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Nippo Ichi Software, littéralement « softs numéro 1 du Japon » est l’exemple même de la boîte de développement / édition entourée de mystères. Spécialisée dans des projets undergrounds, typiquement japonais et régulièrement hardcores, c’est paradoxalement un studio qui monte et commence à se faire un nom au sein de la féroce industrie du jeu vidéo. Plus que des jeux, un véritable label, que l’on verra très attaché à certaines valeurs tellement à-part de nos jours ; il en transpire une identité folle, un charme inimitable pour des jeux fait avec le coeur plus que le porte-feuille. Se baladant de petites prod’s en petites prod’s, considérées comme succès lorsqu’elles se vendent à 50 000 exemplaires, c’est à cette société quasi artisanale que l’on doit le « tactical à la Disgaea », ainsi que l’édition de perles exotiques en provenance de leurs collègues de chez Atlus, Gust, Vanillaware, Idea Factory et autres développeurs intégristes. Petite analyse de cette « patte NIS » et des grands jeux qui en ont emmergé.

NIS touch 1.0

Un Prinny, en quelque sorte les chocobos de NIS !

La première chose qui frappe en s’aventurant dans un jeu Nippon Ichi Software, c’est tout son aspect rétro, la sensation de toucher à un soft à petit budget des années 90. Vieillot donc ? Eh bien pas tant que ça en fait. Les développeurs, comme affairés à masquer toutes ces ficelles d’un autre temps usent de petites astuces bien à eux pour camoufler ces rouages low costs. Pas les moyens d’utiliser un gros moteur 3D hi-tech ? Hop on reste sur de la 2D. La 2D fait cheapos de nos jours ? Zoup on lui donne un aspect vintage-en-retard-de-deux-générations pour faire vibrer le coeur des vieux briscards du jeu vidéo, qu’importe si ça fait marrer les djeunz, les vrais se reconnaîtront. La flemme de se creuser la tête avec des scénarios intéressants (comprendre mature, surprenants, originaux, tout ça) ? Zlap on va jouer la carte de l’humour. L’humour c’est dur ? Frouitch on mise à fond sur le what the fuck, et tous les clichés si tendres aux RPG habituels, tan pis pour le sérieux. On l’aura compris, plein de petites touches qui, mises bout-à-bout et présentes dans la majorité des production NIS, vont apporter une identité très solide à la marque. Connue pour avoir redonné un coup de fouet au tactical en Europe et aux USA, c’est surtout à un formidable faiseur de T-RPG que l’on a affaire. Du tactical moderne, de l’école du grosbillisme, qu’importe encore une fois le sérieux. Dans la classe du RPG, NIS serait le p’tit cancre du radiateur qui se fout de la colle partout et dessine au lieu d’écouter la maîtresse. Imbattable pour faire rire ses grands camarades Ogre Saga, Fire Emblem et leur clique, mais obligé d’intercepter le facteur lors des la remise des bulletins. D’une certaine façon c’est une forme de talent non ? Bien souvent on se retrouve à l’heure du bilan avec des game systems totalement barrés, boulimiques d’options comme s’il y avait toujours une peur de ne jamais en faire assez, avec un équilibre qui paraît d’abord bancal puis heureusement subtil : véritable ode à tous les grosbills, le plaisir et surtout l’intérêt en plus. Ces jeux sont réellement à-part. Du haut de leur structure en chapitres façon conte et de leurs cutscenes figés style siècle dernier, difficile de lutter dans les mêmes catégories que les grands de la narration. Mais après tout, qu’importe si ces jeux n’ont pas l’éloquence des références corneilliennes du genre, FF Tactics et compagnie : la volonté est ailleurs, le fun tout simplement.

Disgaea, l’essence NIS

Disgaea navigue en plein délire pour notre plus grand plaisir.

