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J’arrive un peu après la bataille et je dois vous avouer que ça me plait. Il faut dire que de l’encre a coulé depuis la sortie, en Mars dernier, de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes déjà annoncé par ses détracteurs comme l’arnaque sans nom, dernier coup bas de Kojima et de son éditeur vénal, Konami. Mais ne croyez pas que je vais simplement venir mettre de l’huile sur le feu en favorisant aveuglément l’un ou l’autre camp. Metal Gear est pour moi un jeu très particulier et j’espère qu’avec l’achèvement de cette semaine spéciale à laquelle j’ai massivement contribué, vous aurez compris qu’il ne s’agit pas d’un simple bon jeu mais d’une œuvre immense qui a marqué l’ensemble de ma vie depuis ce jour où j’ai placé la galette fraîchement achetée d’occasion dans ma PSone flambant neuve. Transformant mon plaisir d’adolescent en chemin initiatique avec MGS2, Kojima me faisait mettre les choses en perspectives pour la première fois et de fil en aiguille par les hasards de la vie, m’amenait à rencontrer Le Serpent et à rejoindre ce site. Mais trêve de bavardage sur ma sensibilité, au moins vous saurez que c’est un fan qui écrit cet article, pour autant je ne vais pas écrire avec ma sensibilité, ni parler de jouissance ou d’orgasme pour décrire mon expérience de jeu comme l’ont déjà fait certains sur d’autres sites. Non, j’essayerai de vous montrer pourquoi le jeu n’est pas tel qu’on l’a décrit, une démo payante, ni le chef d’œuvre complet d’un créateur qui n’a pas dit son dernier mot. Ground Zeroes est à part dans la saga, et probablement à part au sein du monde vidéoludique, un futur cas d’école sans doute, mais comme toujours, il n’a pas fini de nous faire parler.

Et alors, est-ce qu’on en a pour son argent ?

Il n'y a pas que la mission Ground Zeroes qui vous attend dans le jeu et vous aurez fort à faire pour venir à bout de tout le contenu une première fois (environ 10h).

Il n’y a pas que la mission Ground Zeroes qui vous attend dans le jeu et vous aurez fort à faire pour venir à bout de tout le contenu une première fois (environ 10h).

Je ne vais pas rejeter cette question comme bon nombre de journalistes qui soutiennent le jeu. Pourquoi ne pas en parler ici alors que partout on aborde la question de la durée de vie confrontée au prix ? Il n’y a aucune raison d’éviter ça. Tout dépend réellement de ce que vous êtes venus chercher avec ce prologue, car de prologue il sert à de multiples endroits. D’abord prologue scénaristique, Ground Zeroes fait en effet le lien entre la fin de Peace Walker (PW), qui se déroule en 74 et le début du futur The Phantom Pain (TPP) qui se passe lui en 1984, mais aussi prologue de gameplay en se plaçant comme le chaînon manquant entre un gameplay divisé en missions contenant de petits lieux clos dans PW et un open world dans TPP. Dès lors il convient de signaler un élément fondamental, si vous êtes venus trouver avec cet opus un Metal Gear traditionnel, contenant de longues cinématiques et des heures d’épopée hollywoodiennes, eh bien vous serez déçus car la seule mission scénarisée du jeu se boucle en environ deux heures lors de votre première partie (il m’a fallu précisément 1h19 pour en venir à bout). Mais là où la plupart des journaleux s’arrêtent en disant que c’est là la durée de vie de base du jeu, j’aimerais ajouter un petit élément.

L'open world est grand mais pas forcément immense et ce n'est pas vraiment un problème compte tenu des différents objectifs de mission.

L’open world est grand mais pas forcément immense et ce n’est pas vraiment un problème compte tenu des différents objectifs de mission.

