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Ce jeu n’existe pas tout simplement! Il est une honte pour les fans ! Voilà c’est dit…. Bon il faut détailler plus? Ok, puisqu’il le faut.  Tandis que la série Double Dragon était en hibernation depuis des années, notamment avec le retour décevant sous la forme de l’épisode Néon, Arc System Works annonce un nouveau quatrième épisode dans le pur style de la NES. De plus, Yoshihisa Kishimoto est rappelé pour superviser le tout, histoire de donner un gage de qualité. Les retrogamers doivent donc se rassurer et espérer retrouver les sensations de la NES. C’est réussi? Comment dire… Parler d’échec serait un énorme euphémisme, et mon expérience va peut-être vous éclairer sur la question.

UNE MISE EN BOUCHE EMPOISONNÉE

Tu es un joueur PC? Ok la config clavier ne marche pas, achète toi une manette.

Pour bien commencer la descente aux enfers, je lance le jeu sur Steam pour me manger un espèce de son moche énorme dans les oreilles. Je me dis bien naturellement que les options me permettront de régler les « options » du jeu et… impossible d’interagir avec le clavier. Ça commence bien et après avoir appliqué cette méthode, je me rends compte que cette équipe d’incapables a joué au loto et placé au pif : une touche sur le H, une sur le Z, une sur espace, le tout pour une folle journée de plaisir. Et le pire, c’est que le menu de configuration ne marche tout simplement PAS, et aucun changement n’est prévu dans les futurs patches, à la place le développeur a posté une image avec les touches, montrant son grand je m’en foutisme. Déjà un jeu qui donne du mal pour juste changer des options, ça craint, et ce n’est pas l’absence du menu son, sauf pour passer en rétro, qui dira le contraire. Mais un Double Dragon se joue avec une manette, donc je ressors une manette 360 pour commencer le jeu. Et là le modèle pris est clair est net : Double Dragon II sur NES. Dans ses thèmes musicaux, ses ennemis repris en grande partie, mais également sa technique et son IA. Le scénario qui n’est pas fortement primordial, raconte une autre aventure des frères Lee devant à nouveau affronter les Black Warriors, aidés cette fois-ci des Renegades. Un scénario simpliste, et sa suite n’est guère plus fameuse, se terminant plus ou moins comme ça. Mais ce n’est qu’un détail et je passe les cinématiques pour entrer dans l’action, pour tabasser du bon punk des années 80. Après tout j’arrive à me refaire avec plaisir les jeux sur NES, pourtant ce jeu va me faire regretter mes propos, oh que oui.

 

LA FÊTE DU SLIP DES TARES

Les Karatékaryens, une innovation made in Double Dragon IV

On va commencer par l’IA d’animal mort du titre de Arc System Works. Et pour le vérifier, je n’ai même pas eu besoin de jouer longtemps, le simple fait de laisser la manette inactive pendant les premiers instants du premier niveau ont pu me montrer que les ennemis… s’arrêtent de bouger à 20 cm de moi. Le reste du temps, c’est le festival des comportements pétés : les ennemis foncent droit devant en frappant en permanence, se tabassent mutuellement et ont une énorme tendance à vouloir se suicider sans raison apparente. Si bien que sur certain niveaux, le combat contre le boss s’est terminé par une magnifique défenestration laissant le jingle de fin de niveau conclure cette tristesse.  Pour les rares occasions où les ennemis sont encore présents et opposent de la résistance, j’ai essayé de varier les différents coups et combos pour que, copié collé de la NES oblige, je me rends compte que le balai du dojo est coincé où je pense. Le personnage est rigide, doit se tourner et être en position neutre, et ensuite lancer son attaque. Un énorme contresens pour un beat them all actuel, et je déprime en ne sortant que le fameux « coup de pied hélicoptère aérien » qui va servir tout le long du jeu. Car oui, le challenge s’est suicidé avec le reste du jeu, avec des niveaux totalement illogiques et creux. Le premier niveau se déroule normalement avec une partie en extérieur plutôt astucieuse en termes de game design, puis les développeurs se sont véritablement finis au saké pour faire la suite du jeu. On traverse entre autres un casino faisant honte à une NES, des égouts avec un gameplay plateforme immonde, mais le plus beau reste un niveau constitué de deux écrans, dont un sans scrolling pour un temps total de… 25 secondes. Je pensais vraiment être rouillé dans ce domaine, mais j’ai terminé avec le même coup spécial le jeu en 30 minutes. Les seuls moments où j’ai pu perdre des vies sont des foutus niveaux verticaux où chaque chute d’un plan supérieur déclenche la mort. Pour faire simple sur NES, un niveaux à échelles donnait un écran à chaque étage et une chute dans un trou enlevait une vie. Ici, en 2017, c’est la même chose, et primo ce n’est pas acceptable d’avoir codé un truc pareil, secundo les sauts immondes ne sont pas adaptés à cette horreur de game design. Bon je me calme, et je vais taper deux trois Karatekaryens. Ce jeu est moche, injouable, trop court mais il propose du contenu à côté ça ne peut pas être nul, non?


