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Shadow Warrior cover

On croyait le genre du FPS définitivement enterré sous le tas d’immondice annuel bien nommé Call of Duty. Comme si l’acronyme First Person Shooter ne devait plus rien à ses illustres fondateurs que sont Wolfenstein 3D, Doom, Duke Nukem et Shadow Warrior sur lesquels j’ai eu loisir de m’exprimer plusieurs fois dans ces colonnes. Le genre est aujourd’hui fait de deux facettes, l’une concentré sur un mode solo « whaou », c’est à dire avec des couloirs remplis d’événements scripté pour donner un sentiment d’immersion, et l’autre orienté multi avec un gameplay qui valorise la précision, le headshot en somme, sur de toutes petites cartes. Mais ce serait oublier l’origine du FPS, qui ne faisait pas la part belle à la précision millimétrée mais préférait la surenchère de monstres, d’explosions sanglantes et dans le cas de Shadow Warrior, le corps à corps au katana. C’est sur cette base que les gars de Flying Wild Hog ont construit leur bébé, une sorte de reboot du Shadow Warrior original mais sous la forme d’un nouveau jeu sur PC qui s’offre une réussite qui m’impressionne encore. Un remake qui, cela surprendra certain, se révèle finalement meilleur que l’original.

Direction artistique contre faiblesse technique

L'effet qu'une telle image produit est surprenant, on voit très bien que les modèles 3D ne sont pas incroyables mais pour autant on est charmés par l'atmosphère qui se dégage.

L’effet qu’une telle image produit est surprenant, on voit très bien que les modèles 3D ne sont pas incroyables mais pour autant on est charmés par l’atmosphère qui se dégage.

La première chose qui frappe lorsque vous jouez à Shadow Warrior, c’est l’étonnante beauté et l’harmonie de l’univers. Le petit jardin japonais de l’introduction est carrément ravissant, et rapidement l’atmosphère étouffante des forets de bambou, puis le sentiment de danger des zones portuaires en pleine tempête. En clair, le jeu est délicieux à regarder, les couleurs sont vives, les effets de lumière et d’éclairage particulièrement réussis, la cohérence du tout surprenante. Mais attention, lorsque je parle de tout ceci je ne veux en aucun cas évoquer l’aspect technique du jeu, celui-ci est en effet plutôt faible, et tourne donc sur des configurations relativement moyennes. Zoomez sur une texture et patatras ! Elle aura en effet de bonnes chances d’être baveuse. Ce jeu étonne donc par sa capacité à compenser cette relative faiblesse technique par une direction artistique hors pair, qui réussi à me faire baver à chaque nouvel environnement. On s’accordera à dire que ce n’est pas ça qui vous fera acheter Shadow Warrior, mais bon sang ce que c’est bon de savoir que la 3D commence à révéler de véritables artistes des environnements. A côté, le scénario assez inégal, trop simple pour ce qu’il a de compliqué et trop compliqué pour ce qu’il a de simple, est illustré par de superbes animatiques en 2D. Les modèles d’ennemis et le mobilier sont peut être un poil en dessous du reste et on tombe vite dans une répétitivité visuelle qui lassera certains mais sans jamais rendre le jeu terne.

Un jeu fondé sur le katana

Tout découper en première personne avec un gameplay fluide comme celui-ci est un plaisir presque orgiaque.

Tout découper en première personne avec un gameplay fluide comme celui-ci est un plaisir presque orgiaque.

A l’instar de Metal Gear Rising, dont l’argument était avant tout de nous offrir la possibilité de couper tout et n’importe quoi, Shadow Warrior a construit tout son gameplay autour du katana. Première arme du jeu, elle pourra vous servir du début à la fin sans jamais devenir obsolète. Les développeurs ont d’ailleurs confié que c’était une idée fondamentale dans leur game design. Seule exception, les boss, qu’il n’est pas possible de tuer à l’arme blanche, mais l’énormité de ces combats rend ce petit hic largement pardonnable. D’ailleurs c’est l’occasion de remarquer que ce jeu a bel et bien des boss, monstres immense qu’il convient de bien comprendre avant d’imaginer leur faire de dégât, ce qui est à nouveau un bel hommage au FPS des origines ! Notons également que le katana est foncièrement l’arme la plus fun à jouer puisqu’elle est capable de découper tous les ennemis et c’est en général celle que l’on va préférer, malgré les fusil à pompe à quatre canon, double SMG, lance missile et autres qui composent l’arsenal de Lo Wang, héros de cette aventure. Anecdote amusante, le Lo Wang du jeu original était bien plus âgé que celui de la nouvelle version, et ce rajeunissement le rend carrément insupportable (tête à claque, vous me suivez) au début de l’aventure, mais les épreuves qu’il traverse le transforment de façon assez subtile.

Metal Gear Solid - Missions speciales

Je me rappelle de ce moment, j’étais jeune, MGS n’avait plus de secret pour moi et le mot même de spin-off m’était totalement inconnu, et un jour je suis tombé sur ce Metal Gear, dubitatif, j’ai scruté le boîtier et je me suis dit, comme Greyfox0957 (ou même Delnics) a du se dire : « il me le faut ». J’ai dû patienter avant de l’avoir et je dois dire que le jeu en valait la chandelle, car n’ayant aucun rapport avec l’histoire même MGS, le jeu a une touche ludique. Une touche qui permet de retrouver la saga tout en faisant référence aux fameuses missions virtuelles et en proposant une série de challenges retors aussi amusants les uns que les autres.

Tactical, Espionnage, Amusement

Le tir sur des cibles est une des grosses partie du jeu

Le tir sur des cibles est une des grosses partie du jeu.

Étrange que de créer un jeu sans lien direct avec la saga appelé add-on ou spin-off as you wish, ces jeux proposés servent à prolonger l’expérience du jeu original en proposant du contenu, ce qu’on pourrait comparer au DLC aujourd’hui sauf qu’à l’époque le contenu était beaucoup plus conséquent et le support était physique, chose qui a beaucoup changé. Ce MG ne propose aucune alternative  au premier opus, votre seul objectif est de terminé les 300 missions que propose le jeu avec comme objectif de le terminer a 100 % ou de faire le meilleur score possible. Vous incarnez Solid Snake dans un simulateur appelé réalité virtuelle apparu déjà dans MGS  dans le menu principal mais il servait plus de tutoriel pour avoir les bases dans le mode solo du jeu. Restant tout de même anecdotique, un spin-off fut créé, reprenant la RV en toile de fond mais en améliorant le concept, évitant qu’il soit redondant. Esquivant la linéarité par la variété de ses situations, le seule « linéarité » qu’on pourrait  noter serait l’environnement qui ne change pratiquement pas à part les plateaux de jeu mais globalement l’arrière-plan reste le même pendant tout le jeu alors parler de linéarité pour cela serait mal placé. Une grosse partie du jeu est du tir sur cible ennemie ou simple cible, vous devez détruire ou tuer un certain nombre d’ennemis indiqué sur l’écran pour compléter votre mission. Parfois un timer est présent pour mettre un peu plus de challenge. Quatre modes de jeu (infiltration, armes, avancé et spécial) sont là pour vous régaler, surtout que le gros argument pour acheter ce jeu, c’est la possibilité d’incarner le ninja Grey Fox, un argument de taille. Des situations qui vous demanderont adresse et logique car certains moments vous feront arracher vos cheveux pour ressembler à Lagaf, ou même vous demander « mais comment je vais faire ?! » Tir sur cibles, infiltration, survie, éliminations, missions inédites ce jeu est fait pour vous amuser tout en y mêlant l’univers MG qui ici se mêle à merveille.