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Fallout 76 – Promenons-nous dans les bois, pendant que le PNJ n’y est pas

Dans cet épisode, on se réveille seul(e) dans sa chambre de l’abri 76, visiblement un lendemain de veille. Avec en fond sonore un holodisque du superviseur diffusé dans tout l’abri, qui explique que c’est la dernière fois qu’on se réveille en ces lieux, car il est l’heure de sortir. À peine vingt-cinq ans après la Grande Guerre, il est temps d’aller voir à quoi ressemble l’Amérique et surtout, faire notre possible pour lui rendre sa grandeur. Du matos nous est gracieusement offert (merci aux potos partis avant d’en avoir laissé ; perso, j’aurais tout pris), des Mister Handy balisent le chemin vers l’extérieur en nous rappelant qu’on est déjà en retard et on sort. À nous les terres désolées de… la Virginie.

Fallout 76 - Power Armor

Premier point, ces terres ne sont pas si désolées (ou pourrait même jouer avec des code promo fdj en ligne). La végétation est plutôt foisonnante. C’est un peu déstabilisant, surtout que l’Ėtat est voisin de Washington DC et que la capitale et ses alentours sont encore franchement décimés près de deux cents ans plus tard (cf Fallout 3).

Fallout 76 - Bois

Deuxième point, on se sent seul ! Dans la quête principale, on passe son temps à suivre les traces du superviseur, qui avait pour mission de sécuriser un lieu stratégique nucléaire, pour éviter qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. Pour le reste, on ne rencontre personne, aucun être humain. On apprend qu’une communauté, les Samaritains, vivaient dans la région jusqu’à peu, mais il ne reste que des cadavres ou des robots. On apprend aussi que la Confrérie de l’Acier était (déjà ?) présente mais à dû quitter les lieux pour affaire urgente.

Fallout 76 - image

Mort pour la mémoire

Ces informations, on les découvre sur des notes, sagement déposées à côté de cadavres, ou stockées dans des ordinateurs fonctionnels. Heureusement que tous ces gens ont eu la présence d’esprit de tenir un petit journal, ou de s’écrire des notes entre amis, pour qu’on puisse découvrir ce qu’ils faisaient quand ils n’étaient pas morts.

Jeu sans enjeu

Troisième point, quel est le but ? On était censé rendre sa gloire à l’Amérique, déjà on ne mentionne même pas une seconde le J.E.K. (qui a pour rôle, je rappelle, de rendre les terres irradiées à nouveau fertiles), puis la quête principale n’est pas la reconstruction, mais bien de retrouver le superviseur. On n’a absolument rien pour rebâtir quoi que soit, à part son campement de poche ; on peut construire un village avec son C.A.M.P., d’accord, mais ce n’est pas un objectif recensé dans le Pip-Boy. Et puis, s’il n’y a personne dans la région, à part les habitants de l’abri éparpillés, à quoi bon reconstruire ?

Dans le chapitre intendance/construction, il y a les ateliers. C’est sympa mais je n’ai pas totalement saisi la portée, mis à part pour récolter des ressources afin de construire son campement. Il faut réclamer les ateliers à chaque connexion, on les perd à chaque déconnexion, ou si quelqu’un d’autre nous les prend. Les autres, parlons-en. Il s’agit des autres joueurs, qui sont censés être des habitants de l’abri 76 aussi, des collègues en somme. Unis par le même objectif, non ? Certes, on peut faire équipe mais on peut aussi s’entretuer, prendre l’atelier de l’autre, agir comme de vrais ennemis en somme, alors que nous étions frères quelques jours avant. Tout ceci manque trop de cohérence, et ma patience a définitivement lâché prise quand je me suis retrouvée face à des super mutants, qui sont censés, me semble-t-il, être soit en train d’émerger en Californie, soit planqués dans l’abri 87 du côté de Washington…

 Fallout 76 - Bombe

À retenir

Rien ne m’a donné envie de prolonger l’expérience de ce jeu plus de six heures. Déjà déçue par Fallout 4, je reste malgré tout fan devant l’éternel de cette série post-apo dieselpunk et j’attends toujours fébrilement l’arrivée d’un nouvel opus, espérant qu’il soit bon. En gros, je suis naïve. Ça fait donc deux fois que j’ai le sentiment de m’être fait flouer. Je suis peut-être une vieille bique qui n’aime pas le changement, mais pour moi, la force de cette série réside dans sa narration, l’intrigue se dévoilant au travers d’holodisques mais aussi et surtout de PNJ qui, au travers de leurs histoires et requêtes, nous aident à poursuivre notre chemin. Les goules, les pillards, la Confrérie de l’Acier, l’Enclave, les super mutants… forment un tout, que j’apprécie à la fois retrouver et découvrir. Ici, on joue finalement à Falloutcraft. Mais j’ai le sentiment que c’est un Falloutcraft qui ne s’assume pas, en nous filant malgré tout un pseudo but, quelqu’un à aller sauver, plutôt que se contenter de nous proposer uniquement de la reconstruction et de la gestion de base, un peu comme un Fallout Shelter en surface. En définitive, tout ce que ce jeu m’aura donné envie de faire, c’est de rejouer à un autre Fallout (sauf le 4).

 

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4, Xbox One, PC

Genre : Pas assumé

Développeur : Bethesda Game Studios

Éditeur : Bethesda Softworks

Date de sortie : 14 Novembre 2018

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S.T.A.L.K.E.R. – L’éden du post-apo’

Pourquoi aime-t-on autant le contexte post-apocalyptique, et encore davantage lorsqu’il se présente sous la forme d’un monde ouvert ?

Pour ma part, j’avancerais les raisons suivantes :

  • La liberté totale qu’elle octroie au joueur pour construire son personnage et façonner son aventure ;
  • Un contexte de redistribution des cartes qui permet au joueur de s’émanciper des contraintes sociétales auxquelles il doit habituellement se plier dans la vie réelle ;
  • La lutte stimulante et gratifiante pour sa survie, dans un monde hostile revenu à un certain état naturel, monde que le joueur devra explorer et s’approprier.

On aurait tendance à l’oublier… Dans « post-apo’ », il y a « apo’ »

Il est vrai que l’apocalypse, cette « catastrophe effrayante qui évoque la fin du monde » (dictionnaire Larousse), n’effraie plus vraiment grand monde depuis longtemps, victime d’une certaine banalité due à son recyclage constant dans la culture populaire (cinéma, JV, comics, etc.).

Dans le domaine vidéoludique, les gamers se sont confortablement habitués à elle, malgré (ou à cause de) ses origines et formes les plus variées, qu’elles soient nucléaires, biologiques, climatiques, robotiques, extraterrestres, etc., etc., etc. Au fil du temps, les joueurs se sont tellement bien adaptés à l’apocalypse qu’elle fait désormais partie de leur « zone de confort », un comble !

Et pourtant, il y a de l’espoir pour ceux qui veulent encore ressentir le frisson et l’excitation de la confrontation avec un contexte de fin du monde…

Oubliez un peu le vénérable FALLOUT et laissez-moi vous parler de la fameuse série S.T.A.L.K.E.R. et de son aboutissement, le fantastique mod « Call of Chernobyl ».

La zone entourant le site de Tchernobyl

O.R.I.G.I.N.E.S.

Le roman

Le film

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Stalker, c’est tout d’abord un roman de science-fiction de 1972 des soviétiques Arcadi et Boris STROUGATSKI, titré « Stalker : pique-nique au bord du chemin ». En 1979, le célèbre Andrei TARKOVSKY adaptera le roman sur grand écran, à sa manière… c’est-à-dire de façon très minimaliste et intrigante, avec une portée philosophique très prononcée. L’âme de la série de jeux vidéo y trouve clairement son origine.

L’appel de l’aventure… Petite précision d’usage : tous les screenshots de ce test sont 100 % authentiques, issus de mon périple (toujours en cours) dans la Zone.

C’est en 2007 que les Ukrainiens de GSC Game World sortent leur vision de l’œuvre, avec « S.T.A.L.K.E.R. Shadow of Chernobyl » sur PC qui, malgré un long et éprouvant développement et des attentes élevées, parvient à créer la surprise.

Le joueur suivra la quête d’identité d’un amnésique, retrouvé parmi des cadavres dans un contexte inexpliqué, avec comme piste initiale de retrouver un certain « Strelok ». A cette occasion, il parcourra librement la « Zone », aux alentours de la centrale de Tchernobyl, théâtre d’évènements surnaturels depuis une deuxième explosion ayant succédé à la celle de 1986. Alors que ces lieux n’ont jamais été aussi inhospitaliers, ils alimentent dorénavant les fantasmes d’aventuriers, nommés « stalkers », en quête de richesses radioactives (« artefacts ») et surtout d’un étrange « monolithe », exhausseur de vœux selon la rumeur locale.

A la fois FPS et RPG, âpre et gratifiant, ce premier épisode est surtout agrémenté d’une identité très forte mêlant solitude, poésie, onirisme et authenticité dans sa représentation de son terrain de jeu post-apocalyptique. L’ambiance est une réussite totale, comme la direction artistique qui parvient à pallier une technique toutefois perfectible (bugs, certaines textures, pnj très « raides »), surtout en comparaison d’un étincelant Crysis sorti la même année.

Le grand marais (en haut) et le camp des Clear Sky (en bas)

 

En 2008, le deuxième épisode de la série, préquelle nommée « Clear Sky », améliore déjà la formule avec des graphismes plus fins, une difficulté accentuée, une customisation avancée des armes et de l’équipement et surtout un côté RPG plus poussé, reposant sur un conflit généralisé de factions (Clear Sky, stalkers, bandits, militaires, etc.) avec objectifs et appropriation du terrain établis de manière dynamique. Quant à la Zone, elle demeure aussi étincelante avec de nouveaux environnements particulièrement réussis, notamment l’angoissant marais agrémenté de bases lacustres et du havre rassurant des Clear Sky.

En 2010, la série atteint la pleine maturité avec sa 3ème itération, nommée « Call of Pripyat » et séquelle de « Shadow of Chernobyl », qui améliore tout simplement l’ensemble des spécificités de ses prédécesseurs et parvient à trouver un équilibre remarquable entre action, exploration et rpg. Le joueur, dans les bottes d’un militaire et ancien stalker, participera à un vrai jeu de piste non linéaire autour de la mystérieuse disparition d’hélicoptères de l’armée en profitant de quêtes « à tiroirs » et de nouveaux lieux mémorables comme ce camp établi dans un énorme bateau rouillé, échoué au milieu d’une plaine radioactive.

En haut, un peu de répit dans une base alliée, synonyme de petits profits commerciaux et d’une bonne nuit de sommeil en sécurité. En bas, un hélicoptère militaire certainement bien gardé, l’approche silencieuse doit être privilégiée.

A leur sortie, ces trois épisodes sont quasi-unanimement acclamés par la critique, mon Canard PC favori leur attribuant ainsi les notes respectives de 9, 9 et 15 sur 10 (!).

