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Amis du gore et du glauque, bienvenue !  Si vous êtes un joueur, vous connaissez sûrement Frédérick Raynal. Un grand nom du jeu vidéo à l’origine des codes du survival moderne avec Alone In The Dark en 1992, et grande inspiration pour une série sans prétention : Resident Evil. Après quelques  jeux tels Little Big Adventure ou encore Toy Commander, le game designer prend du recul à partir du milieu des années 2000, restant consultant pour quelques autres développeurs….jusqu’en 2014, date à laquelle ce dernier souhaite revenir à ses premières amours. Le jeu s’appellera 2Dark et est vite financé par la plateforme Ulule, avant de plonger dans 3 ans de développement. Est ce que le génie de l’horreur va réussir à réinventer le genre? 

2Dark

Comme dans toute introduction d’oeuvre noire qui se respecte, nous plongeons dans le passé de M.Smith en 1969. Ce jeune père de famille passe du bon temps au bord du lac avec sa femme et ses enfants quand ces derniers se font sauvagement kidnapper. Ce drame plongera la famille dans l’horreur et tandis que Mme Smith ne croit plus jusqu’à sa mort que ses enfants sont toujours vivants, son mari fait le serment de les retrouver quoi qu’il en coûte. Il garde son but des années plus tard, quand il constate avec effroi que les informations télévisées se ressemblent jour après jour, racontant les drames d’enfants disparus aux abords de plusieurs endroits de la ville. C’en est trop, il va sauver ces enfants avant qu’il ne soit trop tard, même s’il n’est plus inspecteur. Cette quête va se traduire pour le joueur en une série de plusieurs missions à réaliser dans le repaire des pires psychopathes de la terre, pour sauver le plus d’âmes perdues.  Dès les premières minutes on expérimente le pire du genre humain, avec des thèmes plutôt lourds tel le viol, la pédophilie ou encore toutes les maladies psychiques connues sur Terre. Et au delà des habituels clichés du film d’horreur, le jeu s’essaye à des scènes installant le malaise plus que le gore, pour un résultat plutôt bon. Pour le jeu en lui-même, on déambule dans les endroits où sont capturés les enfants dans un jeu en 2D en vue plongeante.

 

Et plusieurs contraintes sont là pour nous causer des problèmes. Il va falloir faire preuve de discrétion, et dans cette optique, chaque pas est millimétré, et il n’est pas permis de se faire repérer. Les moyens pour se défendre ne sont pas nombreux, et même si un pistolet à munitions limitées est présent, un simple coup suffit à rameuter tout le monde. On devra donc trouver des pieds de biche ou autres armes de poing pour surprendre les ennemis par derrière…si on arrive à y voir dans les lieux. En effet, 2Dark est un jeu noir dans tous les sens du terme, et la bougie sera souvent le seul moyen d’avancer dans l’obscurité. Une lampe est également disponible mais avec un usage limité également, et la lumière qu’elle propage peut également attirer l’attention. L’aventure est donc plutôt complexe, et c’est autrement plus stressant une fois les enfants trouvés. Au gameplay classique s’ajoute alors une phase ou grâce à des bonbons on doit accompagner les enfants jusqu’à la sortie. Et chaque enfant a son caractère, restant parfois sur place, pleurant au risque d’attirer les psychopathes ou encore voulant aller voir les bêtes du cirque. La tension est alors à son maximum et seul la sortie totale du niveau permet de se reposer avec la mission accomplie.  Un ambiance et une progression stressantes qui vous demanderont une attention de tout instant.

project-zero-ps2

Il est clair qu’Alone in the Dark a inventé un genre : Le survival horror 3d de l’ère moderne. Il est encore plus clair que Resident Evil a su sublimer le travail accompli par l’équipe de Frédérick Raynal en créant un univers où les zombis sont de véritables monstres issus de la création des hommes. Il est finalement clair que Silent Hill est à mi-chemin entre la peur psychique et la volonté de dégouter le joueur. Nous sommes à l’aube de l’an 2000 et on pensait que le Survival horror n’avait plus rien à montrer. Plus rien à prouver. Erreur mes amis. Un sang neuf arrive et il vient de l’imaginaire Japonais le plus traditionnel qui soit. Au moins sur la forme, un jeu a bouleversé les habitudes des joueurs téméraires rompus aux situations les plus extrêmes. Ce jeu, c’est Project Zero Project. Outsider dans la peau, voici comment un bon jeu aurait pu contre-révolutionner un genre.

