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Bonjour à tous et à toutes.

Parfois on me désigne comme un geek. Parfois comme un no-life. De manière péjorative bien entendu. Et pourtant, je suis sûrement bien plus ouvert d’esprit que la plupart de mes pairs. Je n’ai pas 30 ans et pourtant j’ai déjà vécu beaucoup de choses. J’ai sauvé des demoiselles en détresse, j’ai construit des villes, j’ai joué à la poupée, je me suis infiltré dans les bases ennemies. J’ai aussi été au contact d’autres formes de vie que la nôtre : orcs, hobbits, elfes, gnomes, et j’en passe. Je joue au jeu vidéo. et si j’y joue, ce n’est pas parce que je n’ai pas de vie, mais plutôt plusieurs.

Je me présente, Je suis DerCerpen, je n’ai pas d’âge et je n’ai pas de sexe, mais j’ai une passion. Et si vous lisez ces lignes c’est que vous la connaissez : j’aime les jeux vidéos. Ils me l’ont bien rendu pour le moment, ayant pu me construire une vie sociale autour d’eux. Mais aujourd’hui, je suis dans une situation critique, identique à celle que peuvent connaître nos héros. J’ai été aspiré, oui aspiré par ma passion. Attention, je ne parle pas d’une addiction quelconque à un média qui a du mal à s’affirmer. Non. J’ai littéralement été aspiré par les jeux vidéo. Je me suis, un beau matin, réveillé au milieu d’eux. Je suis un avatar.

Ou plus précisément, j’ai été des avatars… je me suis baladé de peau en peau, de personnage en personnage… Et voilà que l’enfer ne finit pas. Je n’ai jamais réussi à sortir de ce cercle infernal. J’ai essayé, par mes propres moyens, de revenir à la réalité, mais cela s’est toujours soldé par des échecs : mort « in game » synonyme d’attente encore plus importante, ou réveil dans un autre jeu, me forçant à revoir depuis le début tous mes stratagèmes d’évasion. Bien entendu, je vous parle, mais je suis encore coincé dans un jeu, et comme toujours, impossible de savoir lequel.

Je vous appelle donc à l’aide ! Le Serpent Retrogamer, par l’intermédiaire de ses serveurs a bien voulu me servir de porte-parole. Par les indices que je vais pouvoir vous donner, et par un mode opératoire extrêmement précis, je vous en implore, vous aurez l’occasion de m’aider dans ma quête pour la liberté. Je suis sur que vous êtes à la hauteur !

Pour cette première tentative, j’ai déjà réalisé pas mal de scripts sur les serveurs des développeurs, et je suis formel : vous pourrez écrire des mots clefs dans la barre d’adresse de votre navigateur. Par exemple, si je vous dis : « je vois plein de champignon qui font grandir les gens ! Plus particulièrement un qui a une moustache. Mais quel est son nom ?!! » Et bien vous rajoutez « Mario » à la suite de l’url du site. Et le tout sans espaces (http://www.le-serpent-retrogamer.org/mario) !

Je vais donc vous distiller quelques indices pour que vous puissiez venir me délivrer. Trouvez le jeu dans lequel je suis tombé ! Je n’attends plus que vous !

MMo2Après les savons manettes et les glaçons Space Invaders, voici un accessoire parfait pour les soirées geeks entre amis. Proposé par ThinkGeek, la Mecque des geeks de tous bords, le moule « Game Controller » en silicone vous permet de modeler vos plaisirs sucrés selon des manettes mythiques. A vous la manette Psone à la pistache, celle de la MegaDrive au chocolat ou encore un quatre quart en forme de pad NES.Il suffit juste de ne pas les confondre avec les vraies, ou votre partie de Metal Gear Solid va être très longue.

 

Vous pouvez l’obtenir sur le site pour la modique somme de 10 dollars. Attention cependant, les marchandises venant des USA ont en plus des frais de port, la possibilité de passer par la douane.