Pièce maîtresse dans la gamme des jeux Nippon Ichi Software, c’est aussi le seul jeu du studio qui ait connu un petit succès commercial, devenant ainsi une marque à elle toute seule, et lançant une saga qui semble bien partie pour devenir tentaculaire. Tous les supports sont touchés (PS2, PSP, PS Vita, DS, iOS, Android…), si bien que c’est devenu la saga de loin la plus populaire du studio. Un (tout-de-même relatif) succès mérité tant Disgaea est le best-of de ce que NIS sait faire. L’humour, très efficace, tombe juste et fait souvent rire. Les persos sont plus barrés les uns que les autres et explorent bien le côté sombre de la force (apprentis démons…) ce qui est quand même vachement rare (Dungeon Keeper…). Mais par dessus-tout c’est au niveau du gameplay que se cache le trésor. Très centré sur le système des geo panels : des cases colorées aux propriétés particulières réparties un peu partout sur le terrain. Ainsi le jeu se montre assez subtil niveau tactique, avec une bonne utilisation de la map.

Phantom Brave, l’élu ?

Une pluie de stats, paramètres et options ! Le game system de Phantom Brave ne fait pas dans la dentelle !

Petit frère du grand Disgaea, c’est pour certains le jeu le plus marquant de la boîte. Chose exceptionnelle chez NIS, ici le ton se veut sérieux et mature. C’est l’histoire d’un jeune homme  décédé, à peine réanimé sous forme de fantôme, qui vient protéger une jeune enfant. Loin du délire doux-dingue des Disgaea, on vivra ici un voyage initiatique, avec des scènes assez dures. On aurait aimé qu’elles prennent un peu moins de gants mais malgré ça l’ambiance est là et les musiques (Tenpei Sato, compositeur habitué aux prod’s NIS) sont plus sublimes que jamais. Mais surtout, Phantom Brave est sûrement le tactical le plus riche de la gamme. La possibilité (à double tranchant) de jeter les ennemis, le système d’invocation des persos, les déplacements semi-libres, la création de donjons, le système de titres, des fusions dans tous les sens… Rarement le level-up n’aura été aussi prenant une fois qu’on a compris les astuces. Avec son fort caractère et son game design de génie il est indispensable à tout amateur de tactical !

NIS America a officiellement annoncé que le prochain épisode de la célèbre série Disgaea, Disgaea 5: Alliance of Vengeance, arrivera en Amérique du Nord et en Europe au cours de l’automne 2015 exclusivement sur PlayStation 4 !

Ca a été l’occasion d’en montrer un petit peu plus sur le bousin et plusieurs nouveautés ont été annoncées : les attaques liées (les relations que vous entretenez avec vos équipiers influencent le système de combat et propose des attaques spéciales), les recrutement qui sont repompés d’épisodes précédents, ou encore l’affichage d’un nombre d’ennemis et un nombre de points de dégâts totalement délirant.

Mais l’emmerdant avec Disgaea… C’est qu’on a toujours l’impression de jouer au même jeu ! Même graphismes, même personnages, des évolutions mineures dans le gameplay. On a vraiment l’impression que NIS a trouvé une formule et ne la retouche pas ou quasi pas. Et pourtant les fans sont toujours là et répondent présent ! Alors oui je pousse un léger coup de gueule parce que, même si un jeu est bon, il doit évoluer, changer, innover.

Finissons finalement sur de la « vraie » information : le sixième épisode de la série Disgaea à voir le jour sur console de salon raconte une histoire de vengeance et de rébellion. Alors qu’un nouvel Overlord nommé Void Dark se met en tête d’asservir les Netherworlds, un jeune démon du nom de Killia se dresse pour tenter de l’arrêter.

Alors vous allez le bouder ? Relancez le premier épisode, c’est la même chose !

Shmup, J-RPG, Rhythm-game, jeu de rôle papier, lancer de nains, tant de pratiques ayant écopé à un moment ou un autre de l’étiquette « pratique de niche ». Tantôt signe de fierté élitiste, tantôt péjorative, la notion de niche est assez glissante, changeante tant en terme de définition que d’objet. En effet, genre de prédilection de la majorité gameuse un jour (ô, shoot’em up sacré, pourquoi as-tu cédé ton trône ?), pratique d’une minorité isolé le lendemain, et inversement, les habitants de la niche changent, les géométries varient, bref, ça fluctue… Mais aujourd’hui, les données ont changé, et le concept de niche ne tient plus la route. Pourquoi aujourd’hui, me demandes-tu l’air interdit, cher lecteur ? Excellente question. Enfin, question pas trop mal, disons. Je vais néanmoins me faire un plaisir de te repondre, et par là même faire un point succin sur le cas « niche », un survol rapide de son évolution dans notre univers de prédilection, un retour sur ses racines, bref, on va traiter du cas « niche » à bras le corps!