Ils ont l’avantage de partager un ADN commun remarquablement constitué des éléments suivants :

  • Une « Zone», que l’on pourrait qualifier de « post-apo-post-soviétique » (Canard PC n°146), d’une cohérence remarquable, immense (des dizaines de km²), à la fois belle, mélancolique (architecture communiste dépravée, couleurs automnales de la flore) et glauque (complexes souterrains anxiogènes), maintenant le joueur en alerte par ses anomalies, tempêtes électrisées et surtout redoutables mutants et autres factions hostiles ;
  • Un gameplay « FPS» exigeant avec des fusillades tactiques et jouissives, face à des ennemis souvent en supériorité numérique, au cours desquelles chacun tentera de profiter de couverts et autre effet de surprise ;
  • Une dimension « RPG» sans statistique, où le joueur sera forgé tant par l’adversité que par les rencontres amicales très « couleur locale » (avec dialogues à choix multiples) et consacrera sa progression à travers l’amélioration de son équipement et de sa réputation ;
  • Un aspect « survivaliste» d’une exigence clinique appliquée à tous les mécanismes de gestion des niveaux de faim, endurance, radioactivité, blessures, réputation, poids-usure-customisation des armes et équipements ;
  • Une immersion et une liberté d’action enthousiasmantes pour le joueur qui, malgré l’appel d’une quête principale, pourra « papillonner » au gré de ses aspirations, de ses rencontres avec les factions locales, et d’autres objectifs dynamiques d’exploration, assassinats, libération d’otages, recherche de planques ;
  • Une ambiance extraordinaire faite de marches contemplatives, d’actions musclées, de rencontres apaisantes ou malveillantes, aux relents de « survivor horror »;
  • Une scénarisation, minimaliste et environnementale, à mille lieux des « triple A » occidentaux ;
  • Et, il faut l’avouer, une réalisation souffrant d’un petit cachet « pays de l’Est » à la sortie de chaque épisode (bugs de collisions et scripts, certaines textures, animation légèrement robotique, IA surboostée, etc.) lui octroyant malgré tout un surplus de charme et personnalité.

Toi, t’as pas une gueule de porte-bonheur ! (ps: seul screenshot qui n’est pas de mon cru)

Toutes ces qualités permettront à la série d’acquérir un certain statut de culte auprès d’une communauté très active lui apportant sa bénéfique contribution (de fond et de forme) par des contenus innombrables et de qualité comme les fameux mod « Priboi Story », « Misery » et … « Call of Chernobyl ».

L’Appel de Tchernobyl

 

Du pur « S.T.A.L.K.E.R. »… où la beauté poétique du panorama se mêle à l’hostilité. Ici, j’analyse trois menaces : des bandits sur le mirador à moyenne distance, des pics de radioactivité invisibles et des mutants cachés dans les hautes herbes… Ambiance…

Et nous voilà enfin en décembre 2016. Le site spécialisé « moddb.com » décerne alors son réputé « Mod of the Year » à « Call of Chernobyl » développé par TeamEPIC (devant « Enderal » pour Skyrim, ce n’est pas rien !), ce qui constitue pour moi l’apogée de la série S.T.A.L.K.E.R., l’éden du post-apo’.

Ce mod « standalone » gratuit (il faut installer au préalable Call of Pripyat sur son pc) rend le jeu d’origine méconnaissable, dans le bon sens du terme, formidablement transcendé dans son immersion et réussit tout simplement l’alchimie fantasmée de la « Zone » de S.T.A.L.K.E.R. avec l’aspect bac à sable survivaliste d’un Day Z (en tout cas ce qu’il promettait à sa sortie avant le scandale qu’on connaît…).

Le jeu est beau, profond, immense, intransigeant, immersif… Un appel à l’aventure fantastique dans cette nature si austère et inhospitalière.

Petit extrait de la carte… Immense…

Le tour de force est d’offrir au joueur des km² innombrables de bonheur post-apocalyptique, cette fois sur une zone ENORME réunissant les lieux des 3 épisodes officiels de la série (ainsi que certains passages initialement supprimés par les développeurs de GSC Game World), en surface à l’air libre mais aussi dans des souterrains glauques et suffocants.

La réalisation est rehaussée par des textures photoréalistes et des effets climatiques et sonores des plus saisissants.

En haut, détecteur d’artefact radioactif en main gauche et boulon en main droite pour slalomer entre anomalies synonymes de barbecue instantané. En bas, j’avance pas à pas dans le noir, masque à gaz sur la tête et peur au ventre, cerné de râles hostiles.

Aussi, l’immersion est renforcée par des évènements aléatoires perpétuels, dont je vous laisse la surprise de découvrir, donnant l’impression au joueur d’évoluer dans un véritable macrocosme post-apocalyptique crédible.

Le gameplay devient également plus « hardcore » et d’autant plus gratifiant, avec une difficulté clairement accentuée, de ses combats à sa gestion de la survie (nourriture, munitions, dégradation de l’équipement, radioactivité, anomalies, etc.), en passant par ses sauvegardes (absentes si le joueur choisit le mode « Ironman » et sa mort permanente).

En haut, savoir gérer (rapidement) notre inventaire est vital… Ici, je suis en surpoids total pour ramener péniblement mon butin (des armes) au marchand local. J’ai eu très chaud… En bas, un Stalker se jetant sur sa victime pour en dérober vivres, munitions et autres objets précieux.

Le meilleur pour la fin : Call of Chernobyl offre de manière inédite une totale liberté d’action au joueur qui peut, voire doit (s’il veut survivre), se fixer ses propres objectifs.

Le mod accentue clairement l’austérité des jeux d’origine en termes de scénarisation et constitue une sorte d’anti-Call of Duty, pour notre plus grand plaisir : AUCUNE scénarisation hollywoodienne ou aventure imposée ici, c’est au joueur de déterminer LIBREMENT quel « Stalker » il veut être et devenir.

Chasse à l’homme (gagnée…) dans le cimetière de véhicules irradiés

Lieu réel (AP Photo/Efrem Lukatsky)

Ainsi, par « déformation professionnelle », j’ai initialement choisi d’incarner un « Loner » et de rester neutre (autant que possible) avec les différentes factions rencontrées dans mon exploration. Et cela, afin de survivre assez longtemps pour atteindre le Saint Graal : rejoindre le fameux cœur historique de Tchernobyl, épicentre originel de l’apocalypse nucléaire ayant créé la « Zone ».

Je me suis imposé cette noble quête personnelle, alors que j’aurais pu décider de devenir le plus grand tueur en série de la Zone, aventurier chercheur d’artefacts, ange exterminateur de bandits et libérateur d’otages, chasseur de mutants, voleur de documents militaires ultrasecrets, commerçant d’armes en quête de plus-value, ou tout cela à la fois ! A VOUS de choisir.

L’interface de notre PDA est très complète. Ici, notamment, vous évaluerez votre évolution dans la hiérarchie des Stalkers et votre degré d’appréciation.

A retenir

 

A côté d’un FALLOUT (1, 2 et New Vegas) très « acide » tant sur sa forme que sur son propos, la Zone radioactive des S.T.A.L.K.E.R. offrait déjà le monde ouvert post-apocalyptique le plus cohérent et mémorable, toutes plateformes confondues.

Grâce au mod Call of Chernobyl, la série devient aujourd’hui l’éden du post-apo’, un passage obligé pour tout aventurier. Pourquoi ? Parce qu’il lui permettra de ressentir comme jamais cette solitude et liberté absolue de vivre sa propre quête personnelle de survie en milieu hostile.

C’est gratuit et ça se télécharge immédiatement ici : https://www.moddb.com/mods/call-of-chernobyl/

Moment de calme autour du feu, avant la tempête électrisante… suivie d’une attaque surprise de bandits.

 

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Fallout – La série de l’Apo

Poussée par une crise d’anti no-lifisme, je me décide à sortir dans la rue histoire de me rappeler la couleur du ciel. L’air est lourd, le soleil brille de mille feux et les canards s’ébattent gentiment ça et là pendant que les cygnes surveillent ma marche d’un œil torve. Je me croyais hors de danger, mais voilà que ma radio m’annonce que le nuage nucléaire passe au-dessus de la France. Je m’arrête brusquement, j’ai de nouveau perdu tout rapport avec la réalité. Honte à moi, au lieu de préoccupations bien réelles, ce sont des visions de champignons atomiques, d’humanoïdes verts géants accompagnés de créatures formées de lambeaux de chair avec une tête humanoïde et une de chien qui m’assaillent sans pitié. Je me vois dans Junktown où un chien miteux, voyant que je porte une veste en cuir, se décide à me suivre jusqu’à griller dans une certaine base militaire sous mon regard éploré. Je me vois dans les rues de New Reno, avec les dealers et les putes qui me font de l’œil pendant que des gorilles gardent l’entrée de leurs casinos respectifs. Je sors d’un abri, je me brûle les yeux, j’aperçois le Capitole défoncé au loin. Un panneau m’accueille dans la fabuleuse New Vegas et Dean Martin me demande si Ain’t that a kick in the head, j’ai des as plein les manches et des dés pipés au creux de la main, je veux que cette ville m’appartienne. Je dois rentrer et jouer à Fallout. Tant pis pour le politiquement correct et ma vie sociale. Tant mieux pour ma jouissance. Bon, évidemment, le Japon et Fallout, ça n’a rien à voir. Fallout, ce n’est pas l’histoire d’une  guerre nucléaire ou même des dangers du nucléaire. Fallout, c’est l’histoire de l’Homme et son éternelle propension à guerroyer, en atteste la grave voix de Ron Pearlman à chaque intro des jeux sortis à ce jour : « War. War never changes. » Sur fond des Ink Spots, de Dean Martin, ou de Louis Armstrong… Avant de tenter de répondre à cette question, je me dois de préciser que je suis une fangirl aigrie. Donc oui, je tape allègrement sur Fallout 3, même si je l’ai bien aimé, et je hais les ridicules crêpages de chignon qui s’opèrent entre Bethesda Softworks et Interplay concernant la licence. Mais je refuse d’y consacrer plus de dix lignes. Passons donc… La série a débuté en 1997 avec Fallout premier du nom, successeur spirituel de Wasteland. Elle pose l’éventualité d’un univers alternatif où l’Amérique serait restée bloquée dans un univers rêvé de science fiction des années 50, où se cultiverait la propagande de la parfaite famille américaine, où la technologie militaire aurait explosé et où les bagnoles fonctionneraient à l’énergie atomique. Dans cet univers alternatif, un seul jour de guerre aurait suffi à créer le monde dans lequel vont évoluer, chronologiquement, l’Ancêtre de l’Abri (FO1), l’Être Elu (FO2), le Vagabond solitaire (FO3) et le Coursier (FNV). Et si je puis me permettre l’expression, it is on.

