n’y a plus de café, peut-être suffit-il d’en refaire ? Conçues dans l’unique objectif de remporter la guerre, l’essence de ces machines, c’est de tuer leur ennemi. Et tant pis s’il est innocent, peu importe qu’il n’existe pas, créons-le de toutes pièces et formatons les mémoires : c’est une petite mort contre une nouvelle vie. L’édifice est un château de cartes qui ne souffre pas d’être découvert. Ainsi, il faut maintenir, toujours, l’illusion éphémère de ce conflit à l’existence absurde et à l’absurdité existentielle. Car il est leur raison d’être, le préserver devient ironiquement leur nouvelle essence.

Mais certains savent qu’il n’y a jamais eu de café. Le sens de leur vie ne peut être déterminé : c’est une construction qui leur revient. Ce sont les machines du village de Pascal, qui s’épanouissent dans la philosophie et le partage. Ce sont les familles de robots, dont les grotesques accoutrements déterminent la parenté. Ce sont les couples d’androïdes, qui désertent par amour un combat qui n’est pas le leur. À ces morales individuelles, il faut rajouter un existentialisme religieux ; le liant de toutes leurs découvertes, la raison de tous leurs savoirs. Car réunis dans l’obsession désespérée d’imiter leur seule figure divine, toutes copient en réalité les doctrines du bonheur imparfaites d’humains trop humains. Toutes ne sont que des machines dégénérées, des tueurs reconvertis aux personnalités baroques dans leur tentative burlesque de recréer un ersatz d’humanité. Mais ce ne sont pas des humains.

La tragédie de leur combat, c’est qu’aucune solution n’est correcte. L’essentialisme est un mirage éphémère, l’existentialisme une illusion fugace. Le paradoxe originel de NieR : Automata, c’est que leur essence précède leur existence, et que leur existence précède leur essence. Il n’y a jamais eu de solution. On joue à un jeu de massacre aux visées génocidaires, l’extermination codifiée de machines sensibles dans l’indifférence la plus totale. Alliés ou ennemis, on finit souvent par assassiner ceux qu’on voulait protéger. Sans que le jeu ne sanctionne jamais car, après tout, c’est notre propre raison d’être.

Prisonniers du purgatoire perpétuel d’un cycle de réincarnations dépressives, catapultés dans une quête du sens d’un monde à l’absurdité fractale, on assiste à la reconstruction morale perverse de personnages détruits par un système hors de contrôle. En se libérant de leur essence, ils découvrent qu’il n’y a plus de sens supérieur, plus de valeurs transcendantes : chaque protagoniste fait ses propres choix, tous corrects, tous valides selon leur propre éthique, dussent-ils aboutir aux pires fins. Alors pour obtenir une conclusion définitive, il faudra l’arracher aux mains des développeurs. Ce n’est ni une fin joyeuse, ni une fin triste, mais après tant d’échecs et de tourments, un droit à la seconde chance.

Qu’on ne jouera jamais. Car NieR : Automata, c’est l’histoire d’un enfer numérique au format .sav. Il ne fait rien mieux que tout le monde ; combine tout mieux que personne. Ce n’est pas le meilleur beat’em all, mais la seule façon de faire un beat’em all. Ce n’est pas le meilleur jeu de rôle, mais la seule façon de faire un jeu de rôle. Ce n’est pas le meilleur shoot’em up, mais la seule façon de faire un shoot’em up. En fait, il n’a rien. Pas le meilleur gameplay, pas les meilleurs graphismes, ni même la meilleure bande-son. Sa sortie ne fera pas date, son message restera toujours incompris. Mais quand 9S saisit la main froide du cadavre de 2B pour qu’elle lui caresse une dernière fois la joue, c’est le plus beau jeu de tous les temps.

Informations sur le jeu

Plateformes : PC/PS4

Genre : Action/RPG/Shmup/Visual Novel/Platformer

Développeur : Platinum Games

Éditeur : Square Enix

Date de sortie : 10 mars 2017

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Toukiden : The Age of Demons

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Quand le studio de développement Omega Force décide de faire autre chose qu’un énième Slash Féodal, ça attise tout de suite une certaine curiosité morbide. Allons-nous encore manger la même recette chiante et sans intérêt que Dynasty Warriors déclinée en Ken le survivant, One Piece et Gundam ou allons-nous avoir au contraire un jeu à défaut de révolutionner le genre, au moins sympathique et plaisant à jouer ? C’est la question qu’on va essayer de répondre avec Toukiden : The Age of Demons comme de pieux philosophes à lunette autour d’une biscotte dans une cave lugubre. 


Développé main dans la main avec le studio de développement de Sony (SCEJ) et édité par Tecmo-Koei. Toukiden est un monster-hunter like exclusif à la Playstation Vita (et sur PSP uniquement au japon) qui vous plonge dans un univers féodal ravagé par des monstres sans âme ni foi. Les Oni, ces démons mangent les esprits de ceux qu’ils tuent pour accroître leurs forces et évoluer en une saloperie plus gigantesque encore. Vous, personnage lambda, customisé à votre goût via l’éditeur de personnage, vous vous retrouvez dans le village d’Utakata après avoir fui votre région natale qui a été anéantie par ces démons. Bien sûr, comme tout bon héros, vous ne laissez pas indifférent le groupe de chasseur local. Les Slayers du village, groupe de tueurs de démons, sentent que vous avez quelque chose que les autres n’ont pas, un peu comme un Anakin Skywalker, mais avec un jeu d’acteur plus convaincant. La réponse est simple, c’est qu’on se retrouve dans une copie calque d’un Shonen et que par conséquent vous héros principal, vous suez la classe à des kilomètres à la ronde de toutes les pores de votre peau. Ce qui vous donne de l’importance et une destinée remarquable alors que vous ne le méritez probablement pas.

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Bref, passons le scénario, parce que dans tout bon jeu de chasse, comme vous le savez, l’écriture est classée par défaut au troisième plan. La première grande surprise du jeu, c’est la patte graphique qui en jette, généralement je n’accroche pas au parti pris esthétique des Dynasty Warriors, mais là, c’est doux, c’est bien désigné pour les personnages, les monstres, l’environnement, etc. Il n’y a pas de surenchère, malgré certains costumes improbables, c’est cohérent et crédible. Les textures sont soignées, l’ensemble est plutôt joli même si certains effets FX font pâte à carton (comme le feu texturé en carton par exemple) et par conséquent on prend vraiment plaisir à s’immerger dans cet univers. Les musiques quant à elles, composés par Hideki Sakamoto (Compositeur intermittent pour la saga Yakuza) font leur job, elles s’inscrivent dans l’époque féodale asiatique fantastique du jeu, sans être particulièrement marquante ni vraiment mise en avant, certaines tracks sont plaisantes à écouter.

Il faut savoir que ce jeu est particulier, du moins de mon ressenti global, n’accrochant pas aux Dynasty warriors du studio Omega et ayant détesté le parti-pris graphique et design de Soul Sacrifice de SCEJ, Toukiden partait avec un a priori négatif. En moyenne je tenais pas plus d’une heure sur DW avant de me dire « Ta mère c’est trop chiant » notamment à cause de la répétitivité du soft, Soul Sacrifice quant à lui m’a tuer l’envie d’y rejouer par son parti pris graphique et sa construction originale certes, mais trop bordélique (gestion de son personnage et choix des niveaux via un livre, etc). Là dans Toukiden, on a un mélange surprenant de talent, malgré le fait que je ne porte pas ces studios dans mon coeur, il reste que je reconnais pleinement leurs qualités et là, l’alliance des deux boîtes marche de tonnerre. J’en suis à 20 heures de jeu dans cet univers et avouons-le cher camarade, c’est un excellent jeu avant tout. Le système de combat du jeu mélange les deux paterns des studios, on a le combat bourrin où il faut taper comme un attardé à la Dynasty Warriors mélangé au côté tactique et subtil qu’on trouve dans Soul Sacrifice, résultat des courses, nous nous retrouvons avec la mécanique de soul sacrifice, mais en beaucoup plus dynamique.

