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MGS-Une

Metal Gear fêtait il y peu ses vingt-cinq ans, c’est autant de temps qu’il a fallu à cette série pour s’installer dans le paysage vidéoludique mondial, marquer les cœurs et les esprits, diviser une cohorte de fans toujours plus exigeants. En somme, ce sont vingt-cinq années pleines de paradoxes, de joies et de déceptions, mais aussi d’émotions que représente aujourd’hui la série Metal Gear. Mais ces considérations nous feraient peut-être oublier les origines de la série, ce petit jeu sorti en 1987 sur MSX, le vieil ordinateur de Microsoft. A l’époque, presque rien de ce qui fait aujourd’hui la signature du bébé de Hideo Kojima ne semblait présent : pas de cinématiques aussi longues qu’un film, aucune réflexion métaphysique sur la vie, nos gènes ou les successions de générations, encore moins de thèmes cyberpunks comme les nanomachines, faut-il croire que tous ces éléments qui nous semblent être au cœur de la saga ne figuraient pas dans ses racines ?

Au commencement n’étaient que la menace nucléaire et l’infiltration. Et pourtant, quiconque a joué à ce premier opus pressent que tout ce que je mentionne plus haut était bien là, prêt à surgir, à se dévoiler dans l’œuvre aujourd’hui complexe d’Hideo Kojima ; comme les grecs avant nous, qui percevaient dans l’arbre la chaise future de l’artisan, nous pouvions sentir la grandeur et la force de l’œuvre en puissance dans cette première ébauche. Mais pour autant, rien n’était prédit, et je doute que beaucoup de joueurs furent prêt à parier, dès 1987, sur le succès à venir et dont nous sommes aujourd’hui les témoins. C’est donc moins une rétrospective qu’une réflexion sur les raisons, les hasards, les choix, qui ont fait de ce Metal Gear la série que nous connaissons. On pourra s’attarder autant sur les choix artistiques, commerciaux mais aussi sur les hasards purs et simples qui ont permis à la série de se hisser, et s’étonner de voir cette capacité, tout en étant un grand succès commercial, de conserver une originalité qui tient du film d’auteur. L’objet de cet article, avec toute la modestie qui est de rigueur, sera de dire quelque chose de nouveau, ou du moins de différent sur un thème qui a tout de même été largement discuté auparavant. Ce n’est pas tant la recherche d’informations nouvelles qui motivent l’écriture de cet article que la tentative d’apporter un regard différent, alternatif, du haut de ces vingt-sept ans d’existence.

Comment ce petit jeu sorti sur MSX en 1987 a pu devenir la série que nous connaissons ?

Les premiers pas, un départ à retardement.

Faute de moyens techniques, le premier Metal Gear était immobile et n'attaquait que par l'intermédiaire de ses caméras de surveillance. Il fallait trouver une combinaison de C4 à placer sur ses deux jambes pour le détruire.

Faute de moyens techniques, le premier Metal Gear était immobile et n’attaquait que par l’intermédiaire de ses caméras de surveillance. Il fallait trouver une combinaison de C4 à placer sur ses deux jambes pour le détruire.

Nous pouvons tout de suite affirmer au lecteur que le premier Metal Gear n’a jamais été pensé comme le premier épisode d’une saga comme le font de nombreuses productions récentes. A titre d’exemple on pourra citer Assassin’s Creed, qui a tout de la production orientée vers la création d’une saga, son succès étant bien évidemment attendu et prévu par l’éditeur afin d’en poursuivre la rentabilisation. Les coûts astronomiques d’un lancement de licence sont aujourd’hui pensés en fonction de la rentabilité attendue de tous les futurs épisodes. [Evidemment, l’époque n’est pas la même et on ne pense pas aujourd’hui comme on le faisait en 1987 car les logiques économiques ne sont pas les mêmes. Durant les années 80 on produisait une grande quantité de titres de façon à investir chaque plateforme d’un maximum de produits estampillés par l’éditeur, aujourd’hui les plateformes ne sont plus aussi nombreuses et on limite la création de licences à des titres qui pourront être profitables à long terme grâce aux multiples suites qu’ils engendreront.] Ainsi Metal Gear a été financé par Konami pour doter le MSX, alors plus populaire que la Famicom (nom japonais de la NES), d’un jeu de guerre estampillé par l’éditeur japonais loin d’en soupçonner le potentiel ; et ils avaient raison, en l’état Metal Gear restait un petit jeu. Mais ce petit jeu n’en était pas moins celui d’un homme et il portait une originalité fondamentale, Kojima venait avec lui de fonder le jeu d’infiltration. Aussi triviale que cette invention puisse paraître aujourd’hui, elle n’en est pas moins la raison du succès relatif de ce premier opus au Japon. Ce choix, principalement motivé par des raisons techniques désormais connues (impossibilité d’afficher plus de trois ennemis à l’écran) n’en est pas moins génial et inattendu. Au-delà de cet élément clé, Metal Gear se tient du début à la fin, il distille un scénario maigre mais intéressant et ses péripéties sont assez variées et cohérentes pour tenir en haleine un joueur contemporain. Néanmoins nous ne sommes pas en face de Metal Gear Solid et le succès est très loin d’être aussi important que dix ans plus tard. Metal Gear devait même compter sur un hasard assez étonnant, celui de son frère ennemi.

