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« La fée bleue secoue son voile et vient accorder ce qu’on a demandé. Quand on prie de tout son cœur, il n’y a pas de faveur qui ne soit bientôt une réalité. Essayez, faites un vœu car l’espoir est dans les cieux. Quand on prie la bonne étoile et la fée bleue ! » Et effectivement, à force de prier le grand Kaio Shin, mon rêve fut enfin réalité : un jeu de Versus Fighting estampillé Dragon Ball, qui envoie du lourd, que ce soit sur le système de combat en lui-même, ou la fidélité à l’œuvre originale de notre grand manitou à tous : Akira Toriyama. Et qui de mieux que Totof pour partager le clavier, mon ami préféré dans les jeux de combat, qui, en général, m’explose bien comme il faut (et je ne parle pas de Garr…).

La loi du respect

Le moment préféré de la moitié des fans de Dragon Ball

On va commencer par ça, hein. Parce que bon, il faut bien dire que les trois quarts (dont moi) des personnes qui ont acheté le jeu, l’ont fait après un déboitage de mâchoire façon luxation irréversible. Putain que c’est beau. Je ne saurais comment le dire autrement, tellement pour une fois depuis le début de la licence sur console, le jeu est proche de l’animé, voire s’y confond par moment. Comment ne pas tomber amoureux de Goku qui se transforme en Super Saiyen au début de chaque combat ? Comment ne pas être en extase quand on voit que, si on finit Cell avec Gohan Ado sur une attaque forte dans l’arène adéquate, la cinématique de la mort de Cell se déclenche, à l’identique de la scène du manga et de l’animé ? Finalement, comment ne pas être ému de pouvoir saper Gohan adulte avec le kimono de Piccolo, en mode violet et blanc (voir vidéo ci-dessous) ?

Et cette plastique magnifique transpire de tout le jeu, d’une générosité sans nom. Vous vous souvenez de la sortie en kit de Street Fighter V ? Et bien, ici c’est tout le contraire ! Un mode histoire anecdotique mais sympathique (très proche de celui d’un Budokai 2 pour ceux qui s’en souviennent), un mode arcade qui permet de progresser tranquillement dans son coin; un mode entraînement particulièrement bien foutu, notamment avec des « défis combos »; et bien entendu, les combats en ligne à base de pick-up, lobby, et du 3v3 à 6 joueurs ! Que ce soit par rapport au joueur ou à l’œuvre de base de Toriyama, Arc System Works ne s’est pas foutu de notre gueule. Le respect dans ce qu’il a de plus pur !

Accessible, pêchu, créatif et profond

Si on me gifle, je tends l’autre joue et j’en profite pour filer un coup de genou dans les valseuses

Le gameplay de Dragon Ball FighterZ est basé sur quatre types d’attaques fondamentales, toutes disponibles sur les boutons de façade du pad: faible, moyenne, forte et spéciale. Les gâchettes de gauche servent pour changer de personnage ou demander un assist, celles de droite à la chope et au Super Dash (qui sont en fait des raccourcis de combinaisons entre les attaques de base). Un aspect essentiel est la propriété dite Smash que possèdent certains coups: idéale pour envoyer l’adversaire dans les airs, le faire rebondir sur les murs ou l’écraser au sol, elle constitue une porte d’entrée toute trouvée vers les Supers. Par exemple, Goku enchaînera facilement grâce à son Kamehameha téléporté après un écrasement au sol, alors que Vegeta devra plutôt utiliser les ricochets voire les coups ascendants annulés en Super pour placer sa Big Bang Attack et son final Final Flash qui frappent à l’horizontale. De manière générale, les possibilités de combos et de récupération dans les airs, avec ou sans l’aide des assists, sont très nombreuses. Ces attaques dévastatrices s’effectuent par l’exécution d’un quart de cercle avant pour une Super de niveau 1 avec consommation d’une barre de Ki, ou arrière pour une de puissance supérieure nécessitant trois barres. 

J’en connais un qui va pas tarder à prendre un bon Kamehameha dans la gueule

Toutes s’exécutent à l’aide des gâchettes de droite, tandis que les coups spéciaux, à base de quarts de cercle avant ou arrière ont différentes propriétés selon le bouton de base utilisé, et ils ont même une version EX en appuyant sur attaque forte (consommation d’une barre de Ki). Le gameplay de Dragon Ball FighterZ est donc très accessible, on ne retrouve pas ici de manips de type Dragon Punch, ni de charge, ni de double quart de cercle et encore moins de 360°. Au rayon consommation des ressources énergétiques, il y a aussi la téléportation disponible en pressant attaque moyenne+forte, arme non négligeable pour surprendre, sortir d’un pressing ou éviter une Super un peu piffée, au prix d’une barre. Les autres déplacements peuvent se faire en rushant (mais attention aux punitions par l’anti-air universel Bas+Attaque spéciale), ou avec des dashes avant et arrière réalisables à la fois au sol et dans les airs.