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Ys Memories of Celceta

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N’avez-vous jamais rêvé de braver mille et un dangers pour explorer un monde inconnu, découvrir toutes les subtilités, apprendre les codes et autres règles à respecter pour survivre ? Ys Memories of Celceta propose ce genre d’expérience, sauf que ces terres, vous les avez déjà arpentées, mais vous vous êtes tellement torché la tronche que vous avez oublié ce que vous avez fait dans ce monde d’ici-bas. Adol Christin, chevalier émérite habillé de la perruque de Lola, lui n’a pas bu, frais et sans gueule de bois, il est par conséquent chanceux de vivre ainsi, sauf qu’il a oublié la chance de vivre dans un monde sans Vodka.

Oui Adol est amnésique dans ce qui est considéré comme le troisième chapitre de l’histoire d’Ys et aussi par conséquent le huitième volet édité de la licence, bref, Adol est aussi perdu que ses créateurs, ce qui crée non seulement un magnifique paradoxe et aussi une aubaine pour parler d’un sujet particulier. Avant de se plonger comme des forcenés dans l’univers de Celceta, je voudrai revenir sur la conduite des épisodes de la série. Ce n’est pas un hasard ce désordre éditorial, ni vraiment un coup calculé par ailleurs, c’est juste que la saga virevolte de plateformes et de développeurs d’épisode en épisode tout en faisant évoluer le background du jeu avec le même héros, une différence par rapport à son frère d’arme Final Fantasy, ce qui fait que chaque console finalement propose une partie de l’histoire d’Ys sans que ce soit dans l’ordre. Finalement, la complexité de la méta-histoire du jeu ne peut qu’être expliquée par les fans de la saga, mais l’avantage des différents volets de YS, ils ne vous laissent pas en plan malgré le fait que vous n’ayez aucune connaissance à l’histoire, on arrive toujours à prendre goût dans la narration d’un Ys (et par conséquent dans Memories of Celceta).

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Le studio de développement derrière ce volet n’est autre que Falcom, déjà à l’origine des deux premiers volets sauf que les deux créateurs iconiques (Masaya Hashimoto & Tomoyoshi Miyazaki) de la saga ne sont plus de la partie. « Qu’à cela ne tienne ! » se disent les dirigeants de chez Nihon Falcom Corporation, éditeur emblématique de la saga, « on va faire un jeu énorme en reprenant tout le grain de la série ». Il faut savoir qu’au tout début du développement, Ys Memories of Celceta devait sortir sur PSP avec son cousin YS Seven. Excepté qu’il s’est passé quelque chose pour que le développement passe directement sur Psvita, je n’ai pas trouvé les raisons, mais il me semble que le fait de pouvoir changer d’hardware et de ne pas concurrencer directement YS Seven doit être une de ces raisons de changement de plateforme. Le jeu garde des stigmates de son développement sur PSP. Le stick droit ne sert à rien dans ce volet, les caméras sont fixes et suivent la progression des personnages à travers la map, ce qui crée un certain désordre dans les combats dynamiques du jeu. Les fonctionnalités de la Psvita sont elles aussi passées au quatrième plan, clairement ajouter à la fin du développement au vu du manque d’originalité de l’utilisation du tactile (passer les textes, quelques actions contextuelles, ouvrir le menu, naviguer dans la map, puis basta). Pour terminer, au niveau technique, ce n’est pas vraiment au poil, on a quelques problèmes de frame-rate, les textures sont baveuses, peu approfondies et c’est même par moment très inégal, on est soit subjugué, soit intrigué, ce qui rend l’expérience visuelle assez troublante. Memories of celceta est finalement un portage dû à un transvasage d’hardware pendant son développement, un peu comme si vous vouliez faire une sauce beschaemel avec les trois quarts des ingrédients dans la casserole sur le feu et vous souhaitez incorporer cette préparation sur les derniers ingrédients, cela reste possible, mais le résultat est hasardeux. Est-on face à une préparation tournée, Chef ? NO FUCKING WAY.

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Le jeu est une pure réussite et en même temps une agréable surprise de mon côté. Au début j’étais assez réticent envers ce jeu, je ne lui trouvais rien de vraiment particulier, j’avais la sensation de jouer avec une création flemmarde qui reprenait tous les éléments typiques de la saga ajoutés dans des mécaniques de gameplay déjà prouvé dans la playhistoire. Sauf que finalement, ce gameplay A-RPG dynamique et nerveux est vraiment bien calculé. Tout en gardant l’ADN des combats des deux premiers volets, Memories of Celceta propose un système d’esquive instinctif qui rend les duels contre les monstres sympa à jouer sans devenir rébarbatif. La jouabilité du jeu a gardé une trace des J-RPG typique (potion, états, niveau d’xp), mais aussi de modernité teintée de mécaniques provenant de A-RPG comme Monster Hunter ou God Eater (combat en temps réel, craft de stuff, utilisation de technique spéciale via des touches etc), une synthèse des genres adaptés pour console portable. L’IA des compagnons est convaincante, ok, quelques fois ça déconne et ils s’amusent à rester à la queuleuleu contre les boss ou certains ennemis, mais le problème reste mineur finalement grâce à la possibilité de switcher entre les personnages. A savoir que chaque personnage a son style de combat, ses points forts, ses faiblesses, un maniement particulier, un finish move différent, ce qui demande un sens du timing, un poil de stratégie et d’anticipation pour chaque personnage.

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Il y a une idée que j’ai adoré dans ce jeu également, c’est la mise en avant de l’exploration dans Celceta qui le propulse quasiment en une pièce centrale du gameplay. L’objectif du jeu, en dehors de ramener tous les souvenirs d’Adol, l’armée locale vous demande d’arpenter le pays inexploré, ce qui vous pousse à explorer toute la map qui se dessine au fur et à mesure de votre progression, on revient certes sur une pathologie classique du RPG moderne, les enjeux sont limités, car finalement ça vous rapporte que du pognon une fois passés certains paliers, mais je ne sais pas par quelle odieuse magie, mais j’étais happé dans cette feature. La collectïonnite aigüe qui me frappe est d’autant plus forte qu’il pousse à réexplorer les endroits passés pour récupérer du stuff et des souvenirs en utilisant des objets spéciaux récupérer au préalable durant l’aventure, qui vous font rétrécir ou nager comme Ariel. Au niveau du ressenti, si vous avez joué aux précédents volets, vous allez avoir un nombre incalculable de pics nostalgique, d’ailleurs, le fait d’avoir laissé le choix des réponses durant les conversations entre Adol et le reste de la bande avec des questions comme :« tu te souviens de cet endroit ? » permet d’une de casser le quatrième mur facilement et de deux, les développeurs s’amusent avec nos souvenirs autant que nous jouons avec les mémoires d’Adol.