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Il y a plus de 20 ans, je reçois de ma mère pour Noël un des plus beaux cadeaux de ma vie de joueur : une NES avec 20 jeux. Cette console reste encore aujourd’hui mon plus beau cadeau  et ma console préférée à ce jour. Et parmi les trois Mario, Bayou Billy ou encore Star Wars se trouve Double Dragon 3. Ne connaissant pas la série, je lance ce jeu de combat de rue contre l’ennemi punk des années 80. Et depuis j’ai su ce qu’était le SM. Pourquoi? Parce que…

TROIS PARTOUT

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les fameux frères Jimmy et Bimmy (?)

La série Double Dragon, pour les gros pacifistes, est une série d’abord sortie en arcade en 1987. Développée par Yoshihisa Kishimoto et Technos, elle raconte l’histoire de Jimmy et Billy Lee dans un monde post apocalyptique. Sous le joug des Black Warrior, une bande tyrannique, ils décident de rétablir la paix suite au kidnapping de leur amie Marian. Cette saga a été adaptée sur tout ce qui faisait office de console, et chose étonnante, les versions NES sont les seules a s’éloigner franchement du support originale (avec la GameGear). Dans le premier épisode adapté, l’aventure ne se pratique qu’en solo mais la liberté donné au personnage est assez originale. On peut se balader en ville, tabasser des personnes, prendre des armes, utiliser le décor. Tout est prétexte à se défouler sur sa manette et le jeu a été hissé dans tous les tops…jusqu’à sa suite. En effet Double Dragon 2, sorti avant le 1 chez nous, est devenu mythique pour un principale chose : le multijoueur en coopération. Cette fois ci Marian est tuée par les Shadow Warrior, et les deux frères iront jusqu’au frontière du paranormal pour la venger. Plus d’armes, plus de coups (en coop également), des musiques inoubliables, une durée et un fun énorme à plusieurs ont contribué à faire du titre un indispensable.  Puis arrive Double Dragon 3 avec ses particularités…

 

 

IL FAUT QUE QUELQU’UN M’AIDE

DD32Concernant le troisième épisode, un an est passé après la victoire sur les Shadow Warrior. Les deux frangins (avec une grosse faute sur Billy) trouvent une diseuse de bonne aventure qui leur annonce qu’une menace venue d’Egypte va s’abattre sur le monde. Les héros vont donc faire le tour du monde à la recherche de pierres sacrées (ou de rosette) pour empêcher la fin de la Terre.  Sur le principe, le joueur traversera toujours des niveaux seul ou accompagné, frappant des hordes d’ennemis.  Mais quelques différence sont là avec tout d’abord un menu de gestion des armes récoltés dans le niveau et des personnages . Et ce n’est pas une erreur de préciser « des » personnages car pour la première fois, des boss combattus pourront être jouables ensuite. Ça donne une variété au gameplay car chaque personnage a son propre style de combat, le joueur pouvant « switcher » entre eux dans le même sous menu. Le soft a également fait un bon techniquement, et musique comme graphismes sont parmi les meilleurs de la NES. La durée de vie est également plutôt honnête pour le genre, et même si ce n’est que 5 niveaux, les tableaux sont assez différents pour ne pas frustrer le joueur. Par contre si vous avez suivi l’introduction, vous êtes sûrement étonnés de ne rien lire sur la difficulté. Pourquoi? car il y a un petit détail à évoquer dans ce tableau pourtant quasi parfait

