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Dans la rédaction on aime plus ou moins Nintendo. Personnellement, je leur voue une passion quasi infantile, depuis la NES jusqu’à la Wii U, en passant par la Gameboy que mes parents n’arrivaient pas à me retirer des mains. Et comme chaque année, à l’E3, c’est l’occasion de savoir ce que les papas de Mario ont en réserve. Le 16 juin 2015 arrive et….et….QU’EST CE QUE C’EST QUE CE TRUC?

LE PASSAGE DE LA CONFERENCE AU NINTENDO DIRECT

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plus…jamais…ça

Avant de parler spécifiquement de l’édition 2015, il faut revenir en arrière, en 2013 exactement. Après une série de 18 conférences avec des grands succès (Zelda Twilight Princess) mais aussi des grosses catastrophes (Wii Music), Nintendo désoriente tout le monde. A partir de l’E3 2013 plus de show, le constructeur se contentera d’une vidéo pré enregistrée (Nintendo Digital Event) résumant les principales annonces, les jeux étant disponibles dans le salon pour le public. Une démarche que les mauvaises langues (à raison) pouvaient attribuer à une première année de Wii U en demi teinte, mais qui intrigue tout le monde, presse et joueurs. Sony et Microsoft quant à eux continueront comme d’habitude. Le Nintendo Digital Event commence donc avec une vidéo sur Pokemon X et Y, avec plus de précisions notamment sur la région de Kalos. Annonce classique mais intéressante, mais celle ci est suivie par….Satoru Iwata en plan fixe dans les locaux de Nintendo, devant un mur quasi uni. La changement de ton depuis les conférences se fait ressentir, et c’est clairement austère. Les vidéos s’enchaînent et ne brillent pas par leur intérêt, avec notamment un Wii Party U et Wii Fit U montrant que Nintendo espérait encore surfer sur le succès de la Wii. Mais le plus important reste l’annonce du nouveau Mario 3D, faisant suite aux succès critiques Super Mario Sunshine et Super Mario Galaxy 1/2. Et oh mon dieu que le résultat est décevant (le mot va revenir souvent) : Super Mario 3D World est générique. Le trailer montre un jeu copiant l’épisode 3DS ( Super Mario 3D Land), avec des décors classiques (désert, glace, souterrains) et un gameplay identique. Par contre il y a un costume de chat, et un mode multijoueur. Bien sur le jeu n’est pas mauvais au final, mais transpire un peu le « j’men foutisme » côté développeur. Sinon grosse fournée de vidéos, aussi bien pour la Wii U (Donkey Kong Country TF, The Wonderful 101, Pikmin 3, X, …), que la 3DS ( Zelda ALBW, Mario & Luigi Dream Team Bros, Yoshi’s New Island,…).  Enfin, la conférence se termine avec l’apparition de Megaman dans le futur Super Smash Bros sur Wii U et 3DS, et le public…n’a pas réellement aimé ce Direct. La faute à une ambiance bien en dessous des conférences, et à des jeux soit déjà annoncés soit décevants. C’est simple on s’emmerde comme sur un live de jeuxvideo.com, et le public ne comprend pas le changement. Mais un an va passer et Nintendo va mettre sa patte.

LE “HYPE” ET LA BONNE PRESTATION A L’E3 2014

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Approche originale, Nintendo se lâche en 2014

Et cela commence le 29 avril 2014. Une vidéo d’annonce de l’E3 2014 montre l’équipe de Mega 64 sur un projet top secret. Après de nombreuses manipulations, ces derniers ont réussi à construire le ReggieNator, un androïde singeant le président de Nintendo USA, avec qui ils réussissent à s’introduire dans les locaux de l’entreprise. Malheureusement ils sont arrêtés piles à l’entrée des secrets de développement, avec une date pour le Direct affichée devant eux. La vidéo est délirante du début à la fin, rappelant l’âge d’or de Nintendo, et tout le monde est « hypé ». Nintendo a en plus annoncé un tournoi mondial de Smash Bros Wii U ainsi qu’un « Treehouse », sorte de grande session de gameplay de tous les jeux présentés au direct. En parlant de direct, celui ci commence dans un style à l’opposé de ce qui a été fait en 2013. Une fausse conférence s’affiche devant nous avec des personnages en pâte à modeler, en un Reggie qui se moque gentiment des attentes des joueurs d’un Mother 3 (prévision de 2015?). Les personnages Nintendo s’enchaînent, les gags fusent, les vidéos sont couplées à des interviews de développeurs. Les présentations de jeu ont plus divisé, mais on peut noter l’arrivée d’un jeu exclusif à Toad (Captain Toad) un jeu Kirby ou encore un jeu Yoshi. Les remakes Pokemon Ruby et Saphire garantissent un futur jeu vendu à millions. Un tiers se faufile dans le tas avec Devil Third, et Bayonetta 2 se paye le luxe d’être en pack avec le premier.  Mais la plus grosse suprise a été Splatoon, présenté longuement avec une interview. Cette revisite de la “capture de drapeau” met en scène des  personnages armés de flingues à peinture. Par équipe, le but de chaque partie est de repeindre le plus de terrain dans des arènes définies. Et au vu de la durée consacrée au jeu  dans le Direct, puis au Treehouse, Nintendo mise beaucoup dessus. Enfin, Mario Maker surprend tout le monde, étant un éditeur géant de niveaux Mario avec les sprites de plusieurs épisodes de la série. Au final, même si une bonne partie de la conférence était destinée à des jeux déjà annoncés ou des spin off, le public a adoré la prestation de Nintendo, servie par deux autres conférences plus discrètes des concurrents. De plus, le Treehouse qui a suivi s’est étendu sur 2 jours, avec des démonstrations gigantesques de Xenoblade X/Splatoon/Mario Maker/…. En résumé, des annonces et du gameplay, ce qu’on attend d’un E3. Et puis arrive l’année 2015…