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Le scénario est construit comme un Anime, on rencontre de nouveaux personnages avec des sous histoires adjacentes qui rend le background et l’histoire beaucoup plus épaisse qu’il n’en paraît. Les dialogues sont dans le ton d’une aventure classé shōnen, on a le droit a moult running gags et vannes qui font mouche, des sous-entendus sexués, en bas mot nous nous retrouvons avec la formule bien rôdé pour nous faire aimer les personnages, et bordel, c’est qu’ils sont attachants ces cons. On est pas épargné par deux nanas désignées pour combler l’idéal féminin du point de vue d’un otaku en manque de sein maternel (L’antagoniste principal et la générale), deux autres personnages pour les fans de Yaoi pour prendre son joint par deux mains. Mais le chara-design fait preuve de retenue pour les autres protagonistes, de justesse et de classe. J’ai plus particulièrement une préférence pour Karna, une Redhead à la Robin des Bois tout en justesse. L’ambiance et l’esthétique globale du jeu jouent aussi pour la réussite du jeu. L’esthétique est certes très austère, mais participe aussi à l’image d’un jeu Ys, la saga n’a jamais été reconnue pour le design de ses personnages, mais la simplicité et son mélange médiévalo Anime joue beaucoup sur l’image, la personnalité et la réussite de la saga, et c’est cela qu’on retrouve dans Memories of Celceta. L’ambiance du jeu reprend la sauce de ses ainés, on est toujours en proie à se faire dégommer par n’importe quel monstre, surtout le mode nightmare qui vous sanctionne dès que vous ratez une coche. La Musique quant à elle joue toujours entre deux tons, on a les ballades symphoniques douces et enivrantes d’un côté puis de l’autre on a des ballades pété à coup de riff de guitare électrique accompagnant l’ambiance frénétique et dynamique des combats.

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A retenir

Ys Memories of Celceta fait partie de ces miraculés du J-RPG moderne, échappant presque tous les vices d’une production « jeu de rôle fan service Otakuesque«  dont on a l’habitude de bouffer venant du japon tout en gardant une identité propre et un fond des plus intérressant. Memories of Celceta propose une aventure à l’ambiance et l’esthétique réussies. Graphiquement et techniquement on a connu mieux certes, mais on se retrouve dans un jeu à la jouabilité rodée et sympathique à jouer qui nous permet de prendre plaisir à continuer le périple. YS MOC se classe aisément dans la longue liste des Must have exclusif à la Psvita, et potentiellement dans la catégorie meilleure RPG de l’année. 

Informations sur le jeu

Plateformes : PSvita

Genre : J-RPG

Développeurs : Nihon Falcom Corporation

Éditeurs : XSeed Games & Nihon Falcom Corporation

Date de sortie : 20 Février 2014

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Tales of Vesperia

COver TOV

 

De l’avis général, la « 7ème génération » de console a galéré sévère pour faire naître de grands RPG japonais. Victime de son époque ou de ses contradictions, le J-RPG ne baissa pourtant pas les bras et nous proposa tout de même quelques belles cartouches. Certaines assez exotiques (Resonance of Fate, Lost Odyssey…), d’autres plus classiques, comme les éternels Final Fantasy, Dragon Quest et compagnie. Aujourd’hui chez Le Serpent Retro, on vous propose de revenir sur l’un d’entre eux, et de voir ce qu’avait à dire Namco dans toute cette histoire.

Sur les traces de Namco Tales Studio

logo_namco-tales-studioDifficile de s’y retrouver dans tous ces grands noms du RPG. C’est pourtant quelque chose de passionnant quand on s’intéresse aux studios qui sont derrière eux ! Petit flashback sur l’équipe responsable de ce Tales of Vesperia… Dans les années 85, un nouveau studio de développement se forme : la Wolf Team. Au sein du staff, trois personnes (entre autres bien sûr) qui allaient marquer à jamais l’histoire du RPG : Yoshiharu Gotanda, Masaki Norimoto, et Joe Asanuma. Voulant mettre son grain dans la guerre entre Squaresoft et Enix, pensant apporter quelque chose de nouveau aux phénomènes Final Fantasy et Dragon Quest, nos trois compères échafaudent un projet-qui-tue : Tales Phantasia. Seulement, Namco, déjà éditeur du projet à cette époque là, décide d’y mettre un peu trop son nez, et va jusqu’à imposer certains de ses choix. Le changement de nom du jeu par exemple, qui deviendra Tales of Phantasia. Si bien que le trio clé du studio décidera de lâcher le projet, et de créer une nouvelle boîte : le studio mythique Tri-Ace vers 95, nommé ainsi en l’honneur de ces trois personnalités. Reprenant alors les bases construites pour leur bébé volé Tales Phantasia, ils créèrent alors Star Ocean (puis l’immense Valkyrie Profile). Du côté de la Wolf Team, le reste de l’équipe continuera à bosser sur les Tales of, et sera renommée Namco Tales Studio au début des années 2000. Quelques années (2008), et pas mal de Tales of plus tard, nous voici face à Tales of Vesperia, annoncé en exclu sur Xbox 360 (wouah !) avant de tout de même sortir un an plus tard sur PS3. Le tout chara-designé par Kousuke Fujishima, un des deux gros designer de la saga (avec Mutsumi Inomata, les deux ont l’habitude de plus ou moins alterner selon le jeu).

Un jeune homme se réveille…

Cast_of_Tales_of_VesperiaYuri Lowell, héro en devenir se réveille un beau matin dans sa piaule au sein de la capitale, quand les habitants s’aperçoivent qu’un noyau du blastia qui servait notamment à protéger la ville d’un champ de force anti-montres a été volé. L’âme justicière, Yuri décide d’aller chopper le voleur pour s’expliquer avec. Bien sûr ça ne se passera pas comme prévu, et ça servira de plot de départ à une intrigue dans l’ensemble très classique. Yuri rencontrera donc des habituels compagnons, une princesse naïve, un gamin espiègle, une fille rebelle, un mec rigolo… Les poncifs sont présents et ça ne fait pas dans la dentelle. Mais attention, on serait tenté de lui taper directement dessus avec un gros marteau à clichés, mais un je-ne-sais quoi rend le tout étrangement digeste. Sans doute l’art de Namco Tales Studio de raconter ses personnages. Au final, a priori banals et clichés, ces persos se révèlent vraiment intéressants. On y croit et on a envie de voir leurs réactions face au scénario et ses multiples enjeux qui apparaissent petit-à-petit. Un très bon point donc, même si le charisme de notre héro Yuri Lowell y est pour beaucoup. Loin des héros « justiciers-balais-dans-le-cul » ou « mec tourmenté taciturne », il se révèle vite comme la vraie révélation du casting. Tout en subtilités, on pourrait le définir comme un héro qui a des couilles et un grand sens moral. Souvent son côté pragmatique l’emportera sur son côté conciliant, à l’inverse de son alter-ego Flynn, chevalier impérial. On prend donc un réel plaisir à voir toute cette bande aller sauver le monde.