Un univers inédit

Très inspiré de The Ring, c'est sur

Très inspiré de The Ring, c’est sur

Ostensiblement inspiré par le nouveau cinéma d’épouvante asiatique, et plus particulièrement The Ring, c’est évident, le titre de Tecmo comble un manque en matière de jeu vidéo. Le survival horror, avant Project Zero, c’était du Zombi, des fontaines putrides de Lovecraft, Romero et autres Échelle de Jacob. Cette fiction ésotérique venue du fin fond du Japon, macabre, s’inscrit en effet dans un folklore nippon des plus délicats, nous offrant d’incarner une jeune femme bien plus stoïque qu’elle en a l’air et résolue à retrouver son frère disparu dans un ancien manoir plus ou moins délabré. Sans être d’une folle originalité, l’histoire de Project Zero se laisse suivre avec une certaine attention. Elle se déroule en 1986, un célèbre romancier, Junsei Takamine, est porté disparu pendant des recherches pour son prochain roman. Mafuyu, journaliste, décide alors de se rendre au manoir Himuro. Il y découvre des choses bien étranges… Mais il ne donne plus signe de vie. Miku Hinasaki, le personnage principal du jeu, celui, ou plutôt celle, que l’on contrôle, entreprend de faire un séjour au manoir Himuro pour ramener son frère journaliste. Et mis à part que ces frères et sœurs ont un sixième sens leur permettant de voir des fantômes et que c’est avec un appareil photo qu’ils emprisonnent ces derniers, nous ne vous dirons plus rien sur le scénario du jeu. A vous de le découvrir. Ah oui, Au début du jeu, une phrase annonce que le jeu est  » Basé sur une histoire vraie « , mais aucune histoire concernant un manoir avec son lot de mystères ou des aventures avec une certaine Miku n’est connue. Je ne sais pas sur quoi ce base cette affirmation, mais passons. Le scénario est donc assez original, à l’inverse des cinématiques censées le faire valoir ne soient pas les plus remarquables de l’histoire vidéoludique. Assez molles et statiques, celles-ci suffisent toutefois à mettre dans l’ambiance. Plus généralement, l’histoire est relatée grâce à divers mémos et autre journaux intimes trouvés ici et là lors des longues séances de ratissage des lieux. Une constante finalement dans les Survival Horror. D’ailleurs, bien que la forme et le scénario soient originaux, le soft suit quasiment à la lettre la prescription du genre : herbes médicinales, frayeurs soudaines, petits casse-têtes, aller-retours, blocages intempestifs, etc…

2Da0Dans la lignée des développeurs de légende, le Français Frédérick Raynal n’a pas a rougir de ses semblables. L’homme a été connu pour sa réalisation des deux épisodes de Little Big Adventure, une saga d’aventure tragique et onirique avec le héros Twinsen, mais surtout pour avoir mis un coup de pied dans un genre entier. En effet, en 1992, il révolutionne le monde du jeu avec un titre mêlant les ingrédients suivant : horreur, personnages en 3D, décors pré-calculés . Le survival horror moderne était né et il avait un patron : Alone In The Dark (Resident Evil en tient une grande inspiration). Un nouveau jeu, en plus d’horreur, de ce monsieur est donc à suivre de près. Il s’agit de 2Dark, un titre en 2D qui nous met dans la peau d’un profiler. Son mission sinistre consiste à retrouver des enfants prisonniers dans les demeures de psychopathes au profils variés. Les méthodes employées par ces derniers sont variées, les enfants sont terrifiés et ne vous suivront pas toujours, tous les faits se passent à GloomyWood, bref un mélange d’angoisse et de réflexion va s’emparer du joueur. Les premières vidéos promettent déjà et il serait bête de passer à côté d’un probable très bon jeu.