alone-in-the-dark-illumination-pc-1409564645-004Il y a quelques temps, nous avons accueilli le retour d’Alone In The Dark avec grand plaisir à la rédaction de LSR. La PAX s’étant déroulée, Atari a pu donner plus d’informations  et montrer du gameplay. Mon dieu, quelle déception !  C’est simple, l’un des pilliers du survival horror est devenu un jeu semblable à Left 4 Dead. Une équipe de 4 joueurs (sans Edward Cranby) s’entraide dans des mini missions de 10-15 min afin de repousser des armées de monstres. A la fin de celles ci, un boss venu de l’univers de H.P Lovecraft  est à combattre, permettant d’aller à l’arène suivante. La seule différence avec le titre de Valve est la vue en troisième personne. Des DLC sont déjà prévus par Atari suivant le succès du jeu, qui accuse pour le moment d’une durée de vie très courte. Un changement de cap complètement illogique qui ne plaira certainement pas à ceux qui espéraient un retour véritable du jeu d’horreur en solitaire qu’était la création de Frédérick Raynal.

 

Une dernière question  : Avez vous vraiment compris le « Alone » de « Alone In The Dark » ?

Bonjour et bienvenue dans la chronique qui vous fait revivre par procuration les moments magiques où le voile du réel se déchire et que l’imaginaire se déchaine. Semaine spéciale Naughty Dog oblige, c’est d’un jeu de cette fantastique boite dont je me devais de vous parler. J’aurais préféré remonter plus loin dans le temps, c’est sûr, mais il se trouve qu’à part « c’était trop cool », je n’avais pas grand chose à raconter sur Crash Bandicoot, et encore moins sur Jak & Daxter, vu que je n’y ai pas joué. Mais ce n’est pas un choix par la négative non plus, puisque pour le coup, j’ai vraiment eu droit à deux moments de magie pure en jouant à Uncharted 3, et comme j’ai la générosité chevillée au corps, je les partage tous les deux!

Et non, chef, je ne traduirai pas le titre par "La Déception de Drake", même pour te faire plaisir!

Et non, chef, je ne traduirai pas le titre par « La Déception de Drake », même pour te faire plaisir!

Comme vous le savez peut-être si vous êtes télépathes, empathes, ou simplement des clones de moi-même, j’ai bavé longuement sur la PS3 en maudissant son prix, m’étant rabattu sur ma chère Xbox360 pour les mauvaises raisons (un choix que je n’ai finalement jamais regretté, ne serait-ce que pour le XBLA). Et force est de constater que, vu mon profil de joueur, les exclusivités Microsoft ne me faisaient pas vraiment rêver, alors que Sony m’avait plus d’une fois fichu la bave aux lèvres. Parmi les jeux qui me faisaient regretter mon faible pouvoir d’achat figuraient surtout God of War 3, Journey, le décrié Heavy Rain, quelques PixelJunk, et donc Uncharted 2. Et comme c’est souvent le cas le jour où vous vous enduisez les fesses de vaseline, une poignée de sable à la main, devant la caisse en disant d’une voix tremblante : « ça y est, je suis prêt… », vous tombez sur LE jour où les jeux que vous cherchez ne sont pas disponibles « mais repassez dans la semaine » « Dans la semaine ?!!! Mais c’est MAINTENANT que je veux jouer à ces putains de jeux, espèce de cafard à prostate infectée!!! Oh, vous avez le 3 à la place ? Et il fait seulement le double du prix du 2 ? Bon, ne bougez pas, je vais chercher une seconde poignée de sable… ». Bref, je suis rentré plutôt content malgré tout, avec sous le bras une énooorme PS3, God of War 3, Heavy Rain, Uncharted 3 et du sable dans mon caleçon.

Beau à mourir, avec un héros 100% sans silicone!

Beau à mourir, avec un héros 100% sans silicone!