En effet, Ground Zeroes se compose de 6 missions au total qu’on appelle souvent « missions annexes » mais qui en vérité composent bien l’expérience principale du jeu. Chacune contient un petit scénario comme c’était le cas dans Peace Walker avec leurs moments mémorables, leurs qualités et leurs défauts ainsi que des éléments à récupérer pour en apprendre plus sur les événements qui se déroulent dans la mission « principale ». En ne suivant donc que le chemin critique, vous en aurez pour environ une dizaine d’heures pour voir le terme de l’expérience sans avoir à refaire quoique ce soit (en excluant la nécessité de débloquer la dernière mission en récupérant les patchs de la mission Ground Zeroes, ce qui pousserait à une douzaine d’heures environ). Une dizaine d’heures de contenu pour un jeu triple A vendu 30 euros maximum, c’est donc tout sauf une arnaque en soi à condition bien sûr d’être venu chercher une introduction au gameplay de The Phantom Pain, car Ground Zeroes est finalement bien plus un prologue gameplay que scénaristique. Beaucoup des commentaires négatifs que le jeu a reçu viennent en fait de fan frustré de ne pas avoir accès à une expérience scénaristique plus large sans voir qu’une expérience gameplay intéressante d’une dizaine d’heures vendues 30 euros n’est finalement pas si mauvaise en rapport quantité prix quand on voit qu’un shooter avec 7 ou 8 heures de durée de vie est aujourd’hui vendu 70 euros.

Episode #6 – Metal Gear Solid

Pour ceux qui nous suivent depuis quelque temps vous savez que ce jour est important. Les Archives Oubliées s’intéressent aujourd’hui à Metal Gear Solid, la série qui passionne vos serviteurs ! Avec ce monstre du jeu vidéo, Hideo Kojima n’a pas seulement crée une saga mythique aux messages profonds, il a mis au monde un cas d’école de la communication.

En alternant l’épique d’un trailer hollywoodien et l’humour moisi si propre à la série, Metal Gear a toujours su surprendre et nous revenons avec notre regard d’aventuriers des archives sur les diverses faits d’armes du marketing de Konami.

Bon visionnage à tous !

greyfox0957

New York MGS11

New York est, depuis Metal Gear Solid 2, une ville symboliquement incontournable dans la saga d’Hideo Kojima et ceci jusqu’à des événements très récents. Qui n’a pas en mémoire le plan initial du George Washington Bridge ou le final sur le toit du Federal Hall ? Et pourtant la grosse pomme réserve encore d’autres symboles qui permettent de lire et d’interpréter la série. Pour ma première venue à New York, vous imaginez bien que je n’ai pu résister à l’envie de voir de mes propres yeux les lieux que j’avais découvert plus de dix ans auparavant, l’occasion pour moi de partager avec vous mes photos accompagnées de quelques analyses parfois déjà connues mais qu’il est bon de raviver.

Le George Washington Bridge

Un plan initial qui a marqué toute une génération.

Comment oublier l’une des séquences d’introductions les plus mythiques du jeu vidéo ? Ce plan sur le George Washington Bridge, que vous retrouvez de jour sur la photo (une façon d’imiter la version du trailer de Ground Zeroes par beau temps diffusée il y a peu par Kojima Productions) ouvre le chapitre du Tanker de MGS2 et par la même occasion le retour de Solid Snake après les événements de Shadow Moses. Or cette scène comporte un élément fondamental pour les équipes de Kojima, quelque chose qui jusqu’alors n’a plus jamais été fait : la copie de lieux réel pour mettre en scène l’action d’un jeu. Même si on peut trouver dans MGS4 une tentative d’imiter des lieux du monde entier, on se retrouve bien plus avec un cliché régional qu’avec la véritable reproduction d’une ville ayant une identité aussi forte que celle de New York. Le George Washington Bridge est donc le pont le plus au nord de Manhattan, sur l’Hudson qui longe l’île par l’Ouest et la sépare de l’Etat du New Jersey. Notez dès lors cette première référence au personnage historique de George Washington qui abrégé en GW donnera son nom à l’IA des patriotes.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

On peut dès lors contextualiser les événements de MGS2, l’Hudson est une voie fluviale commerciale majeure qui relie le Saint Laurent (qui passe par Québec et Montréal) aux Grands Lacs et donc à Chicago et Toronto. Or si on garde à l’esprit que la région des lacs est un centre névralgique de la construction automobile et du marché du blé, il n’est pas étonnant de voir défiler d’importants navires de transport sous les ponts de l’Hudson. Les Marines n’ont donc pas eu de mal à dissimuler une cargaison secrète tout en passant l’air de rien à côté d’une des plus grandes villes du monde. De plus, l’invasion des soldats de Gurlukovich par hélicoptère est également très cohérente compte tenu du nombre de ces appareils qui survolent en permanence la ville.