Fallout : Maybe, you’ll think of me, when you are all alone… (Ink Spots)

 

Ça donne envie tout çà

Le jeu se veut donc le successeur spirituel de Wasteland, lui-même produit par Interplay et sorti en 1988. J’avoue ne pas avoir tâté de la bête, je sais simplement que les deux sont des post-apos et parlent de la survie de l’humanité suite à une catastrophe nucléaire et évoluent dans les terres dévastées, soit le fameux « wasteland ». Fallout est lui sorti en 1997 (et sera succédé par sa suite directe neuf mois plus tard) et est estampillé Fallout : a post-nuclear role playing game. Le jeu démarre sur « Maybe » des Ink Spots, une mélodie qui revient me hanter dans mes heures les plus émotionnelles, et fait apparaître pour la première fois le Vault Boy en train d’arroser une plante dans un décor… d’intérieur. Vous savez, ce petit gars blond dans sa combinaison bleue d’abri qui tire un sourire jusque-là en permanence même lorsqu’il est en train de démembrer ses congénères. Ce petit gars vous suivra partout, depuis 1997 jusqu’à 2010, fidèle au poste. Bon, dommage, votre héros/héroïne n’aura  pas une tronche aussi sympathique. Ma petite Chris est une bouillie de pixels, mais je l’aime quand même, de toute manière les autres persos la concurrencent pas vraiment sur le plan esthétique (sauf les méchants. Vindieu). Back à la séquence d’intro : le petit Vault Boy nous fait signe tandis qu’une porte se referme sur lui, les nouvelles défilent sur un écran de télévision perdu au milieu d’une ville en ruines, et les Ink Spots finissent par se taire pour laisser place à l’étouffante et génialissime musique de Mark Morgan et la voix de Ron Pearlman. Welcome to Fallout. Pearlman nous explique posément la situation : l’humanité a déconné pour obtenir les dernières ressources à disposition sur Terre, s’est entre-déchiré, et une journée seulement – le 23 octobre 2077 – a suffi à balayer la Terre de quasiment toute vie. Seuls quelques survivants sont parvenus à se réfugier dans « d’immenses abris souterrains » (comme ce charmant Vault Boy, son arrosoir et ses Ink Spots) et doivent maintenant s’en sortir dans ce nouveau monde bourré de radiations et de créatures mutantes. Sans oublier que war. War never changes.

Et vous dans tout ça?

 

Carte d’un lieu, en l’occurrence celui de votre Abri 13.

Eh bien, vous êtes l’Habitant de l’Abri et vous avez été élevé dans l’Abri 13. Couvé, en somme. Vous n’avez jamais connu le monde extérieur, vous n’avez jamais vu la lumière du jour, et un problème somme toute anecdotique – une puce d’eau pétée – vous force à sortir de chez vous pour la sauvegarde de l’Abri. … ah, attendez. D’abord, y a la fiche de personnage. Merveilleux moment, où les possibilités défilent d’un coup sous vos yeux… pas au niveau du design, certes, quoique vous fassiez votre bébé aura toujours la même tronche de cake. Mais qui voulez-vous créer ? Un gringalet scientifique ? Une brute de base, incapable d’aligner trois mots, mais qui n’a pas son pareil avec les miniguns ? Quelles perks choisir ? A ce sujet, je vous conseille de prendre au moins « brute », vous aurez droit à un merveilleux bonus de séquence de fin. «(***SPOILER*** si tu n’as pas pulvérisé le Superviseur à la fin de Fallout 1 avec un 10 mm, tu as raté ta vie. ***FIN SPOILER***). Y a pas vraiment de règles : vous faites ce que vous voulez, le personnage que vous voulez. Ce ne sera pas un cador en tout, il aura forces et faiblesses, à vous de voir lesquelles. Le jeu est fait de telle manière à ce que vous puissiez régler vos dilemmes et vos quêtes de différentes façons, adaptées à différents types de personnages. Ce qui explique sa rejouabilité, au passage, en plus de l’incroyable ambiance post-apo (sur laquelle je reviendrai). Notez que le gameplay est pas spécialement agréable : l’interface est carrément à chier, l’inventaire est merdique (il classe vos objets selon le moment où vous les trouvez, comme c’est pratique) ; mais le combat tour par tour, bien que plus du tout d’actualité (et si je puis me permettre, c’est fort dommage), est fort appréciable puisqu’il ajoute un aspect tactique aux combats à coups de points d’action et de choix d’armes et d’accessoires à faire de préférence AVANT d’être en plein combat – à moins que vous ne vouliez perdre vos précieux points d’action à aller chercher un stimpak dans l’inventaire alors qu’un Griffemort se trouve à deux pas de vous  ?

On étouffe ici…

Le doyen. Votre chef. Donc celui qui vous file la quête.

Bref, une fois que vous aurez réfléchi à qui vous voulez créer, le jeu commence. Un brave type avec des allures de Père Noël teint en bleu vous briefe et vous recommande d’être prudent et de bien mettre votre petite laine au cas où il fasse froid. Ok. Le jeu commence. Attention, newbies de Fallout, accrochez-vous : c’est très moche. Les graphismes sont hideux et faisaient mal aux yeux même à l’époque. De plus, ce jeu est sorti durant un temps reculé où lire les manuels était utile. Vous n’aurez pas de didacticiel et vous êtes directement jeté dans une grotte pleine de rats hostiles, et si la création de personnage ne vous a pas déjà suffisamment perturbé, le premier contact avec la bête va éventuellement vous en faire un peu baver. Mais allez, un peu de persévérance, je vous assure que vos yeux cesseront de pleurer du sang et que vous écraserez les rats d’un coup de talon d’ici une heure. Non ? Accrochez-vous. L’esprit Fallout serait déçu que vous ne le découvriez pas. Et moi aussi, même si moi, on s’en fout. Je ne tiens pas à trop spoiler le déroulement de l’intrigue, mais ce jeu mérite cent mille fois son appellation de Role Playing Game. Déjà pour le personnage, créé pour un certain style de jeu selon vos goûts ou vos souhaits d’expérimentation. Mais aussi pour cette putain d’ambiance. Cette ambiance ! Corrosive, malsaine, étouffante… Un désert à perte de vue, des routes défoncées, des carcasses de voitures qui servent de barrière à une ville faite en tôles dirigée par Richard Dean Anderson… où le désespoir des gens est si palpable que le moindre choix « immoral » (pour peu que la moralité existe dans Fallout) vous fera déglutir. Fallout dépeint un monde à l’agonie, ou du moins qui se remet difficilement du choc de la grande guerre de 2077. Mark Morgan, au son, a fait un travail admirable, d’une musique qui n’invite pas vraiment à se déhancher  en boîte, mais qui hurle comme l’environnement : l’irradiation, le vent, les tôles qui crissent, tout y est. Jouer à Fallout 1 ne fait pas hurler de rire comme son successeur. Les gens galèrent, nous aussi, et ça se ressent. Mention spéciale à Harold, dans le Centre, qui vous demande des caps pour pas crever la dalle… et demande si le Maître est un thérapeute du sexe. Je me suis longuement gaussée.

Un méchant ? Quel méchant ?

 

Je vous spoile un peu, mais au moins aurez-vous un aperçu de l’interface !

Y a pas de méchant. Du moins pas du genre à éclater d’un rire machiavélique, à annoncer son retour au bout de cinq mille ans en quête de vengeance et à monologuer avec passion en face du héros pendant que celui-ci essaie de choper une pince pour couper les cordes qui le maintiennent prisonnier. Je l’ai déjà dit, je le répète, il est difficile de parler de « moralité » dans un Fallout. Dans celui-là en particulier, peut-être. Et on retrouve ça dans la construction de nos adversaires. Même si le principal antagoniste (le Maître… raah) a sérieusement une tronche de taré, sa logique tient la route pour peu que vous preniez la peine de l’écouter. Il ne pense pas faire le mal, il obéit à ses idéaux et à sa conception des choses, il reste fidèle à lui-même. *** SPOILERS *** Et si vous le mettez devant le fait accompli en lui expliquant en quoi son plan est foireux et ne marchera pas, il ne persistera pas comme un con (ou, j’ose le dire, comme un méchant lambda) : il vient de voir toute l’œuvre de sa vie mise au tapis, et décide dans la suite logique de son raisonnement, d’y mettre fin, à son projet comme à ses jours… vous offrant une magnifique séquence de fuite éperdue au passage, évidemment. Le con. *** FIN SPOILERS ***. Fallout, c’est l’angoisse, le désespoir, c’est ce chien galeux qui vous suit pour peu que vous ayez de la viande séchée ou une veste en cuir en stock. C’est Mark Morgan qui livre une bande-son parfaite, qui plonge parfaitement dans l’ambiance. C’est le Maître, le Superviseur, l’amoralité, le désert post-apocalyptique, et tous ces éléments de RPG qui vous reviennent au coin de la gueule et vous font larmoyer (par pitié, je ne suis pas la seule à avoir versé une larmichette de temps en temps ?!) lorsque que les Ink Spots accompagnent l’Habitant de l’Abri tandis qu’il s’éloigne dans le désert… Voilà que Fallout me rend lyrique. Manquait plus que ça. Mais bon, en résumé, si vous n’avez pas tâté de la bête, allez-y, foncez, ne serait-ce que par acquis de conscience. J’ose espérer que vous y trouverez le même bonheur que moi et que tant d’autres joueurs.

Fallout 2 : « * Results may vary »

 

Là encore çà fait peur !

Nous avions « Maybe » des Ink Spots, c’est à présent au tour de Louis Armstrong de nous chanter « A kiss to build a dream on », mélodie qui m’arrache systématiquement un pur sourire d’extase dès son retentissement, et me donne, immanquablement, une irrésistible envie de relancer cette magnifique bestiole qu’est Fallout 2. La vidéo d’intro pose dès les deux premières minutes l’univers qui vous attend : un mélange d’humour grotesque et noir à souhait, sur fond d’un environnement en restructuration – c’est beaucoup moins désespéré que dans le 1 – que des « méchants » (c’est-à-dire des méchants à la Fallout, donc pas des méchants) vont s’affairer à remanier à leur idée. Néanmoins c’est… différent, c’est le moins qu’on puisse dire. J’ai commencé par Fallout 2, je le trouve épique : mais il a causé des réactions assez vives, que je peux comprendre, de la part des fans du premier opus. Exit l’ambiance désespérée de Fallout, bonjour la loufoquerie, l’humour noir et le sempiternel et jouissif délire de Fallout 2. L’étouffement, l’angoisse, restent présentes, mais pèsent beaucoup sur nos épaules puisqu’on fait constamment tataner la tronche d’easters eggs et de répliques complètement déjantées à tous les coins de rue. Ca a fait grincer des dents. Moi, j’adore. Fallout 2, I love you, you made my life better, and here’s why. Si en vous procurant une éventuelle version de Fallout 2, vous pouvez récupérer aussi le manuel qui va avec, lisez-le. Il contient les mémoires de l’habitant de l’Abri, un vrai plaisir à lire de long en large et en travers. En effet, votre histoire est la suite directe de celle de ce cher héros puisque vous jouez son descendant, un tribal (ou une !) élevé dans le village d’Arroyo, fondé par l’Habitant de l’Abri et une groupe de sympathisants qui le kiffaient tellement qu’ils l’ont suivi dans le désert *** SPOILER FALLOUT 1*** suite à son exil par cet enfoiré de Superviseur *** FIN SPOILER FALLOUT 1***. Et là, même combat… c’est la merde dans le village, les enfants crèvent, et la survie de TOUS LES GENS QUE VOUS CONNAISSEZ dépend de VOUS et uniquement de VOUS. L’Habitant de l’Abri avait été choisi à la courtepaille, vous avez été « élu(e) ». Rien que ça ! Et vous voilà parti avec une pauvre lance, des spores de plante sauvage, des flasques estampillées Abri 13 et une combinaison du même acabit, pour la terre sainte que représente l’ancienne maison de votre ancêtre. Parce que tous ces boulets comptent sur vous. Vous. Êtes. Le. Seul. Espoir. De. L’humanité. Compris ? Alors au boulot ! Une fois encore…

