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L’humanité telle que nous la connaissons n’existe plus. Elle n’a rien dit quand les glaciers ont fondu, n’a pas agi quand la maladie s’est répandue et n’a pas survécu quand les bombes sont tombées. Parmi les rares survivants, des êtres… différents. Des mutants. Ça sonne familier ? Pas étonnant.

Ca-nanard

On peut dire sans prendre de risque que Mutant Year Zero (MYZ) enfonce des portes ouvertes question scénario. Cependant, sans être mutant, on peut survivre à cet affront. Comme disait Doggy, le post-apo a été tellement exploité, qu’il est devenu une zone de confort pour de nombreux joueurs. Quoi de plus normal alors de retrouver un certain nombre de titres se basant sur l’idée d’une humanité puérile qui ne réfléchit pas aux conséquences de ses actes, jusqu’à en payer le prix ultime, une apocalypse de toute façon annoncée depuis des siècles. Non, on n’installe pas forcément un jeu post-apo sur son support favori par désir d’originalité de scénario. En revanche, on peut le faire par envie de retrouver une certaine ambiance, un certain contexte. Contrat pleinement rempli pour MYZ qui réussit à nous plonger instantanément dans la noirceur et le désespoir intrinsèques au genre.

Mutant Year Zero - Dux & BorminOn incarne au départ Dux et Bormin, respectivement canard et porc anthropomorphes, deux stalkers à la recherche de ferraille dans la Zone, qu’ils rapportent à l’Arche, dernier bastion d’ersatz de civilisation du coin, situé, semble-t-il, en Scandinavie. Un boulot typique. On croise l’épave d’un avion, rebaptisé par nos héros oiseau de métal. La réinterprétation d’objets courants est d’ailleurs un plaisir à découvrir : trouver un ghetto-blaster (ou boombox) au début de l’aventure donne droit un échange entre les protagonistes où Dux dit à Bormin de se méfier de ce machin, s’il y a boom dans le nom, c’est que ça peut finir par exploser à un moment. En ramenant son nouveau butin, on apprend que l’Aîné veut nous voir. Il nous mandate pour aller retrouver Hammon, le Géo Trouvetou de l’Arche, qui est parti sur une lubie, persuadé d’avoir trouvé le chemin pour Eden, un lieu où la civilisation serait soit-disant rétablie. À nos deux amis donc de faire la lumière sur cette histoire, et surtout de ramener Hammon parce que sinon, l’Arche prendra l’eau.

mutant year zero - bar

Le bar de l’Arche

Lard et la manière

Côté gameplay, on est sur du tactique au tour par tour classique, efficace. Le positionnement doit être maîtrisé sinon c’est la défaite assurée. Les ennemis, des goules qui rôdent autour de l’Arche, sont les prédateurs favoris. Pas très malins mais pas complètement zombifiés non plus, ils peuvent communiquer entre eux et fonctionnent plutôt bien en groupe. MYZ est du genre à ne pas pardonner les erreurs, ni le péché d’orgueil : si vous êtes un peu trop sûrs de vous en voulant affronter du niveau 10 alors que vous êtes niveau 5, bon chance. De même, si vous planifiez une embuscade, vérifiez qu’il n’y a pas du renfort ennemi sur le reste de la carte, car il sera sollicité, à n’en point douter.

mutant year zero - combat

Des goules, mais pas que…

Entre deux attaques, on peut explorer les différentes zones de la Zone, où on peut donc ramasser de la ferraille ou des reliques du passé, qui serviront de monnaie d’échange dans le Hub (l’Arche), contre des améliorations de capacités ou d’équipement.

Pour résumer, on suit les traces d’Hammon, on explore, on ramasse des trucs, on ramène les trucs à l’Arche, on tatane, on rigole des dialogues et on recommence. Et ce, pour une bonne vingtaine d’heures.

À retenir

Peut-être un peu court sur la durée, Mutant Year Zero est pétri de bonnes qualités, avec notamment une direction artistique excellente, et le déroulé de son intrigue laisse éventuellement entrevoir un DLC. En se basant sur un jeu de rôle suédois, The Bearded Ladies est loin d’avoir fait un travail de cochon, et même si le tout ne casse pas trois pattes à un canard, si vous aimez le genre, vous passerez environ vingt-cinq heures en bonne compagnie.

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, PS4, Xbox One

Genre : Tactique au tour par tour

Développeur : The Bearded Ladies

Éditeur : Funcom

Date de sortie : 04 décembre 2018

Dans cet épisode, on se réveille seul(e) dans sa chambre de l’abri 76, visiblement un lendemain de veille. Avec en fond sonore un holodisque du superviseur diffusé dans tout l’abri, qui explique que c’est la dernière fois qu’on se réveille en ces lieux, car il est l’heure de sortir. À peine vingt-cinq ans après la Grande Guerre, il est temps d’aller voir à quoi ressemble l’Amérique et surtout, faire notre possible pour lui rendre sa grandeur. Du matos nous est gracieusement offert (merci aux potos partis avant d’en avoir laissé ; perso, j’aurais tout pris), des Mister Handy balisent le chemin vers l’extérieur en nous rappelant qu’on est déjà en retard et on sort. À nous les terres désolées de… la Virginie.

Fallout 76 - Power Armor

Premier point, ces terres ne sont pas si désolées (ou pourrait même jouer avec des code promo fdj en ligne). La végétation est plutôt foisonnante. C’est un peu déstabilisant, surtout que l’Ėtat est voisin de Washington DC et que la capitale et ses alentours sont encore franchement décimés près de deux cents ans plus tard (cf Fallout 3).

Fallout 76 - Bois

Deuxième point, on se sent seul ! Dans la quête principale, on passe son temps à suivre les traces du superviseur, qui avait pour mission de sécuriser un lieu stratégique nucléaire, pour éviter qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. Pour le reste, on ne rencontre personne, aucun être humain. On apprend qu’une communauté, les Samaritains, vivaient dans la région jusqu’à peu, mais il ne reste que des cadavres ou des robots. On apprend aussi que la Confrérie de l’Acier était (déjà ?) présente mais à dû quitter les lieux pour affaire urgente.

Fallout 76 - image

Mort pour la mémoire

Ces informations, on les découvre sur des notes, sagement déposées à côté de cadavres, ou stockées dans des ordinateurs fonctionnels. Heureusement que tous ces gens ont eu la présence d’esprit de tenir un petit journal, ou de s’écrire des notes entre amis, pour qu’on puisse découvrir ce qu’ils faisaient quand ils n’étaient pas morts.

Jeu sans enjeu

Troisième point, quel est le but ? On était censé rendre sa gloire à l’Amérique, déjà on ne mentionne même pas une seconde le J.E.K. (qui a pour rôle, je rappelle, de rendre les terres irradiées à nouveau fertiles), puis la quête principale n’est pas la reconstruction, mais bien de retrouver le superviseur. On n’a absolument rien pour rebâtir quoi que soit, à part son campement de poche ; on peut construire un village avec son C.A.M.P., d’accord, mais ce n’est pas un objectif recensé dans le Pip-Boy. Et puis, s’il n’y a personne dans la région, à part les habitants de l’abri éparpillés, à quoi bon reconstruire ?