Shadow Warrior cover

On croyait le genre du FPS définitivement enterré sous le tas d’immondice annuel bien nommé Call of Duty. Comme si l’acronyme First Person Shooter ne devait plus rien à ses illustres fondateurs que sont Wolfenstein 3D, Doom, Duke Nukem et Shadow Warrior sur lesquels j’ai eu loisir de m’exprimer plusieurs fois dans ces colonnes. Le genre est aujourd’hui fait de deux facettes, l’une concentré sur un mode solo « whaou », c’est à dire avec des couloirs remplis d’événements scripté pour donner un sentiment d’immersion, et l’autre orienté multi avec un gameplay qui valorise la précision, le headshot en somme, sur de toutes petites cartes. Mais ce serait oublier l’origine du FPS, qui ne faisait pas la part belle à la précision millimétrée mais préférait la surenchère de monstres, d’explosions sanglantes et dans le cas de Shadow Warrior, le corps à corps au katana. C’est sur cette base que les gars de Flying Wild Hog ont construit leur bébé, une sorte de reboot du Shadow Warrior original mais sous la forme d’un nouveau jeu sur PC qui s’offre une réussite qui m’impressionne encore. Un remake qui, cela surprendra certain, se révèle finalement meilleur que l’original.

Direction artistique contre faiblesse technique

L'effet qu'une telle image produit est surprenant, on voit très bien que les modèles 3D ne sont pas incroyables mais pour autant on est charmés par l'atmosphère qui se dégage.

L’effet qu’une telle image produit est surprenant, on voit très bien que les modèles 3D ne sont pas incroyables mais pour autant on est charmés par l’atmosphère qui se dégage.

La première chose qui frappe lorsque vous jouez à Shadow Warrior, c’est l’étonnante beauté et l’harmonie de l’univers. Le petit jardin japonais de l’introduction est carrément ravissant, et rapidement l’atmosphère étouffante des forets de bambou, puis le sentiment de danger des zones portuaires en pleine tempête. En clair, le jeu est délicieux à regarder, les couleurs sont vives, les effets de lumière et d’éclairage particulièrement réussis, la cohérence du tout surprenante. Mais attention, lorsque je parle de tout ceci je ne veux en aucun cas évoquer l’aspect technique du jeu, celui-ci est en effet plutôt faible, et tourne donc sur des configurations relativement moyennes. Zoomez sur une texture et patatras ! Elle aura en effet de bonnes chances d’être baveuse. Ce jeu étonne donc par sa capacité à compenser cette relative faiblesse technique par une direction artistique hors pair, qui réussi à me faire baver à chaque nouvel environnement. On s’accordera à dire que ce n’est pas ça qui vous fera acheter Shadow Warrior, mais bon sang ce que c’est bon de savoir que la 3D commence à révéler de véritables artistes des environnements. A côté, le scénario assez inégal, trop simple pour ce qu’il a de compliqué et trop compliqué pour ce qu’il a de simple, est illustré par de superbes animatiques en 2D. Les modèles d’ennemis et le mobilier sont peut être un poil en dessous du reste et on tombe vite dans une répétitivité visuelle qui lassera certains mais sans jamais rendre le jeu terne.

Un jeu fondé sur le katana

Tout découper en première personne avec un gameplay fluide comme celui-ci est un plaisir presque orgiaque.

Tout découper en première personne avec un gameplay fluide comme celui-ci est un plaisir presque orgiaque.

A l’instar de Metal Gear Rising, dont l’argument était avant tout de nous offrir la possibilité de couper tout et n’importe quoi, Shadow Warrior a construit tout son gameplay autour du katana. Première arme du jeu, elle pourra vous servir du début à la fin sans jamais devenir obsolète. Les développeurs ont d’ailleurs confié que c’était une idée fondamentale dans leur game design. Seule exception, les boss, qu’il n’est pas possible de tuer à l’arme blanche, mais l’énormité de ces combats rend ce petit hic largement pardonnable. D’ailleurs c’est l’occasion de remarquer que ce jeu a bel et bien des boss, monstres immense qu’il convient de bien comprendre avant d’imaginer leur faire de dégât, ce qui est à nouveau un bel hommage au FPS des origines ! Notons également que le katana est foncièrement l’arme la plus fun à jouer puisqu’elle est capable de découper tous les ennemis et c’est en général celle que l’on va préférer, malgré les fusil à pompe à quatre canon, double SMG, lance missile et autres qui composent l’arsenal de Lo Wang, héros de cette aventure. Anecdote amusante, le Lo Wang du jeu original était bien plus âgé que celui de la nouvelle version, et ce rajeunissement le rend carrément insupportable (tête à claque, vous me suivez) au début de l’aventure, mais les épreuves qu’il traverse le transforment de façon assez subtile.