Rien de bien neuf sous le soleil de post-apocalyptic California…

Les mémoires de l’Ancêtre. A lire…

Dû à sa sortie relativement proche de celle du 1 (neuf mois séparent les deux opus), Fallout 2 conserve le même gameplay que son aîné, à quelques différences près, comme une BIEN meilleure gestion des alliés ; exemple tout con, dans Fallout 2, ces derniers apparaissent en vert durant les combats, normal, quoi. Histoire que je ne leur tire pas dessus par mégarde vu qu’ils ressemblent trait pour trait aux loubards qui nous cherchent la merde. Dans Fallout 1, pour avoir cette option, il aurait fallu que je gaspille un des précieux perks gagnés tous les trois niveaux pour que Ian ou Canigou soient entourés d’un halo vert ! Ca va pas, non ? Merci donc à Fallout 2. Autre apport appréciable, un bien meilleur mode de corps à corps, qui permet enfin de s’amuser vraiment avec un personnage spécialisé en armes blanches ou à mains nues. Malheureusement, l’interface est la même, l’inventaire est toujours aussi merdique et question graphismes, pas un chouïa d’évolution. Comme sa grand-mère, mon Être Elue est un amas de pixels maladroitement rassemblés entre eux; dommage, vu son charisme. Ah si, y a une légère variation, l’Habitant de l’Abri portait une combinaison d’abri à la base ; son descendant commence vêtu comme le tribal qu’il est. Vous me direz, l’avantage des graphismes pourris, c’est qu’à défaut d’immersion, on peut laisser déferler l’imagination. Je suis toujours écroulée de rire en lisant les commentaires fait sur le combat après que j’ai donné un coup dans les roubignoles d’un ennemi. C’est peut-être pour ça que j’aime autant le retrogaming…

« Mais… mais ?! »

 

Marcus, l’un de vos potes… enfin, j’espère pour vous.

C’est ce que je me suis dit le plus souvent en jouant à Fallout 2. Ce jeu est un perpétuel délire, bourré de moments wtf-esques, mais le genre bon WTF, ceux qui font hurler « EPIC WIN ». En tout cas, ça a marché pour moi. L’univers est en reconstruction – les Shady Sands, par exemple, un village tout miteux du 1, est devenu la République de Nouvelle Californie. Les gens sont moins malheureux, on a donc logiquement droit à une ambiance moins sombre, moins glauque ; quoique ça arrive de déglutir aussi dans le 2, hein. Mais moins souvent. *** SPOILER*** Dans le lot des moments chtarbés, j’ai nommé : une plante qui parle, un scorpion qui joue aux échecs, un fantôme, une momie qui en fait n’est qu’un humain très irradié enfermé dans un cercueil, le roi Arthur et ses chevaliers en quête du Saint Graal et en possession du JEK que vous cherchez depuis le début mais qu’ils ne veulent pas vous filer parce que… parce que voilà. Difficile, après ça, de reprocher aux fans du premier opus de crier à l’hérésie. Mais Fallout 2 reste un Fallout. En ce sens qu’il garde une fabuleuse création de personnage, et cette notion d’amoralité, les musiques de Mark Morgan à la bande-son, toujours aussi brillant même pour un univers plus civilisé (ex : Vault City), et ne parle au fond que d’une chose : l’homme qui fait la guerre, toujours et en tout temps, même après que le monde est réduit à un tas de cendres nucléaires. Racisme, haine, eugénisme, tout y passe. L’eugénisme était déjà un sujet fortement développé dans Fallout 1, Fallout 2 prend le problème à revers en le dépeignant sous une autre égide (*** SPOILERS*** le Maître voulait créer des mutants mieux adaptés aux terres désolées en laissant dépérir les humains et les goules, l’Enclave, c’est-à-dire le gouvernement américain, veut débarrasser l’humanité de toutes traces de mutants, soit exactement l’inverse. *** FIN SPOILERS***). C’est aussi dans Fallout 2 que l’on découvre le sombre secret de la véritable raison pour laquelle ont été construits les abris antiatomiques de Vault-Tec. Et que, sous une couche de rues propres et de bonnes intentions se cachent, une fois de plus, les plus sombres enfoirés de la planète. Les hommes verts, c’est vilain, mais des types en combinaison ou en armure assistée peuvent faire pire. Faites gaffe à vous. Vous ne ferez aucun choix idéal. Comme son prédecesseur, Fallout 2 fait dans le RPG dans son plus grand éclat, où chaque choix a une conséquence, le politiquement incorrect, le jouissif au possible. Mais cette fois-ci, quand vous rirez, ce ne sera pas d’un rire nerveux face à une situation horriblement gênante et perverse. Vous rirez parce que c’est con, parce que c’est délirant, génial, qu’on voit que les développeurs se sont amusés comme des petits fous et qu’ils espèrent que vous ferez de même. C’est aussi un jeu intelligent, fidèle aux thèmes falloutiens, amoral, glauquen et aux graphismes proprement nazes. Mais un Fallout avec de bons graphismes, ce ne serait pas un Fallout…

Fallout 3 : Le fils prodigue

 

Mais tu m’as encore fait peur !

Mmh. Sujet délicat. Mais je ferai de mon mieux. Fallout 3 a été développé par Bethesda Softworks, qui ont racheté la licence suite à la faillite du studio Black Isle. Le jeu est sorti en 2008. Il était évident qu’avec un tel temps d’attente – dix ans entre FO2 et 3 ! – et avec le projet avorté de Van Buren (la vidéo qui y est consacrée me fait encore chialer), les premiers fans de Fallout ont vu arriver ce Fallout 3 avec un mélange de crainte et d’excitation. Et dans l’ensemble, on a morflé. Pourtant ce n’est pas un mauvais jeu, c’est même très fun à jouer, alors quoi ? C’est quoi le problème, espèce de sale aigrie ? Le problème, c’est son nom. Je ne suis pas la première à le dire, mais je ne crois pas pouvoir mieux résumer le problème que de cette façon. Fallout 3 s’appelle Fallout. Il aurait fallu qu’il respecte le contrat. Et il ne suffit pas d’engager Ron Pearlman pour faire la scène d’intro, de foutre des Vault Boys des effets gore à souhait et des « F words » à tout bout de champ pour faire mature, et encore moins pour faire un Fallout. Fallout n’a jamais été un jeu où l’on se battait… enfin, si, évidemment, mais ce n’est pas le principal. Il est d’ailleurs parfaitement possible de torcher Fallout 1 et 2 sans faire le moindre combat. C’est ça qui était marrant dans la création de personnage et l’évolution du jeu, il y avait une véritable liberté quant à l’histoire que l’on voulait vivre. Là, non seulement faudra bastonner, mais en plus y a du levelscaling. Exit donc le sentiment de puissance qui grandit au fur et à mesure du jeu… pauvre Fallout 3, ce n’est qu’en y jouant que j’ai pris conscience des qualités intrinsèques de ses prédécesseurs qui ne me faisaient pas percuter jusque-là.

Marcher dans les terres désolées, avec Three Dog sur les talons…

Si vous prenez « Bloody Mess », TOUT son corps explose.

Fallout 3 utilise Gamebryo, le moteur graphique d’Oblivion, de la série des Elder Scrolls développés par Bethesda. Aujourd’hui il est dépassé (que New Vegas est MOCHE), mais sur le coup, l’immersion nous en a mis plein les rétines. était Les joueurs de Fallout 3 de 2008 se souviendront de la sortie de l’abri 101, du Soleil qui brûle les yeux du pauvre gamin de l’abri 101, et cette vue en plongée sur Washington DC version post-apo… indéniablement, ça met une claque. C’est beau. Et puis on commence à marcher, on évolue dans cet univers et ça se confirme, l’immersion est au rendez-vous, sans le moindre doute. On est dans le Wasteland, un monde rouillé, dévasté, glauque. On allume la radio et un mec commence à nous faire le topo de tout ce qui se trame dans le coin, avant d’enchaîner sur des airs des années 40 – entres autres Maybe des Ink Spots, clin d’œil à Fallout 1 – pour notre plus grand plaisir. Quoi de plus plaisant que de faire du oneshooting sur des mutants tandis que Billy Holiday chante son amour dans nos oreilles ? Quoi de plus désopilant que d’entendre des musiques patriotiques censées regonfler notre orgueil national sur la radio de l’Enclave ? La radio, pour moi, c’est une super idée, d’autant que je ne suis pas très fan d’Inon Zur qui a fait la compo musicale en dehors. C’est peut-être de la nostalgie par rapport à Mark Morgan, mais je trouve que ses airs ne correspondent pas du tout à une ambiance post-apocalyptique. On me glisse dans l’oreillette cependant qu’il s’est aussi occupé de Fallout Tactics, il faudra que j’aille voir. Dans Fallout 3, en tout cas, mettez la radio. Elle bloque peut-être un peu le côté glauque, mais elle peut amener un ton décalé assez jouissif dans l’univers bien trop politiquement correct du Fallout de Bethesda (ok, ok, je le ferai plus, ça m’a échappé).

Politiquement correct ??

 

Megaton. Et sa bombe nucléaire.

Oh que oui. A part deux trois quêtes que je qualifierai dans ma grande aigreur d’ « oasis falloutiennes », Fallout 3, c’est du manichéisme. Exemple bien connu : Megaton. *** SPOILERS*** Vous êtes sorti de l’abri parce que papa a fait la connerie de partir et ça n’a pas plu au Superviseur qui a lancé ses hommes à vos trousses (wait… what ?). Vous arrivez à la première ville (d’ailleurs à peu près la seule ville du jeu… avec Rivet City), vous vous faites accoster par un shérif black qui détecte votre karma plus vite que son ombre et vous propose au bout de cinq minutes de bidouiller la bombe nucléaire au centre de la ville afin de la désactiver. Hein, quoi ? Passons. Mettons que vous comptez y réfléchir derrière un bon whisky, vous allez au bar. Un type vous accoste et bien que ne vous connaissant ABSOLUMENT PAS, vous propose de faire EXPLOSER la bombe. Pardon, mais WTF ? Franchement, WTF ? C’est à ce genre de choix qu’on va avoir droit ? J’ai pas vraiment de conflit, là. Je répare = je suis gentille, je fais péter = je suis méchant. N’est-on pas censé jouer à un RPG ? Bon, je rengaine mon agressivité, mais cet aspect m’a vraiment déplu. Et puis faire confiance à une gamine inconnue au bout de cinq minutes, franchement… paie le réalisme des NPC. Je sais bien que les jeux en général changent, tout ça, mais un jeu de rôles, ça n’est pas censé donner des choix binaires aussi simples. Il y a quelques choix difficiles, je ne dirai pas le contraire, mais ils sont étouffés par l’univers très, trop manichéen mis en place. Notre papa est un pur gentil. L’Enclave c’est rien que des salauds. La confrérie de l’acier sont gentils… depuis quand ? Bon, c’est une faction à part, soit… mais c’est dommage parce que l’ambiance oppressante de l’immersion est TRES bien rendue et qu’il aurait été génial que le script, les dialogues et les quêtes suivent cette logique. Et puis pourquoi mettre des putes si je peux même pas prendre un peu de bon temps ? Et j’ai vérifié, même avec un mec ça marche pas.

