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Cinématique, Bibi à Alexandrie

Le mois dernier ressortait Final Fantasy IX sur Nintendo Switch et Xbox One, l’occasion pour les deux constructeurs d’accueillir l’un des piliers du J-RPG 3D de l’époque PlayStation. Si, de ces trois jeux, chaque épisode trouve une place particulière dans la mémoire des joueurs pour des raisons toutes différentes, force est de constater que ce qui a été identifié comme un retour aux sources thématique et ludique fait du neuvième opus un épisode particulier. Sorti en 2001 sur quatre CD, à un moment où la PlayStation arrive doucement à la fin de sa vie, Final Fantasy IX est le dernier épisode à porter dans son identité visuelle cet étrange mélange entre peintures et assets 3D.

Souvent décrite comme féerique, poétique, aussi légère dans sa forme que profonde dans son discours, cette œuvre chorale porte en elle les marques d’un héritage littéraire multiple et marqué. Qu’il s’agisse d’une myriade de références culturelles et textuelles dont je ne pourrai ici qu’effleurer les occurrences, Final Fantasy IX est aussi marqué par le poids de traditions culturelles et littéraires telles que le conte, le roman du XIXe siècle ou, surtout, le théâtre.

Cet héritage hétéroclite est éparpillé dans l’œuvre sous forme de citations, directes ou indirectes, intactes ou transformées, et n’est pas étranger au traitement de certaines intrigues. On verra en quoi la mobilisation d’une telle culture partagée incite le joueur à faire une lecture particulière de ce jeu. Lire la suite

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Kingdom Hearts, c’est la rencontre improbable de deux univers, celui de Squaresoft et de Disney, née d’ambitions purement commerciales à la base, soyons honnêtes. Et même si, de fil en aiguille, la série s’est construit une image détachée de tout autre jeu, il n’en était pas pareil de la première itération. Considéré à son lancement comme un véritable spin-off à la fois de l’univers Disney et de celui de Final Fantasy. Mais que donne vraiment ce gloubiboulga (oui une expression rétro) à la sauce Action-RPG ?

Pour la petite histoire

Mixer Final Fantasy et Disney c'était pas gagné. Et pourtant c'est bien !

Mixer Final Fantasy et Disney c’était pas gagné. Et pourtant c’est bien !

Il y a des jeux qui sont mûrement réfléchis, et d’autres qui se décident durant un trajet d’ascenseur, comme c’est le cas pour Kingdom Hearts. Disney et Square sont dans le même bâtiment au Japon. Un beau building façon Manhattan. Un employé de Disney cherche des idées pour renouveler l’image de la firme à la souris dans le pays. Un employé de Square cherche des idées pour créer une nouvelle licence. Et la rencontre des deux personnes aboutit à la création de Kingdom Hearts ! Elle n’est pas belle, l’histoire ? Certes, tout cela est bien plus compliqué, mais cela aurait très bien pu se passer comme ça, non ? Autant dire tout de suite que le projet, vu ses bases, ne suscitait que la méfiance… Et c’est normal. Cela ressemble un peu aux discussions de comptoir à la veille d’un match de foot : « je suis sur que si tu mets Bariton sur le coté droit, avec Triplo juste devant, et ben tu gagnes 4-0 ! ». Quelque chose d’incongru, à la limite de l’amateurisme tellement le sujet à l’air casse-gueule. Mais Square lance la machine et décide de développer un jeu. Nous sommes, en 2001 et Kingdom hearts sort dans les échoppes pour le bonheur des fans des deux univers Disney et Final Fantasy.

Un très beau mariage…

C'est franchement joli

C’est franchement joli.