Tu seras un homme, mon fils

tales_of_vesperia_screen_83Les persos sont donc dans l’ensemble bien fichus, et heureusement. Là où ça tâche, c’est au rayon du scénario. Vu et revu, cette histoire de bad guy qui menace la planète se révèle assez fade. Pire, une grosse dose de cutscenes se perd dans des explications techniques à base de blastia, d’aer et d’autres bidules qui tentent de rationaliser la menace et les enjeux. C’est sans doute cool pour le background, et on est sans doute content d’imaginer tout ça quand on a douze ans, mais au bout d’un moment, nous bassiner un cutscene sur deux avec des entalexia, des apatheia, des prophéties, des élus, des anciennes civilisations ça gave et ça ne rend surtout pas justice aux personnages. D’autant que la mise en scène du jeu est plutôt molle et rigide. Son problème, c’est que les cutscenes sont faits avec le moteur du jeu, qui montre ici ses grosses limites. On se retrouve donc un peu le cul entre deux chaises, entre le minimalisme d’antan ou tout était suggéré par quelques pixels où notre imagination faisait le travail, et entre une mise en scène plus moderne et cinématographique. On apprécie le jeu d’acteur qui est plutôt cool sur les visages des persos, mais ça fait très « je me pose là, je raconte ma tirade et hop je me casse ». Il n’y a que très peu de moments bien dynamiques, et la plupart d’entre eux sont sous forme d’animés low-cost (une dizaine de minutes en les comptant toutes). Malgré tous ces reproches, le scénario se révèle quand même efficace. Il faut juste supporter toute cette confiture et ne pas avoir peur de tourner autour du pot des heures durant, le travers de bien trop de J-RPGs aujourd’hui. On le comprendra assez vite, c’est pour les personnages bien plus que pour l’histoire que l’on suit cette aventure. C’est de ce côté là que l’accent a clairement été mis. Une myriade de petites scènes, sous forme d’écran fixe à la façon Codec dans les Metal Gear a été mis en place. On y suit des petites interactions, quelques secondes souvent, entre les protagonistes. Entre deux délires à la Shonen, on y découvre peu-à-peu la psychologie de notre équipe, et les relations qui se tissent entre eux. Cette marque de fabrique de la saga Tale of est ici d’autant plus sympa que les persos sont vraiment cool. Pas mal de ces saynètes sont d’ailleurs à débloquer en accomplissant des actions particulières, souvent assez secrètes et originales.

Hier j’ai mangé une pomme !

tales-of-vesperia-reviewUn point qui m’a assez frustré dans ce Tales of concerne tous les à-côté de la quête principale. Celle-ci s’étend sur une grosse trentaine d’heure, est assez rythmée sans toutefois être folle, donc c’est plutôt positif, mais le problème, c’est que les quêtes annexes sont hyper mal foutues ! Un peu à la façon des saynètes à débloquer dont on parle quelques lignes plus tôt, la plupart de ces (nombreuses) quêtes se débloquent en parlant avec tel ou tel PNJ. Classique quoi. Sauf que quand on sait que sur les centaines de persos recontrés, il n’y en a qu’une poignée qui a un rôle dans une quête, qu’absolument rien n’indique qu’ils sont différents des autres, et qu’ils ont tous l’habitude de raconter des trucs absolument sans intérêt, ça devient vite une réelle corvée de parler à tous les PNJs rencontrés. Sachant qu’en plus beaucoup de ces quêtes facultatives s’obtiennent en parlant à plusieurs persos, parfois dans des villes déjà visitées plusieurs fois, on comprend qu’il faut vraiment les mériter ces quêtes Retourner dans telle bled à tel moment de l’aventure (alors que rien nous y invite), re-parler à tel PNJ (qui n’a rien de spécial), pour débloquer un nouveau cutscene, qui débloquera une nouvelle ligne de dialogue à tel PNJ dans une ville à l’autre bout de la map, qui lui-même te filera une clé qui permettra d’ouvrir telle porte de tel donjon, pour débloquer une nouvelle compétence qui te permettra elle-même d’accomplir de nouvelles quêtes… Vous voyez le délire et j’exagère à peine. Autant dire que sans la soluce on zappera les trois-quarts de ces quêtes annexes ce qui est vraiment con. C’est vraiment dommage que tous les côtés annexes du jeu soient intégrés de façon aussi brouillon ! Ce sera donc typiquement le jeu que l’on fait la soluce sur les genoux…

dede

Tales_of_Vesperia_In_Battle_ScreenshotEn revanche, s’il y a bien un point où ce Tales of est intouchable, c’est au niveau des combats ! En dérivant le système de Tales of the Abyss et Tales of Symphonia, on obtient des bastons bien pêchues, à mi-chemin entre l’Action-RPG et le RPG tour-par-tour classique. Dans une arène circulaire, on dirige un de nos persos avec un stick, on frappe des combos basiques avec un bouton, on lance des capacités spéciales avec un autre, et enfin on se protège avec un dernier, façon beat’em all minimaliste. Tout l’intérêt vient dans le fait d’enchaîner les coups classiques avec les capacités, on verra qu’il existe plusieurs sortes de capacités, qui s’enchaînent plus ou moins bien entre elles et selon comment on a stuffé notre perso. Les trois autres personnages seront dirigés par l’IA, qui est il faut le dire assez conne, nous obligeant à régulièrement choisir manuellement quelles capacités on souhaite que ces personnages utilisent. Dans le cas contraire où on les laisse en freestyle complet, on voit les voit souvent balancer des sorts ultimes et gâcher du MP pour butter des gerbilles, ou balancer un sort de soin de folie pour soigner 30 HP perdus, foncer au corps-à-corps contre un boss (tan pis si on est une princesse healeuse)… On pourra régler, à la Final Fantasy 12, quelques comportements pré-définis, ou modifier notre formation de combat, mais on va vite se rendre à l’évidence, ça ne sert pas à grand chose. Cette faiblesse de l’IA n’est toutefois pas gênante, tant elle fait parti du gameplay ! C’est tout le game design qui est basé là dessus, sur le fait de mettre régulièrement le combat en pause pour lancer telle ou telle capacité ou utiliser tel objet. Ce rythme haché des combats lui donne donc un léger côté tour-par-tour qui renforce le côté tactique des bastons pour notre plus grand bonheur. Le battle system a bien sûr plein d’autres subtilités que je n’expliquerai pas ici, l’essentiel à retenir sera que ces combats sont vraiment bons, bien dynamiques et légèrement tactiques. Sans se hisser à la hauteur de perles comme Grandia, Valkyrie Profile ou autres battle systems de génie, on prendra un grand plaisir à combattre. D’autant que la difficulté est vraiment bien calibrée, ce qui est, on est tous d’accord, primordial pour tout RPG qui se respecte. Ici on aura notre quota de gros combats bien intenses, mention spéciale pour les boss parfaitement bien équilibrés.

A retenir

Au final, ce Vesperia s’avère vraiment cool. En mettant un petit peu de Abyss et de Symphonia dans son gameplay, tout en incorporant des personnages plus matures que d’habitude, et cette pointe de charisme qui manque peut-être aux nouveaux Graces et Xillia, on obtient globalement le meilleur volet de la saga.  La splendeur d’antan du J-RPG enfin retrouvée alors ? Eh bien non malheureusement. La faute à une mise en scène et un scénario quelconques, ce qui ne rend pas justice aux personnages. La faute aussi à une montée en puissance très molle de notre équipe, et au levelling beaucoup trop encadré. Ou encore au système bien relou des quêtes annexes.Tout ça donne au final un jeu sympa et vraiment solide sur tous les points sans vraiment exceller dans aucuns. Une sorte de triomphe sans génie, symptôme d’un genre bien trop calibré. 

 

Informations sur le jeu

Plateformes : Xbox 360 – PS3

Genre : RPG japonais

Développeurs : Namco Tales Studio

Éditeur : Namco Bandaï

Date de sortie : Octobre 2010

Badge Excellent

Bloodevil

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Battle Squadron : une dose de sadisme ?

Battle Squadron est indubitablement un classique de l’Amiga et aura même représenté une tendance très particulière du shoot them up que l’on n’aura guère retrouvé ni en arcade ni sur console. Ce titre a donc son identité propre, celle d’un archétype du shooter micro…Le maître-mot de Battle Squadron pourrait être celui-ci : précision ! Et peut-être au delà : stratégie. Ce jeu est en effet un authentique guêpier qui vous réclamera bien de la patience…

Opération minutie

Battle Squadron prend quelques libertés avec les schémas usuels du shoot them up. Votre mission se déroule sur deux niveaux : une partie du jeu en surface, et trois niveaux souterrains gardés par un boss. Seul où à deux, à vous de nettoyer les longs niveaux en sous-sol afin de mener votre mission à bien. Il est impératif de procéder par ordre : avant de s’engouffrer vers ces parties en sous-sol, il est plus que recommandé de préparer correctement son appareil en montant son armement au maximum, sans oublier de faire le plein de smart bombs. Les parties souterraines sont toutes de véritables enfers dont seul un joueur assuré et expérimenté pourra triompher. Les amoncellements d’adversaires ainsi que leur généreuse production de projectiles ont la fâcheuse tendance à créer des murs quasi-infranchissables…L’intensité de Battle Squadron est sans commune mesure pour l’époque.