Gros Bill ? Présent !

 

Et ça, ça crève comme une fourmi.

Je haïssais le level scaling dans Oblivion, je le hais dans Fallout 3. Désolée, mais arriver avec mon pauvre 10 mm au niveau 5 dans les ruines de DC et descendre à moi toute seule un supermutant armé d’un minigun, ça me fait grincer des dents tellement fort que je suis surprise que mes voisins n’aient pas été réveillés par le bruit. L’effet immersion est un peu flingué, quand même, lorsqu’une gamine (je fais que des filles, sue me) sans aucune expérience de combat se retrouve dans le coin le plus dangereux de ce côté-ci du wasteland et s’en sort comme une chef au point qu’à peine un mois plus tard, elle sera une pure badass, avec plus d’expérience et de loot que des habitants qui ont fait ça toute leur vie, et deviendra l’une des partenaires privilégiées de la Confrérie de l’Acier soit la plus puissante organisation du coin. Ce n’est pas le seul exemple d’incohérence de Fallout 3. Le scénario en est truffé. *** SPOILERS*** jusqu’à la fin du paragraphe*** Papa, qui a tout fait pour me protéger, me couver, me mettre en sécurité etc, me demande d’aller dans une base de super-mutants pour les flinguer histoire que lui et son équipe de crânes d’œufs puissent entrer sans danger. Euh, pardon ? … Le président de l’Enclave donne l’ordre à ses soldats de ne pas m’attaquer. Son colonel dit “SI ! FLINGUEZ-LA !” et me voilà à courir comme une dératée pour sauver ma peau, tout ça pour me retrouver devant un ordinateur que je convaincs, en cinq minutes, de s’autodétruire et d’emporter sa base avec lui. Un dialogue made in Jedi, vraiment, où un garde me dit « Non, vous passerez pas », que je lui réponds « Allez, laisse-moi passer » et il s’exécute. Ma petite a des pouvoirs magiques ! Là, j’ai ri, j’avoue. Mais j’étais pas censée rire. C’est dommage. La PIRE incohérence du jeu, ceci dit, date d’avant le DLC Broken Steel, où à la fin, quand quelqu’un doit rentrer dans la chambre bourrée de radiations et que je me tourne vers mon pote mutant, il me dit « Je ne peux pas, c’est votre destinée, mon amie. » Si y avait eu l’option, je l’aurais giflé. QUOI ? Je dois crever parce que c’est ma « destinée » alors que tu es IMMUNISE aux radiations, tout ça parce que tu te sens d’humeur poétique ? This is FALLOUT, damn it. *** FIN SPOILERS***.

DLC of doom

I loled. Screenshot du DLC Point Lookout.

Un dernier mot sur les DLC. Déjà, en général, j’aime pas. Mais alors ceux de Fallout 3, pour la plupart, c’est du grand foutage de gueule. J’en compte deux qui m’ont hérissé le poil : Operation Anchorage et Mothership Zeta. C’est du pur shoot, quelques minables heures de vie rajoutées histoire de rendre les fans contents et de vendre un peu plus, qui n’ont pas le moindre intérêt en terme d’histoire ou d’évolution des personnages ou de quoi que ce soit. Le début de Mothership Zeta est marrant, complètement délirant… mais après c’est de la balade dans les couloirs, qui ne sont pas sans rappeler les cauchemardesques couloirs de métro de Fallout 3, où on se perd, où on fait du shoot, et c’est TOUT. Le seul attribut franchement notable de Broken Steel est 1) de pouvoir continuer le jeu après le générique de fin (j’ai jamais trop cautionné, je m’emmerde quand j’ai pas d’objectifs) et 2) de corriger la fin absolument débile du vanilla game. On va pas cracher dessus donc. Sinon, deux DLC fournissent une ambiance intéressante qui vaut le coup d’être au moins zieutée : Point Lookout, dans le Maryland, dans un marais version post-apo, j’ai vraiment kiffé ; et the Pitt, dans l’ancienne Pittsburg, où il n’y ni musique d’ambiance ni radio et qui se conclue sur un choix moral que j’ai trouvé particulièrement difficile. C’est pas mal, même si globalement, aucun ne vaut réellement la peine qu’on débourse spécifiquement pour eux. Maintenant, est-ce que vous devriez prendre l’édition Game of the year avec tous les add-ons… ouais. Bon an, mal an, si vous aimez Fallout 3, il devrait vous procurer un sentiment de plaisir suffisant pour que votre investissement se justifie sans peine. Fallout 3, l’hérétique ? Le traître ? Je n’irai pas jusque-là. On a bien dit que Fallout 2 était un hérétique, maintenant on l’encense pour descendre Fallout 3. Ceci dit, objectivement, on ne parle pas du même niveau en termes de RPG. Et même si Fallout 3 se dit Action-RPG, le côté Role Playing manque. M’étendre sur ce sujet reviendrait à lancer un débat sur « Qu’est-ce qu’un vrai RPG ? », passons donc. Je ne dirai pas que Fallout 3 mérite d’être appelé suite directe de Fallout 1 et 2 ou qu’il est aussi bon qu’eux. C’est pas vrai. Ce n’est pas un jeu de merde,  loin de là, mais il lui manque l’esprit du jeu. Cependant, je serais vraiment une sale hypocrite si je prétendais que je n’ai pas aimé Fallout 3. Au contraire. J’y ai passé trop de temps et je m’y suis bien trop marrée pour prétendre le contraire. Seulement, il aurait gagné, à mon avis, à s’appeler Fallout : Washington plutôt que Fallout 3. De plus, malheureusement pour lui (ou pas), il a été suivi par New Vegas…

Fallout New Vegas : le vrai Fallout 3 ?

 

Tu me fais peu… Oh et puis merde !

Vous me poseriez la question, à moi, vétérane des opus d’Interplay, je vous répondrais oui sans la moindre hésitation. Ce jeu a été pour moi une oasis, le retour du Messie, un aboutissement. FNV est mon Fallout 3. Il retrouve les racines de tout ce que j’ai aimé dans l’esprit Fallout, l’absence de manichéisme, les choix à faire entre deux moindres maux (RIEN ne sera parfait, RIEN, vous ne sauverez JAMAIS tout le monde et vous ne serez PAS un saint à moins de vouloir crever vite et bien) et dont les conséquences s’en ressentiront à plus ou moins long terme… plus l’humour noir, le désespoir grinçant, la musique qui raconte l’environnement (Inon Zur a bien mieux géré que dans Fallout 3, chapeau monsieur… et Mark Morgan !! Que vous m’aviez manqué !). Attention, je ne pense pas, pour une fois, aimer pas ce jeu par pure nostalgie de fangirl aigrie, car ce n’est pas un remix de Fallout 1 ou de Fallout 2. Loin de là. Il sait s’affranchir avec brio de ce qui a fait leur succès pour créer sa propre ambiance, son propre univers, son « feeling » falloutien, exempt de ceux des deux…… ok, des trois premiers. Car non, contrairement à ce qu’on a pu lire ou entendre, New Vegas n’est pas un remix de New Reno, New Vegas n’est pas une espèce de bouillie nostalgique consacrée aux fans de Fallout 2. New Reno était un lieu de divertissement gouverné par le crime et la corruption, New Vegas est une vision d’une Vegas de science fiction telle qu’imaginée dans les années 50, et une dictature. Y a qu’à voir les robots qui vous tataneront si jamais vous faites un pet de travers (ou pas, ça dépend de votre puissance de feu, perso j’ai pas pu). New Vegas, c’est Mr. House et son réseau de robots policiers ; New Reno, c’est des familles qui se mettent sur la gueule. Pas du tout pareil, je regrette.

Je suis une cowgirl solitaire et j’emmerde le reste du monde, y compris ma famille ! (si j’en ai une)

 

Des cowboys et des robots, que demander de plus ?

Commençons par le coursier/la coursière, ce pauvre bougre qui se fait tirer une balle dès la scène d’intro (assez hollywoodienne, je trouve… mais exaltante) par un mec en costard. Pour une fois, on n’a aucun détail sur son passé, à part quelques indices fugaces lancés ça et là et qui veulent à la fois tout et rien dire. Un mot : génial. Dans un RPG, j’aime l’aspect roleplay, et voilà qu’on m’offre une liberté d’action quasi complète en termes d’évolution du PJ dans une ambiance très western. Cette nana qu’on vient de me jeter entre les mains, c’est à moi de forger qui elle est, elle n’a pas de papa médecin qui l’a élevée dans un abri et lui a dit d’être une bonne fille, pas de doyenne tribale qui l’appelle « Être élue » d’une voix rauque, pas de pseudo papa Noël en bleu qui lui demande d’être prudente avant de sortir de chez elle. Elle pourrait être une ancienne pute, une scientifique, une tarée psychopathe, une orpheline, que sais-je… c’est à moi de décider. C’est un des aspects qui distingue New Vegas de ses prédécesseurs sans pour autant partir sur des plates-bandes trop éloignées du jeu original. Et c’est digne d’un RPG. Je kiffe. Ambiance ? Immersion ? Bon, Gamebryo, qui je le rappelle date quand même d’Oblivion voire de Morrowind (même s’il a évolué entre les deux), est toujours au rendez-vous – et c’est MOCHE. Point. Le début du jeu est poussif, voire chiant, et je n’aime pas trop la perspective de refaire une nouvelle partie puisque que je sais pertinemment que je me ferais chier pendant une bonne heure de jeu. Faudra s’accrocher un peu. Mais y a aussi la radio, que j’avais aimée dans Fallout 3 et que j’aime aussi ici, avec Frank Sinatra, Dean Martin et Peggy Lee pour bercer mes balades nocturnes, rien que ça. Dommage qu’il y ait aussi peu de titres, on aurait gagné à une bibliothèque de sons plus variée. Couper la radio reste aussi envisageable puisque, comme je l’ai déjà dit, Inon Zur s’est bien mieux débrouillé pour cet opus, en signant des titres plus proches de l’environnement cradingue qui gémit, comme le fit Mark Morgan à son époque (dont les titres font parfois irruption dans un donjon ou sur les terres dévastées, à noter).

Jouez en hardcore. Et c’est tout.

 

Je voyage toujours avec elle. Oui, ELLE.

Question gameplay, on a une meilleure gestion des alliés bien que pas très optimale grâce à une roue tournante qui s’active dès qu’on les sélectionne et à partir de laquelle on peut leur donner nos ordres ou leur parler. Je me rends compte que je n’ai pas du tout parlé du système de combat de Fallout 3… contrairement aux deux premiers, c’est du FPS, on flingue les ennemis en direct – à moins d’utiliser le V.A.T.S, un espèce de reliquat du tour par tour pas franchement convaincu où l’on voit notre perso flinguer ses ennemis au ralenti, lesquels, en crevant font un insupportable « OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOH » long et poussif. Dommage, New Vegas, c’est pareil, même si l’iron sight n’est pas complètement inutile cette fois-ci (dans Fallout 3, seul le fusil de sniper trouvait grâce à mes yeux dans ce mode). Rendez-moi le tour par tour et la 3D isométrique, par pitié !! Bref… j’aime pas le V.A.T.S, vous m’aurez comprise. Mais les combats sont légèrement plus plaisants que dans Fallout 3, je ne peux pas le nier. Autre mode intéressant, le mode hardcore, qui porte très mal son nom puisqu’il n’a rien d’hardcore, il se contente d’ajouter un poil de réalisme au jeu. C’est-à-dire que votre personnage n’est pas un simple robot qui flingue tout le monde, c’est un être humain qui a faim, soif, sommeil, qui ne récupère pas tous ses points de vie en dormant une heure sur un matelas brinquebalant en plein désert et qui en plein combat ne sera plus protégé par la PAUSE de l’inventaire qui lui permet de se shooter de stimpacks pour être de nouveau indemne alors qu’il vient d’être criblé de balles… puisqu’en mode « hardcore », les stimpacks régénèrent la santé au fur et à mesure et non plus instantanément. Donc, le mode hardcore, vous me faites plaisir, vous l’activez. Et si c’est pas pour me faire plaisir, pensez à vous et votre expérience de jeu.