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Kickstarter est une plate-forme qui divise fortement. Quand certains soulignent l’intérêt d’une indépendance d’éditeur pour que tout à chacun puisse faire son projet, d’autres pensent que c’est un gouffre à monnaie pour idées mal faites. Parmi les plus gros succès de financement, le grand game designer Tim Schafer (Monkey Island, Day Of The Tentacle) décide de revenir aux origines du point & click et proposant son propre projet : Double Fine Adventure . Et après plus de trois millions de dollars récoltés, le jeu sort en deux parties et est renommé Broken Age. Les visuels sont bons, le casting vocal nickel et les promesses sont présentes. Que donne le résultat final?

UN GARS UNE FILLE

BA2Le jeu prend place dans une réalité parallèle à la notre, avec l’histoire de deux personnages que tout semble opposer. D’un côté nous avons Vella, une fille d’une planète lointaine, qui est en passe de vivre une cérémonie macabre. En effet, les plus belles filles du village s’habillent au mieux pour avoir l’honneur d’être « sacrifiées » par Mog Chotra, l’ensemble du village pensant que le monstre leur fait un honneur. Par chance, cette dernière réussit à s’échapper et va découvrir le monde qui l’entoure. De l’autre, Shay vit dans une station spatiale, surprotégé par une mère informatisée. Tout est aseptisé pour ce dernier, au point d’avoir un parc d’attraction dominé par la sécurité. Shay souhaite donc s’enfuir de là, et retrouver par la même occasion son père. En filigrane, on voit se dessiner une future rencontre des personnages dans le dernier acte, mais l’histoire d’apparence simple va renfermer bon nombre de surprises. Pour donner vie aux différents personnages rencontrés, des acteurs de renom ont prêté leur voix : Elijah Wood (Seigneur des Anneaux, The Faculty), Jack Black (albums avec Tenacious D, King Kong,…), Nick Jameson. La musique est confiée à Peter McConnell, qui a participé à toutes les compositions ou presque de jeux de la grande époque Lucas Arts. Pour finir, chaque aspect du développement est discuté en commun avec ceux qui ont participé au financement, avec des bulletins d’avancements très réguliers. La seule chose qui n’est pas négociée, c’est l’éclatement en deux parties. et chacune d’elles a été traitée différemment.

ACTE 1 PROMETTEUR

BA3Comme dans les autres titres de Schafer, le simple chemin va être une aventure magique. Tout d’abord par la patte artistique du titre, qui loin de la 3D ou du « très branché » syndrome 8 bits, opte pour un rendu « aquarelle ».  Cela donne un aspect unique au jeu et montre également des personnages vu rarement ailleurs. Par exemple, dans la station sur protégée de Shay, on trouvera tout un personnel particulier qui surveillera le héros au moindre pas. On notera par exemple la présence d’une araignée barbue tisseuse de chemins inter-spatiaux, de personnages pelote de laine bipolaires ou encore un loup mentor. Chez Vella, les différents peuples ont chacun leur aspect et leur histoire passée. En parlant d’histoires, ce qui caractérise les travaux de Double Fine est l’accent mis sur le charisme des personnages. Que ce soit par le travail sur les caractéristiques du moindre PNJ ou sur l’humour omniprésent à chaque dialogue, comme dans un Monkey Island ou un Day Of The Tentacle. D’ailleurs la version Française est de très bonne qualité, avec des jeux de mots non traduits littéralement, et des références purement Françaises. On a donc envie de fouiller chaque recoin de chaque zone pour tout savoir. On ne dit pas précisément ce qui attend le joueur, car ce serait détruire grandement l’effet de surprise, mais également car on touche au défaut du jeu: il est bien trop facile. Pour une durée de vie de seulement 4 heures (en rampant), on traverse les univers des deux héros comme un moulin. Pour un peu de discussion et 3 objets, tout est réalisable. Mais le tout est rattrapé par une histoire prenante, se terminant sur un acte final qui laisse autant sur sa faim qu’un Shenmue 2. On a donc envie que d’une chose…découvrir la suite. Mais l’attente sera longue…