Un jeu typé

On reconnaît bien un certain style de shooter très en vogue sur micro : un vaisseau assez lent et d’une taille plutôt balèze. L’écran reste lisible mais parfois, accumulation aidant, on a du mal à entrevoir une porte de sortie dans tout ce fourbi… Il y a décidément intérêt à pratiquer avec méthode quand on se lance dans Battle Squadron tant la situation peut rapidement virer à l’ingérable. Et pour les petits malins qui se figurent pouvoir reconstituer leurs ressources avant de continuer, les programmeurs ont pensé à vous : une fois sous terre dans les bases infectées, seule la victoire sur le boss vous permettra de refaire surface afin de vous refaire une puissance…avant d’aller affronter la base souterraine suivante ! Bref, il vous faudra élaborer une authentique ligne de combat et admettre la cruauté du jeu, tant la moindre anicroche est à même de ruiner tous vos efforts. Si Battle Squadron est encore de nos jours une référence du genre sur micro-ordinateur, c’est sans doute grâce à tous ces éléments concentrés : le jeu est très punitif et serré, il nécessite des réflexes poussés et une constante attention pour éviter de se retrouver cloisonné et de voir sa mort venir. Cependant, la résistance poussée des ennemis de parcours, la lenteur générale de l’engin et la réelle exigence du jeu risque aujourd’hui de démotiver les amateurs de jeux vifs et saupoudrés de dizaines de boulettes sur un seul et même écran, même si bien des moments de Battle Squadron sont tout autant de nature à submerger le joueur qui n’aurait pas convenablement anticipé ou positionné son engin ! A noter que le jeu eut droit à une version Megadrive encore plus angoissante pour cause d’aire de jeu plus serrée encore… Et il fallait le faire !

La postérité

Aujourd’hui Battle Squadron est devenu un des titres classiques pour ne pas dire emblématiques de l’Amiga. Ce programme concentre sur lui toutes les qualités qui font les grands moments du genre : un jeu classique, exigeant, au gameplay technique et mettant l’endurance du joueur à rude épreuve. Ce jeu est frénétique et ne pardonne pas. Néanmoins, il est de ce genre de shoot them up qui donnent parfois l’impression de jouer aux dames ou aux échecs tant chaque mouvement devra être bien calculé voire mûrement réfléchi tant la cadence de jeu est impitoyable et les moyens du joueur programmés au plus juste. Battle Squadron demande d’être impeccablement lu faute de quoi votre échec, en plus d’être inévitable, sera plutôt rageant. Une merveille de shooter classique à réserver à des joueurs qui en veulent, ou tout simplement à ceux qui aujourd’hui veulent s’imprégner de cette délicate philosophie du shoot them up sur micro.

Informations sur le jeu

Plateformes : Amiga, Megadrive, iOS

Genre : Shoot them up claustro

Développeurs : Innerprise Software

Éditeur : Innerprise Software, Electronic Arts

Date de sortie : 1989 (Amiga), 1990 (MD)

Zero Gunner 2 : Psikyo et la liberté de vol

Sans doute le shoot them up le plus atypique de Psikyo, Zero Gunner 2 est à sa manière un ultime aboutissement conceptuel. Après Dragon Blaze et sa technique poussée au pinacle, l’éditeur aura su encore expérimenter, pour un résultat étonnant. 

 C’est en 1997 que Psikyo partit à la conquête de la troisième dimension avec Zero Gunner, un jeu au final très expérimental mais hélas fort peu abouti…Reconnaissons-lui cependant l’honneur d’avoir existé et d’avoir laissé un souvenir suffisamment présent pour engendrer une suite réellement excellente.  Dernière petite chose : dans le jeu, l’Algérie est un pays européen ! Moi qui pensais qu’il s’agissait d’une contrée d’Afrique du Nord, au nom de l’exactitude géographique…

Inutile de le cacher, Zero Gunner 2 ne se démarque en rien de l’architecture classique des autres shooters de Psikyo. On y retrouve toujours ces motifs de tirs rapides et constitués de projectiles tout droit tirés des productions des années 80. Les boss à transformations multiples sont à nouveau de la partie, de même que les modes d’attaque complémentaires de chaque appareil. Aux commandes de l’un des trois hélicoptères rutilants, sept niveaux de dogfight vous attendent, et bien évidemment les plus talentueux auront droit à une deuxième et ultime boucle qui vous fera regretter votre insolence. Mais pourquoi alors Zero Gunner 2 est-il si innovant ? Tout simplement pour son contrôle empreint d’une rare impression de liberté et grâce à une construction exemplaire.

A onze heures, à onze heures 

La maniabilité de Zero Gunner 2 est donc assez proche de celles de titres comme Strikers 1945 : votre hélico tire et dispose d’une attaque concentrée qui se recharge en collectant des items lâchés par les ennemis. Mais Psikyo s’offre un voyage dans la troisième dimension du ciel, grâce à une commande aussi capitale que l’était l’attaque dragon dans Dragon Blaze : faire pivoter votre hélicoptère. La position de votre engin devient dès lors fixe et en maintenant cette commande, vous pourrez faire adopter à l’hélico un angle de visée suivant les exigences du jeu, tout en gardant à l’esprit que vous avez en main les clés d’une destruction méthodique et organisée, et sous un feu ennemi qui va de l’ajusté au carrément nourri ! Et cette nouvelle conception de l’offensive rend Zero Gunner 2 absolument unique. Tout en doublant le plaisir qu’on en tire !

Prudence est mère de sûreté 

Ce gameplay d’apparence très permissif ne détruit cependant pas la caractéristique désormais établie des shoot them up de Psikyo : la difficulté est très présente et se révèle remarquablement adaptée aux possibilités de votre hélico. Bien souvent des séquences entières du jeu reposeront autant sur une esquive calculée que sur une anticipation raisonnée pour ainsi préparer votre position à l’écran ainsi que votre angle de visée. La grande force de Zero Gunner 2, outre une réalisation solide mais qui ne surprend plus venant de Psikyo, est sa totale cohérence et l’implacable logique d’affrontement qu’il assène au joueur. Si les débuts sont très paisibles vraisemblablement pour vous permettre une adaptation en douceur, la suite du jeu renoue très vite avec les penchants cruels des plus grands moments de lutte de l’univers du shoot them up. Les ennemis résistants et très machiavéliques sauront se jouer de vous avec un culot qui frise l’indécence et seuls des pilotes expérimentés voire carrément experts seront à même de résoudre leurs pièges.  Ces ennemis colossaux telles les forteresses volantes ou de gigantesques bases célestes réclameront un acharnement constant ainsi qu’une totale maîtrise de la « politique spatiale » qui préside au gameplay tout entier. Il est certes tout à fait compréhensible de se sentir dérouté quand on aborde Zero Gunner 2. A la manière de Dragon Blaze, le titre peut sembler totalement absurde à qui n’a pas su se faire au contrôle ainsi qu’à l’étendue des possibilités des engins en lice. Mais après quelques essais, c’est un véritable coffre au trésor qui s’ouvre à vous tant la jouabilité est parfaitement assumée et riche de subtilités, pour des moments de jeu réellement marquants voire tout à fait frénétiques.