Episode #5 – Castlevania

Oyé ! Oyé, braves gens ! Suivez-nous dans les entrailles sordides du marketing de Dracula. A l’occasion de la sortie de Lords of Shadow 2, le Serpent Retrogamer réalise une semaine spéciale autour de la série Castlevania.

Et nous, aventuriers des archives, nous regardons la communication faite autour de cette série qui est une des plus vieilles du jeu vidéo à être encore très active. Une communication parfois classique mais parfois plus vicieuse, et c’est, comme toujours, avec un brin de taquinerie que nous nous attaquons à ses instigateurs.

Bon visionnage à tous !

greyfox0957

Episode #4 – Dragon Ball Z

Salut à tous, chers amis retrogamers, vos archéologues du premier mercredi du mois sont de retour avec un épisode des Archives Oubliées cette fois-ci consacré à la mythique série Dragon Ball Z, et plus précisément à la communication autour des jeux vidéos issus de cet anime.

On y aborde cette fois-ci l’aspect intéressant des différences culturelles entre le public Japonais et le public français en soulignant avec humour ce qui a été étudié plus en détail dans la superbe réflexion d’hier : L’esprit shōnen dans le jeu vidéo.

En même temps on ne va pas se priver de taper sur des campagnes de pubs peu inspirées et quand les marketeux sont fainéants, vos serviteurs sortent les armes !

Mais assez de spoil, et bon visionnage !

greyfox0957

Episode #2 – Les Consoles de Salon

Elles sont de retour ! Alors qu’une génération de consoles s’achève pour laisser sa place à la suivante, les Archives Oubliées s’intéressent à la communication qu’en ont fait les constructeurs. De l’Atari 2600 à la XBox One, les errances sont nombreuses, de la vulgaire publicité pour enfant aux essais conceptuels on est passé par plusieurs périodes que vos serviteurs tentent de démêler. Deuxième épisode, même formule, on se donne rendez-vous la première semaine de Janvier pour le troisième volet.

Bon visionnage à tous et comme toujours, n’hésitez pas à commenter !

greyfox0957

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Episode #1 – Batman

Oyé oyé, la voici enfin venue, la première chronique vidéo du Serpent Retrogamer : Les Archives Oubliées. Chaque mois, Le Serpent et greyfox0957 vont revenir sur la communication faite autour du jeu vidéo en suivant le thème de la semaine spéciale. Cette semaine c’est sur Batman que nous nous sommes penchés et croyez-moi, nous avons déterré de sacrés merveilles. A nous les vieilles pubs bien salasses (j’ai bien dit pubs, ne lisez pas trop vite) !

Pardonnez nos maladresses de débutants et notre manque de matériel, vous faisons de notre mieux ! Bon visionnage à tous.

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Presque un an après la sorti du mastodonte Diablo 3 sur PC et Mac, Blizzard sort de son chapeau une version console de son titre chéri. Jeu de tous les débats, attendu pendant des centaines d’années par les fans du 2 (en tous cas c’est ce qu’ils vous diront) et arrivé pas complètement comme on l’attendait, Diablo 3 a tout de même fait un tabac sur nos bons vieux ordinateurs. Sauf que la série Diablo n’avait jamais vraiment tenté d’incursion sur nos machines de salon à cause d’un gameplay et d’une interface trop dépendantes de la souris et du clavier. Ce n’est pas cela qui a arrêté Blizzard, fort de budgets illimités, le développeur a décidé de refondre complètement son jeu pour l’adapter à nos petites manettes. Le but de cette critique n’est pas tant de revenir sur le jeu Diablo 3, déjà testé dans nos colonnes par Totof, mais plutôt d’évaluer l’effort de portage et les éventuelles augmentation ou diminution du plaisir de jeu qui en découlent. Je ne manquerai tout de même pas de donner mon avis sur le jeu au passage.

Diablo 3 sera toujours Diablo 3

Illustration difficile à choisir pour illustrer mon propos, les cinématiques 2D sont une réponse approximative aux sublimes cutscene en 3D du jeu.