A défaut d’un Van Buren…

 

Menu de Van Buren, projet original de Fallout 3 avorté.

Fallout New Vegas corrige les défauts de Fallout 3, en termes de difficulté, d’abord, en réintroduisant les aspects RPG ensuite. Ne serait-ce que pour la fiche de personnage, similaire à celle de Fallout 3 mais avec la réintroduction des perks facultatifs des deux premiers et du fait qu’on crée un personnage qui ne sera pas, ou dans une bien moindre mesure que dans Fallout 3, un pur badass sur tous les aspects. On n’aura plus un nouveau perk tous les niveaux mais tous les deux niveaux. Et non, on ne pourra pas flinguer n’importe qui n’importe où dès le niveau 5. Un de mes amis a déploré cela, en prétendant que celui nuit à l’exploration du Wasteland. Ah, ça, c’est sûr, on ne peut pas aller faire du tourisme dans une antre de griffemorts quand on fait cinquante kilos tout mouillés et que notre seul ami est un 9mm pour lequel il nous reste deux chargeurs. Mais j’ai envie de dire que je suis pas là pour faire du tourisme, je suis là pour évoluer dans un univers aussi réaliste que possible, c’est-à-dire cohérent à défaut d’être beau (que ce jeu est moche, je le répèterai jamais assez). Les personnages sont travaillés, la disposition des lieux aussi. On n’a pas tout jeté tout au hasard sur la carte pour faire cool, on a construit un véritable univers. Question scénario, on sent clairement, en évoluant dans ce jeu, toute la frustration du projet Van Buren qui retombe et se dévoile à nous. Il faut rappeler qu’Obsidian Entertainment, le studio à qui Bethesda a eu l’intelligence de confier ce projet (ils ont géré sur ce coup-là et je leur tire mon chapeau) comprend en ses rangs des anciens de Black Isle et plus particulièrement de Fallout, comme Chris Avellone ou Josh Sawyer. Ils étaient ravis de bosser là-dessus et ça se sent.

A retenir

Non, je ne vous ferai pas de blague à base de « What happens in New Vegas… » Plus sérieusement, je ne nie pas que la nostalgie a joué son rôle dans ma perception du jeu, même New Vegas se détache vraiment de Fallout 1 et 2, même en termes d’ambiance. C’est différent, mais il a réintroduit l’amoralité, le glauque, l’humanité crasse qui galère pour s’en sortir chacun dans son coin qui m’avaient tant manqué et qui faisaient l’esprit Fallout, un esprit qui fait cruellement défaut à Fallout troisième du nom. New Vegas, son désert, ses chapeaux de cowboy, ses rangers de la RNC, sa Légion et j’en passe, New Vegas est le Fallout que j’attendais. Il est Fallout 3. L’un des seuls jeux au monde que j’ai peur de terminer pour ne pas avoir un vieux goût de regret dans la bouche, comme lorsqu’on finit une saga littéraire épique. Comme un Fallout, quoi.

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Post-Apocalypse, c’est de la bombe

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L’origine de l’Apocalypse est aussi ancienne que le Nouveau Testament, et plus précisément que le dernier Évangile. Le terme désigne au départ la révélation du Christ aux élus, sans aucune mention de catastrophe. Il faut attendre les Ier et IIème siècles pour y voir son apparition lors du Jugement Dernier. Mais vu que nous ne sommes pas sur un site de la religion catholique, le sens du terme qui nous intéresse est celui plus moderne, à savoir : “une catastrophe d’ampleur planétaire qui annihile l’humanité partiellement ou totalement”. Cela peut être nucléaire, zombie ou encore technologique, la Terre n’est plus très fraîche et les gouvernements tels qu’on les connait ont disparu. Bien sûr, la culture populaire s’est emparée de cet avenir de rêve, du livre au film en passant par le jeu vidéo. Nous allons donc voir quelques grands thèmes de la fin du monde manette en main et savoir si ces derniers savent retranscrire ces cas désespérés. Bien sûr tous les jeux ne peuvent pas être évoqués, seuls quelques grands exemples, qui m’ont particulièrement marqué.

Apocalypse nucléaire

apocalyspe - nucléaire

Même si les premiers écrits faisant mention d’une apocalypse nucléaire datent des années 1910, la popularité de la plus historique des apocalypses augmente à la Seconde Guerre Mondiale. Le projet Manhattan et son application sur Hiroshima et Nagasaki  avec la Bombe A ont terrorisé l’opinion publique, et la Guerre Froide n’a rien arrangé. Le maintien de l’égalité des forces passe par la dissuasion, et les gens de cette époque, surtout aux USA et en URSS, ont vécu dans la crainte d’une guerre nucléaire anéantissant tout sur son passage. D’ailleurs la construction des abris anti-nucléaires a explosé (ahah) durant cette période et les épisodes de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2013) ont relancé cette peur de l’atome, à tort ou à raison. Dans la littérature, la liste des ouvrages sur le sujet est aussi longue que le bras de Dhalsim .On peut citer When The Wind Blows, un « roman graphique » retraçant la vie d’un couple de retraités après une guerre nucléaire totale, mais également The Postman, retraçant la perte des symboles d’une société post-apocalyptique au travers des yeux de son héros.

fallout-3-new-game-wide-hdLa série Fallout est probablement la plus connue des sagas nucléaires. Elle repose sur un univers parallèle où les pires craintes de la Guerre Froide se sont réalisées. Une guerre nucléaire déclenchée par les USA emporte la majorité de la planète, transformant ses habitants en cadavres ou en mutants. Quelques élus néanmoins ont eu la chance de vivre dans des abris construits peu de temps avant la catastrophe, ne sachant pas qu’ils sont les cobayes d’une expérience : créer une race supérieure pouvant vivre à la surface. On joue dans cette histoire un de ces privilégiés tandis qu’il sort de son abri, et ce dernier devra apprendre à vivre en monde hostile. Les suites abordent différentes parties de la société post-nucléaire sous le regard de plusieurs héros, mais restent dans l’optique d’une étude de la société face aux armes de destruction massive, étude poussé par la liberté laissée au joueur de choisir sa voie. C’est l’une des œuvres vidéoludiques où la critique de la guerre est la plus présente.

Metro-Last-Night-HD-WallpapersPlus récemment, le jeu Metro 2033 et sa suite ont montré ce que peut être une société post nucléaire où seule la RATP subsiste. Il y a toujours un contraste entre les souterrains et la surface, mais contrairement à Fallout, les « survivants » ne sont pas des privilégiés mais des réfugiés dans des stations protégées du Metro. Les personnes à la surface sont morts ou ont muté en des créatures nommées « les Sombres », et les contacts entre ces « classes » sont plutôt rares. Pourtant un homme né avant l’apocalypse (Artyom) va se retrouver malgré lui impliqué dans le destin de cet univers dévasté tandis qu’il va se découvrir lui-même. Contrairement à Fallout, l’accent est mis sur l’action et les affaires politiques et militaires aux quatre coins du Metro.

Apocalypse biologique

apocalyspe - bio

Sponsorisée par Roselyne Bachelot, l’apocalypse biologique repose sur l’idée d’un virus/bactérie/parasite qui se répand  au travers d’une épidémie. Les médecins étant dépassés par la propagation fulgurante ne savent pas établir un traitement et l’humanité est décimée. Des poches de survivants existent et vont se reconstruire progressivement. La peur du sujet est assez ancienne, notamment avec la Peste noire en Europe au XIVème siecle, ayant dévasté de 30 à 50 % de la population. Le moyen âge aidant, la religion à (trop) souvent relié ces phénomènes à une colère de Dieu. Plus récemment, nos amis les journalistes ont pris un malin plaisir à dresser un scénario d’apocalypse pour les grippes aviaires et porcines, ce qui montre que la peur la plus primitive persiste même avec les dernières technologies.  L’apocalypse biologique est traité au cinéma sous l’angle sécurité/catastrophe. Au moment où les survivants se savent en sécurité, ils déchantent. On peut citer deux exemples flagrants avec 28 jours plus tard et sa suite 28 semaines plus tard. 28 jours montrent une propagation d’un virus dérivé de la rage plaçant le Royaume Uni en quarantaine, et quand le tout semble éradiqué, c’est de nouveau la panique dans 28 semaines.

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Dans la catégorie jeu-vidéo, il est très dur de parler d’apocalypse biologique sans évoquer The Last Of Us (PS3). Le dernier jeu de Naughty Dog sur Playstation 3 récupère une histoire vraie à son propre compte, celle des « fourmis zombies » contrôlées par un champignon. En effet une étude à dévoilé que le Cordyceps infecte son hôte en se développant dans le corps, en particulier dans le cerveau des fourmis ou autres araignées, induisant un comportement zombie jusqu’à explosion des spores. Eh bien ce scénario délicieux est transposé dans The Last Of Us sur les humains, décimant la majeure partie du monde et cantonnant le reste dans des quartiers sécurisés. Le joueur devient Joel, un homme solitaire qui a tout perdu dans cette horreur, mais qui devra changer lorsqu’il croisera la route d’une jeune fille résistante à l’infection, Ellie.  Le rapport à l’apocalypse est celui d’une question simple : à qui donner sa confiance ?

Note : On peut penser que l’apocalypse zombie peut être considérée comme une apocalypse biologique, mais ce n’est pas vraiment le cas. Dans certains cas un virus peut être à l’origine d’une arrivée de morts vivants, mais dans d’autres le paranormal est de mise, la biologie étant laissée de côté.

Apocalypse par singularité technologique

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Ce qui est appelé l’apocalypse par singularité technologique est la disparition de l’humanité par une unité centrale ayant pris le contrôle total des machines ou des humains eux mêmes, souvent une Intelligence Artificielle. L’idée suggérée est qu’un jour, le développement informatique puisse créer un système plus intelligent que celui qui l’a créé, même si l’idée de développement implique de donner de l’intelligence. Mais ça n’arrête pas certaines imaginations, et dans la peur de la technologie, deux sagas se sont distinguées au cinéma. La première raconte l’histoire d’une humanité réduite en source d’énergie pour des machines ayant conditionné toute vie à une simulation informatique et comment un homme nommé Neo va se dresser contre ceci et tenter de sauver l’humanité. La deuxième explique comment Skynet, une intelligence millitaire, devient autonome, détruit tout sur son passage et tente d’écraser la résistance avec des cyborgs. Vous aurez sans doute compris qu’il s’agit de Matrix et Terminator. Dans les deux cas, des jeux vidéo en ont été tirées, et malheureusement seulement les plus mauvais rentrent dans le post apocalyptique.