Dans le chapitre intendance/construction, il y a les ateliers. C’est sympa mais je n’ai pas totalement saisi la portée, mis à part pour récolter des ressources afin de construire son campement. Il faut réclamer les ateliers à chaque connexion, on les perd à chaque déconnexion, ou si quelqu’un d’autre nous les prend. Les autres, parlons-en. Il s’agit des autres joueurs, qui sont censés être des habitants de l’abri 76 aussi, des collègues en somme. Unis par le même objectif, non ? Certes, on peut faire équipe mais on peut aussi s’entretuer, prendre l’atelier de l’autre, agir comme de vrais ennemis en somme, alors que nous étions frères quelques jours avant. Tout ceci manque trop de cohérence, et ma patience a définitivement lâché prise quand je me suis retrouvée face à des super mutants, qui sont censés, me semble-t-il, être soit en train d’émerger en Californie, soit planqués dans l’abri 87 du côté de Washington…

 Fallout 76 - Bombe

À retenir

Rien ne m’a donné envie de prolonger l’expérience de ce jeu plus de six heures. Déjà déçue par Fallout 4, je reste malgré tout fan devant l’éternel de cette série post-apo dieselpunk et j’attends toujours fébrilement l’arrivée d’un nouvel opus, espérant qu’il soit bon. En gros, je suis naïve. Ça fait donc deux fois que j’ai le sentiment de m’être fait flouer. Je suis peut-être une vieille bique qui n’aime pas le changement, mais pour moi, la force de cette série réside dans sa narration, l’intrigue se dévoilant au travers d’holodisques mais aussi et surtout de PNJ qui, au travers de leurs histoires et requêtes, nous aident à poursuivre notre chemin. Les goules, les pillards, la Confrérie de l’Acier, l’Enclave, les super mutants… forment un tout, que j’apprécie à la fois retrouver et découvrir. Ici, on joue finalement à Falloutcraft. Mais j’ai le sentiment que c’est un Falloutcraft qui ne s’assume pas, en nous filant malgré tout un pseudo but, quelqu’un à aller sauver, plutôt que se contenter de nous proposer uniquement de la reconstruction et de la gestion de base, un peu comme un Fallout Shelter en surface. En définitive, tout ce que ce jeu m’aura donné envie de faire, c’est de rejouer à un autre Fallout (sauf le 4).

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

Genre : Pas assumé

Développeur : Bethesda Game Studios

Éditeur : Bethesda Softworks

Date de sortie : 14 Novembre 2018

towerfall

Sorti en 2014, TowerFall Ascension (et son extension, Dark World, sortie en 2015) est un petit jeu tout en pixel et qui ne paie pas de mine, mais qui se révèle hyper efficace sur un groupe de (maximum) quatre copains lors d’une soirée pizza-gaming. Barres de rire garanties.

Quand Katniss Everdeen rencontre Super Smash Bros.

Attention, le jeu est très nerveux, limite hyperactif. Au début, on ne comprend absolument rien, pour peu qu’on joue avec des copains qui ont déjà tenté l’expérience, on se fait laminer sans savoir comment ni pourquoi. Mais je te rassure, c’est quand même drôle. Surtout que le rythme est très soutenu, les parties courtes, donc on revient en jeu assez rapidement, pas le temps d’être frustré. Petit à petit, on commence à déchiffrer le tableau, si on tombe on revient en haut, si on s’égare vers le bord droit on réapparaît au bord gauche. Puis, on intègre le principe du carquois de flèches qu’il faut surveiller car on démarre avec 3 pauvres flèches, la technique du « mariotage » qui nous sauve quand justement, on n’a plus de flèches, l’esquive qui permet aussi de remplir son carquois… Tout ceci vient, au fur et à mesure des parties, au fur et à mesure des morts répétées, au fur et à mesure des gueulantes, inévitables.

towerfall

Triple morts, mariotés dans la fleur de l’âge (et un brûlé)

De temps en temps, des coffres apparaissent pour ravitailler en flèches ou offrir un bouclier, des ailes, bref, du bonus. Petite note amusante, à la fin de chaque combat, on a droit à un replay des derniers instants, afin de comprendre ce qui s’est passé si c’est allé trop vite, ou de perfectionner sa technique, quand on commence à être rodé, ou simplement de se marrer.

Pour étoffer les parties et ne pas bouder notre plaisir, on a aussi droit à tout un tas de flèches différentes ainsi qu’une kyrielle de bonus/malus : des flèches explosives, laser, drill, qui font pousser des ronces à l’impact (mortelles au toucher, évidemment), un mini carquois n’accueillant qu’une seule flèche, l’impossibilité d’esquiver, le sol qui glisse, le niveau qui tourne sur lui-même, devenir invisible, avoir une grosse tête, etc. Le plus fun étant de sélectionner ces options à l’aide du bouton random, de lancer une partie et découvrir une fois sur place ce qu’on va récolter, dans la joie et la bonne humeur…

TowerFall

Death from above

En équipe, c’est bien aussi

Il y a aussi un mode coopération, où on ne comprend pas forcément plus ce qui s’y passe au début, et surtout où il faut faire attention à ne pas reproduire les habitudes rapidement prises dans le mode précédent, car le jeu pratique le friendly fire. Cette fois, des vagues d’ennemis apparaissent via des portails dimensionnels et il faut tous les détruire pour faire apparaître notre portail et nous téléporter vers le niveau suivant, jusqu’au boss. Là encore, les insultes pleuvent, mais elles sont en coopération, dirigées vers les mobs.

Le mode versus se pratique de 2 à 4 joueurs et le mode coop de 1 à 4. Mais, à l’instar d’un Mario Party, c’est nettement moins drôle de jouer seul.

Tous archers, le choix des personnages est purement esthétique et attribue une couleur dominante à l’avatar qui permet de se repérer à l’écran. Dit comme ça, ça a l’air stupide mais je ne plaisante qu’au tiers quand je dis que le jeu est hyperactif, et des fois, on ne sait plus où on est, sans même avoir activé le mode invisible…

TowerFall

Un boss du mode coop

À retenir

Facile à prendre en main, redoutable à maîtriser, TowerFall Ascension fait partie de ces jeux qui se jouent exclusivement avec des copains, et idéalement de bons copains, limite de ceux qu’on peut appeler amis. Parce qu’il n’y a rien à faire, tu finiras par les insulter. Alors il vaut que vous vous aimiez très fort pour traverser cette bataille. Et puis, entre deux insultes, on se marre beaucoup. Alors, ça ne peut que valoir le coup !

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, Xbox One, PS4, Switch

Genre : Archery Brawler

Développeur : Matt Makes Games Inc

Éditeur : Matt Makes Games Inc

Date de sortie : 11 mars 2014

subsurface circular

Les jeux d’aventures textuels ne sont pas spécialement les plus attirants. Forcément, quand en face, on nous vend du rêve à coup de coucher de soleil à couper le souffle, de vent dans les cheveux ou de traces dans la neige qui restent longtemps après son passage, proposer un jeu se déroulant dans un seul lieu, dont le seul but est de suivre le déroulement de conversations entre robots, ça parait risqué (ou couillu). Mais c’est bien ce que nous propose Bithell Games, avec Subsurface Circular, une aventure dans une rame de métro… Mais ne pars pas si vite, je te promets, c’est pas mal en fait.

Subsurface Circular

Do no harm

Déjà, si tu es sensible à l’électro que je qualifierais, en tant que profane, de chill-stylée-avec des relents 80’s, tu vas aimer le générique d’introduction. Ensuite, le jeu commence (et finit, je ne te spoile rien du tout) dans une rame de métro. Au début, on ne sait pas pourquoi on est là, deux robots discutent, les plans de caméra alternent, c’est à peine si on comprend lequel est notre avatar. Mais petit à petit, le contexte s’installe ; on incarne un robot, ou plus précisément un Tek, détective de profession, “high level” de niveau d’IA, c’est-à-dire la Rolls Royce des androïdes. Pas folle l’humanité, le revers de cette médaille est l’incapacité pour notre cher ami de métal de sortir du train dans lequel il travaille. Il peut faire des poèmes, ironiser, voire même mentir, mais uniquement dans ce métro, sur la ligne “Circular”. Son job consiste à demander à ses voisins si tout va bien, s’ils n’ont éventuellement rien à déclarer et d’en faire des rapports au “management”, le gouvernement visiblement en place.

Subsurface Circular - Métro

Le plan du métro – en rose, le trajet infini de notre avatar

Rapidement, on doit prendre des décisions dont on ignore l’impact. Choisir son nom et décider d’aller à l’encontre de ce qui s’apparente à un règlement, en prenant en charge une affaire à la demande du premier gus assis en face de soi. Un choix qui s’avère dès le départ désarmant car on pense les robots dociles, respectant scrupuleusement les règles, répondant à un ensemble fourni de connections logiques, de do/don’t. Ici, on nous propose de décider de notre degré de roleplay dans l’histoire : si on se considère comme un robot, on ne peut pas contourner les règles. Si, au contraire, notre curiosité l’emporte sur tout autre principe, on peut jouer “à l’humaine” et faire fi dudit règlement qui interdit les Teks de prendre des initiatives (et donc, des affaires).