Équilibré et diversifié : tout le monde peut jouer

Oncle et neveu

Les mécaniques d’autocombo sont plutôt intéressantes, puisque bien adaptées à ce jeu au rythme extrêmement soutenu, et parce qu’elles permettent aussi de placer des Supers de niveau 1 facilement en fin d’enchaînement avec l’attaque moyenne. Cependant, certains sont assez horribles à défendre, puisqu’ils font se succéder des coups hauts, bas et overheads. Ce qui donne souvent des situations extrêmement punitives qui peuvent se révéler très frustrantes (c’est notamment le cas pour le personnage de Beerus et Rosé)… Cependant, il n’est pas interdit de composer d’autres types de combos, en se basant sur une règle simple et logique au sol: les coups peuvent se linker en allant de l’attaque faible vers la forte, jamais dans l’autre sens. La récupération dans les airs est quant à elle plus difficile à maîtriser, mais permet plus de variations et d’inventivité, et fera probablement la différence avec les joueurs de haut niveau. Certaines vidéos commencent d’ailleurs à fleurir, illustrant des combos infinis qui drainent 100% de la barre de vie. À voir comment les développeurs pourront corriger ce défaut a posteriori.

Mange déjà ça, saleté de tyran

Tout le monde peut trouver son compte, grâce à un casting plutôt équilibré: Goku/Vegeta persos à la Ryu/Ken qui diffèrent en partie sur le rapport puissance/vitesse, Tenshinhan/Piccolo orientés mixups, C16 combattant de corps-à-corps, Trunks/Gohan adulte/Yamcha idéaux pour presser au sol, Gohan ado très bon puncheur mais qui manque d’allonge, Krilin excellent soutien, Hit qui se jouera essentiellement en contre… Il y a de quoi s’amuser, même si l’on regrette évidemment l’absence dans la version vanilla du légendaire Broly ou du charismatique Bojack. Par contre, il faut noter l’excellente surprise que constituent certains personnages a priori underdogs, en premier lieu Yamcha et Tenshinhan.

3v3, ce n’est pas rien !

Jeu, set et Smash

Surtout, il ne faut jamais perdre de vue que Dragon Ball FighterZ est un jeu par essence orienté sur le combat en équipe. Il faut gérer constamment la vie de ses trois personnages, connaître leurs complémentarités, que ce soit au niveau des assists, des Supers ou dans le style et l’équilibre à donner au trio. Un joueur avisé fera en sorte de garder le plus longtemps possible ses combattants en vie, de mettre en back-up un équipier qui a besoin de souffler et de tenir avec les autres. En effet, la plupart des dégâts sont temporaires (affichés en bleu) et peuvent être récupérés. Soit par le repos donc (en ne perdant pas de vue la possibilité pour l’adversaire de forcer un retour au combat à la suite d’une chope), soit en activant le Sparking Blast (pression simultanée des deux gâchettes de droite) qui permet une régénération très rapide et augmente la vitesse et la puissance. À utiliser en fin de partie pour garder un espoir par exemple.La capacité de régénération de ce Sparking Blast est tellement rapide qu’il peut redonner tous les dégâts encaissés sur une Super, durant le temps de l’animation qui suit! Il faudra donc calculer son coup et être sûr d’achever son adversaire, sous peine de voir ses efforts réduits à néant. On se sent autant dans un titre de Versus Fighting avec sa grammaire propre, que dans un combat de l’animé Dragon Ball Z grâce à une intensité forte et constante, du rythme, de la patate et des enchaînements hauts en couleurs et en bruitages. Les retournements de situation existent, mais il devient plutôt compliqué de gagner dès lors qu’une infériorité numérique est contractée. De même qu’il est assez difficile de défendre, surtout face à des personnages dont les combos alternent allègrement entre coups hauts, bas et overheads, voire un peu “aveugles” comme Gohan adulte qui enchaîne coude vers le haut et pied vers le bas au sein de la même animation. Que dire également du jeu en coin qui peut se révéler parfois impossible à contrer. Cependant, le damage reduce marqué des combos, en plus d’équilibrer les combats, permet de voir plusieurs Supers par match et donc des joutes très animées.