Je n’aime pas le suspens, alors je balance la conclusion d’emblée : Kingdom Hearts réussit à réunir le meilleur des 2 univers et à remplir son but publicitaire pour Disney sans sacrifier à la qualité du jeu, qui rappelons-le, et une nouvelle licence/Spin-off. Rentrant totalement dans la nomenclature Disney, Kingdom Hearts vient nous parler de Bien et de Mal, de la part sombre dans le cœur de l’Humain, de la puissance des sentiments… Mais pas seulement puisque le jeu arbore une ambiance générale et une plastique typée « manga ». De fait, on se sent assez vite en terrain connu et conquis, avec un style un peu rond, entre Dragon Ball et One Piece. De fait, Kingdom Hearts se crée, par un savant mélange, une identité propre, une ambiance assez unique, qui sera d’ailleurs la marque de la saga. Une empreinte que l’on doit notamment Tetsuya Nomura, Designer des Final Fantasy, notamment connu pour son travail sur Final Fantasy VII, sûrement sa plus belle réalisation. Une patte qui ne peut plaire à tout le monde, Nomura ayant tendance à « cloner » ses personnages lorsqu’il est en charge du chara-design. Et c’est encore le cas ici. Je suis même en mesure de vous décrire la conception du personnage principal, Sora : vous prenez Cloud, vous changez les fringues (couleurs surtout), la couleur des yeux et des cheveux, et vous avez Sora. Et par extension, tous les héros masculins de Nomura. C’est assez dérangeant, voire consternant quant on voit le travail d’Amano sur ses réalisations – tous les Final Fantasy avant le 7 et Final Fantasy 9 – qui prenait la peine de se renouveler à chaque épisode. Rendons lui tout de même hommage sur un point : les personnages de Final Fantasy passent bien le cap du design façon manga, et ceux de Disney ne changent pas, pour notre plus grand plaisir (et avec les doubleurs officiels).

… Assez classique tout de même…

Ça reste tout de même assez répétitif

Ça reste tout de même assez répétitif…

Comme d’habitude, pas de suspense avec moi : Kingdom Hearts est fluide, rapide, nerveux, mais trop souvent confus. Kingdom Hearts est un action-RPG. Du coup on dispose d’une palette de coup proche de celui d’un jeu d’aventure, et plus on tue d’ennemis, les sans cœurs, plus on gagne de l’expérience, et plus on augmente ses attributs. Les combats se déroulent en temps réel, et quasi-exclusivement face à plusieurs adversaires, d’où la réelle confusion de certaines situations. Et c’est encore plus criant lorsque le verrouillage est activé, ou dans les phases hors-combat, notamment de plateforme… Vous allez passer quelques crises de nerfs sur votre compagne. Dommage pour elle, mais en même temps, en épousant un gamer, il fallait bien s’y attendre. Bref, un gameplay simple, efficace, bien que confus. Mais outres les magies et les coups de « keyblades », il faut bien avouer que les combats sont très très répétitifs… Et que dire des phases de vaisseaux gummis, entre deux mondes qui sont… Mais longs… Mais nuls… Mais moches ! Enfin… Cela ne nous empêche pas d’apprécier le scénario.

… Même sur le plan de son déroulement !

Squall est devenu Léon... Mais pourquoi !

Squall est devenu Léon… Mais pourquoi  !

Pour reprendre une expression très connu : le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Vous êtes Sora, un adolescent de quatorze ans sûrement (sans les boutons) qui ne rêve que d’aventures et de nouveaux paysages. Il est depuis sa plus tendre enfance le meilleur ami de Riku, mais il est aussi son grand rival. Notre héros est plus ou moins amoureux de Kairi, jeune fille de quatorze ans aussi. Je ne spoilerai pas la suite de l’aventure, mais sachez que, très tôt, nos 3 amis seront séparés et Sora fera tout pour les retrouver avec l’aide de Dingo et de Donald. Bien entendu, comme dans tout RPG Japonais qui se respecte, la quête initiale prend plus d’ampleur au fur et à mesure de l’aventure. De fait, Sora va se balader de mondes en mondes, des contrées sauvages de la jungle de Tarzan, aux rues d’Agrabah, en passant par les bas fonds de la ville de traverse (particulièrement belle, surtout sa musique). Mais avant de fermer définitivement cette partie sur le scénario, classique mais efficace, il faut, oui c’est une obligation, que je revienne sur le cas d’un personnage, Squall. Ce héros de Final Fantasy VIII, rencontré dans la ville de traverse, est rebaptisé Leon… Alors oui, le nom de famille, Leonheart, déformation de Lionheart (nom du pendentif), avec Leo, Lion en latin, peut donner Léon… Oui oui certes, mais au final non ! C’est moche bordel ! Alors que Squall Leonheart c’est tellement classe ! Petit coup de gueule de fin de parcours.