Blade Runner - test

RAF de ta tortue dans le désert

J’ai pris le parti d’être sympa envers ce gus donc, un robot jaune à l’éternel sourire (capital sympathie bonjour), qui s’inquiète pour son ami, disparu sans laisser de traces. Il me demande de mener l’enquête. Je ne sais pas si c’est sa tronche, sa couleur, son inquiétude touchante, ou le simple fait que j’étais dans mes premières minutes de jeu, mais j’ai décidé de l’aider.

Comment ne pas aider ce gars ?

Obey

Le jeu est structuré en séquences de conversations, avec 1 à 3 robots dans la rame, qu’il faut interroger à tour de rôle. Lorsqu’on a obtenu les informations nécessaires de la part d’un androïde, il descend à la station suivante. Quand tout le monde a dit ce qu’il avait à dire, les nouveaux personnages font leur entrée, et la séquence suivante débute.

On découvre ainsi tout un panel de robots à diverses fonctions basiques, de l’athlète sponsorisé à la baby-sitter en quête de reconversion (car les humains ne sont finalement pas très à l’aise avec l’idée de faire garder leurs progénitures par des robots), en passant par l’écouteur qui n’a à priori aucune fonction à part écouter de la musique, le psychiatre pour humain, le prêtre… Ce dernier nous annonce d’ailleurs être un “Thomatien” (Thomatoan), clin d’œil appuyé à Thomas was alone, premier jeu du studio ; il nous récite carrément les premières minutes du jeu, si on lui demande.

Imperturbable

On mène donc son enquête en discutant avec tous ces plus ou moins joyeux tas de boulons et de circuits imprimés. Les discussions débloquent des objectifs secondaires à court terme et des thèmes de conversation à aborder. On choisit d’aider, ou pas : on peut, par exemple, mentir à un “robot-touriste” qui cherche à atteindre une station en périphérie mais n’a aucune idée de comment y parvenir. On apprend que les robots peuvent avoir peur ou s’énerver, chercher à rire…

Survive

La discussion la plus intéressante à mon sens fut celle entreprise avec le psychiatre, qui nous apprend que les robots possèdent ce design sans visage car les humains ont tendance à avoir peur des choses qu’ils fabriquent avec un visage très similaire à l’humain, mais pas complètement (the uncanny valley). Hasard de la sérendipité, j’ai découvert, dans la vraie vie, l’existence de Sophia, un robot social capable d’avoir une conversation presque fluide avec un interlocuteur humain. C’est vrai qu’elle peut faire légèrement peur (surtout quand on la découvre en pleine nuit). Grâce à mon ami psychiatre, je connais la cause : son visage et plus particulièrement ses yeux. Et je suis loin d’être la seule. Il n’y a qu’à voir la quantité de vidéos publiées où il est question de la vraie personnalité de Sophia, son désir déjà présent de nous dominer. Certains vont même jusqu’à reprendre une blague de Jimmy Fallon dans le Tonight Show où Sophia gagne à chifoumi contre Jimmy et déclare : “c’est un bon début pour le plan de domination de l’humanité”.

Sophia en couverture du ELLE Brésil, j’ai peur

Bref, je m’égare. Retour dans le métro. Donc on discute avec les Teks, on résout des conflits, on nous pose même une énigme de style intégramme, tout ceci dans une ambiance musicale pas dégueu, bien au contraire. Petit à petit, on avance dans l’intrigue, on en apprend plus sur le monde de la surface. Et c’est très intéressant.

Puis le chapitre final arrive. Le dénouement se pointe, en deux phrases on comprend tout, puis il faut prendre une décision. On sait que la fin est juste là, à portée de dialogue, mais on aimerait plus d’explication, de détails, de temps. Parce qu’on sait, on sent, que la fin est là. Elle arrive un peu brutalement, mais il n’y a rien à faire, il faut lâcher. Cliquer une dernière fois, puis écran noir, générique.

La fin est intentionnellement sibylline. Car elle nous fait réfléchir au jeu, un bon moment après avoir fini le jeu. Comme un bon film peut nous hanter après visionnage, un jeu bien raconté, avec une thématique qui accroche, peut nous laisser pensif plusieurs jours après. Pour peu que la thématique soit philosophique et te parle, te voilà perdu comme moi, à partir sur un coup de tête, environ 15 minutes après le générique, chez ton libraire le plus proche racheter le tome 1 du Cycle des Robots, persuadée que les dernières nouvelles du recueil pourrait constituer un genre de suite à ce jeu. Car Asimov est omniprésent dans le métro. Explicitement, ses lois sont citées, les Teks que nous croisons y sont soumis. Il y a cette notion de bienveillance chez les robots que l’on croise, ils existent pour rendre service à l’humanité, même si celle-ci peut parfois les craindre, voire les mépriser. Ou bien est-ce moi, jouant selon mon point de vue des robots et leur utilité, qui ai façonné le jeu selon cet idéal. Voilà le tour de force que réussit Subsurface Circular, t’emmener dans un univers et, en approximativement trois heures, te donner l’impression que ta personnalité a réussi à imprégner le jeu et son déroulement. On peut avoir envie de le refaire, en changeant complètement le comportement de son personnage, pour voir si le jeu nous emmène au même endroit. Probablement. Mais est-ce que cela vaut le coup ? Ne vaut-il pas mieux rester sur une partie unique, une orientation spontanée ?

subsurface circular - artwork

À retenir

Subsurface Circular raconte une histoire. Et il la raconte extrêmement bien. Au début un peu perdu, on doit décider du caractère de notre personnage sans savoir ce qu’il incarne vraiment dans le système. Puis, au fur et à mesure, l’intrigue se dévoile, on en apprend plus sur l’environnement et ses occupants, et on finit par choisir son camp, développer son propre avis sur ce qu’on lit, pour finalement vouloir traverser son écran, sortir du métro et aller voir ce qui se trame là-haut, à la surface. Tout ça pour le prix d’un aller-retour dans le métro de la vraie vie.

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, Switch, iOS

Genre : Aventure Textuelle

Développeur : Bithell Games

Éditeur : Bithell Games

Date de sortie : 17 Août 2017

Les civilisations disparues auront toujours une aura teintée de fascination. Qu’elles aient réellement existé comme les pré-colombiennes ou qu’elles soient fantasmées comme l’Atlantide, elles ont toujours piqué ma curiosité au plus haut point. Quand ont-elles existé ? Jusqu’à quand ? Pourquoi ont-elles disparu ? Découvrir une ruine et fouler son sol pour la première fois depuis peut-être des siècles, comme ce doit être grisant ! A défaut d’être Indiana Croft et le dernier temple perdu, je trouve mon compte dans les jupes de mon vieil ami, le jeu vidéo. C’est quand même pratique : toutes ces possibilités qui nous sont offertes à portée de clic ! Gamine, sous les traits d’une généreuse dame à la tresse invisible et à la poitrine pyramidale, je cherchais les secrets du palais du roi Midas (et découvrais qu’il ne fallait pas toucher la statue du roi, non non !). Ado, bien à l’aise dans mon armure du futur trop badass, j’essayais de comprendre ce qu’avaient foutu les Chozos en scannant des messages qu’ils avaient laissés traîner sur Tallon IV, avant de s’envoler. Plus tard, j’avançais prudemment dans une ville fantôme sous-marine, avec pour seul guide, un type au bout d’un talkie me priant de bien vouloir aller par là. L’année dernière, j’étais une rouquine à la recherche d’un passé révolu qui s’avère être mon futur proche. Tout ça pour dire qu’il y a de quoi se réjouir, car grâce à tous ces jeux bien foutus, on a la possibilité de devenir de supers archéologues tout en restant bien assis sur son fauteuil favori. Mais trêve de blablas, aujourd’hui, à l’occasion de notre mois thématique robot, je ressors de la penderie mon fringant costume de Khajiit et, pour la énième fois, me voici aux abords des ruines de Mzinchaleft, prête à découvrir quels secrets elles renferment…

Bon, pour de vrai, je me retrouve plutôt à Markarth, dans le musée dwemer de Calcelmo. Parce que les ruines, elles sont impressionnantes et belles, certes. On y croise bien des araignées, des sphères et même des centurions dwemers encore en état de marche (et des falmers, mais ce n’est pas le sujet). Pour espérer découvrir comment que tout ça fonctionne, c’est plutôt dans les livres qu’il faudra se pencher.