Courrez vite, si vous le pouvez :

– vers le manoir d’Ulule pour soutenir le projet.
sur le site officiel.

 

 

 

Marseille un pôle du jeu vidéo ? Pas encore mais ça commence à arriver petit à petit. D’où le Retrogaming Show, par la Pixellissime (et pourquoi pas nous, dans le futur ?). 2012 fut donc une année geek pour la cité phocéenne car aujourd’hui elle accueille le 2 et 3 juillet 2012 à l’Alcazar l’ EIGD 1er du nom. Alors kézako ? c’est une réunion entre développeurs indépendants du monde entier pour se réunir autour de conférences, échanger, débattre et partager entre indépendants. Il est difficile pour LSR de vraiment trouver sa place car le rétrogaming et les indies  sont deux concepts radicaux, mais bel et bien proches sur certains aspects. Par exemple, nombres d’indies ont commencé sur ZX-81 ! Le rétro et les indés ont donc croisé leurs chemins, sans s’oublier. Une rencontre des plus intéressantes donc, dans un monde qui émerge lentement mais sûrement. Je tiens à m’excuser pour l’absence de photo, mon appareil photo à claqué donc milles excuses.

La mouvance indé

MIRAGE, grand prix du jeu indé de cette édition !

L’alcazar deviendra sûrement un symbole d’échange et de partage pour le médium du jeu vidéo en France dans un futur proche, accueillant notamment depuis deux éditions la Pixellissime. Un évènement original au niveau national car il concerne essentiellement la mouvance indépendante ! Ce n’est ni un mouvement à proprement parler, ni un effet de mode comme on peut le constater parfois avec le retrogaming mais bel et bien une marque de fabrique unique au sein du monde du jeu vidéo : elle n’a pas à subir les pressions ou autres calendriers des éditeurs. Constitués d’une équipe réduite, travaillant pour la passion, bon nombre d’indés ou indies se sont implantés sur l’héxagone depuis plus de 20 ans. Mais ce mouvement ne s’est vraiment fait connaitre que depuis quelques années, par certains titres PSN ou XBLA très médiatisés : AMY, Journey, From Dust… Eux sont loin de tout cela et travaillent avec un petit budget, la passion les animant : la plupart des indé se disent égoïstes car ils travaillent avant tout pour eux-mêmes afin de créer leur perle. Il existe beaucoup de petits studios en France comme Bip Media, Ouat Entertainement, Pastagames, Mekensleep etc… Leurs softs sont parfois méconnus et leur vitesse de développement ne suit pas un rythme classique de production. Ils développent sur n’importe quelles plateformes : consoles les jeux, PC, et surfent aussi sur la vague smartphones. Ainsi il n’est pas rare de trouver un jeux indé sur Androïd Market ou sur l’Applestore, une autre façon de voir  le jeu et d’exprimer leur créativité.

Joystiq, le magazine Anglais, rapportent que Frédérick Raynal, le père de Little Big Adventure, mais surtout d’Alone in the Dark, lors de la Game Developers Conférence, voudrait opérer à un remake des plus attendus ! Ce grand monsieur souhaite un remake HD du titre original. En quelques mots, ce fut :

« J’aimerai un remake HD un jour, et j’espère que cela arrivera. »

Mais un éventuel remake de ce titre mythique des années 1990, ne peut être qu’une mise à niveau graphique. Nous pensons tous, à la rédaction, qu’il faudrait améliorer le gameplay et donner un coup de neuf à quelques mécaniques drôlement archaiques. Et quant aux droits de la série, ils appartiendraient encore à Infogrames, donc a Atari, d’après Frédérick Raynal en tout cas. Nous n’avons pas pu vérifier cette information.

Le Serpent