J’ai la tête qui tourne 

Zero Gunner 2 recèle au final, sous ses dehors froids voire austères, une véritable quintessence de maniabilité parfaitement raccord avec son design et l’impeccable gestion de l’espace de jeu. Psikyo démontre sa polyvalence conceptuelle avec un talent rare et nous sert un jeu d’une saveur toute particulière qui aura sans doute inspiré le futur Under Defeat de G-Rev, en lequel d’aucuns avaient vu un Zero Gunner 3. Psikyo restera à jamais , en dix ans d’activité, parmi les plus grands.

Informations sur le jeu

Plateformes : Arcade, Dreamcast, Nintendo Switch

Genre : Shoot them up 

Développeurs : Psikyo

Éditeur : Psikyo

Date de sortie : 2001

Hommage au Prince de Perse

-Dis Maman, tu me racontes une histoire pour m’aider à m’endormir ? 
-Mais oui mon petit, comme ça plus vite j’en aurai fini et plus vite j’irai faire la lessive avec la grosse machine de ton papa…Tu connais les Mille et Une Nuits ? C’est l’histoire d’un méchant grand Vizir…
-Vizir…Comme la lessive en gel liquide ?

Je laisse là ce dialogue foireux et vous accueille sentencieusement dans ce topo consacré à Prince of Persia, le jeu originel, celui par lequel la légende est née…Et qui à mon humble avis de vieux schnoque passéiste se serait amplement suffi à lui-même.

Si Prince of Persia mérite qu’on lui rende hommage, c’est pour plusieurs raisons. S’il est devenu avec le temps un des titres les plus emblématiques du jeu vidéo sur micro, c’est avant tout pour l’approche radicalement nouvelle qui est la sienne, de même que la totale pression qu’il met au joueur et surtout pour l’animation positivement géniale du héros, qui est devenue la marque de la fabrique de la saga dans son entier, de ses débuts à son actualité (dénaturée voire pervertie, sur console comme sur grand écran).

Ici démarre votre odyssée…

Jordan Mechner : une idée toute bête

Programmeur né en 1964 qui sévit aujourd’hui dans le milieu du cinéma documentaire, Jordan Mechner démarre sa carrière en 1982. Il oeuvre sur un premier titre intitulé Karatéka avant de tenter sa chance pour la première fois en tant que réalisateur, puis devant la relative déconvenue qui solde sa tentative, revient à la programmation avec un nouveau projet, conçu entre 1986 et 1987 pour finalement arriver en 1989 sur nos micros chéris adorés vénérés : Prince of Persia.

Je ne traiterai que du premier jeu de la licence, que j’ai pratiqué et retourné sur Amiga, NES, Master System, Game Gear et Game Boy.

Un conte interactif

L’histoire est somme toute simplissime : Prince of Persia n’est qu’une de ces innombrables missions de sauvetage comme il en existe tant d’autres dans l’univers du jeu vidéo.

Dans le lointain royaume de Perse, le sultan s’est absenté. Durant cette absence, le principal conseiller du noble chef adoré de son peuple pour lequel il est si bon (je ris moi-même d’avoir écrit une phrase aussi absurde et honteusement contraire à ce bel esprit contestataire qui est le mien), le Grand Vizir Jafar, usurpe définitivement le commandement. Oui mais… Pour être reconnu du peuple de Perse qui mange en une semaine ce que le sultan et son Vizir avalent en un seul repas, il lui faut définitivement s’unir à la famille tyrannique, euh pardon dirigeante. Et voilà la solution : épouser la princesse !

Aussi, tel un Lord Farquaad dont la taille quelque peu amoindrie et l’égo surdimensionné me font penser à une personne anciennement logé à l’Elysée dont la décence m’interdit de mentionner la civilité sous peine de salir définitivement le Serpent, Jafar s’en va trouver la fille du sultan disparu et la demande en mariage, un mariage purement opportuniste qui ne trompe personne.

Les introductions sont trop souvent négligées dans le jeu vidéo. Jafar tend les bras à la princesse qui, fidèle, se refuse à lui avec un demi-tour magistral (à ce propos, quand elle tourne le dos à son prétendant de circonstance, ses longs cheveux sont foutrement bien animés…le détail annonciateur ?). Mais comme l’homme est décidément celui qui commande et la gonzesse celle qui n’a pas d’autre alternative que lui obéir, l’immonde Jafar fait apparaître un sablier  contenant une heure de sable.

Préparez-vous à croiser le fer assez souvent. Encore une occasion d’étaler de superbes animations…

La princesse a donc 60 minutes pour consentir à cette union. Comme Pénélope attendant Ulysse, elle espère que son jeune amoureux saura la sauver avant l’heure fatidique. Mais elle ignore que Jafar l’a déjà jeté dans les oubliettes labyrinthiques de sa prison…

A vous de franchir les 12 niveaux et d’affronter Jafar et ses sbires, le tout avant que le sable n’ait scellé l’arrêt de mort de votre promise. Car la princesse préférera mourir que de devenir la Vizirette (putain je sais c’est naze comme vanne).

Un chef d’oeuvre de level design

Pour ma part, j’ai découvert ce Prince of Persia sur Amiga en 1992, oui je sais sur le tard, chez un collègue de classe qui m’a laissé me démerder seul. Et qui l’a regretté tellement j’ai fini par squatter sa bécane car il avait refusé de me prêter le jeu !

Ce qui frappe, c’est l’immensité de l’espace à explorer. Prince of Persia est un vaste dédale réactif et truffé de pièges ingénieux et saupoudré d’une prise de risques conséquente.Votre quête est subtilement scénarisée : vous échouez désarmé dans les cachots du palais, dès le début vous avez un choix à faire : droite ou gauche ? Ceux qui ont (comme moi) opté dès le départ pour le chemin de droite ont vite compris…qu’il fallait aller de l’autre côté pour enfin trouver un ustensile assez fondamental : votre épée ! Pour le reste, la construction de chaque étape (hormis la dernière qui est en fait le combat final contre l’abject Jafar lui-même) est conçue comme une énorme labyrinthe dont la sortie est subordonnée à plusieurs impératifs, comme vaincre les membres de la garde personnelle du Vizir.

Spécificités de gameplay

L’univers du jeu de plates formes de l’époque a su rester constant jusqu’à une date très récente, pour moi l’arrivée de cette 3D que j’ai beaucoup de mal à ne pas maudire chaque jour un peu plus). Le héros peut faire des sauts disproportionnés (et heureusement), ainsi que se lancer de façon à couvrir des distances incroyables. Avec Prince of Persia, tout ça c’est fini. Le héros est un homme, et rien qu’un homme. Exit donc les sauts de félin ou de kangourou, ici vos aptitudes physiques ne seront pas celle d’un Super Mario ou d’un Zool, mais celles d’un homme ! Quoique…d’un homme ma foi fort bien entraîné ! Les capacités de notre héros et son agilité sont remarquables, de même que la force qu’il concentre en ses deux bras pourtant pas si musclés. Ce qui amène à causer de ce qui est LA signature du jeu : l’animation parfaitement détaillée du Prince ainsi que la variété de ses mouvements. Le Prince peut courir, sauter, sauter à la verticale, s’agenouiller pour descendre d’un niveau, prendre son élan et réaliser en conséquence des sauts plus longs, s’agripper, avancer à petits pas… Le tout permettant des combinaisons bluffantes, comme courir pour faire un saut plus long et se rattraper in extremis au rebord d’une porte. Le tout plus vrai que nature, fait extraordinaire en cette époque. Ce luxe dans l’animation et l’excellente décomposition des mouvements du héros est devenue l’identité même du jeu que l’on retrouvera sur tous les supports, même les supports limités comme les 8 bits (NES et SMS) qui seront toutes deux honorées d’une version du jeu qui fait figure de must have dans les catalogues respectifs des deux machines.