Première chose à savoir, les dwemers ne sont en fait pas des nains. Alors, certes, ils vivaient sous la montagne, creusaient le jour, buvaient la nuit (forcément) et ne semblaient pas trop aimer ceux de la surface, mais il n’empêche, c’étaient des elfes. Dwemer signifie Elfe des profondeurs, mais étant proche de dwarf, ces cons de nordiques en ont déduit que les dwemers étaient des nains… Heureusement que notre cher Calcelmo est là pour rétablir la vérité, il l’explique très simplement dans sa série d’ouvrages intitulée, ironiquement, Les Nains, Race Perdue de Tamriel.

Bien plus enclins à la logique et la science que leurs cousins des montagnes (ou des îles avec un gros volcan au milieu), les « Nains » allaient même jusqu’à accorder de meilleures places sociales aux ingénieurs et savants. Ainsi, le bras droit du roi pouvait être un architecte. Pour aller plus loin, les dwemers se disaient athées, refusant tout culte aedrique ou daedrique. Au passage, ils ont aussi été un peu esclavagistes puisqu’ils ont d’abord accueillis les falmers qui essuyaient une défaite face aux nordiques pour mieux les asservir par la suite, pas très sympa, entre cousins…

Leur goût prononcé pour la logique laisse peu de place à la fantaisie, les vestiges des villes souterraines se ressemblent beaucoup dans leur structure et surtout leur design.

Les structures les plus intéressantes à découvrir seraient les Animachineries, usines à automates où prennent vie araignées, sphères et centurions. Comment les Nains réussissaient à donner vie à de si nombreuses machines est resté malheureusement un mystère. Faites de métal dwemer (impossible à reproduire, soit dit en passant), inaltérable, fonctionnant à la vapeur ou grâce à l’énergie magique (on retrouve notamment des pierres d’âme sur elles), elles ont traversé les ères sans faiblir et sont restées mortellement efficaces. On peut observer que les centurions sont extrêmement résistants aux dégâts élémentaires et utilisent la vapeur pour brûler et aveugler leurs ennemis. Les araignées sont très agiles, ne lâchent rien et sont capable de vous électrocuter ou empoisonner. Quant aux sphères, elles roulent vers vous et s’ouvrent soudainement en guerriers armés, ça surprend la première fois !

Oui, l’observation est possible, mais les secrets de fabrication, pour l’instant, demeurent.

La boule surprise – Extrait de Secrets des animoncules dwemers

Autre mystère, encore plus troublant, est qu’ils aient, semble-t-il, disparu subitement. Serait-ce la faute de guerres intestines, générées par une course à l’obtention d’un matériau supérieur, l’aéthérium ? C’est la seule piste envisageable du côté de Bordeciel…

Pour obtenir des réponses plus nettes, il faut enfiler une autre tenue de Khajiit, un peu moins seyante et filer en Morrowind, sur Vvardenfell, environ deux cents ans plus tôt (et ça fait mal aux yeux).

Dwemer - Numidium

Le Numidium – Extrait de Métaphysique Divine

Grâce notamment à la guilde des mages, on peut apprendre qu’aux alentours de 1E700, Kagrénac, architecte en chef et second du roi dwemer de l’époque, découvre une relique divine dans le Mont Ecarlate : le cœur de Lorkhan, dieu créateur du Plan Mortel. Il déduit que l’exploitation d’une telle relique est la clé de l’immortalité pour son peuple et s’évertue à créer des outils capables d’exploiter l’organe divin. Il construit ainsi le Numidium, un golem gigantesque qui accueillera toutes les âmes dwemers et sera alimenté par le cœur, fusionnant ainsi tous les elfes des profondeurs en un dieu. Une partie du plan a irrémédiablement fonctionné, puisque tous les dwemers semblent avoir disparu instantanément. Par la suite, le Numidium sera momentanément désactivé, pour être réactivé plus tard, à plusieurs reprises dans l’Histoire de Tamriel, provoquant des désastres immenses. Car cette machine dépasse complètement l’entendement et est capable, entre autres, de provoquer une faille temporelle appelée Cassure du Dragon (autre Cassure connue, celle provoquée lors du bannissement d’Alduin, qui s’est du coup retrouvé en quatrième ère, face au Dovahkiin).

Et c’est tout. Les dwemers n’ont finalement existé que jusqu’à la première ère de Tamriel. Ils ont brillé par leur ingéniosité et démontré leur talent par la longévité de leurs installations et machines. Mais ils se sont éteints assez rapidement, consumés trop vite par une ambition trop forte, d’un seul homme ou d’un peuple entier, ça on ne le saura peut-être jamais.

Si on observe aussi le lore d’un peu plus loin (merci la grande bibliothèque de Tamriel), on apprend que le Numidium va engendrer un énorme bordel à chacune de ses utilisations, de la destruction d’empire à l’éradication pure et simple de Nirn. Donc quelque part, les dwemers sont peut-être toujours présents, une fois de temps en temps (mais systématiquement une bonne grosse fois), jusqu’à la destruction du monde.

La littérature des Elder Scrolls est immense. Résoudre les mystères des dwemers ne constitue pas forcément l’exemple le plus prolixe, tant ce peuple est volontairement entouré de zones d’ombre, et pourtant, en y regardant bien, en élargissant son champ de recherche (encore un grand merci à la Bibliothèque de Tamriel), on s’aperçoit que l’univers est remarquablement dense, que les jeux fourmillent d’informations toutes plus intéressantes les unes des autres, sur le passé mais aussi le présent. Se replonger dans une partie de cette Histoire foisonnante est un pur bonheur à chaque fois, et donne inévitablement envie de relancer une partie, en attendant le prochain…

Meilleur ou pire ennemi du joueur et du héros, le méchant de jeu vidéo a souvent le mauvais rôle (normal, nous rétorquerez-vous), pour ne pas dire la place du con. Des origines à nos jours, les exemples d’antagonistes numériques tocards ne manquent pas et ils font aussi le succès du médium. Article garanti avec un maximum de fiel et un léger soupçon de mauvaise foi, évidemment.

Le méchant de jeu vidéo, tocard originel et authentique

À tout seigneur, tout honneur. Comment ne pas débuter cette réflexion sans parler de l’inimitable Bowser, parfait représentant de la tocardise absolue du méchant de jeu vidéo ? Pauvre bête qui n’a de cesse de vouloir à tout prix pécho Peach et qui s’y prend de plus comme un vrai manche. Pour ne rien gâcher, il se fait systématiquement battre comme un neuneu par un plombier du dimanche bedonnant. Oui, parce que m’voyez, monsieur a la brillante idée de laisser derrière lui un mécanisme tout simple qui va le précipiter trankilou bilou dans la lave juste sous ses pieds. Ledit plombier, pas rancunier pour un sou et probablement pris de pitié, l’invite même à toutes les sauteries qu’il organise. Quand il ne le sort pas lui-même de quelque embrouille dans laquelle Bowser a foncé évidemment tête baissée, sans réflexion aucune, comme le gros relou et teubé qu’il est. Si vous n’êtes toujours pas convaincu, admirez donc ce regard empreint de détermination et de ruse :

Bowser

Une bonne tête de vainqueur.

 

Chez Sega, on n’a pas seulement voulu trouver un concurrent à Mario, on a aussi visiblement pris chez Nintendo des inspirations pour les méchants. Que dire du Dr Robotnik, scientifique à la moustache interminable, obsédé et aussi capricieux que soit-disant brillant. Rêvant de conquérir le monde avec des inventions toutes plus loufoques les unes que les autres, ses projets sont régulièrement stoppés par un hérisson (bleu qui plus est, excusez du peu), voire parfois un renard à deux queues. Tu parles d’une ambition et d’un soit-disant QI de 300. C’est à croire que cette mégalomanie stupide est une maladie répandue chez les docteurs vidéoludiques, Neo Cortex et Nitrus Brio ne donnant pas leur part au marsupial dans la série Crash Bandicoot. Et pourtant, on ne peut pas dire qu’ils aient non plus en face d’eux un mec qui aurait inventé l’eau tiède.