Autant évacuer tout de suite, si comme moi vous étiez passé à côté du jeu à l’époque de sa première sortie, un bref rappel s’impose. Ceux qui ont déjà fini le jeu ou se sont déjà fait un avis sur la version PC sont donc invités à rejoindre la page 2. Comme son nom l’indique, Diablo 3 est le troisième opus de la série de hack n slash éponyme dans laquelle un noble héro doit parcourir le monde afin de le sauver de la menace que Diablo et ses copains (Méphisto, Baal, Bélial et consort) font peser sur lui. Au départ fortement influencée par la mystique chrétienne de l’apocalypse, dont les noms des personnages sont tirés, la série a ensuite tranquillement évolué vers un univers de fantasy qui lui est propre. Le premier reproche que j’ai d’ailleurs à faire à Diablo 3, c’est sa direction artistique branlante qui oscille entre la dark fantasy et le quasi-cartoon. Perdu entre World of Warcraft et le premier Diablo, deux directions artistiques en tout point opposées ; le premier Diablo était sale, gore et sentait l’odeur de la mort, en face la série Warcraft et son MMO en particulier proposent aussi une fantasy assez sombre mais avec un parti pris plus chatoyant à la limite du cartoon. Plus grave, les cinématiques, absolument magnifiques, respirent bien plus la dark fantasy que le jeu en lui même. Du côté du gameplay, bien qu’il en soit une des meilleures engeances, Diablo 3 reste un hack n slash, et donc un jeu brutalement répétitif surtout en solo. J’en resterai donc là pour mon avis personnel sur ce jeu en dehors de tout ce qui concerne les spécificités de la version console, que je vais dès maintenant vous décrire.

C’est quoi un VRAI portage ?

Sur les quatre images de mon test de Diablo 3, vous ne me pensiez pas capable d'insérer un screen de MGS ? Je sais, c'est un peu culoté mais ça illustre bien !

Sur les quatre images de mon test de Diablo 3, vous ne me pensiez pas capable d’insérer un screen de MGS ? Je sais, c’est un peu culoté mais ça illustre bien !

Portage par-ci, portage par-là, c’est la foire aux remakes, le web fleurit de débats sur ce qu’est un portage, un remake et sur la différence entre les deux. C’est à dire que les éditeurs s’en donnent à cœur joie dans le domaine. Entre les portages de jeux qui se sont bien vendus sur des plateformes plus récentes, les portages « HD » de classiques, la différence entre une simple application d’un filtre d’anti aliasing – ce qui est fait pour la plupart des « HD collection » – et la reconfection complète d’un jeu dans un nouveau moteur 3D – par exemple Ocarina of Time sur 3DS – est loin d’être claire. Diablo 3 se présente donc ici comme un portage pur et simple sur PS3 ou Xbox 360, mais pour être un vrai portage il ne s’agit pas juste d’adapter les contrôles, il faut penser à nouveau le jeu et nous allons voir que c’est ce que Blizzard a fait. Les antécédents n’étaient pourtant pas encourageants et le jeu PC a souvent eu du mal à squatter la console, souvenez-vous de Duke Nukem 64 et de ses merveilleux contrôles (Koreana_ vous en dira des nouvelles) ou de la prise en main fabuleuse de Age of Empire sur PS2. Heureusement pour Blizzard, le hack n slash n’en est pas à ses premiers essais mais le travail effectué dépasse largement les espérances.

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Voilà un quelques mois de cela, Defiance s’annonçait en grande pompe jusque dans le métro parisien. La tentative, menée par Syfy et Trion Worlds, de créer un énorme projet transmédia (ou cross-média) entre une série télévisée de science fiction et un MMOTPS sur consoles et PC allait enfin se révéler au monde et ne pouvait ainsi qu’être attendue de pied ferme. Il faut dire que le transmédia avait fait quelques bonnes incursions dans le paysage vidéoludique ces dernières années, notamment par le biais d’In Memoriam, un jeu d’enquête qui faisait usage de la boite mail et du navigateur internet des joueurs ou encore de Mission Braquo, une série dans laquelle les acteurs étaient en contact par sms ou même téléphone avec les joueurs qui se voyaient confier les rênes de l’enquête. On imaginait donc avec Defiance un pas de plus dans le monde du transmédia, d’autant plus qu’avec un univers tout neuf de science fiction et un concept de départ assez intéressant, il y avait de quoi faire. Vous aurez donc compris ma démarche qui consistera à voir si le jeu est bon mais également si le transmédia est intéressant, puisqu’il constitue tout de même un des arguments de vente majeur. Ensuite, les joueurs ont de plus en plus conscience que les tests de MMO récemment sortis sont en général caducs quelques mois après, c’est pourquoi j’essayerai toujours de voir un peu plus loin que le bout de mon nez au contraire de la plupart des critiques sur le web. La raison de la sortie relativement tardive de ce Temps Modernes tient compte à la fois de la volonté de voir le maximum de facettes du jeu mais également de mettre son lien avec la série éponyme à l’épreuve.