Contre toute attente, après avoir tâtonné chacun des titres et réalisé qu’un écran à tube cathodique ne permettait pas de lire les dialogues de la plupart des jeux, c’est sur Uncharted 3 que je suis me suis attardé. Et les dithyrambes chanté en l’honneur de cette série n’étaient en rien usurpés, la beauté de l’ensemble étant tout bonnement bluffante. Les seules geigneries que j’avais pu lire concernaient le manque d’évolution entre le 2 et le 3 mais comme je ne connaissais pas le 2, rien à battre, quoi! J’ai donc pu me plonger dans l’équivalent vidéoludique d’un Indiana Jones, avec un scénario à base de reliques, de conspiration, de mysticisme, d’Illuminati, des références aux grands occultistes et magiciens comme Aleister Crowley ou John Dee, bref, tout ce que j’espérais trouver ici et plus encore, puisque je ne m’attendais pas à me frotter à un jeu qui parle de mes lectures de chevet du moment. Le système de combat utilisant l’environnement de façon dynamique faisait débarquer le joueur en plein dans une scène d’action de film, et la narration était proche de la perfection. Et quel bonheur de pouvoir jouer à un jeu axé autour de ces thématiques sans avoir à supporter la rigidité de Lara Croft (non, LeSerpent, tu n’as pas réussi à me retourner, je suis toujours un anti Tomb Raider activiste qui pose des bombes dans les prothèses mammaires des archéologues)!

Forcément, ça calme quand on voit l'eau bouger pour la première fois...

Forcément, ça calme quand on voit l’eau bouger pour la première fois…

Mais si réussi que puisse l’être le début de l’aventure, rien ne pouvait préparer au choc de la scène du bateau de croisière. Mouvement continu, mer déchirée, effets de fluides, de pluie, de reflet tous plus réussis les uns que les autres, avec en prime des salles au décor tout bonnement hallucinant. La séparation entre cinématiques et phases de jeu devenait de plus en plus floue et l’on se sentait littéralement immergé dans une action digne d’un film d’aventure, à la différence près que l’on dirige le personnage, et pas seulement à travers deux trois QTE par ci par là histoire de vous donner l’impression que vous influez sur quelque chose, non, là, c’était pour de vrai!! Et ce fut donc la première fois que je me retrouvais à oublier de bouger mon personnage, tant ce qui se passait à l’écran était trop titanesque pour laisser penser qu’on se trouvait dans une phase de jeu. Je sais bien, un jeu vidéo n’est pas un film et le fait d’en oublier de jouer peut être considéré comme quelque chose de négatif, le joueur étant ravalé au rang de spectateur semi actif. Je suis le premier (enfin pas le premier, mais un des premiers) à condamner les QTE notamment pour ça, mais comprenez bien que Uncharted 3, si scripté soit-il, ne sombre pas dans cet excès. C’est donc d’autant plus troublant de mourir alors que vous pensiez admirer une des plus belles cinématiques de cette génération de console. Par curiosité, mort pour mort, en recommençant la scène, j’ai essayé de bouger à contre emploi, pour bien vérifier que j’étais au contrôle du perso, et pas dans un QTE déguisé. C’était bien le cas, une vraie phase de gameplay, tout simplement d’une beauté sans précédent.

2275914-uncharted3boatDans le genre réalité qui disparait sous la magie du vidéoludique, ça se pose là, non ? Mais pourtant, j’ai eu droit à une seconde claque plus loin dans le jeu, et pas des moindres. Sans trop spoiler, vous vous retrouvez à un moment dans une cité souterraine, une sorte d’Agartha bien démesurée, ruine magnifique d’une ancienne civilisation. Et là, je tombe sur une pièce qui me rappelle furieusement quelque chose, un sentiment de déjà vécu intense, vertigineux. Soudain, ça me revient : quand j’avais six ans, j’avais rêvé de cette pièce, un rêve troublant saturé d’éléments symboliques jungien, tournant autour de la mort et renaissance, de la thématique du Double et des Dieux Anciens (qui, selon Jung, peuplent l’inconscient collectif sous forme d’entités archétypales). La ressemblance était vraiment troublante, avec la même structure, la même piscine au centre, la même sculpture sur le même bord de la piscine, la même luminosité! Mais là où je suis parti en loukoum, c’est au moment où Drake affronte son double, son reflet dans l’eau de la piscine! Je n’entre pas dans les détails parce que d’une part les rêves sont quelque chose de personnel, qui de plus font généralement chier les pauvres victimes désignées à qui vous décidez de les raconter dans les moindres détails qui ne sont significatifs que pour vous, mais aussi parce que je ne tiens pas trop à vous spoiler la face. Reste que l’analogie était suffisamment troublante pour que j’en arrête ma partie en me posant sérieusement des questions sur ma santé mentale, sur l’authenticité du souvenir (que j’avais fort heureusement noté dans un cahier, de peur de l’oublier, quelques décennies auparavant, le renotant régulièrement, de peur d’en perdre les détails).

Une scène onirique que cette image n'illustre pas du tout puisque je n'ai pas trouvé de photo de la pièce... Mais elle existe, je vous jure!!!

Une scène onirique que cette image n’illustre pas du tout puisque je n’ai pas trouvé de photo de la pièce… Mais elle existe, je vous jure!!!

Voilà, deux moments magiques, dont l’un quasiment au sens littéral, pour le prix d’un, j’ai finalement bien fait de le prendre, ce petit Uncharted 3, non ? Allez, je vous donne rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins.

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