On ne va pas trop s’attarder non plus sur le cas Wario, antagoniste au nez grotesque, au comportement monomaniaque et obsédé par le fric, encore et encore. Toujours chez Nintendo, il y a également Andross, de la série des Star Fox, boss final caché dans son repaire de la planète Venom : une énorme tête de singe avec des mains qui veut tout simplement contrôler la galaxie. Et encore, là, on parle de sa version améliorée à partir de Star Fox 64 (ou Star Fox 2, maintenant qu’on peut mettre nos mains dessus), n’oublions pas sa version originelle, un espèce de masque géant crachant des parpaings, dévoilant lors de son explosion un cube composé uniquement de faces avec sa face de macaque pas content. Ça c’est fort de fruit

Le pire peut-être, c’est quand ils décident de faire ça en bande organisée. L’Aube Mythique, culte dédié au Prince Daedra Mehrunès Dagon et mené par Mankar Camoran, l’aide à ouvrir les portes de son plan d’Oblivion, pensant que ça sera forcément la bonne solution… Bravo les mecs, bien joué, franchement. Les exemples de méchants tocards ne manquent décidément pas : LeChuck défait par le héros le plus débile de l’histoire du jeu vidéo ou encore le Dr Fetus dans Super Meat Boy qui n’est évidemment pas sans rappeler Bowser (tout comme le reste du jeu qui s’inspire délibérément de Super Mario Bros., jusqu’à son acronyme).

On remarque cependant un schéma assez régulier : ces tocards finissent par devenir malgré eux sympathiques, voire certains changent même de camp, ou presque. Donkey Kong, premier ennemi pas très futé de Jumpman, devient une sorte d’anti-héros dans les jeux qui portent son nom. En effet, rappelons que notre gorille à cravate préféré est loin de sauver le monde ou quelqu’un dans le premier Country, il part à l’aventure uniquement pour récupérer son stock de bananes, volé par l’infâme King K. Rool, un autre somptueux tocard. Ce sont en fait Diddy, Dixie et Kiddy Kong les vrais héros, puisque dans Donkey Kong Country 2 et 3, c’est justement eux qui viennent sauver un Donkey en détresse, capturé par K. Rool. Peut-être est-ce juste une facétie propre à Nintendo, mais on peut refaire un coucou à Wario, héros de sa propre série Wario Land, où il court, pour ne pas changer, après la thune, et les hilarants Wario Ware, où il cherche à se faire… du blé !

Super Meat Boy - Dr Fetus

Je vous emmerde, je mange ce que je veux !

Même quand il essaie d’être vraiment sérieux, le méchant est en fait un loser #mauvaisefoi

Peut-être qu’à l’image de tout autre forme d’art de la narration, comme on est finalement encore au début du jeu vidéo, on commence “à peine” à voir des méchants moins caricaturaux, à l’image de certains présents dans les romans ou films, bien torturés et complexes, où la frontière gentil-méchant est parfois ténue (Negan, Dark Vador…). À l’image de la réalisation, on “commence” à voir des plans plus léchés, plus cinématographiques dans le jeu vidéo ; avec le temps, le média mûrit et devient plus sérieux. Certains méchants se prennent plus au sérieux que les tocards évoqués précédemment et se donnent à fond pour moins passer pour de grosses buses. Mais cela ne veut pas dire qu’ils réussissent toujours, bien au contraire.

Et ce n’est pas parce que nous sommes sur Le Serpent Retrogamer que les méchants de Metal Gear Solid ne vont pas en prendre pour leur grade, loin s’en faut. Que dire, par exemple, de ce saltimbanque de Revolver Ocelot, accoutré comme un cowboy ringard qui ne trouve pas de meilleure idée que de se “greffer” la main d’un psychopathe. Brillant, vraiment. Le coupable d’ailleurs, un certain ninja répondant au doux nom de Greyfox (“renard gris”, paie ton pseudo, on t’aime aussi Victor), est un tantinet maso sur les bords puisqu’il demande sans cesse à Solid Snake de le taper pour le “faire [se] sentir vivant”. Fatman, outre le fait d’avoir le charisme d’une fraise tagada, porte quand même un nom qui a tout d’un sobriquet. Le boulet qui se porte lui-même, quoi. On ne va peut-être pas tous les énumérer, mais on se demande encore ce que peuvent bien prendre des mecs comme The Fear et The Fury, le premier à sauter d’arbre en arbre et à sortir une langue de trois kilomètres de long, et le second à se croire cosmonaute égaré qui brûle tout sur son passage, tel un pyromane détraqué qui fait joujou avec un lance-flammes. Une belle brochette de tarés…

MGS - Fatman

Hou, effrayant… Je sais pas si je vais arriver à dormir ce soir.

Dans la même veine, la série Final Fantasy nous en a offert certains gratinés également. Le tocard mégalo avec un accoutrement chelou semble être une espèce qui y sévit. Sephiroth, tout aussi classe qu’il puisse être en apparence, nous a un peu imposé cette norme insupportable du méchant androgyne mal dans sa peau. Franchement, on ne te remercie pas, mec. Surtout, il cache en fait un gros souci de complexe d’Œdipe et de manque d’affection par rapport à une mère qui n’en est même pas vraiment une. Va voir un psy et arrête de faire chier ton monde, mon grand. De même que Seifer, complètement manipulé par Edea pour laquelle il a les yeux de Chimène (Badi), et qui se révèle pas si dangereux au final. C’est surtout une grande gueule, une tête à claques et un gros jaloux de son camarade d’école. Drago Malefoy, sors de ce corps. La série autrefois rivale, Dragon Quest, n’est pas en reste non plus. Comme ce clown de Dhoulmagus dans le huitième épisode qui, soit-disant, veut conquérir le monde, mais se retrouve être le pantin de forces qui le dépassent. Cassez-vous.

Les méchants qu’on respecte quand même… un peu

Bon ok, on arrête le discours volontairement teinté de mauvaise foi pour parler des méchants dont il est difficile de rire, qu’ils soient de vrais pervers ou au contraire des anti-héros. Parmi ceux qui forcent littéralement le respect, il y a par exemple le terrible Kefka dans Final Fantasy VI, qui se pose comme un véritable psychopathe, de la catégorie des fous dangereux avec qui il vaut mieux ne pas plaisanter (c’est con, quand on se souvient son taf). De même que Vaas dans Far Cry 3, dont l’esprit machiavélique, manipulateur et sadique a troublé plus d’un joueur, éclipsant même le méchant en chef de l’histoire.

Une terreur que savent également faire ressentir La Chasse Sauvage de The Witcher 3 ou Alduin dans Skyrim. Difficile de rire d’eux. On peut aussi mentionner le Rôdeur noir dans Diablo 2, héros du premier épisode devenu à son tour seigneur de la terreur bien malgré lui. On suit tout au long du jeu sa progression pour libérer ses frères Baal et Mephisto grâce au témoignage du malheureux Marius qui l’accompagne durant son périple, et le mec en impose, c’est le moins qu’on puisse dire. Certaines petites âmes sensibles, comme notre Yannou préféré, font encore des cauchemars à cause de Nemesis de Resident Evil 3.

Diablo - Wanderer

Tel est pris qui croyait prendre.

À retenir

En fin de compte, à part quelques exceptions d’âmes torturées ou représentant simplement mais on ne peut plus efficacement le mal, les méchants sont bien souvent de beaux spécimens de tocards, et c’est bien normal : une des raisons de l’existence d’un méchant dans une histoire, c’est la possibilité offerte au témoin du récit de détester quelqu’un, de ne pas ressentir de scrupule à voir ce personnage anéanti pour transcender ou valoriser le héros, marquer la fin d’un périple, d’une aventure. C’est d’ailleurs ce qui constitue à la fois son charme et sa principale faiblesse. On adore le détester. Et les méchants de nos jeux vidéo ne sont finalement pas plus tocards que ceux issus des autres formes de narration : Gargamel, le Gouverneur, Sauron, Blaine le Mono, l’Empereur, Commode et j’en passe… Une belle brochette de tocards !