Il faut ajouter à ce tableau la grande richesse du jeu en lui-même. Même si l’environnement sonore est ma foi assez sobre (mais bon, qui s’attendait à entendre une salsa endiablée dans les salles silencieuses et angoissantes des prisons du si bon Vizir ?), l’ambiance est foutrement bonne. Car vous aurez toujours un oeil sur le sablier qui s’écoule. Angoisse.

Car c’est une des particularités qui font de Prince of Persia un jeu unique : le temps. Toute l’intrigue et tous les efforts du joueurs sont guidés par l’impératif temporel, vous n’avez qu’une heure , pas une minute de plus ! Le jeu pouvait également revêtir un aspect « challenge », en incitant carrément au speedrun, une fois que l’on connaissait assez les 12 étapes. Ici pas de compteur de vies ou autre mécanisme classique.

Les pièges sont nombreux et tous mortels : chutez de trop haut et vous pourrez voir votre personnage s’écraser au sol. Courez dans des pics et vous vous effondrerez, empalé comme une saucisse de Francfort dont l’avenir se résume au barbecue puis à l’estomac et aux latrines du consommateur. Mais le piège le plus magistral (et aussi le plus agaçant), ce sont ces herses qui s’ouvrent et se referment verticalement, et qui comme par hasard sont toujours si judicieusement disséminées qu’il est plus que fréquent de finir coupé en deux. A ce propos, la version NES était en ces cas censurée là où les versions micro montraient ces herses tachées du sang du héros quand celui-ci était tué.

Oh putain, comme c’est mortel la mort quand ça tue…

Le reste fait des étapes à franchir d’ingénieux puzzles, notamment par l’action des dalles spéciales qui entrouvrent des grilles et ainsi vous débloquent la progression, mais attention, ces dalles spéciales sont à double tranchant, certaines vous cloisonneront et vous feront perdre un temps précieux (le sablier, vous vous souvenez ?), et la plupart du temps, il vous faudra bien mémoriser votre itinéraire et correctement exécuter les mouvements pour arriver à trouver quelle dalle ouvre ou ferme quelle grille…

Et pour finir, votre énergie peut grandir si vous ramassez les bonnes potions dispersées un peu partout. Certaines sont cependant empoisonnées et soit vous diminueront, soit vous tueront aussi sec. A vous de voir ce que vous ingérez…

Tout ça dans un seul jeu de 1989 ?

Et ben oui, ô joueur soit né trop tard soit pas assez curieux ! (heureusement qu’il y a dans l’assistance et parmi vous de véritables mémoires du jeu vidéo). Un jeu conceptuel qui rompt avec le système classique du décompte de vies qui reste l’éternelle norme du jeu de plate-forme, qui introduit une technique d’animation révolutionnaire longtemps réservée aux exclus micro (par la suite, viendront Another World ou encore Flashback) et une conception des niveau vraiment incroyable et vicieuse (car au début, on crève tous, et c’est comme ça qu’on progresse tant qu’il vous reste du sable en stock).

Tout ceci fait de Prince of Persia un des jeux les plus importants de l’histoire à mes yeux, et surtout parmi les plus originaux, un monument historique qu’il est plus que nécessaire de connaitre. Aucune déception possible !

Allez, du jarret, on y va !

Aparté du FANBOY SUPER NINTENDO

Pour son passage sur la 16 bits de Big N, la licence Prince of Persia est reprise par Konami qui nous livre là une version réhaussé du jeu de Jordan Mechner : 7 niveaux supplémentaires pour 19 levels à franchir en non plus une, mais deux heures. Quand les auteurs de Super Castlevania IV remanient un jeu comme Prince of Persia, ça donne un authentique carton auquel on revient toujours avec plaisir, les niveaux relookés virant au machiavélisme le plus poussé vers le 14ème stage. Je sais j’ai dit que je ne parlerai que de la version originelle, mais bon, hein, un fanboy n’est pas toujours de bonne foi.

Informations sur le jeu

Plateformes : Un bon paquet des micros et des consoles existants (d’abord sur Apple II)

Genre : Plates-formes d’un genre nouveau

Développeurs : Broderbund

Éditeur : Broderbund

Date de sortie : 1989 dans sa version originelle

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BioMetal : du bio et du metal sur Super Nintendo

Bonjour à tous pour ce nouveau petit laius sur un jeu dont on ne parle pas vraiment, et c’est ma foi fort injuste compte tenu de ses apports. Une fois encore, je me fixe pour mission de rendre justice à ces vieilleries qui ont aujourd’hui sombré dans un oubli de bon aloi mais dont on finit par comprendre avec le temps qu-ils ont instauré moult règles qui aujourd’hui nous semblent parfois aller de soi.

Mais ma bonne dame, ce qui aujourd’hui semble tomber sous le coude a un jour été innovant…Et apporté par certains jeux dont on a oublié jusqu’au titre, ingrats que nous sommes. Oui farpaitement, quand on s’intéresse un tant soit peu aux subtilités qui gouvernent le délicat art du shoot them up, on se rend compte avec surprise que tout ce qui fait le shmup moderne est finalement tout sauf moderne ! J’en profite pour à nouveau rendre hommage à cette glorieuse époque des 16 bits.

Ecran-titre de la version JAP.

Si cette laborieuse intro n’a qu’un seul but, et bien c’est celui-ci : BioMetal, obscure production d’Athena pour Super Nintendo (cet éditeur au passage peut se targuer d’avoir quelques sacrés bons shmups à son actif, comme le formidable Daioh en arcade, ou encore d’avoir développé le programme Dezeamon qui permet de créer son propre shmup), est un shmup qui a eu une portée assez incroyable sur le genre, et quand on s’en aperçoit, il est d’autant plus étonnant de remarquer à quel point ce titre est demeuré inconnu.Avant d’entamer le vif du sujet, une petite présentation s’impose. En l’an galactique 232, votre planète est menacée. Une prolifération exponentielle de formes de vies inconnues a été décelée par un satellite, et devinez quoi, ces bestioles n’ont plus assez de place chez elles, alors elles arrivent chez nous par paquet de douze…Et comme il ne faut pas confondre tourisme et invasion, il a été décidé de laisser la diplomatie au vestiaire et de ce débarrasser de cette indésirable immigration. Avant d’embarquer dans une mission suicide, vous êtes briefé et informé que ces bestioles sont un étrtange conglomérat organique et métallique, et que suivant une logique implacable, vos supérieurs qui ne risquent pas le casse-pipe ont cogité opportun de nommer votre mission « BioMetal ».

De la grosse bébête pas jolie…

Nanti de cette connaissance vraiment fondamentale (gag), à vous les joies de six niveaux de shooting intense.La grande force de ce BioMetal est d’avoir une authentique personnalité. Très honnêtement, le mélange hybride « organique/métallique » marche très bien et se paie le luxe d’être merveilleusement restitué à l’écran. Les sprites mettent dans l’embarras : hormis le menu fretin (qui arrive souvent par nuées), les ennemis donnent l’impression de n’être ni vivants, ni machines, mais un véritable compromis entre les deux. Les stages ont chacun une thématique progressive (ciel, desert, caverne, complexe mécanique…) et les ennemis, même s’ils sont assez récurrents tout au long du jeu, ne dépareillent pas de leurs environnements. Ils constituent en quelque sorte le fil conducteur de cette mission de sauvetage, il est vraiment question d’exterminer de la vermine en masse.Et evidemment, tout niveau qui se respecte s’achève par le traditionnel vilain du cru, et ici ils sont particulièrement réussis et vous surprendront…Car il faut bien en arriver là, le jeu est dur. Très dur. C’est simple, BioMetal est un piège.

