Articles

TombRaider1_uette_001

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Vous voici conviés à un des procès les plus importants de l’histoire des jeux vidéo. Un procès houleux, souvent déstabilisant et marqué par la mauvaise foi. Oui, vous êtes bien au procès de Lara Croft. La pilleuse de Tomb a reçu beaucoup de plaintes au cours de sa vie, et notamment durant l’année 1996, année de sa première apparition sur la scène publique. Désavouée, lapidée, détestée, il est temps, mesdames et messieurs, de juger à sa juste valeur cette pilleuse de tombe. Cette Tomb Raider. Et vous l’aurez compris, je suis ici pour défendre Tomb Raider contre les déclarations abominables qui lui sont proférées. On reproche à mon client d’être injouable, moche et dépassé. Ces déclarations, sont infondées, et je vais vous le prouver!

Parole à la défense : contre le lynchage médiatique!

istern

Regardez cette pièce à conviction… La plateforme est un pilier du jeu !

Monsieur le juge, mesdames et messieurs les jurés, vous lecteurs du Serpent Retrogamer, Tomb Raider est lent. Lara Croft est lente et rigide. Première héroine de l’ère 3D, Lara Croft, comme toute femme moderne, ne se laisse pas dompter facilement. Il faut l’appréhender, la consoler, l’écouter. Mais est-il pour autant injouable ? Est-elle véritablement incontrôlable et imprévisible ? A ces questions je réponds non ! Et répète cette négation autant de fois que nécessaire monsieur le juge ! Le gameplay et la maniabilité de Tomb Raider sont tellement soignés que le joueur, une fois les commandes comprises et le langage de Lara assimilé, peut faire ce qu’il veut. Je vous vois monsieur le procureur. Votre air moqueur n’amènera rien à ce procès ! Car lorsque je parle de faire ce que l’on veut avec Lara, je parle bien des mouvements proposés par ses créateurs, et non pas un déshabillement abject, ou des manipulations sexuelles indignes d’un joueur. Cessez donc de ricaner ! Je reprends… Les commandes sont simples et Lara répond au doigt et à l’œil. Les pourfendeurs de la jeune archéologue ne sont simplement pas patients ! Comment louper un saut si vous avez bien appliqué la manipulation adéquate ? Impossible ! Celle-ci fonctionne à tous les coups. Bien sûr, je ne suis pas non plus un avocat fermé d’esprit. Je peux comprendre ceux qui pestent contre le fait que Lara avance lentement, qu’elle tourne sur elle-même avec la souplesse d’un poids-lourd – qu’elle n’est pas, d’ailleurs. Mais je leur réponds deux choses. D’abord, cela fait parti des règles régissant ce gameplay lent, mais parfaitement quadrillé ; Et cet argument ne suffit pas à fustiger un jeu dans son ensemble. La première heure de découverte peut être déstabilisante, je le reconnais volontiers. Mais après des heures et des heures de jeux, la lenteur disparaît de l’impression ressentie, car celle-ci permet d’en prendre plein la vue.

deus_ex

L’appréciation d’un jeu vidéo est un aspect en partie subjectif puisqu’un jeu, même bon, peut ne pas faire l’unanimité. Mais quand un jeu apporte des nouveautés exceptionnelles avec un univers, une histoire et des personnages qui tiennent la route, ça devient tout simplement une référence. Si Deus Ex n’est techniquement pas le pionnier du genre (son développeur Warren Spector, avouera s’être inspiré de System Shock pour construire les bases du jeu) il a réussi à s’imposer comme LE jeu qui a su magnifier ce nouveau genre qu’est le FPS – RPG, son univers cyberpunk, très en vogue dans les années 90, y étant sûrement pour beaucoup. Pour résumer ce qu’évoque Deus Ex pour beaucoup de joueur, cette petite image !

La peste quelle plaie…

On se demande où Matrix a puisé ses costumes...