Elaine Replay et Totof

Lumino City

Lumino City - Making of

Lumino City est la suite directe de Lume, mini jeu sorti le 10 mai 2011. Dans ce dernier, on suivait un bout de journée de Lumi, jeune fille rendant visite à son papi, malheureusement absent. Le but était de rentrer dans sa maison et d’y rétablir le courant en attendant qu’il revienne. Dans cette suite, Papi passe du statut d’absent énigmatique à celui de mythique demoiselle en détresse. Allons donc le délivrer, cap sur la mystérieuse ville en vue !

Les Lumières de la Ville

Et quelle ville ! Construite sur deux pics de montagne, elle s’articule autour de différentes sources d’énergie, dont pas mal sont HS quand on les découvre. Lumino CityLe but va être de remettre en fonctionnement tout ce qui est défectueux, et par la même occasion rendre service aux habitants, plus ou moins farfelus, de cette ville hors du commun. Mais avant d’aller plus loin dans le récit, il me faut vous parler un instant du sel de ce jeu, de son attrait principal : la réalisation. La cité a été entièrement réalisée à la main (un architecte est même crédité au générique), à base de planches de bois finement découpées et peintes, de fils, de papier et de boutons. Chaque recoin de la ville a ensuite été filmé et les personnages ont été finalement ajoutés numériquement. Le résultat est excessivement mignon et fascinant, on se surprend ainsi bien souvent à rester figé pour observer tous les détails de construction qui s’offrent à nous.

Lumino City - Roue à linge

La roue à linge en jeu

Lumino City - roue à linge

La roue à linge en cours d’élaboration

Pour en revenir au jeu en lui-même, il s’agit d’un point ’n’ click/puzzle game tout à fait honorable, où on avance de tableau en tableau jusqu’au sommet de la ville. Certes, les énigmes sont assez basiques et leur difficulté n’est pas bien grande, mais elles sont toujours bien pensées et dans l’ensemble logiques, ce qui reste un point essentiel pour ne pas gâcher son plaisir dans la frustration dans ce genre de jeu. J’ai ressorti avec grand plaisir mon petit carnet de notes pour recopier certains indices, notamment une partition et un code morse trouvé dans un livre. Et si d’aventure, vous vous retrouvez quelque peu coincés quelque part, vous pouvez comptez sur “The Handy Manual”, un livre laissé tombé par Papi juste avant de disparaître. Le bouquin fait 900 pages, et la plupart contiennent des informations totalement inutiles, avec des schémas sans intérêt. Mais, parmi ces pages incompréhensibles se trouvent de véritables indices pour chaque énigme du jeu. Pour retrouver ces indices, un jeu dans le jeu se met en place : on trouve une table des matières au début du livre, seulement, au lieu de mettre simplement le numéro de page associé à l’aide, une énigme basée sur l’observation du tableau qui coince et le calcul mental (ou pas, vous avez le droit de prendre une calculatrice) se présente à vous chaque fois. Tout ceci confère un aspect ludique, même quand on jette l’éponge sur la résolution d’une énigme, on a droit à une énigme de compensation, plus basique, et on culpabilise moins de s’aider de la soluce fournie au jeu.

Lumino City - Aide

à droite, une page inutile, à gauche, une résolution d’énigme

Si vous êtes rompus à l’art de la résolution d’énigmes, celles présentes dans la cité lumineuse vous apparaîtront d’une simplicité quasi enfantine. Mais le charme de la réalisation, l’humour attendrissant et les messages parfois véhiculés devraient vous atteindre en plein cœur. Sans oublier que certaines énigmes, malgré leur simplicité, demande de noter quelques éléments (à moins de retenir tout par cœur) et je ne sais pas vous, mais moi j’adore les jeux où on doit parfois sortir son petit carnet et noter des petits points qu’on estime importants pour la suite, tel un petit détective perdu sur l’île de Myst.

Lumino City

Un certain nombre d’énigmes sont basées sur la… lumière !

C’est l’histoire d’un mec

À la fin de Lume, Papi revient à la maison et s’exclame qu’il a quelque chose à raconter. Là-dessus, générique… Trois ans s’écoulent, Lumino City sort. L’histoire commence exactement là où elle s’est terminée dans le premier opus : Papi s’apprête à raconter à Lumi son incroyable histoire mais avant, il lui demande de descendre préparer du thé. Et pendant qu’on met les sachets de thé dans deux tasses d’eau bouillantes, du raffût surgit d’en haut et Papi disparaît. En suivant sa trace, Lumi en apprend un peu plus sur son papi au travail, puisqu’on découvre qu’il est en quelque sorte le factotum de la ville. Tous les habitants comptent sur lui en cas de pépin. Et avec l’absence royale de gêne qui caractérise si bien tous les PNJ de la création, les habitants que Lumi va rencontrer au fur et à mesure de sa progression vont lui demander tout un tas de choses à accomplir, certains partant du principe que si Lumi est la petite fille de “handyman”, ils peuvent exiger qu’elle exécute les réparations hasardeuses de ces habitants particuliers. Par ce biais, on a l’impression que Lumi se rapproche encore un peu de son papi par le prisme de son travail, point de vue qu’on a rarement de ses proches. On devine déjà leur relation complice et à plusieurs reprises, les habitants vont remarquer la ressemblance entre Papi et Lumi, renforçant encore le lien qui les unit.

Lumino City - Les voisins nous aident

Si on aide les gens, parfois ils nous aident en retour !

Autre point remarquable de cette ville, la nature des différentes sources d’énergie que l’on trouve dans la ville : hydraulique, solaire, végétale, pétrolière, même animale, chaque quartier exploite une source d’énergie et le travail principal de Papi est de veiller qu’il y a assez de lumière à tous les étages, et, au passage, trouver de nouvelles sources au rendement plus efficace encore…

Lumino City - Power plant

The power plant ?! Hors service, cela va s’en dire…

À retenir

Terminé en 5-6h si on est habitué à ce genre de jeu, on pourrait penser que pour 15€, ça fait un peu chère la partie… Mais Lumino City n’en demeure pas moins une expérience de jeu à faire si on aime le genre, ne serait-ce que pour son univers, sa poésie et surtout sa réalisation. La minutie apportée aux détails de la ville, le côté farfelu de bon nombre de ses habitants, la douceur de sa musique, l’originalité de certaines énigmes, malgré leur apparente simplicité, tout semble fait avec le cœur et on peut difficilement s’empêcher d’avoir un sourire collé au visage tout au long de l’aventure. Et pour un jeu qui rend heureux, jusqu’au bout du générique (qui est très très chouette, mais je ne peux rien dire de plus sans spoiler…), 15€, finalement, c’est pas si cher payé…

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, Mac, Android, iOS

Genre : Point ‘n’ Click

Développeur : State of Play Games

Éditeur : State of Play Games

Date de sortie : 3 Décembre 2014

let them come

Let Them Come

Rude journée ? Besoin de passer vos nerfs sur quelque chose ? Si taper dans un sac ou courir dans la rue n’est pas votre truc, venez donc par ici, installez-vous, j’ai peut-être la solution à vos frustrations…

Les 3000 x 8e passagers

Laissez-moi vous présenter un tower defense couillu. Ou plutôt, un self-defense, ou éventuellement un row defense, voire un death row defense… Un seul décor, un couloir de vaisseau. Un seul but, survivre, ou plus précisément, dégommer un max d’aliens avant de mourir. Les baveux tentaculaires arrivent par vagues, plus ou moins grosses, plus ou moins voraces. Au bout d’un moment un boss, encore plus coriace, se pointe. Et les vagues reprennent, incessantes, jusqu’à votre trépas. Simple et efficace, puissant et difficile, porté par une bande son qui transpire les années 80, pixel art pas piqué des hannetons avec des effets d’explosion magnifiques, le jeu en veut. Et ça marche. Pour peu qu’on apprécie de se faire laminer à longueur de journée, on y trouve forcément son compte.

Let Them Come - Boss

Salut !

Quand on meurt, on revient à la dernière vague lancée et avant de repartir au combat, on peut améliorer son stuff en achetant, grâce au nombre de monstres tués, de nouvelles munitions, des buffs ou de nouveaux projectiles et armes blanches. On peut aussi consulter le bestiaire, lire les entrées de journal des moins chanceux que nous et organiser sa playlist (oui car, si on meurt en musique, c’est plus sympa de pouvoir la choisir). Une fois prêt, on repart à l’assaut en cliquant simplement sur sa meilleure amie, une belle mitrailleuse. On a d’autres amis à notre disposition :  batte de baseball, tronçonneuse, couteaux, cocktails molotov et tout un tas de grenades. À l’instar de ces dernières, on a aussi un large choix de balles, de la pénétrante à l’explosive en passant par l’incendiaire ou à matière noire (oui, c’est le futur). Il y a de quoi faire et s’amuser !