Apprendre en ligne / se faire défoncer en ligne

Totof ayant très bien résumé toute la partie gameplay, il me reste tout de même une chose à dire: Dragon Ball FighterZ met à profit une courbe de progression titanesque, dont l’ascension ne peut se faire qu’en jouant contre d’autres joueurs. Et quoi de mieux qu’un mode en ligne bien huilé pour cela (Totof me répondrait : “Jouer à deux en local, conno ! » Et il aurait raison au final…) ? Celui de cette pépite DBZ est, en toute simplicité, un excellent moyen de s’améliorer. Bien qu’il existe une mode entraînement tout à fait honorable, afin d’apprendre les principes de chaque personnage, il n’y a pas mieux que de se faire défoncer en ligne, via des combos à rallonge, pour monter en compétence. Car c’est bien de cela dont il s’agit. Quel est l’intérêt de tout jeu de combat si ce n’est de devenir toujours plus fort ? En jouant en ligne, il faut donc savoir :

  • Ouvrir la garde, que ce soit via un overhead, une chope, ou un coup bas
  • Enchaîner les combos sans toujours transformer le terrain de jeu en fistinière à cause d’un damage reduce très bien réglé
  • Savoir manier l’anti-air comme personne afin de contrer tout dragon rush sorti n’importe comment
  • Bien définir un « combo-type » qui permet de sortir sa Super à tous les coups
  • Choisir une équipe équilibrée, qui ne soit pas forcément la Top-Tier, mais qui soit celle qui correspond à votre style de jeu, et qui ne comporte pas de faiblesse particulière
  • Savoir jauger un joueur dès les premières secondes du combat et adapter son style de jeu en fonction ? Il est très offensif ? Jouons du contre et de la chope. Il est très défensif ? Essayons de caller un combo dévastateur le plus rapidement possible pour le faire paniquer. C’est un spammer ? Défonce-le !

Kikoho !

Le jeu est tellement riche en possibilités et tellement divers en ligne, que je n’ai pas ressenti cette envie de devenir plus fort depuis Street Fighter II ! Je passe vingt minutes à apprendre chaque combo de ma team, j’essaye de mixer chope, combo, assist, super, comme personne ! Et que de plaisir de gagner un match, in extremis, par une petite boule de ki de merde ou par une téléportation mal défendue ! Il n’y a pas à dire, Dragon Ball FighterZ est un jeu de combat compétitif digne de ce nom !

À retenir

Dragon Ball FighterZ réussit à réaliser le rêve de tout fan de la licence depuis des décennies, à savoir offrir un vrai jeu de combat pêchu, technique et profond, dans l’univers de l’œuvre incontournable de Akira Toriyama. On ressent un plaisir unique, équilibre parfait entre les sensations d’un titre de Versus Fighting et l’excitation caractéristique des joutes de l’animé. Dragon Ball FighterZ n’est cependant pas dénué de défauts, que ce soit par exemple son penchant très punitif, son contenu solo pas extraordinaire ou encore son faible nombre d’arènes et l’absence dans le casting de certains personnages réclamés par beaucoup. À ce propos, nous devrons donc rester vigilants quant à la politique des futurs DLC, qui risquent de nuire à la réputation du titre. Comme toujours, ce sera aux joueurs de décider de casquer ou non, de légitimer ou de condamner de telles pratiques. C’est de toute manière l’avenir qui nous dira si Dragon Ball FighterZ est un grand titre de Versus Fighting. Car comme le disent nos confrères de Bas Gros Poing, et même si l’on sait déjà que le titre offre beaucoup de possibilités, ”ce sont les joueurs qui font le gameplay”.

Le Serpent et Totof

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4, One, PC

Genre : Versus Fighting

Développeur : Arc System Works

Éditeur : Bandai Namco Entertainment

Date de sortie : 26 janvier 2018

Episode #4 – Dragon Ball Z

Salut à tous, chers amis retrogamers, vos archéologues du premier mercredi du mois sont de retour avec un épisode des Archives Oubliées cette fois-ci consacré à la mythique série Dragon Ball Z, et plus précisément à la communication autour des jeux vidéos issus de cet anime.

On y aborde cette fois-ci l’aspect intéressant des différences culturelles entre le public Japonais et le public français en soulignant avec humour ce qui a été étudié plus en détail dans la superbe réflexion d’hier : L’esprit shōnen dans le jeu vidéo.

En même temps on ne va pas se priver de taper sur des campagnes de pubs peu inspirées et quand les marketeux sont fainéants, vos serviteurs sortent les armes !

Mais assez de spoil, et bon visionnage !

greyfox0957