On se demande où Matrix a puisé ses costumes…

L’histoire de Deus Ex prend place en 2052 alors que le monde est ravagé par un nouveau type de peste, grise, tout aussi destructrice que la version noire du passé. Pourtant la différence avec celle de l’époque est que là, les hommes ont la technologie pour développer un vaccin, l’ambroisie. Mais, parce qu’évidemment il y a un mais, il ne peut être synthétisé qu’en très faible quantité et est donc extrêmement cher. Les seuls bénéficiaires de l’option « ne pas mourir » sont donc les puissants de ce monde. Injustice qui provoque bien entendu la réaction de groupuscules, considérés comme terroristes, qui ont pour but de voler et distribuer ce vaccin au peuple. L’un de ces groupes, qui sévit aux États-Unis, se fait appeler la NSF (pour National Secessionist Force), et comme qui dit terroriste dit anti-terroriste, en réponse l’ONU lance l’UNATCO (United Nations Anti-Terrorist Coalition) dont vous faites partie. Vous, JC Denton, êtes un agent disposant de « nanotechnologies » vous permettant d’utiliser des capacités surhumaines dont nous parlerons plus tard puisqu’elles sont un des points principaux du gameplay de Deus Ex. L’ambiance générale du soft prend place dans un monde cyberpunk très dark qui renvoie immédiatement aux très bons Blade Runner, New York 97 ou encore Total Recall (le vieux avec Schwarzy, pas le remix moisi). Et comme ces films, le jeu soulève tout au long de la trame de nombreux points d’éthique sur un fond de complot universel et avec des robots (parce que les robots c’est cool !). Ajoutez à cela une narration d’une grande qualité s’étendant sur plus d’une vingtaine d’heures, avec des personnages tous plus poussés les uns que les autres. Les missions qui vous sont proposées vous propulsent dans des zones particulières qui, malgré le fait qu’elles puissent être grandes, ne peuvent pas être considérées comme des zones « ouvertes » (à l’image des prairies de Morrowind par exemple). Mais si la liberté de déplacement n’est pas entière, c’est dans vos actions, vos choix, votre évolution et votre style de jeu que Deus Ex va mettre vos neurones à l’épreuve.

FPS ? RPG ? Infiltration ? Tout en même temps ?

Va falloir gérer ses poches mais tout ne rentrera pas

Va falloir gérer ses poches mais tout ne rentrera pas.

Si aujourd’hui on commence à être habitué aux jeux multigenre limite un peu fourre-tout, à l’époque un jeu qui mixait un gameplay de FPS avec des mécaniques de RPG c’était plus que novateur. En effet, au premier abord, Deus Ex nous apparait comme un FPS, vue à la première personne, armes à feu et gunfights. Pourtant, dès la création de votre personnage, c’est plutôt le genre RPG qui vous apparaît puisqu’à l’instar d’un Elder Scroll, vous allez devoir choisir parmi un large choix de compétences celles dans lesquelles vous souhaitez vous spécialiser. Vous aurez par exemple la possibilité d’améliorer vos compétences en armes à feu, votre capacité de hackeur, vos dons de voleurs et bien d’autres. Ces compétences ont un impact direct sur le gameplay du jeu, vos capacités en début de partie seront si faibles que vous aurez par exemple l’impression, lorsque vous tenterez d’utiliser le sniper, que votre personnage a Parkinson. Une fois les bonnes capacités allouées, vous prendrez de plus en plus de plaisir à utiliser les pouvoirs du héros qui deviendra un vrai couteau suisse. Les armes à votre disposition regroupent les grands classiques, du simple pistolet au sniper en passant par le fusil à pompe, et chacune bénéficiant de ses points forts et de ses faiblesses, puissance, portée, vitesse de rechargement etc. Mais Deus Ex propose autre chose que ces armes et ces pouvoirs nanogogogadget. En effet il propose aussi au joueur d’utiliser une approche plus furtive, basée sur l’infiltration et la discrétion. Pour cela le jeu met à la disposition du joueur un mix des éléments précédents. En armes, une arbalète ou un objet contondant serviront à éliminer les ennemis en toute discrétion, tandis que le hacking ou le crochetage permettra de retourner les systèmes de sécurité contre leur propriétaire ou de prendre des chemins alternatifs, le pouvoir de l’invisibilité étant aussi particulièrement appréciable dans ce genre de configuration. Ainsi certains se lanceront le défi de terminer le jeu sans tuer personne, particulièrement ardu, puisque certains choix dans le jeu influent sur vos actions futures, comme par exemple être obliger de tuer quelqu’un.