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Les psychologues aiment bien se pencher sur le cas de notre loisir adoré. Pour analyser le serpent de mer nommé “addiction”, l’influence du jeu vidéo sur le développement intellectuel des enfants ou encore les mécanismes mentaux et cognitifs qui poussent à relever des défis a priori contre-nature. Parmi les auteurs les plus prolifiques sur la question, il y a Serge Tisseron, souvent cité dans l’ouvrage “Les jeux vidéo, ça rend pas idiot!” signé Yann Leroux en 2012. Le livre, court (91 pages) et s’appuyant sur des études psychologiques, tente de balayer et de battre en brèche certaines idées reçues sur le médium.

Vieux démons

internet-addiction2Avant toute chose, il semble primordial pour l’auteur de dédiaboliser le jeu vidéo et de remettre les choses à leur place, concernant notamment les fameuses tueries de Columbine et d’Oslo/Utoya. Dans ces deux cas, on a pointé du doigt la pratique intensive des criminels, les Doom, Call of Duty et autres World of Warcraft étant désignés comme des influences néfastes et coupables. Or, comme le souligne Yann Leroux, les profils psychologiques des auteurs ont révélé de profonds traumatismes et symptômes bien plus potentiellement explicatifs de tels agissements que le jeu vidéo. D’ailleurs, de là à étudier la question de l’existence d’une addiction au médium, il n’y a qu’un pas. L’auteur remonte à l’origine de la recherche et rappelle qu’elle a été posée de manière ironique et sur le ton de l’amusement, avant d’être prise au sérieux (trop?) et surtout traitée de façon maladroite, faute de méthodologie correcte et pertinente. La conclusion est qu’il est encore impossible de définir une addiction au jeu vidéo et que des travaux en cours, mieux designés, ne révèleront des résultats plus pertinents que dans quelques années.

Main cover

Entre imagerie quasi séculaire, présupposés caricaturaux et réalité sociale, continuons à profiter de notre semaine spécial Tomb Raider pour analyser la place de la femme dans le monde du jeu vidéo en étudiant certains des lieux communs qui animent le milieu, pour tenter de les déconstruire et d’en trouver l’origine, le pourquoi et le comment. Karrie s’est chargé de la réalité sociale de le femme dans le monde du jeu vidéo (à paraître demain), Totof s’est penché sur les archétypes féminins parmi les personnages virtuels de l’univers vidéoludique. Quant à moi, je vous propose de survoler la zone du gameplay, ses présupposés  ses archétypes en terme de genre, pour ensuite nous enfoncer à la racine de la geekerie et tenter de déterminer l’origine du clivage quasi tribal qui sévit dans le milieu. Tout un programme et ça commence… tout de suite!

Jeu vidéo : une histoire d’hommes ?

Comme les pubs Nintendo dix ans plus tard, les toutes premières pub pour consoles visaient la famille au sens large, sans discrimination... Du moins, à vu de nez!

Comme les pubs Nintendo dix ans plus tard, les toutes premières pub pour consoles visaient la famille au sens large, sans discrimination… Du moins, à vu de nez !

Les clichés ont la vie dure, en particulier ceux qui remontent aux origines d’un genre. Si la première ère du jeu vidéo prend évidemment racine dans le monde informatique, à l’époque principalement composé de mâles à lunettes, les visées en termes de public étaient larges. En effet, la fulgurante innovation ludique que représente l’apparition du jeu vidéo a eu un impact dépassant de loin le public de niches et les milieux d’informaticiens, et on peut parler de véritable révolution ludique à grande échelle. Sans égaler l’apparition de la télévision, la portée de l’arrivée des pionniers vidéoludiques n’a épargné personne, comme peuvent en témoigner certaines publicités d’époque. Par contre, lorsque le jeu vidéo migre avec Space Invaders au Japon, responsable de la fameuse pénurie de pièces de cent yens, c’est pour attérir dans des Game Centers peuplés de Furyos (loubards japonais particulièrement portés sur la baston, souvent habillés d’uniformes scolaires et arborant des “bananes” de rockers, à rapprocher de nos blousons noirs des 60’s). Cette occupation des centres de diffusion du support vidéoludique par une population de gaillards peu fréquentables aura une double conséquence : la désertion des salles d’arcade par la gente féminine, d’une part. D’autre part, vu que par élimination, le public était devenu un public de mecs bagarreurs, les développeurs optèrent pour des thèmes flattant le public en place, le visant directement. Le modèle de la femme faible et victimisée était né.