Démocratisation vidéoludique et dictature du modèle dominant

Est-ce Assassin's Creed 13 ? A moins que ce ne soit Watch Dogs ? Ah non, c'est Thief... Bah fallait deviner, quoi!

Est-ce Assassin’s Creed 13 ? A moins que ce ne soit Watch Dogs ? Ah non, c’est Thief en fait… Bah fallait deviner, quoi !

Plutôt que de donner dans le cliffhanger de bas étage à la façon des mauvais épisodes de Lost ou du mal inspiré Under The Dome, la réponse à la question d’introduction, la voilà, cash, en début d’article. C’est comme ça ici, pas de chichi. Donc pourquoi aujourd’hui ? Mais regarde donc le titre, ami lecteur (non, pas le gros titre, celui de la partie, voyons, fais un effort, quand même), nous vivons aujourd’hui même, ou peut-être plutôt hier, vu que la nouvelle génération ne s’est pas encore vraiment positionné sur la question, nous vivons une ère vidéoludique particulièrement paradoxale, puisque la démocratisation des genres et des pratiques le dispute à une uniformisation un peu flippante de la caste des triple A. En effet, le modèle « gros jeu à l’occidentale » façon Assassin’s Creed et autre Call of s’est imposé comme norme bicéphale, TPS d’un coté, FPS de l’autre, derrière laquelle quasiment tout le vidéoludique de compète, celui avec les gros sous, les équipes de choc avec des programmateurs à la centaine tente de s’aligner… Mais oui, ne fronce pas les sourcils, lecteur respecté, je caricature, je force le trait, tu le comprends bien, et il y a une foultitude de contre exemples et de courants parallèles, même dans le mainstream, il suffit de jeter un oeil à la direction prise par Nintendo par exemple. Néanmoins, admets que ça n’est pas complètement faux, quand même, lorsque l’on écume les listes de grosses ventes de ces dernières années, et d’aspirants au trône, ce n’est pas la fête à la diversité, n’est-ce pas ?

Et pourtant, en regardant un tout petit peu mieux, on se rend vite compte que ce n’est pas si simple que ça. En effet, on assiste ces dernières années à l’émergence de la scène indé, paradoxale en soit (oui, je me permets de citer quasi mot pour mot le titre d’un autre article rédigé par mes soins, et sans une trace de honte) car son indépendance varie inversement proportionnellement à son évolution  économico-médiatique, et l’on se retrouve aujourd’hui avec des productions labélisées « indé » chez Ubi Soft sur lesquelles ont bossé plus d’une trentaine de personnes… Et bon, « indé », chez Ubi, quoi! (ce qui n’entache en rien la qualité du soft en question, hein, puisque Child of Light est une réussite, une vraie!). Bref, l’indé se développe, deviendrait presque à la mode, et multiplie les modèles accessibles au joueur lambda. Mais ce n’est pas le seul genre (bon, on devrait parler de modèle économique plus que de genre, mais force est de constater qu’à la scène indé correspond un conglomérat de codes esthétiques et ludiques qui font office disons de « metagenre ») à bénéficier d’une accessibilité simplifiée par les voies de diffusion contemporaines.

Ah, si Nippon Ichi Software n'était pas là, le monde vidéoludique serait carrément plus triste!

Ah, si Nippon Ichi Software n’était pas là, le monde vidéoludique serait carrément plus triste !