Vous connaissez tous Fabien Barthez que l’on surnomme chez nous le divin chauve, il existe un autre chauve tout aussi divin, il n’a pas d’identité ni nom ni prénom ni origine. on le nomme Agent 47. L’anti-héros par excellence 47 n’est pas James Bond, lui tue sans remord, ne bois pas de cocktails et les filles ne sont pas sa priorité. Ce qui compte pour lui c’est exécuter son contrat par tous les moyens ; sa cible n’a aucune chance. 47 marqué d’un code barre sur la nuque vous fera connaître les arcanes de l’assassinat, prenez garde si vous lisez ce test ceci risquerait d’être le dernier que vous lirez car cette semaine 47 rôde dans les parages…..

Boule à zéro légendaire

Tout le concept d’ Hitman réside dans le fait de tuer de manière furtive même si ce n’est pas votre cible prioritaire.

Emblématique figure du jeu vidéo on reconnait facilement le faciès de 47, atypique, le regard froid, l’attitude implacable, 47 ferait même peur à Ezio. Apparu en 2000 sur PC, le jeu Hitman nous plongeait dans un univers inédit encore, celui de l’assassinat. L’infiltration battait son plein déjà depuis MG puis vint l’excellent Deus Ex, Thief, Tenchu. Des représentants de l’infiltration mais vous incarniez toujours un héros qui doit sauver le monde contre les méchants terroristes. Io Interactive changea la donne avec un anti-héros sans nom avec une identité des plus mystérieuses et son métier particulier de tueur à gage, une mini révolution en soi puisqu’incarner un méchant est assez rare à cette époque, surtout dans le domaine de l’infiltration. Habillé de noir, 47 va devoir tuer ses cibles dans la discrétion la plus totale, pas de la place pour le bourrinage sous peine de mort car vous n’êtes pas une armurerie sur pattes et les ennemis sont toujours en surnombre. Le concept trouva succès auprès du public malgré les critiques qui lui ont été faites à sa sortie, cela n’a point empêché l’équipe de Io de continuer à rendre encore plus charismatique et froid 47. Silent Assassin sortit 2 ans plus tard en améliorant le côté infiltration du jeu. 2 ans plus tard arrive Contracts, suivi encore 2 ans plus tard de Blood Money. Aujourd’hui nous parleront de Contracts un des épisodes les plus célèbres de la saga. Nous allons montrer que 47 n’a rien perdu de sa superbe et qu’il est au top de sa forme. Amélioré graphiquement, rien n’a changé en comparaison du 2, le gameplay reste inchangé et aucune amélioration notable n’est à noter.

Après un premier épisode très prometteur, bien que sans sauvegarde, ni mot de passe (et oui c’était encore possible en 2000 !), les danois d’Io Interactive nous renvoient une belle claque dans le gueule. Une vraie de vraie cette fois. Comme en 2000, Code 47 va nous faire vivre la vie tumultueuse d’un tueur à gages. Préparez-vous, avec ce second coup d’essai, ça va vraiment saigner !

Quoi de neuf sous les tropiques de Sicile ?

Hitman 2: Silent Assassin prend place deux ans après les évènements du premier Hitman. Après la mort de son créateur, code 47 décide de se retirer du monde des tueurs à gages. Je vous rassure, cela ne va pas durer longtemps. Le tueur chauve a donc troqué ses AMT .45 (ses flingues, quoi!) pour une bêche et un seau. Il s’est retiré à Gontranno, petite chapelle sicilienne dont il entretient désormais le jardin, comme un bon et loyal employé de mairie. Devenu croyant, il s’est promis de faire un trait sur le passé pour commencer une nouvelle vie, épaulé par le Père Vittorio, le prêtre du sanctuaire, son premier ami et confident. Mais comme on le sait tous, notre passé finit toujours par nous rattraper… Un jour, un certain Sergeï Zavoratko, terroriste international et frère d’Arkadij Jegorov (le Boris du premier opus), s’intéresse à une partie des activités de son défunt cadet et découvre l’existence de 47. Séduit par son style, le criminel décide d’utiliser le tueur pour servir ses propres intérêts. C’est le propre de l’utilisation d’un tueur-à-gages tout de même ! Un tueur qui sait faire bien plus que ça d’ailleurs. Écartons tout de suite l’aspect graphique. Oui c’est joli, oui c’est beau, mais ce n’est pas ce qui fait la « beauté du jeu ». Aussi, un grand soin a été apporté aux musiques. Composée par Jesper Kyd (Minority Report, Assassin’s creed, Kan & Lynch), la bande-son fut interprétée par pas moins de 110 musiciens du Budapest Symphony Orchestra and Choir. Un CD de 65 minutes proposant tout ça a été mis en vente. Faites vous plaisir !