A retenir

Je ferai comme j’ai fait tout au long de cette critique : direct. Kingdom Hearts est donc un Action-RPG pas particulièrement génial, mais qui marque grâce à son idée originale, sa réalisation réussie, et son gameplay nerveux, malgré quelques errements. Bien résumé non ? Alors il n’est pas mythique, ni même excellent, mais simplement correct. Mais il y a un problème là-dessus. Et oui, parce que la suite Kingdom Hearts II est tout bonnement excellent. Mais pour tout comprendre à ce dernier, il faut passer par la case Kingdom Hearts premier du nom. Eh oui, c’est comme ça. Finissons tout de même sur une petite pique : du bon Square, à une époque où la société savait encore prendre des risques et lancer des projets fous, sans que tout cela ne se résume à du couloir. Un jeu qui n’a d’ailleurs pas trop vieilli, alors on y va et vite !

Informations sur le jeu

Plateforme : PS2

Genre : Action-RPG

Développeurs : Squaresoft

Éditeur : Sony Computer Entertainment

Date de sortie : Mars 2002

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Final Fantasy IX, un bijou pour certains, une madeleine pour la plupart et certainement un monument du jeu vidéo pour tous. Comment ne pas fondre de nostalgie devant ce petit chef d’œuvre de pixels ? Dès l’introduction, on est emporté par la mélodie, comme dans un doux songe, les souvenirs nous enserrent, les larmes montent, et… Bon, OK : je n’y ai jamais joué. Quoi de mieux qu’un regard neuf pour tester la réédition ? Attention, reset !

La nostalgie… ou pas

Intro FF9En fait, je n’ai pratiqué que très peu la licence Final Fantasy, à part le troisième opus et FF Tactics que j’ai terminé sur Nintendo DS, je n’ai joué à aucun épisode de la saga sur Playstation. Je ne compte pas mon expérience de Final Fantasy VII sur PC, qui a buggé au bout de vingt minutes de jeu. En résumé, ça ne m’évoque pas grand chose, mis à part les fameuses invocations que j’ai pu voir chez des camarades, très enthousiastes de me montrer leurs personnages avec 9999 points de vie.

Cela dit, tout cela ne me laisse pas indifférent : j’ai tout de même un cœur. Et il faut l’avouer, ce jeu a un effet indéniable sur l’organisme : il replonge le joueur dans une époque lointaine, où les seuls soucis étaient le devoir de maths, et où les jeux vidéo nous habitaient profondément, corps et âmes, (presque) vierges que nous étions. Une époque bénie où je jouais plus volontiers à la N64 que la PS1. Oui monsieur.

Revenons à l’introduction : une musique magnifique, douce et mélodieuse, accompagnant un diaporama de lieux et de personnages, où se fond une carte du monde, donnant ainsi et la promesse d’une aventure épique et mythique. Rien à dire, malgré l’ancienneté de la console et la qualité de la vidéo un peu dégueulasse, on perçoit l’âme d’un grand jeu. « Nouvelle partie » : c’est parti les enfants.

Beurk ! Qui a vomi sur ma tablette ?

FF9 Beurk

Bouh c’est moche !

Ca commence. Une tempête, le crissement du bois, une princesse qui rêvasse sur une chaise, un paysage somptueux: joli mais un peu gnangnan. Premier constat, c’est un peu moche. La cinématique devait être exceptionnelle à son époque, mais il faut avouer que ça a mal vieilli.

J’incarne donc Djidane, 16 ans, petit blond au physique énervant, aux oreilles et à la queue de chat. Il est membre d’une troupe de voleurs / comédiens ayant pour plan d’enlever la princesse Grenat. Les premières minutes nous expliquent le fonctionnement du jeu et les mécaniques de combat. Le tactile de l’iPad fonctionne bien, et le tout est lisible même si les textes sont un peu gros et les habillages un peu grossiers.