La présence dans le paysage vidéoludique d’un distributeur en dur, donc on ne parle pas de DLC ou de XNA, on parle de boites, d’éditions collector, de localisation, bref, de distribution au sens noble et un peu passéiste du terme, comme Tecmo Koei est une preuve en soi de mon propos. Osant la pratique de niche, flirtant tant avec des Team Ninja que les indispensables Nippon Ichi Software, entre autres Gust Corp. ou Compile Heart, Tecmo Koei participe activement à la diversification du paysage vidéoludique général et ne semble pas en phase de s’arrêter, malgré le caractère souvent pointu des productions qu’ils distribuent.

D’ailleurs, le mot est laché : « pointu« . Car l’autre question que tu aurais pu me poser, ô lecteur débordant de curiosité, porte sur la nature même de la niche. Qu’est ce qu’une pratique de niche au final ? Et la réponse, sans être excessivement complexe, reste assez riche pour justifier un changement de chapitre, voire un saut de page.

TESTDISGAEAjacket

On reproche parfois (souvent) à Nippon Ichi Software, outre de traîner avec des éditeurs pleins de mauvaises intentions (Compile Heart et compagnie), de ne pas réussir à se renouveler, et de passer leur temps à surfer sur un coup de génie, une légende instantanée, Disgaea premier du nom. Si la tournure de la série, désormais à son quatrième opus, abonde dans ce sens, et que les divers remakes de l’épisode originel sorti à l’époque sur PS2 semblent eux aussi légitimer ces critiques, mettons-nous un peu à leur place : comment voulez-vous survivre à votre propre génie démoniaque quand vous avez un jeu de la trempe de Disgaea à votre actif ?!! Impossible de dépasser un tel coup d’envoi, de ne pas tenter de continuer sur sa lancée. Car oui, au cas où certains douteraient encore, Disgaea est une perle, une légende, une folie. Et comme je n’ai pas eu le plaisir d’y jouer à l’époque, je profite de l’obtention groupée des versions (dans l’ordre) DS, PS2 et PSP pour tester cette pépite avec un regard vierge et impartial. Bref, entrons ensemble dans l’univers vertigineux de Disgaea et pleurons ensemble devant tant de génie…

Demon’s Soul

Laharl, le prince démon au réveil difficile!

Laharl, le prince démon au réveil difficile !

Laharl, prince-démon du Netherworld, se réveille dans une pièce remplie d’armes particulièrement menaçantes éparpillées sur le sol. Le bougre a fait une petite sieste, mais celle-ci a un peu traîné en longueur et a duré deux ans! Entre temps, son père est mort et c’est vaguement la course au trône dans le royaume des démons. Etna, sa fidèle vassale (qui a un agenda secret bien à elle) a bien tenté de le réveiller – d’où les armes éparpillées, mais bon, quand le prince Laharl ronfle, il ne fait pas semblant. Vous l’avez deviné, la trame s’axe autour un objectif central simple et efficace : reconquérir le trône, tout bonnement. Dès les premiers dialogues, on esquisse des sourires, on se prend au jeu, l’ambiance est immédiatement posée, tant par les dialogues (dont les doublages japonais disponibles sur la version PSP ne sont pas en reste) que par les ambiances sonores évoquant des souvent les compositions de Dany Elfmann. On est dedans, cash, tout de suite, sans possibilité de retour en arrière.

Leçon de destruction d'ego façon Disgaea : rebaptiser un personnage narcissique "mid boss", avant de lui botter le train!

Leçon de destruction d’ego façon Disgaea : rebaptiser un personnage narcissique « mid boss », avant de lui botter le train !