Metal Gear Solid - Missions speciales

Je me rappelle de ce moment, j’étais jeune, MGS n’avait plus de secret pour moi et le mot même de spin-off m’était totalement inconnu, et un jour je suis tombé sur ce Metal Gear, dubitatif, j’ai scruté le boîtier et je me suis dit, comme Greyfox0957 (ou même Delnics) a du se dire : « il me le faut ». J’ai dû patienter avant de l’avoir et je dois dire que le jeu en valait la chandelle, car n’ayant aucun rapport avec l’histoire même MGS, le jeu a une touche ludique. Une touche qui permet de retrouver la saga tout en faisant référence aux fameuses missions virtuelles et en proposant une série de challenges retors aussi amusants les uns que les autres.

Tactical, Espionnage, Amusement

Le tir sur des cibles est une des grosses partie du jeu

Le tir sur des cibles est une des grosses partie du jeu.

Étrange que de créer un jeu sans lien direct avec la saga appelé add-on ou spin-off as you wish, ces jeux proposés servent à prolonger l’expérience du jeu original en proposant du contenu, ce qu’on pourrait comparer au DLC aujourd’hui sauf qu’à l’époque le contenu était beaucoup plus conséquent et le support était physique, chose qui a beaucoup changé. Ce MG ne propose aucune alternative  au premier opus, votre seul objectif est de terminé les 300 missions que propose le jeu avec comme objectif de le terminer a 100 % ou de faire le meilleur score possible. Vous incarnez Solid Snake dans un simulateur appelé réalité virtuelle apparu déjà dans MGS  dans le menu principal mais il servait plus de tutoriel pour avoir les bases dans le mode solo du jeu. Restant tout de même anecdotique, un spin-off fut créé, reprenant la RV en toile de fond mais en améliorant le concept, évitant qu’il soit redondant. Esquivant la linéarité par la variété de ses situations, le seule « linéarité » qu’on pourrait  noter serait l’environnement qui ne change pratiquement pas à part les plateaux de jeu mais globalement l’arrière-plan reste le même pendant tout le jeu alors parler de linéarité pour cela serait mal placé. Une grosse partie du jeu est du tir sur cible ennemie ou simple cible, vous devez détruire ou tuer un certain nombre d’ennemis indiqué sur l’écran pour compléter votre mission. Parfois un timer est présent pour mettre un peu plus de challenge. Quatre modes de jeu (infiltration, armes, avancé et spécial) sont là pour vous régaler, surtout que le gros argument pour acheter ce jeu, c’est la possibilité d’incarner le ninja Grey Fox, un argument de taille. Des situations qui vous demanderont adresse et logique car certains moments vous feront arracher vos cheveux pour ressembler à Lagaf, ou même vous demander « mais comment je vais faire ?! » Tir sur cibles, infiltration, survie, éliminations, missions inédites ce jeu est fait pour vous amuser tout en y mêlant l’univers MG qui ici se mêle à merveille.

Olalala, je sens déjà la foule en liesse devant cette annonce osée ! Le test de Metal gear premier du nom arrive enfin ! Mais que vois-je ? Des fans déchaînés ? Et oui la série des Metal gear, étendue à celle des Metal gear solid plus tard, et une légende. Beaucoup de fans, et de détracteurs, certains n’hésitant pas à surnommer la série d’un de mes dieux (Hideo Kojima), de « Richard gear solid », en référence aux longs discours des différents épisodes. Alors, bien que tout le monde, ou presque, admette la qualité des derniers épisodes sortis, quel en est véritablement du tout premier ? Celui sorti en 1987 au Japon et en 1989 chez nous, sur MSX2 et NES (qui sera d’ailleurs notre support de test) et qui est finalement passé assez inaperçu. Naissance d’une légende certes, mais est-ce un grand jeu ? La réponse dans les lignes qui suivent… Lire la suite