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Her Story est une histoire. Une histoire pas comme les autres, une histoire avec sa part d’ombre, une histoire avec ses secrets, ses replis, Her Story est une histoire, son histoire. mais Her Story, c’est aussi un jeu, un jeu pas comme les autres, qui plonge ses racines loin dans les replis de la Playhistoire, qui sent bon le tube cathodique, les rêves de révolution du LaserDisc pour l’industrie vidéoludique, les espoirs toujours vivants du cross-media. Un jeu d’aventure ? Peut-être, mais une aventure déjà vécue, qui sourd à la surface, attend d’être découverte, se dévoile par jeu de reflets fragmentés. Un jeu de rôle ? Assurément, mais pourtant en aucun cas un RPG. Her Story est original et familier, et c’est avant tout une histoire. Son histoire…

Dans un bureau d’archive policière…

Sur l’écran bombé d’un ordinateur loin de nos standards HD actuels, dans lequel se reflètent les néons blanchâtres de la salle d’archive du commissariat où se mêlent les odeurs de tabac et de café, de sueur et de poussière, un moteur de recherche désuet affiche le mot « murder », me donnant accès à cinq vidéos, cinq extraits d’interrogatoires. Les extraits sont courts, ne se suivent pas, mais la personne interrogée est la même, malgré les changements de vêtements, c’est elle, assurément… Sur le bureau de l’ordinateur, un fichier « read_me » m’explique le fonctionnement du moteur de recherche, la façon dont les archives de chaque affaire ont été numérisées et fragmentées afin de permettre recherches plus efficaces et plus spécifiques pour les procédures judiciaires notamment.

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Mais je n’ai que faire du coté pratique! Au contraire, ce moteur de recherche me complique la vie, incapable de me donner accès à plus de cinq vidéos liées à un ou plusieurs mots-clé, quel que soit le nombre réel de vidéos concernées, nombre indiqué systématiquement, comme pour me narguer… Mais rien ne sert de se plaindre, il va falloir faire ruser, travailler avec les limites imposées, trouver les combinaisons pertinentes qui me permettront de faire sens dans tous ces extraits comme autant de facettes d’une histoire plus sombre, plus complexe qu’il n’y paraît. Et restons de bonne foi, la présence du Database Checker, qui m’indique le nombre total de vidéos disponibles, et qui coche au fur et à mesure celles que j’ai vu, en laissant la dernière en surbrillance m’est d’une aide considérable. Avec un peu de jugeote, une utilisation intelligente du moteur de recherche et des annotations que je peux ajouter à chaque vidéo, je devrais m’en sortir. Je n’ai pas le choix. Il faut que je sache, que je comprenne…

Beauté et simplicité post moderne

Oui, je sors les gros mots, à cette heure-ci, c’est comme ça! Comme décrit plus haut, le game system est des plus simples, certains diraient limité. Un moteur de recherche, et des vidéos qui deviennent accessible en fonction de ce dernier. Le nombre de vidéos est annoncé d’office, via un des items du bureau, le « Database Checker » qui, comme son nom l’indique, m’indique les vidéos débloquées sur un tableau, afin d’en clarifier la chronologie. Les petits malins auront tôt fait d’aller numéroter les vidéos en fonction, car le moteur de recherche prend en compte les annotations que le joueur ajoute aux vidéos. Bref, simple comme « bonjour », ou en l’occurrence « murder ». D’autant plus que pour finir le jeu, point besoin de tout débloquer, il suffit d’obtenir le segment final. Facile, donc, et a priori limité en terme ludique… A-t-on affaire à un pétard mouillé ? A un jeu chiant ? Peut-on parler seulement de jeu, vu son mode opératoire et les limites en terme d’interactivité ? Laissons cette question en suspens un instant.

On pourrait craindre l’ennui, en lisant simplement le descriptif de game system, mais ce serait oublier un double point essentiel : l’écriture de Sam Barlow, et par extension, la performance d’actrice de Viva Seifert. Car tout est annoncé dans le titre, Her Story. Son histoire. Et celle-ci prendra très rapidement le pas sur nos doutes pour s’imposer par sa force dramatique. La justesse du jeu de Viva Seifert est vraiment impressionnante, un dosage exemplaire entre les éléments de script et la mise en avant d’indices et de mots-clé potentiels. Et cette façon de mettre en exergue sans casser l’immersion est propre à la performance d’acteur – d’actrice, pour le coup -. Il suffit de comparer ces scènes rondement menées à leurs analogues virtuels dans L.A. Noire par exemple, où l’on doit deviner si le suspect interrogé ment ou non via de « subtils » indices comportementaux. La précision permise par les machines actuelles en matière de photoréalisme est vraiment impressionnante, indéniablement, mais ne permet tout simplement pas ce degré de performance, pourtant capturée via une caméra analogique de définition discutable. Car ne l’oublions pas, les archives consultées proviennent de l’an de grâce 1994. Soit un an après la sortie d’un jeu que tout semble séparer de Her Story, et qui pourtant méritent d’être mis en parallèle, ne serait-ce que dans une opposition révélatrice.

Voici, une fois de plus, un jeu qui va être difficile à appréhender tellement il a pu diviser les foules et les critiques. Fahrenheit est le second jeu du studio de développement quantic dream, un studio Français basé à Paris. Sorti en 2005 et édité par Atari, ce jeu fait parti de ceux à double tranchant, soit on adore et cela fait parti d’un de nos jeux préféré, soit on déteste et on ne prend même pas la peine de le finir. Autant le dire tout de suite, je fais parti de la première catégorie de personne. Alors soyez averti !

Qui es-tu ?

Le début du jeu, du grand art, nous met tout de suite dans le bain.

Commençons par le plus grand paradoxe de ce jeu. Il est bourré de défaut et pourtant diablement excellent. Vous trouverez cela bizarre n’est pas ? Mais la seule façon de se faire sa propre opinion est encore de l’essayer. Malgré tout je vais essayer d’exposé au mieux le déroulement d’une partie. Comme dans tout bon jeu cinématographique, on est jeté dans un univers, un environnement, et on contrôle un personnage dont on ne connaît rien : Lucas Kane. Ce dernier, en apparence possédé, tue un homme dans les toilettes d’un restaurant de l’east end, à New York, sans motif apparent. L’objectif de Lucas Kane sera alors de savoir pourquoi a-t-il fait ce geste fatal. On est directement jeté dans l’ambiance.