Les ennemis sont tous surarmés et lancent chacun des attaques vivaces et rapides, arriver à tout esquiver relève assurément de la gageure. Il est à noter que nous avons ici d’authentiques patterns de tir et des ennemis intelligents. Chaque adversaire dispose d’une attaque bien personnelle (lasers, flammes, balles en chapelet , en corridor ou en cercles concentriques), et de plus ils s’assemblent pour carrément vous couper toute retraite. De plus, leur rapidité à l’écran et leurs mouvements (la plupart tracent leur route vers vous, puis s’arrêtent le temps d’arroser un peu ou plutot un max, et ensuite reprennent leur route pour quitter l’écran) rendent parfois les situations assez ingérables.

Les sprites sont de belle taille et la SFC s’en tire plutôt bien !

De plus, à partir du stage 3, les levels optent pour une configuration active et plus ou moins labyrinthique avec de fréquents embranchements, vous menant à des embûches d’une difficulté parfois délirante…Il est assez courant de mourir en tentant de se frayer un chemin, et ensuite on croit pouvoir truander le jeu en fonçant à travers la difficulté en profitant du respawn…Et même là le jeu vous punira, car même par derrière ça fait mal (celui qui rit est un immature) en lançant des salves spéciales pour vous apprendre à vouloir jouer au plus fin.Pourquoi une difficulté si élevée ? Faut reconnaitre que rien n’est là pour vous faciliter la tâche, mais…BioMetal est de ce type de shoot dont on doit d’abord apprendre à maitriser les possibilités avant de penser pouvoir se lancer à l’assaut du ouane crédite clire, one sissy, ouane cécé, bref de vouloir le finir en un seul et unique crédit (j’adore être lourdaud parfois en balançant des mots inutiles là où un simple terme comme « 1CC » aurait suffi). Déjà, le jeu offre une dualité de tir entre le canon Vulcan et les missiles, même s’il faut bien reconnaitre que seuls les missiles directs sont utiles…Et en tirs, seuls le tir « W » (Wave) et « L » (laser) sont réellement efficaces car eux seuls auront la puissance nécessaire à percer la résistance de vos adversaires…

Et encore, à partir du niveau d’upgrade 2.Mais votre engin dispose au final d’une botte secrète, et c’est cette bote secrète qui est l’apport principal au gameplay du jeu, et qui le rend à mon sens rien moins que révolutionnaire : le bouclier GAM. Car oui, BioMetal est un des premiers shooters à bouclier.Le bouclier s’active par une pression sur un bouton et se referme par une seconde pression sur ce même bouton (tout est configurable dans le menu d’options), car une jauge vous rappelle qu’il n’est pas inépuisable ! Une fois refermé, cette jauge se rechargera.

Les ennemis vous chargeront sans pitié, à vous de bien vous placer.

Ce qui rend le gameplay d’une richesse extraordinaire, le temps de charge sera plus ou moins rapide selon la durée d’utilisation de votre bouclier…Bon, le jeu ne disait pas encore « OK » une fois la jauge remplie (allusion à un célèbre jeu que vous aurez tous reconnu). Ce bouclier absorbe les projectiles ennemis (attention : pas tous), et finalement rapproche BioMetal du célèbre Recca (et surtout de son mode Zanki qui misait tout sur l’usage du bouclier bombe). Mais ce bouclier est à fonction double ! Il vous protège donc, mais peut -et doit- aussi être utilisé comme un élément offensif ! Une fois activé, il peut être expédié au loin et rappelé, dévastant tout sur son passage (ou presque). Une pression sur la gâchette R de votre pad et le bouclier se séparera de votre engin en suivant la direction qui vous lui aurez assignée lors de son envoi.

Un shmup très frontal et jouissif. Tel est BioMetal.

Encore une idée de génie que ce double effet Kiss Cool, le bouclier armure qui se change à volonté en projectile destructeur, le tout bien sur dans la limite de cette jauge qui est vraiment la clé de la réussite ! Car même malgré cela, le jeu demeure extrêmement retors, vos premiers essais dureront le temps d’une chataigne qui tombe d’un tabouret…Mais avec le temps on finit par s’apercevoir que la difficulté est beaucoup moins insurmontable qu’il n’y parait quand on a appris ses coups (un peu comme dans un certain jeu de 2000 estampillé Psikyo) : on arrive même à échafauder des techniques, comme ce boss du niveau 2 qu’on peut détruire sans bouger avec un laser de niveau 2 et un bouclier à son maximum…Ultime gag, le boss final (une copie quasi conforme du célèbre premier boss de R-Type, avec gueule méchante et queue mouvante) vous offre un véritable festival de projectiles entrelacés…Et un formidable safe spot juste en haut à droite de l’écran juste au dessus de sa tête ! Technique : ouvrez votre bouclier, lâchez une salve de laser (pas plus) dans l’intervalle régulier entre les projectiles ambiants, puis remontez, laissez remonter votre jauge, puis renouvelez l’opération jusqu’à cuisson à point (ce qui peut prendre un certain temps OK, mais s’avère sans risque ! Tenter d’achever cet immonde final boss « à la régulière » reviendrait à se jeter dans un broyeur à viande et espérer en n’en ressortir qu’avec quelques coupures). BioMetal est un horizontal qui donc fait la part belle au gameplay avec un bouclier défensif et offensif, on tient donc un véritable jeu à attaque secondaire…Vous l’aurez sans doute compris, la maitrise des armes et de ce shield est fondamentale. De plus, le caractère double de ce shield fait de BioMetal un jeu innovant, réunissant l’aspect shooter à bouclier et shooter « à attaque secondaire », un mix entre Capcom et Psikyo (celui qui n’a pas perçu les allusions masquées à Gigawing et à Dragon Blaze est à l’amende d’une caisse de thé vert, qu’il me contacte en MP pour avoir mon adresse). Bref un des tous premiers jeux à mettre effectivement l’accent plus sur l’aspect « tactique » du gameplay que sur la seule et simple éradication des adversaires…Hélas, le bouclier ouvert, ajouté à la taille des ennemis et à la déferlante de tirs, faisait quelques fois ramer le jeu… Mais n’exagérons rien, on est loin de la pitoyable et inacceptable animation de Super R-Type. Et une fois ce rude apprentissage accompli, il reste en main. Allez, BioMetal c’est du bon, c’est du lourd, c’est du complexe, et c’est sur Super Nintendo…

Le dernier boss. Toute ressemblance avec le premier boss de R-Type serait fortuite.

 

PETIT APARTÉ CULTUREL :  pour sa sortie en Europe et en Amérique, les musiques de la version originelle ont été remplacées des des réinterprétations sauce 16-bits des morceaux de 2Unlimited, l’intro a même été modifiée en conséquence. Voici les correspondances :

Stage 1 : The Twilight Zone

Stage 2 : Get ready for this

Stage 3 : Tribal Dance

Stage 4 : Delight

Stage 5 : Workaholic

Stage 6 : Delight (reprise)

Les deux pilotes s’appellent désormais Ray et Anita, comme les deux membres du groupe (Ray Slijngaard et Anita Doth), et à chaque niveau correspond un morceau de cette formation (allez, rappelez-vous Dance Machine et autres compilations Top DJ et La plus grande discothèque du monde qu’on rembobinait avec un crayon à papier avant de la remettre dans le walkman, années 90 déjà si lointaines…)

Informations sur le jeu

Plateformes : Super Nintendo

Genre : Shoot them up insectoide et metalloide

Développeurs : Athena

Éditeur : Activision

Date de sortie : 1993

PS : comme d’hab’ un petit lien.

Et un autre.