Le début de la liberté

Hitman 2 : Silent Assassin reprend les bases de son prédécesseur, tout en les améliorant efficacement. C’est banal à dire, mais cela prend tout son sens ici. Ainsi, la partie action pure du premier épisode est rabaissée au profit de l’infiltration réaliste, pour la plus grande joie des fans. En effet, un système de classement fait son apparition pour que le joueur préfère la discrétion à la manière forte. De fait, le gameplay est secondé par un véritable aspect scoring. Ce classement prend en compte le nombre de coups tirés, de victimes, et du nombre d’alertes déclenchées, etc… Et tout cela, dans un niveau donné. Plus ces chiffres seront faibles, meilleur sera le score, et plus grand tueur à gages vous pourrez vous proclamer. Si seule la cible principale est abattue, et ce dans le plus grand secret, le joueur peut atteindre le rang de « Silent Assassin », débloquant certaines armes cachées, mais surtout procurant une très grande satisfaction au joueur. La grande idée de Hitman est de laisser au joueur le choix de son approche pour les missions. Mais attention, il ne s’agit pas de choix secondaires, qui amènent inéluctablement au même point, non. Lorsque l’on parle de choix dans Hitman, on ne veut pas non plus dire « prend à gauche pour bourriner et prend à droite pour t’infiltrer ». Non, ici on a droit à tout un tas de nuances et de possibilités. De fait, alors que de manière générale le level-design s’articule autour d’un gameplay pensé en amont, c’est ici tout le contraire : le game-design s’articule autour d’un level-design ouvert et riche. Chaque contrat propose différents points d’entrée avec chacun ses avantages, ses inconvénients, et ses possibilités. Tout cela rend le cheminement dans les niveaux est totalement libre. Un monde ouvert dans des niveaux fermés, ce qui fait de la série Hitman, qui prend son envol avec ce second opus, une saga à part.

 

Nous attaquons aujourd’hui avec du très lourd. Hitman. Le premier volet de cette série sortie uniquement sur PC. Un jeu de légende, un vrai. Un jeu qui lança un nouveau courant dans le monde du jeu vidéo, une nouvelle façon de jouer. N’ayant pas vraiment de concurrent sur le marché du jeu vidéo type infiltration à part peut-être Project I.G.I., Deus ex ou Metal Gear solid mais il serait difficile de les considérer comme adversaires par leurs game systems trop éloignés ainsi que les objectifs à atteindre trop différents.

Un seul et unique but : tuer la cible

Parlez lui : il vous donnera une clé. Attaquez le : il sortira le fusil a canon scié !

Pour son tout premier jeu, IO interactive nous propose de rentrer dans la peau d’un assassin, d’un tueur froid et méthodique, d’une machine à tuer mais de façon posée et réfléchie, un artiste de la mort. Ils n’y sont pas allés de main morte : en plus de nous proposer un scénario fort intéressant, entrecoupé de tueries sanguinolentes ou d’empoisonnements subtils (c’est selon, tout dépend de votre façon de jouer), ils arrivent à nous pondre un polar vidéoludique qui se tient. Aidé d’un système de jeu totalement innovant, d’une interface et des graphismes pour l’époque tout à fait hallucinatoire, ils ont littéralement explosés mes attentes de joueur amateur et de passionné de jeux vidéo.

Tuer dans un cadre chatoyant. Ou presque

Les décors sont vairés selon les missions.

Techniquement, une baffe. C’est beau. Ou plutôt, c’était. Et oui, le jeu étant sorti en l’an 2000, il a tout de même vieilli. Mais il garde de beaux restes, surtout que les gens d’IOI ont bien bossé en faisant en sorte que les résolutions de votre carte graphique utilisée soient reprises et que donc, ça poutre même en haute résolution. Autre point à saluer dans le panneau des options : les commandes. Nombreuses et variées, jamais inutile, vous pourrez paramétrer votre clavier comme bon vous semble jusqu’à la sensibilité de la souris, ce qui ne sera pas du luxe, surtout et spécialement pour ce jeu. Dernier point qui a son importance : le jeu est super stable et a été particulièrement bien programmé : vous pouvez le faire tourner sur Windows 7 nativement, comme ça, hop, sans aucun problème d’aucune sorte. Et ça, c’est vraiment bon. (Et en plus, vous pouvez jouer sans CD après l’installation ! pas testé sous windows 8).