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Enter the Matrix (PS2/GC/XBOX) est la plus grande déception des adaptations de films. Annoncé en grande pompe par les frères/soeurs Wachowski, le jeu a eu la prétention de se placer en temps qu’une partie de Matrix Reloaded et non comme une adaptation. Le budget a de ce fait explosé, et les acteurs de la saga ont tous de prêt ou de loin participé au développement (Neo/Morpheus/Niobe/…), même l’histoire a été supervisée par l’équipe du film. Mais comme pour Alien Colonial Marines, faire un titre prétentieux sans soin derrière est casse gueule. Et le jeu en lui même est plombé par ses bugs. De plus, l’argument principal des films est une tension provoqué par une lutte des humains pour leur liberté qui ne semble ni perdue ni gagnée ce qui permet de rester attentif à la situation. Dans le jeu on fonce dans le tas, on tue X ennemis, on joue au ralenti “bullet time”, et on passe à la salle suivante. Le côté survie dans le monde des machines et la liberté sont réduits à zéro.

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Il y a eu énormément de jeux Terminator de l’Amiga à maintenant, mais tous se passent avant le Jugement Dernier, il est donc impossible de les classer en post-apocalyptique, la seule exception étant l’adaptation du 4ème épisode. Terminator Renaissance (PS3/360) ne fait pas honneur au support de base. Bien sur, la série des 3 premiers films ne verse pas dans la psychologie avancée, mais il y a une cohérence sur l’arrivée du Jugement Dernier et les actions pour l’empêcher. Après l’apocalypse, avec Renaissance, le contexte est différent avec une bataille pour une survie. En ce qui concerne le jeu vidéo, les développeurs se sont dits « Machines agneuh trop bien » et ont donc fait un banal shooter. Le pire est le rapport de force entre la résistance est les machines de Skynet. Au cinéma, les résistants menés par John Connor sont en infériorité numérique mais déterminés et rusés. Dans le jeu le sentiment est que les résistants deviennent les Terminator, et qu’au-delà des bugs, il n’y a aucune tension dans la bataille.

Apocalypse naturelle

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21 décembre 2012, a vous dit quelque chose ? L’avenir Aztèque, sombre sous les eaux, sauf si l’on se cache dans un village du sud? Pour ceux qui gardent leur calme devant le pire canular du centenaire, c’est un exemple parfait de ce que peut être une apocalypse naturelle. Un ensemble de catastrophes naturelles frappent en même temps et, n’écoutant pas GreenPeace, nous avons laissé le robinet ouvert, ce qui empire les choses. Un autre exemple plus que connu est celui de la météorite ayant fait beaucoup de mal  il y a 65 millions d’années aux dinosaures. Ca parait évident, mais dans le domaine du cinéma, 2012 est le film de l’apocalypse naturelle. Ce n’est pas une œuvre exceptionnelle, mais le contexte est là, tout explose et se déverse sur les pauvres personnes. On peut retenir aussi la Nuit de la Comète et WaterWorld.  Pour les livres, tout ce qui est lié  Côté jeu-vidéo, le thème de l’apocalypse naturelle n’est pas tant exploité que ça. Les deux exemples sont d’ailleurs plutôt récents avec d’un côté Disaster Day Of Crisis et de l’autre I Am Alive.

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Disaster Day Of Crisis (Wii) est un jeu conjugant deux types d’apocalypse: nucléaire et naturelle. Pour le moment seule la deuxième est effective : plusieurs catastrophes naturelles frappent le même jour, et un groupe terroriste nommé SURGE profite du chaos. Il s’empare de nombreuses têtes nucléaires et demande un rançon au gouvernement Américain sous peine de toutes les lancer. L’implication du joueur, un ancien du FBI nommé Ray, intervient tandis que ce même SURGE capture la soeur d’un ex partenaire mort dans un volcan par sa faute. Notre héros reprend donc du service et espère se racheter pour ses erreurs passées. La tension est double dans ce jeu, car il faut faire face aux conséquences des dégâts naturels et empêcher une nouvelle catastrophe sous un temps très court.

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I Am Alive (PS3/360) raconte sa propre apocalypse dans un futur proche. Un événement appelé « l’Evénement », déclenche une multitude de tremblements de terre aux quatre coins du monde. Tout se raréfie, et la population commence à se battre violemment pour chaque ressource. Dans ce contexte, le joueur incarne un homme ayant survécu et faisant tout pour retrouver sa famille. Il va trouver sur son chemin d’autres survivants, aller de surprises en déceptions mais toujours avec l’espoir d’être enfin réuni avec ceux qu’il aime. Ce qui est intéressant dans le cadre de ce dossier, c’est la très grande simplicité du personnage principal. Il n’a pas de nom, pas d’armes explosives, et pas de super pouvoir. Il est perdu et va se battre jusqu’à bout.

Apocalypse zombie

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Qualifiée de plus grosse overdose de ces dernières années, l’apocalypse zombie a envahit tous les écrans et pages qu’elle pouvait atteindre. Elle part du principe qu’un agent pathogène d’une source isolée (animal, expérience,…), s’est répandu par infection à la population. Celle ci provoque une rage, une nécrose ou autre, et les pauvres malades ont une grosse faim de chair humaine. Bien sur personne n’est préparé, et suite à la panique générale personne, même dans les hautes sphères, l’apocalypse n’est totale. Les seuls survivants se battent avec les moyens du bord. Dans le domaine du jeu, pas de bol aucun Resident Evil ne rentre dans les critères. En effet, toutes les attaques biologiques se sont concentrées sur une localité, et à chaque fois les autorités politiques sont toujours présentes. Mais certains autres jeux se démarquent.

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Le jeu le plus intéressant vis à vis de cette fin du monde est DayZ (PC). FPS reposant sur une modification du jeu de base Arma II, il en garde une exigence et un réalisme assez poussé. Le but du jeu repose sur une apocalypse zombie, et sur le dilemme qu’impose la survie dans un champ de ruines. Mais contrairement à un Left For Dead où l’on s’en sort à coup de flingues en pouvant toujours courir après 20 morsures, ici tout est millimétré. Nourriture, soif, point de vies et humanité, on suit l’évolution de notre personnage avec une certaine pression. D’autant plus que d’autres survivants sont présents, et si les zombies sont la première menace, les interactions avec les autres joueurs sont difficiles. Amitié? Protection? Balle dans la tête? On ne peut pas savoir comment va réagir l’autre et la méfiance est permanente.

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The Walking Dead (TellTalle Games PS3/360/Iphone/PC)  se base lui sur un point de vue très romancé de l’apocalypse zombie. On ne s’embarrasse avec des points de vie, le but ici est de gérer les relations avec les autres survivants. Au moyen de dialogues, l’aventure pourra évoluer dans de nombreuses directions tandis que les alliance se font et se défont. Faut il sauver un père ou son fils ? Faut-il faire rentrer des survivants dans un abri au risque qu’ils soient infectés ? Les zombies prennent au final une place assez réduite dans l’histoire au détriment des questions d’éthique.

A retenir

Tout comme la littérature ou encore le cinéma, le jeu-vidéo a su retranscrire les différentes catastrophes que l’humanité a pu craindre (presque) sans accroc. Chaque indemne est traité : comment vivre avec soi même, comment vivre avec la société, comment vivre avec la menace… Et même si les médias traditionnels prêtent aux jeux vidéos des intentions débiles, voire dangereuses, on peut voir comme pour le cinéma que les sujets pesants peuvent être aussi bien traités. De nombreuses surprises existent dans le domaine, mais le mieux c’est encore d’y jouer.

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Fallout : une série en dent de scie

Parmi toutes les séries de RPG que nous proposent les éditeurs , FALLOUT fais figure de monstre du genre. En effet, rares sont les séries à atteindre une telle notoriété. Rien que la prononciation du mot FALLOUT évoque pour de nombreux joueurs un monde où la liberté d’action et d’exploration sont quasi infinies, mais également des batailles qui vous tiendront en haleine de nombreuses heures, une tension de tous les instants, et surtout un jeu de ROLE au sens propre du terme, avec une vraie liberté d’action, ou encore ces traditionnelles acquisitions de compétences comme il n’en existe plus beaucoup. Mais que dire également de la personnalisation complète de votre personnage ? En effet, dans tous les Fallout vous pourrez choisir le sexe de votre perso, mais également ses forces et faiblesses. A vous de voir si vous voulez jouer un perso maniant l’art de la guerre à la perfection, ou un petit intello fragile plus à l’aise avec un ordinateur qu’un bon vieux flingue ou autres armes de destruction massive. A l’heure ou le RPG à tendance à se placer plus du coté spectaculaire que du jouissif, FALLOUT est une bouchée d’oxygène pour tous les fans de rolling player game des premières heures.

Qu’est ce qui fait que Fallout est une série adorée à travers le monde?

fallout-1024x576Tous d’abord le contexte dans lequel vous évoluerez. FALLOUT est un RPG ( puis un action RPG à partir de la playstation 3 ) qui se situe dans un monde  post apocalyptique. Votre progression sur l’ensemble de la série se fera au États Unis d’Amérique. Suite à une guerre nucléaire, ce grand pays est ravagé dans son ensemble. Si l’Europe est touchée elle aussi ( de brèves allusions y apparaissent de temps en temps ) vous n’en saurez pas plus et vous vous concentrerez sur la traversée des states. Votre parcours sera bien évidement jalonné de rencontres en tous genre, tantôt des humains qui on survécu à la catastrophe et qui essaient de refaire leur vie dans ce lieu désertique, tantôt  d’autres qui sont devenus de vrais voyous et qui n’hésiteront pas à vous tirer dessus pour essayer de récupérer votre équipement et votre monnaie (des capsules en l’occurrence). Mais vous ferez également la connaissance de goules (des humains modifiés suite au retombées radioactive) ou autres bestioles en tous genres ( radcafard, super mutant ou robot dejantés…). Le saviez vous, la série fallout subit les influences de série comme mad max ou apocalypse 2024 par exemple pour le cinéma et du jeu wasteland également. Pour ma part, ce type de scénario ma toujours inspiré, que ce soit dans le domaine du cinéma, ou celui du jeu vidéo.

Historiquement parlant, FALLOUT se projette dans un futur qui aurais pu être le notre si la guerre froide n’avait pas été stoppée. En effet, dans les années 80, le monde vivait dans la crainte d’une guerre nucléaire, entre les deux géants qu’étaient les États unis et l’ex URSS. La série reprend à mon sens un peu de ce fait historique, en le modifiant largement. Vous savez qu’une guerre nucléaire à été déclarée à l’échelle mondiale ( la chine, la Russie et l’Europe sont concernés), mais personne ne sait qui à dégainé le premier… La série FALLOUT est composée de 5 titres principaux, a savoir FALLOUT 1 et 2 sortis sur pc, et FALLOUT 3, FALLOUT NEW VEGAS et récemment FALLOUT 4. En plus de ces 5 jeux, nous pouvons trouver FALLOUT TACTICS sur pc, FALLOUT BROTHERHOOD OF STEEL sur ps2 et xbox, sans compter tous les titres optionnels disponibles pour les derniers épisodes en date.