Puis, après avoir discuté avec quelques vassaux, visité les deux boutiques du château, direction la zone de combat où l’on apprend les rudiments via un petit tutoriel et là, le constat est troublant : c’est étrangement simple à capter, les mécaniques sont claires et en trois étapes, tout est dit. Attention, ici, simplicité ne rime en aucun cas avec manque de richesse, simplement, l’adage ancestral à la racine de tout jeu légendaire est appliqué consciencieusement : Easy to understand, difficult to master, et si les bases sont claires, l’infinité de possibilités qui s’ouvre à vous commence déjà vaguement à transparaître, mais pour le moment, vous vous contentez de faire mumuse, de rire aux dialogues, d’apprivoiser les mécaniques typiques du T-RPG et vous prenez gentiment votre pied – on reviendra plus tard sur les dites-mécaniques. Puis vous sortez de la zone de combat, histoire de soigner vos troupes, de ressusciter vos morts, et vous retournez dans les boutiques. Normalement, si vous avez l’œil du lynx, vous avez remarqué quelque chose qui calme : les articles en vente ne sont plus les mêmes. Pour cause, ils sont générés aléatoirement à chaque passage! Et vlan! Encore un petit vertige devant l’infinité virtuelle de combinaisons possibles. Et ce n’est que le début, en fait. Chaque élément découvert, chaque petit détail qui vous saute aux yeux vous aiguille doucement vers l’inévitable constat final : ce jeu est virtuellement infini. Sur une base scénaristique simpliste, une histoire prenante se construit, devant laquelle il est difficile de rester de marbre, mais il en va de même pour le gameplay, qui se construit à grand renfort d’éléments en acier trempé pour offrir au final une structure d’une richesse et d’une finesse vertigineuse. Chaque étape franchie est une nouvelle raison de rester bouche bée devant le génie pur à l’oeuvre dans ce jeu qui mérite décidément sa réputation. Pourtant, comme dit plus haut, la recette de base est plutôt simple. Tenez, prenez le système de combat par exemple…

Cover NIS americaVous le savez, ici sur Le Serpent Retro on aime les expériences vintage, un peu roots et tous ces pixels qui font plisser les yeux. On compte aussi beaucoup d’amoureux de RPGs, ce genre si noble qui subit si peu l’épreuve du temps. Et enfin on compte une poignée d’amateurs de jeux bien hardcore, tous ces titres qui nous enseignent le dépassement de soi autour de la beauté d’un gameplay. Et finalement, peu de studios arrivent à marier aussi bien tous ces aspects que Nippon Ichi Software et ses RPGs underground. Fiers de leur passion, et très accessible, c’est NIS America, la boîte qui s’occupe d’exporter les jeux NIS hors-Japon, qui a très aimablement accepté de répondre à une petite interview concocté par nos soins. Voici les réponses de Ryan Philips, le PR/Marketing coordinator de la boîte.
Cave Story 3D, un platformer où NIS America met les mains dans le cambouis !

Cave Story 3D, un platformer où NIS America met les mains dans le cambouis !

Bloodevil : Salut Ryan, peux-tu me parler un peu plus de NIS America et de NIS Europe ? Au juste, vous avez votre mot à dire dans le développement des jeux NIS, ou bien vous avez uniquement un rôle d’édition et d’exportation de ces jeux hors du Japon ?

Ryan : Salut, en fait, typiquement, NIS America se concentre surtout sur la localisation et la publication de nos titres du Japon. Cependant, on a eu la chance de bosser avec les développeurs de Cave Story 3D, Nicalis. C’était très fun de travailler côte-à-côte et de voir comment le processus de développement d’un jeu se passait. Mais on a aussi un autre rôle important : on communique les retours des tests et reviews de nos jeux aux développeurs japonais afin de les aider à améliorer leurs titres !
Phantom Brave, une vraie perle du tactical selon NIS ! Et un vrai gros RPG hardcore comme on aime chez Le Serpent Retro.

Phantom Brave, une vraie perle du tactical selon NIS ! Et un vrai gros RPG hardcore comme on aime chez Le Serpent Retro.

Bloodevil : La plupart des jeux que vous développez ou éditez sont assez underground et destinés aux hardcore gamers. Aussi, la plupart d’entre eux sont des RPGs. Qu’en penses-tu ? Avez-vous l’intention de devenir un studio plus mainstream à l’avenir, ou alors vous voulez rester sur cette voie de l’underground ?