Au sein de ce contexte particulièrement burné, la démarche de reconquête du public féminin, perdu lors du basculement entre les USA et le Japon (la crise du jeu US, le Japon qui devient le centre nevralgique de l’économie vidéoludique, Space Invaders et la pénurie de pièces de 100 Yens, tout ça, quoi!), se sont avérées souvent maladroites. Par exemple, Bubble Bobble et son look kawai faisait partie de ces tentatives ponctuelles de séduire autre chose que les brutes épaisses des salles d’arcade nippones, et ciblaient tout particulièrement la femme, et non pas seulement les enfants comme on pourrait légitimement l’imaginer. Si louable que l’intention soit sur le papier, les sous-entendus véhiculés restent très clichés : si l’on veut faire plaisir à madame, il faut un jeu tout mimi avec des enfants (instinct maternel oblige) transformés en dinosaures peluches et des adversaires qui se transforment en bonbons. Donc en gros, femmes et enfants, même combat !

Salut amis retrogamers! J’ai eu la chance, à mon retour dans ma belle cité phocéenne, d’assister en compagnie de Suke à la Japan Expo Sud. Rendez-vous était pris le 3 mars dernier au Parc Chanot, à Marseille. Nous y étions dans le but de prendre photos, notes et plaisir, et aussi d’évaluer la place consacrée au jeu vidéo et à la culture geek dans ce salon. Récit.

Et si la Japan était aussi rétro ?

Suke le beau gosse

Après avoir passé quelques temps dans la file d’attente à faire connaissance et surtout à discuter J-RPG, Suke et moi arrivons dans le hall. Premier constat: l’affluence n’est pas énorme, contrairement à nos craintes basées sur celle de l’année dernière et au fait que l’on soit un samedi matin. Quelques bornes avec des jeux 3DS et Wii sur notre droite nous attendent à notre arrivée et l’on peut notamment y voir quelques adolescentes pratiquer des jeux musicaux. Il faut pousser un peu plus loin pour arriver sur le gros stand jeu vidéo de cette exposition, celui consacré à la promotion du Retrogaming Show 2012. Pour nous autres rédacteurs du Serpent, c’est un pur régal: une Master System par ici, une Super Nintendo par là, une vielle télé cathodique sur la gauche, Pac Man qui tourne encore et toujours sur la droite, des guns et des joysticks pendouillant au-dessus de nos têtes, des vieux jeux 2D en veux-tu, en voilà… Mon premier réflexe est de vouloir m’essayer à Street Fighter II Turbo. J’y affronte un gars qui met taule sur taule aux visiteurs; je ne suis malheureusement que le prochain. Impossible de retrouver mes repères de SFIII.3 et SFIV, le temps de réaction est super long, les coups font très mal (merci le Damage Reduce apparu depuis), je trime pour arriver à faire un quart de cercle avec la croix directionnelle de la Super Nintendo et je n’arrive pas à placer le classique Bas MK + Hadoken. Je m’en réfère à quelques coups spéciaux, mais c’est pénible et je prends une belle rouste. Plus tard, Suke et moi pouvons découvrir la diversité des supports rétro présentés et assistons à des classiques Ken vs Ryu sur projecteur. L’ambiance est nostalgique, je revois Altered Beast et Doom avec des yeux d’enfant, je rigole en scrutant Mortal Kombat avec mon regard d’adulte et le Joueur du Grenier est assis à une table, signant des autographes pour des fans formant une longue file d’attente. On a hâte d’être aux 26 et 27 mai pour voir et proposer encore plus de belles choses concernant le retrogaming.