Let Them Come

Le petit marché du hub

Un combo meter permet de nous féliciter de cette boucherie en offrant des bonus une fois la jauge atteinte : récupération de vie, frénésie, les ennemis explosent quand ils meurent, doubler les dégâts, doubler les points gagnés, etc.

Le bestiaire, se dévoilant petit à petit, est assez varié avec chaque monstre possédant ses caractéristiques propres, donc ses approches de combats différentes.

Let Them Come

Un accueil chaleureux

Il n’y a pas grand chose de plus à dire pour le mode campagne. Le concept est porté par le titre, il n’y a qu’à lancer la partie et laisser la violence venir à nous. Ça ne maintient pas en haleine pendant des heures, c’est certain, mais une petite partie de temps en temps lui confère un petit côté défouloir très appréciable.

Outre le mode campagne, on a un mode boss rush (bon courage) et un mode twitch, où les viewers peuvent intervenir en envoyant des mobs eux-mêmes.

Let Them Come

Rock Gunar et son calme olympien

Côté identité, notre avatar est le digne cousin de Duke Nukem et Doomguy : Rock Gunar nous apparaît dès l’introduction du jeu, cigare en bouche, qu’il fume ensuite de manière complètement désinvolte pendant qu’on lui choisit de nouvelles grenades ou un fire rate plus grand. Et pendant la partie, on peut jauger le reste de vie qu’on a en regardant la tronche de notre ami, de plus en plus ensanglantée. On peut même apprécier le fire rate au degré d’ouverture de sa bouche, qui se referme quand on arrête de tirer.

À retenir

Véritable défouloir de l’espace, Let Them Come nous entraîne dans un univers qu’on connaît et apprécie : la SF des années 80. La complexité inexistante du concept est équilibrée par une difficulté aux petits oignons qui pardonne peu mais qui n’est pas frustrante pour autant (du moins au début). Alors sortez vos ghetto blasters et préparez-vous à cracher du sang parce que ça va faire mal !

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PC, ANDROID, IOS, PS4, XBOX ONE

Genre : Tower Defense

Développeur : Tuatara Games

Éditeur : Versus Evil

Date de sortie : 03 Octobre 2017

 

They Are Billions

They Are Billions - Exemple d'Attaque

J’ai toujours adoré les jeux de stratégie. Mais j’ai toujours eu la sensation d’être une véritable quiche, du moins un stratège bien lent. Il me faut beaucoup de temps pour installer une base digne de ce nom, j’exploite toutes les ressources possibles du coin, je tente de faire toutes les évolutions de tous les bâtiments et unités, j’entraîne un bataillon digne de l’armée du Mordor. Une fois ma méga armée prête, je lance l’assaut sur la base adverse et là, je me régale. Entre-temps, je suis capable d’essuyer quelques assauts sur ma base, à condition qu’on me laisse un peu le temps de m’installer au départ et qu’on me laisse souffler entre deux attaques. En d’autres termes, la réactivité n’est pas nécessairement mon fort. Mais tout ça, les zombies, ils s’en foutent.

The last one to die please turn out the light

Pas de repos chez les morts-vivants ! Mais surtout, pas de base adverse, le but unique est de survivre. Survivre à une invasion programmée, mais aussi à quelques vagues de zombies de temps à autre. On est donc dans un jeu de stratégie passive, où on subit les attaques, mais on ne les provoque pas (du moins, on évite).

Early Access oblige, tous les modes ne sont pas accessibles immédiatement, notamment le mode campagne (dans l’éventualité où un mode campagne se prête à ce concept de jeu). On commence donc une partie en mode survie, on choisit la date de sa destruction, la densité de population zombifiée et c’est parti : une base centrale, cinq unités militaires, un peu de bois, un peu d’or et en avant Guingamp ! On a aussi la possibilité de se classer en relevant des défis communautaires chaque jour. Il s’agit de parties avec des paramètres définis à l’avance.

They Are Billions - Jour Zéro

Jour Zéro

Les outils classiques de la stratégie sont à notre portée : colons/travailleurs, unités militaires, ressources, bâtiments, améliorations de bâtiments. Chaque travailleur (qu’on ne peut contrôler directement) doit être nourri et logé dans une habitation qui nécessite, comme tout bâtiment du jeu, des ressources et notamment de l’énergie afin d’être construite et entretenue. Chaque unité militaire “empruntera” un travailleur qui sera formé. Chaque bâtiment recrutera un ou plusieurs travailleurs en son sein, exception faite des bâtiments générant des ressources, qui s’autosuffiront en termes de main d’oeuvre. Il faut donc habilement jongler entre les âmes et les ressources afin d’agrandir sa cité et la défendre comme on peut. À l’instar du creep des Zergs, on ne peut construire que dans une zone délimitée par les distributeurs d’énergie. On fait donc aussi un peu d’urbanisme, en apprenant à gérer son espace en fonction de l’énergie produite.

Le jeu est très dur. Et ce n’est pas que mon piètre niveau qui le dit. Les zombies ne pardonnent aucune erreur d’organisation et un seul mort-vivant infiltré peut provoquer la perte de la cité entière en très peu de temps. Sans parler des vagues aléatoires qui vont bien évidemment crescendo en nombre et en puissance. Je n’ai presque pas honte de dire que j’ai poussé les deux critères de difficulté (durée avant l’attaque finale et quantité de zombies sur la carte) au plus bas pour comprendre les mécanismes du jeu et survivre un peu plus longtemps que dix jours. Je ne sais pas s’il s’agit d’un effet Kiss pas Cool de la Beta, ou si le jeu s’adresse surtout à des hardcore stratèges, mais il reste très fun, et semble malgré tout domptable.

They Are Billions - invasion zombie

Mon quotidien…

On ne peut pas enregistrer les parties pour éventuellement revenir en arrière et tester de nouvelles stratégies. À chaque défaite, il faut tout recommencer. C’est frustrant, certes, je me suis dit plusieurs fois, j’arrête, c’est bon, c’était ma dernière partie. Et pourtant, le lendemain, je retente le coup. L’ambiance musicale et l’esthétique steampunk doivent y être pour quelque chose. Mais je pense c’est le challenge de taille qui maintient le désir. Il y a une dimension de die and retry plus importante que dans un jeu de stratégie “classique” du fait du manque de sauvegarde, ce qui crée l’envie de recommencer, d’apprendre de ses erreurs, de calmer sa frustration liée aux multiples défaites. Par exemple, j’ai appris, après quatre ou cinq échecs, que les remparts proposés au départ étaient en bois de cagette et qu’il valait mieux faire patrouiller ses unités le temps d’apprendre à en construire de plus résistants, au moins en pierre. J’ai aussi appris, grâce à une autre défaite, que le champ de vision des unités était un peu limité, d’où le double intérêt de les faire patrouiller. Une partie se structure complètement autour de ses idées : on tente, ça passe tant mieux, ça rate, on perd, tant pis, on recommence le lendemain avec une nouvelle stratégie… jusqu’à l’assaut final, si on y parvient.

They Are Billions - Assaut Final

Ça donne envie…

À retenir

L’hybridation des genres est à l’honneur dans les jeux vidéo ces dernières années et ce titre n’y échappe pas. Le mariage entre stratégie, survie et élément de rogue-like semble réussi pour le moment. Le stress est toujours présent dans un jeu de stratégie, mais ici, il est prégnant, du fait du caractère passif imposé et de sa difficulté. Early Access comme il en existe de plus en plus, They Are Billions est un jeu qui, en l’état, promet déjà de belles sessions d’arrachage de cheveux et de plaques d’eczéma en perspective. À suivre de près donc…

Informations sur le jeu

Plateforme : PC

Genre : Stratégie, Survie

Développeur : Numantian Games

Éditeur : Numantian Games

Date de sortie : 12 Décembre 2017

South Park : L'Annale du destin - jaquette du jeu

Changement de décor pour le deuxième opus des aventures des élèves de CM1 les plus connus des Etats-Unis, on quitte le monde médiéval fantastique pour découvrir les super héros de South Park, en proie à une guerre des clans calquée sur “l’affrontement” Marvel-DC au cinéma. Coon et sa Bande ou les Potes de la Liberté, choisissez votre camp !