Ryan : En fait on sait très bien que beaucoup de nos SRPGs et JRPGs tombent dans la catégorie des jeux de niche ou des jeux hardcore comparés à d’autres jeux plus mainstream. Cependant on cherche carrément de nouvelles opportunités et de nouveaux genres pour s’étendre. En 2011, on a sorti Bleach : Soul Resurreccion qui était plutôt un jeu d’action-aventure. Et là bien sûr Cave Story 3D, un jeu de plateforme! On travaille dur pour une constante amélioration et croissance, et tous les genres de jeux sont définitivement pris en considération quand on regarde pour faire sortir de nouveaux titres.

Si la Playstation Vita ne brille pas encore par ses exclusivités, elle peut se targuer de récupérer quelques adaptations de sa grande sœur la Playstation 3. Rayman Origins, BlazBlue : CSE, Mortal Kombat et maintenant Disgaea 3 Absence of detention, portage du Tactical RPG de Nippon Ichi, sorti sur la console de salon sous le nom d’Absence of justice en février 2009. Adaptation réussie ? Ajouts intéressants ? Est-ce suffisant pour mettre/remettre la main au portefeuille ? C’est ce que nous allons voir…

I want to be a hero…but i don’t understand what are this love and justice they’re talking about?!?

Si le sous titre du jeu change, pas de leurre, on est bien dans la même histoire que dans Absence of justice. Mao étudiant d’honneur de la « Evil academy », et accessoirement fils de l’Overlord, le big boss du sous-monde, rêve de devenir un Héros et pour cela il se documente nuit et jour via manga, animés et autres jeux vidéos pour savoir comment en devenir un. Seul bémol, esprit maléfique oblige, il n’a strictement aucune idée de ce que peuvent être ces « amour » et « justice » que les héros scandent ardemment dans chacun de ses épisodes. Qu’à cela ne tienne, il va en trouver un, et essayer de comprendre le sens de ces mots pour se les approprier et ainsi pouvoir éliminer son père. Mais dans ce monde de vices et de coups bas, tous les élèves de l’académie du mal cherchent à prouver qu’ils sont les plus cruels et les plus mauvais cancres, titre incontesté de Mao. Entre entraide et sales coups, les personnages plus loufoques les uns que les autres défilent pour notre plus grand bonheur et les blagues font mouches, mais…  Oui mais, là où le jeu PS3 était entièrement traduit dans la langue de Molière, on se retrouve avec le même jeu sur PSVita avec les sous titres Shakespeariens. Alors certes en 2012 il serait temps que tout le monde se mettent un peu à la langue internationale, mais pour le coup ça fait un peu rager quand on sait que la version française était là toute prête… On se consolera avec le choix entre les voix anglaises ou nipponnes, évidemment du meilleur effet quand on est un puriste des J-RPG.

Hey dude, are you okay? Do you want more?

 

More? Euh plus? Rassurez vous en effet ce portage apporte quelques nouveautés. Alors certes il ne faut pas regarder au niveau du gameplay. Le système reste le même, un tactical tour par tour en 3D isométrique, les personnages étant des sprites 2D. Si les puristes s’y retrouveront immédiatement, ils noteront deux trois changements au niveau du système d’évolution et de création de personnages. Dans les versions précédentes, les personnages apprenaient des capacités en fonction de leur job (Moine, Archer, Ninja etc) puis les améliorait en gagnant de l’expérience. Ici que nenni, chaque énergumène possède une valise de mana qui sert de monnaie d’échange aux compétences de votre choix. On comprend vite que cela permet d’avoir la main mise sur le système de développement, là où l’ancien système nous laissait subir les choix automatiques du jeu. Ce mana servira également à un autre passage obligé, l’achat de nouvelles recrues, ou plutôt la création de nouvelles recrues. Ce processus, ainsi que de nombreux autres inhérents à la personnalisation de votre équipe ainsi qu’aux relations entre les personnages, ont lieu dans des salles de classe. La « perm » remplace la Dark Assembly des opus précédent (sorte de tribunal) mais le système reste le même, si vous voulez faire passer un thème il va falloir raquer pour soudoyer les jurés. Si vous n’êtes pas assez riche en mana, vous pouvez tenter un passage par la force mais attention les politiques du sous-monde sont loin d’être des enfants de chœur !