Second constat, lui aussi graphique : si les personnages sont plutôt fins, les environnements sont affreusement pixellisés, comme s’ils n’avaient subi aucune retouche. Cette différence de traitement est clairement visible à de nombreux moments, et cela va même jusqu’aux titrages qui sont parfois à la limite du détourage fait par un aveugle. Pour un jeu à 20,99 sur iPad, on s’attend à quelque chose d’un peu plus travaillé.

C’est clairement le principal défaut de ce portage : il y a un écart monstrueux entre le traitement de certains personnages ou monstres (à la touche artistique effet « pinceau » en HD très réussie) et les arrière-plans, certes très beaux, mais complètement flous et pixellisés. Ces éléments ne s’intègrent donc pas du tout au fond, ce qui enlève de la magie à l’ensemble.

C’est une grosse déception : à chaque découverte d’un nouvel environnement durant les heures jeu qui ont suivi, j’ai cessé de me dire à quel point il était dommage qu’il n’y ait pas eu plus de travail sur ce jeu, parce que oui, c’est un très bon jeu.

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Image03Je ne savais pas réellement à quoi m’attendre lorsque j’ai lancé ce jeu. Ayant vaguement commencer FF7, je me disais que cette pseudo-suite à mon sens aller donné dans le même ton. Il semblait faire partie de ces jeux que l’on aime parce qu’ils résument un sentiment. La mélancolie, l’amour, l’amitié. Bref, un jeu de cœur. Et 50 heures plus tard, je repose ma manette un grand sourire aux lèvres et j’ai un grand sourire sur le visage. Pourquoi ? Parce que je viens de vivre un grand moment. Certes, le jeu est bourré de défauts inhérents aux FF PSone : d’une traduction foireuse, à un rythme très critiquable  en passant par un système de combat assez plat. Bref, sur le papier, c’était pas si bien que les deux épisodes précédents. Et pourtant… Même si le VII reste à jamais mon préféré, parce que le FF préféré des joueurs et celui auquel on a joué en premier… Final Fantasy IX arrive second de mon classement. C’est en quelque sorte un jeu terriblement old-school, dans son système et il en ressort deux qualités monstrueuse, trop souvent oubliées par les joueurs eux-mêmes : Il s’agit d’une jolie pièce de théâtre dont les protagonistes se dévoilent au fur et à mesure. Tout dans le jeu avance, se modifie, évolue, l’histoire est un bonheur, un long voyage plein de surprises et de bons moments.

Vous l’avez compris, j’ai été ébloui par ce jeu à l’ambiance charmante qu’il me fallait réhabiliter par ces quelques lignes, et surtout par la présentation de sa scène cinématique de fin… J’espère que vous serez, ou que vous avez été, aussi enchanté que moi.

La série des finals fantasy est connu pour sa qualité. Celle de ses scénarios, ses personnages, ses graphismes, mais aussi ses musique. Et après plusieurs « classiques », voici un son un peu moins connu mais démontrant tout le talent de Nobuo Uematsu. Épique et enfantine à la fois, cette mélodie, Hunter’s chance, est sans être sublime, totalement adapté au sujet. Bonne écoute !

Elemuse

Chaque mercredi, Sirocco vous présente de beaux artworks

Je suppose qu’il y a des amateurs de Final Fantasy parmi vous. En même temps, vu l’influence de la série, surtout chez les européens, il serait difficile de ne pas tomber sur un lecteur un tant soit peu fan de la série.

Inshield

Un de mes très bons amis ne cessent de me clamer que le meilleur de la série, c’est FF IX. Je serai presque d’accord avec lui mais malheureusement, il m’est impossible de prendre une décision tant il y a d’excellents épisodes dans cette série aujourd’hui vieille de plus de vingt ans. Mais il est vrai que ce titre là dispose d’un charme très particulier.

Guuti

Ambiance médiévale / fantastique somptueuse ? Personnages intéressants (Vivi ?) ? Scénario sympathique ? Je ne saurai pas trop dire pourquoi mais Final Fantasy IX charme. L’univers repose sur une telle cohérence, les événements s’enchaînent avec tellement d’évidence, tout cela contribue à plonger le joueur dans l’aventure.

Willymerry

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous le recommande, il est disponible pour une dizaine de piécettes sur Playstation Network, vous ferez une bonne affaire.

Sirocco