FALLOUT PREMIER DU NOM

Capture

FALLOUT premier du nom, est sorti sur nos pc en 1997. Comme abordé un peu plus haut, ce dernier se veut le digne successeur de WASTELAND , produit lui aussi par interplay entertainement 11 ans plutôt. En lançant ce hit vous êtes accueilli comme il se doit par Ron Perlman qui vous explique concrètement la situation. Suite à cette guerre nucléaire, les états unis sont totalement dévastés, et certaines personnes se retrouvent à vivre dans des abris souterrains construits par la société Vault Tec. Pas de chance, vous êtes l’habitant de l’abri numéro 13, et là vous apprenez que la puce chargé de filtrer l’eau de votre abri viens de tomber en panne. Ni une ni deux c’est vous qui êtes choisi pour aller en dégoter une nouvelle. Une fois votre personnage configuré vous quittez votre abri pour vous confronter à la dure réalité. Rentrons directement dans le vif du sujet, le jeu est graphiquement très moche, peut importe que vous créiez votre perso ou que vous en choisissiez un déjà tous prêt, vous verrez pas la différence (hormis si cette une fille), l’inventaire est d’une nullité affolante (ce dernier classe vos objets dans l’ordre ou vous les trouvez sans vous laisser le choix de pouvoir les reclasser selon vos envies). De plus il est fortement conseillé de lire le manuel, car les didacticiels son totalement absent et vous serez tout seul devant votre écran à batailler comme un damné pour comprendre quoi que ce soit. A coté de ça, FALLOUT se révèle être une véritable petite bombe…atomique. Depuis des années maintenant je peste contre les éditeurs de rpg car le système de combat au tour par tour se perd, et dans FALLOUT le tour par tour est magnifiquement bien géré, vous déplacez et faite combattre (ou pas) votre perso via un système de points d’action. Que vous attaquiez ou consommiez un stimpak vos points d’action baisseront. Bref une bonne dose de tactique qui ne fait pas de mal.

play-fallout-1-on-windows-7Une fois tout ça digéré, vous vous confrontez à la dure réalité de ce monde à l’agonie. L’ambiance est corrosive, malsaine, étouffante… Un désert à perte de vue, les radiations, des routes défoncées et des carcasses de voitures qui servent de barrière à une ville faite en tôles. Des personnes au comble du désespoir qui font ce qu’ils peuvent pour s’en sortir. FALLOUT montre un monde à l’agonie, qui ne s’est toujours pas remis du traumatisme subi lors de la dernière grande guerre. En plus de ça rajoutez une bonne dose de super mutants qui ne pensent qu’a éradiquer le genre humain, des scorpions venimeux au cœur du désert ou autre griffemort et ça devient vite un bordel sans nom. Petite éclaircie pour vous, vous pourrez vous faire des alliés histoire de pouvoir discuter paisiblement pendant votre traversée du désert.

pc-44248-41337707878Ce qui caractérise également FALLOUT 1er du nom (et toute la série en fait), c’est sa formidable durée de vie. Ici aucun code de conduite, vous jouez comme vous le sentez. Vous avez un quête principale à accomplir, mais vous pouvez la délaisser et vous afférer à vos quêtes optionnelles si vous le souhaitez, pour la reprendre plus tard. Autre fait notable, l’immoralité qui règne dans FALLOUT. En effet vous pouvez choisir de tuer ou non qui vous semble. Le premier passant venu peut faire les frais de votre énervement. Une fois ce dernier mort, vous pourrez le dépouiller sans aucun scrupule. Attention quand même à ne pas faire n’importe quoi non plus. En fait vous devrez gerer votre karma au mieux, car si ce dernier est trop mauvais, il vous sera impossible de finir certaines quêtes. Tout est fait pour vous laisser une totale liberté, ce qui a pour effet de vous pousser à refaire le jeu différemment de votre partie précédente. Pour info comptez environ 80 heures pour venir à bout de FALLOUT. Notons également une bande sonore qui ne vous fera pas monter au rideau, mais qui vous met parfaitement dans l’ambiance. De toute facon on ne joue pas à fallout pour sa bande son ou ses graphismes…

Mon but à travers cette présentation n’est pas de vous raconter le jeu en lui-même, mais de le faire découvrir.Malgré son age avancé je ne peux que le conseiller. Si vous n’êtes jamais allé dans le monde de FALLOUT c’est peut être le moment…

Fallout 4, a tone down Wasteland?

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Last release of a huge amount of AAA games in 2015, Fallout 4 was also the first development from Bethesda Studio since 2011 with Skirym.  But the last game from the Rockville studio has been the last part of a huge marketing plan, starting with Fallout Shelter. This smartphone game, even if a basic one, was spreading faster than the Playstation 4. A marketing plan so successfull, that on the first week of sale, Fallout 4 sells millions of copies. For good?

Original Bethesda Seal of Quality

Nintendo_SOQIf you need to remember one thing from the 1983 video game crash, it is the huge amount of poorly made and poorly respectful games. To avoid this isssue, Nintendo created some years later the Original Seal Of Quality. Directed by the president of Nintendo himself, Hiroshi Yamauchi, this seal means that developers and publishers has to work on their game to give the best quality, with a restriction of 5 games a year. It will help the NES to conquer the world by setting a quality standard for the industry. Why did we mention it on a Fallout 4 review ? For one simple reason: i think that Fallout 4 wouldn’t have this seal back in the day. Not the Nintendo manufacuring seal, but the NES one. We can argue that Captain Planet or Silver Surfer were bad games on the NES, but at least they were finished games. And to raise the question of Fallout 4 not meeting 1985 quality standard is a shame.

Holidays in Massachusetts

fallout 4 (8)When you launch Fallout 4, you have to create you own Shepard…i mean character. The background with characters talkng is nice, and the possiilities are nice if you are not “too crazy”. And by “crazy” i mean that the game is not able to handle long hair on Playstation 4. But with the modding community, this issue will be solved soon. You then found you parentship, introduced by crashing and poorly written dialogs. The next events are well known : alert, escape to the shelter, explosion, etc. You wake up from your cryongenisation,  where your beloved one  has been shot and your kid has been kidnapped. The journey begins.The first minutes in the open have not hyped me.

Tiens, un chargement.

Tiens, un chargement.

Only dead trees with a grey skybox, and a low texture grass is around swamps with a streched texture. 3D models have a weird behavior : they go into a direction, turn 90 degrees, wait, run without moving, stop, wait, etc…  Their bovine eye look at the ugly sky, wondering many things : How did we get here ? Inside an unoriginal, ugly, uninspired game. How Bethesda, with the succes of Skyrim, took the same 4 years old engine, on a new console generation ?It’s the same thing for the last 3 Fallout : take the last Elder’s Scroll engine, and pray for nobody to notice this. It was ok with Oblivion, as the technical progress excuse the poor artistic choices. But now Skyrim has set new standards, and if you cut moutains and replace them with generic landscape and dead trees, you have Fallout 4. The Skyrim charm has changed to a generic post-apocalyptic game. Not like Metro 2033 or Stalker, but with the imagination of a 5 year old.

We can say that the graphics don’t make a whole game, so let’s talk about fight sequences.

[COUP DE COEUR] Les premiers Fallout de nouveau dispo sur Steam

350px-Fallout2_screen03Il y a quelques mois Fallout, Fallout 2 et Fallout Tactics avaient disparu de steam. Une bien mauvaise nouvelle surtout que ces jeux avait été donnés durant quelques jours en décembre.  Les voici donc de retour depuis aujourd’hui. Si vous avez raté la période de gratuit, c’est dommage pour vous, car il va falloir raquer (5€ par épisode en ce moment car en solde). C’est tout de même l’occasion de récupérer les titres fondateurs de la série. On est d’accord, c’est en attendant Fallout 4 ^^.

[REFLEXION] Un gamer dans la ville

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Comme tout être vivant, un sprite se définit dans un cadre d’au moins deux dimensions: le temps et l’espace. Nous avions déjà évoqué dans ces colonnes le voyage dans le jeu vidéo, traitant ainsi des composantes sus-citées. L’une des parties était dédiée à la ville. Terrain de jeu à la fois accessible et riche, la cité a eu souvent son droit dans le jeu vidéo. On y a peur, on s’y bat, on s’y amuse, on s’y promène, on la façonne à notre image.

Terre de tous les dangers

gta4_01Le beat’em all doit ses lettres de noblesse à la rue. Lieu de vengeance et de malfaisance, elle a abrité les joutes sans règles de Double Dragon et Streets of Rage. Ici, la ville est sale, corrompue, mal fréquentée, le territoire du non-droit, et le joueur doit être le héros-nettoyeur. Pourtant, il n’en sera pas toujours de la sorte, puisque que la série des Grand Theft Auto permet de faire fi des règles sociales, du moins de les transgresser, dans le but de laisser libre cours à son envie de jouer sans limite dans un cadre pourtant policé. Quoi qu’il en soit, la ville devient le théâtre idéal de tragédies, d’histoires de violence et de vengeance. New-York enneigée sert de cadre à la déchéance de Max Payne, contrastant avec la noirceur du scénario mêlant des thèmes comme la drogue, la dépression et la perte d’un être cher. Lors de son exil au Brésil, l’asymétrie est créée par sa chemise à fleurs et le soleil auriverde. Petit à petit, l’envers du décor se dévoile, fait de machinations industrielles et de complots, comme peut le faire la saga Deus EX friande des conflits d’intérêt. Old Snake, quant à lui, doit composer avec une ville du Moyen-Orient en ruines et en proie à un conflit armé. Mais même au temps de sa splendeur, un assassin chauve (Hitman), masqué (Dishonored) ou capuchonné (Assassin’s Creed) peut s’y promener et sévir.

[INTRO DU SERPENT] Fallout

Nous sommes en 1997. Final Fantasy VII fait plaisir sur console, mais sur PC, c’est un tout autre RPG qui fait rage. Et si la cinématique d’introduction de FF7 nous met dans l’ambiance, que dire de celle de Fallout ! Un jeu absolument énorme (dans tous les sens du terme). Une liberté incroyable donnée au joueur, une superbe ambiance dans un monde que l’on decouvre au fur et à mesure de l’aventure. J’ai rarement été aussi accroché par un jeu. Une fois fini on a envie de le recommencer en jouant différemment. Si vous aimez les jeux de rôles et que vous n’y avez pas joué, il faut y remédier le plus vite… Tiens, et si vous commencez pas la scène d’intro ?

Le Serpent

[INTRO DU SERPENT] Fallout 2

Je ne comprends toujours pas pourquoi seul le PC nous permet de jouer à des RPG où tout est possible. Quel plaisir de buter le marchand pour lui voler ces armes… Bref, un RPG extraordinaire dans l’univers de MAD MAX Rétro-futur, une durée de vie énorme, une bonne difficulté, un choix de personnages important, des quêtes intéressantes et une trame classique mais prenante. Un RPG qu’on aimerait retrouver sur console next gen car, malgré quelques bug parfois frustrant, la qualité du jeu est présente. Tout une ambiance parfaitement retranscrite dans la scène d’introduction. Rétro-futurisme à gogo et années 1960 en force, voici la scène d’introduction de Fallout 2 !

Le Serpent