Un début fracassant

La création de personnages est d'une simplicité déconcertante.

La création de personnages est d’une simplicité déconcertante.

S’il est une chose incontestable, c’est bien que Defiance a connu un début fracassant, à l’instar du crash de vaisseau qui fait office d’introduction à ce jeune MMO. D’un côté, la série s’offrait la meilleure audience de Syfy avec 2,7 millions de téléspectateurs américains, de l’autre le jeu démarrait timidement entre les nombreux bugs et crash de serveurs si bien que beaucoup parlaient de beta pour qualifier le produit tombé entre leurs mains. Je vous passe les graphisme pauvres, techniquement dépassés et pas forcément inspirés, la physique à la masse (essayez de sauter vous allez rire). Or il faut remarquer que, malgré la résolution de pas mal de bugs dès les premiers jours, c’est tout le début du jeu en lui même qui est complètement bancal au point de paumer ses joueurs. Alors qu’une zone de départ est supposée aider à la prise en main, celle-ci fait régner l’anarchie, les repop incessants et les explications foireuses. Pardonnez-moi la liberté de ma plume sur ce coup, mais j’ai franchement dû m’accrocher pour aller au delà du fameux bout de mon nez et ne pas lâcher la bête en plein vol. Après une création de personnage ultra sommaire et une cinématique d’intro qui place le novice en compagnie des héros de la série – eh oui, voici là une des rares incursion de la série dans le jeu, nous y reviendrons – on se retrouve donc projeté sur le site du crash de l’immense vaisseau de la république de la Terre. Quelques quêtes de tutorial franchement mal foutues plus tard on aborde enfin les choses sérieuses en alternant une quête principale pas inoubliable mais qui a le mérite d’être un peu scénarisée, et des quêtes annexes répétitives que le repop intempestif, encore lui, vient souvent gâcher. C’est l’occasion de remarquer que le jeu était assez peuplé à l’heure où j’ai écris ces lignes et c’est une chance car les quêtes sont suffisamment difficiles pour que l’aide de plusieurs joueurs ne soit pas de trop.

Un TPS pas forcément très abouti, mais en MMO, ce n'est tout de même pas commun.

Un TPS pas forcément très abouti, mais en MMO, ce n’est tout de même pas commun.

Parlons maintenant un peu plus en profondeur du gameplay de Defiance. Il est assez rare pour le noter, ce jeu est bel et bien un MMOTPS qui comme tout MMO inclus un certain degré de jeu de rôle avec des niveaux et des techniques mais comme tout bon TPS fait reposer le gameplay sur la puissance des armes et le skill du joueur (précision, couverture, etc). L’harmonie entre les deux aspects du jeu est plutôt bien gérée même si elle les limite mutuellement : seules quatre spé sont disponibles au nombre desquelles le leurre et le camouflage par exemple. D’un autre côté il existe une variété d’armes assez large même si on se rend vite compte que l’équilibre n’est pas parfait entre elles. A ce propos, le jeu offre durant la création du personnage un choix qui semble être celui d’une classe (parmi trois options) et qui se révèle en fait être le simple choix de son arme de départ. Or ce qui pourrait apparaître comme une franche limitation se trouve être source de plus de liberté, je ne crois pas que le blocage des joueurs dans des classes eut été une bonne idée pour un TPS qui repose quand même avant tout sur le « shoot » comme son nom l’indique. Les joueurs sont donc tous à peu près égaux devant la difficulté, à peu près car comme tout MMO sans abonnement qui se respecte, il existe bien entendu une boutique in-game ; mais rassurons-nous, en dehors de quelques boost d’xp et des tenues différentes, ce n’est pas cette boutique qui va déséquilibrer le jeu, Trion a eu la bonne idée d’éviter cet écueil.