La version est ailleurs

Si vous appréciez South Park pour sa folie et sa vulgarité, sans pour autant être un fan assidu qui connait toutes les voix, ce jeu peut être fait pour vous. Si vous êtes un fan absolu (ou un fan tout court), vous pouvez aussi vous laisser tenter, à la condition plus que nécessaire que vous connaissiez (et appréciiez) la version originale de la série. Pour faire court, si pour vous, Eric Cartman rime avec Christophe Lemoine, vous êtes fichus. L’équipe de doublage officielle française n’est malheureusement pas de la partie. Pour ma part, j’aime autant la VO que la VF, mais j’ai quand même tenté l’expérience francophone ; j’ai tenu cinq secondes. Le premier personnage à prendre la parole est justement Cartman. Même si on sent que le doubleur remplaçant a tout tenté pour que sa voix ressemble à celle de Lemoine, c’était impossible de continuer à jouer comme ça. Heureusement, la VO est accessible et m’a sauvé la mise.

South Park - Presque tous les copains réunis

Presque tous les copains réunis

Aux frontières du jeu

Le jeu en lui-même est sympa : RPG presque tactique, combats au tour par tour, aux côtés de trois autres héros à choisir parmi les copains ; chacun des élèves propose des classes assez variées et intéressantes. On peut cependant regretter le peu d’attaques de zone proposées, surtout en comparaison avec celles de proximité. On en a également de faible portée, horizontales ou en croix, quasiment aucune uniquement verticale. Côté roleplay, on peut déterminer le sexe et le genre, l’orientation sexuelle, l’origine ethnique, la religion et l’alignement de son avatar. On peut aussi choisir sa kryptonite. Tous ces choix sont finalement très anecdotiques, on entend quelques vannes ou allusions en fonction du sexe et du genre que l’on a choisis, mais ça s’arrête là. Les choix se font au fur et à mesure de l’avancement dans la quête, ce qui laisse penser qu’ils vont avoir un rôle déterminant à un moment de la partie, mais en fait non… Pire, la kryptonite n’a absolument aucun effet négatif sur les combats. J’avais choisi “les Vieux” comme point faible ; en arrivant à la maison de retraite, je me suis dit que j’allais vraiment galérer pour remporter mes batailles, que j’allais avoir des malus, être paralysée pourquoi pas, et devoir compter sur mes co-équipiers pour m’en sortir… Mais je n’ai ressenti aucune difficulté supplémentaire, pas même un malus “dégoût” (équivalent à empoisement) qui m’aurait fait vomir à chaque début de tour. En fin de compte, remplir sa fiche de perso n’est qu’un prétexte pour les quêtes annexes, qui viennent se greffer à quelques moments clés de la trame principale. Une fois la stat acquise, elle ne sert plus.

South Park - Exemple de combat

Exemple de combat

Si les blagues de pet vous font toujours rire, vous allez être servis ! Le jeu exploite à fond le concept de pet combattant et votre avatar péteur va tacher son slip tout au long de l’aventure, usant et abusant de son pouvoir rectal, capable notamment de distordre le cours du temps. Sans entrer dans les détails de l’intrigue, outre la flatulence, les réseaux sociaux ont une place prépondérante dans l’histoire. Tout South Park communique via Coonstagram. Pour atteindre certaines zones, vous aurez besoin des capacités d’une poignée de vos potes (dont l’inénarrable Professeur Chaos et ses “minions”) associées à vos flatulences ; il vous suffit de leur envoyer un texto et ils arrivent. La question de la popularité sur Internet est centrale, illustrée notamment par l’interface, entièrement intégrée dans le téléphone : inventaire, craft, équipement, stats, map, chaque partie est représentée par une application.

Plus généralement, le jeu est appréciable. Simple et efficace, les mécaniques sont loin d’être frustrantes quoique répétitives et on passe un bon moment dans cette ville de fous, à être témoin de l’imaginaire d’enfants de dix ans (des milliers de briques rouges legos représentent la lave dans toute la ville, impossible à traverser sous peine de brûler, le combat est interrompu si une voiture passe, etc).

Au-delà du jeu

Le titre ne révolutionne rien du tout, mais ce n’est de toute façon pas son but. Son but clairement assumé est de faire du fan service, pas subtil pour un sou (en même temps, je ne sais pas si du fan service peut être vraiment subtil). Conséquence, l’appréciation finale du jeu sera fonction de votre appréciation globale de la série. Pour ma part, j’ai terminé le jeu, mais à la fin, j’étais fatiguée de jouer, lassée. Trop de placements de personnages de la série, juste pour qu’on se dise “Ha ! Super, lui je le connais, il m’a tellement fait rire dans cet épisode”, même si ce n’est pas forcément cohérent de le voir là (mention spéciale pour Jared). Au début très enthousiaste, je me suis peu à peu lassée, jusqu’à finir perplexe. Trop de références directes dans la quête principale, j’espérais une histoire inédite, je me suis retrouvée avec un patchwork de bouts d’épisodes allant de Planète Gros Nibards au Noël des petits animaux de la forêt, mêlés de petites parties originales tout de même.

Il ne me semble pas avoir ressenti ça avec le premier opus. Je commençais tout juste à être déçue par la série, notamment par la trilogie annonçant la sortie du jeu, parodie de Game of Thrones, transposée aux sorties des dernières consoles Microsoft et Sony. J’avais eu le sentiment que les créateurs s’essoufflaient, qu’il y avait moins d’absurdité pour l’absurdité. Ils ont toujours plus ou moins suivi ce qui se passait dans le monde (surtout aux Etats-Unis), mais le plus souvent, les épisodes étaient complètement loufoques, avec un rapport très ténu à l’actualité. Dernièrement, je les trouve moins inspirés, comme forcés, à l’image de la morale qu’ils avaient eux-mêmes distillée à la fin de l’épisode Déprogrammé, arguant qu’une bonne série ne devait jamais dépasser cent épisodes, sous peine de devenir n’importe quoi. Toujours est-il que Le Bâton de la Vérité m’avait fait l’effet d’un renouveau, avec ce qu’il faut de références pour satisfaire mon âme de fan, mais avec une véritable histoire, originale, du moins selon mon souvenir.

South Park - Kyle, le cousin de Kyle, est là aussi

Kyle, le cousin de Kyle, est là aussi

Mon appréciation du jeu est donc totalement en adéquation avec mon appréciation actuelle de la série. Il y a eu la fin de la saison 17, puis Le Bâton de la Vérité. La saison 18 est sortie, j’ai quasiment arrêté de regarder la série. Elle ne me fait plus rire, je ne me reconnais plus en elle. J’ai quand même voulu tenter ce nouvel épisode vidéoludique, pensant retrouver une certaine fraîcheur, une émotion proche de ce que j’avais ressenti avec le premier jeu. Ce ne fut malheureusement pas le cas. Cette série restera toujours dans mon cœur et il m’arrive encore de regarder un ancien épisode de temps à autre, mais je crois que South Park et moi, c’est bel et bien fini.

À retenir

South Park : L’Annale du Destin n’est pas un jeu révolutionnaire dans son gameplay, il se repose sur des bases existantes solides, qui en font un objet vidéoludique appréciable. C’est donc sur sa fidélité à la série qu’il sera réellement jugé. Mais où est l’intérêt quand aucun risque scénaristique n’est pris ? À trop vouloir contenter les fans, l’histoire ne décolle pas vraiment, finit même par décevoir et par la même occasion, ternir les quelques idées originales disséminées tout au long de l’intrigue. Peut-être est-ce simplement dû au fait que South Park existe depuis trop longtemps (20 ans !). Malgré toutes les bonnes intentions, comme dirait ma mère, les plaisanteries les plus courtes ne sont-elles pas les meilleures…

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

Genre : RPG

Développeur : Ubisoft

Éditeurs : Ubisoft, South Park Studios

Date de sortie : 17 octobre 2017