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L’E3… ce grand rassemblement du monde du jeu vidéo ou le monde entier attend les annonces des nouveaux jeux, des dernières tendances, de l’avenir du milieu… Quelle surprise au final que cette E3 ait autant enflammer les esprits avec deux annonces venues tout droit du passé : le remake de Final Fantasy 7 et l’annonce du projet kickstarter Shenmue 3. Sortira sortira pas? Toujours est il que c’est une énorme vague d’espoir qui rempli l’esprit des fans des deux premiers opus, dont je fais partie, et quoi de mieux qu’un petit versus pour se remettre dans le bain.

Shenmue, pour ceux qui n’étaient pas nés en 2000 ou qui était dans le fin fond de l’Ardèche à cette époque, est surement un des jeux les plus ambitieux de son temps, au point d’avoir probablement couler l’avenir hardware de Sega. Hybride entre un jeu de rôle, d’action et d’aventure, Shenmue a marqué les esprits avec son ambiance japonaise du milieu des années 80 et son histoire mélancolique. Face à lui, il me fallait trouver un contrepoids équivalent. Et quoi de plus massif que le premier opus 3D de la série la plus rentable du jeu vidéo, Grand Theft Auto 3, sorti a peine 1 an après le jeu de Sega. Pour son apparition sur PS2, GTA s’offre le luxe de passer d’une 2D vu de dessus à un Liberty City en 3D du plus bel effet pour l’époque.

Pris par le temps (et les vacances imminentes) je vais faire s’affronter ces deux jeux sur 3 rounds : leur scénario, leur gameplay/gamedesign et leur ambiance. Let’s fight!

SCENARIO

Shenmue-RyoShenmue se déroule en 1986, dans un Japon en balance entre coutume/tradition et modernisme exacerbé. Ryo Hazuki, fils du maître de dojo du village, est le témoin impuissant de l’assassinat de son père par un homme mystérieux en costume traditionnel chinois. Alors que l’agresseur disparait sans même lui accorder un regard, Ryo se jure de venger son père, peu importe le chemin qu’il devra parcourir pour y arriver. C’est alors que, pour vous, se lance une vie parallèle. En effet le jeu se joue comme si vous suiviez le rythme de vie de Ryo, levé, repas, couché, mais également celui des gens autour. Si aujourd’hui ce système semble presque logique notamment avec Bethesda et ses Elder Scroll, à l’époque c’était juste révolutionnaire. Ainsi inutile d’essayer d’entrer dans une épicerie ou chez les gens avant ou après une certaine heure de la journée, ils seront couchés ou fermés. De plus certains évènements se déroulent à des horaires spécifiques, et à vous d’être présent à ce moment là au risque de tout simplement louper la séquence. Lâché dans votre ville avec pour seul indice avoir vu le meurtrier de votre père, vous aller tenter de récolter plus d’informations en discutant avec les gens, en fouillant, furetant, interrogeant et plein d’autres participe présent en ant. Si cela peut sembler monotone au premier abord surtout en description, dans les faits chaque jour apporte son nouvel indice qu’il est souvent impossible d’exploiter le jour même, faute de temps. Vous repartez donc dès le matin, bille en tête pour passer à l’étape suivante et récolter plus d’information sur ce Chang Long et ou il se cache. Mais mener l’enquête n’est pas de tout repos et de nombreuses personnes vont essayer de vous mettre des bâtons dans les roues et des pains dans la tête, que ça soit par pure provocation, par excès d’orgueil ou pour le compte du fameux chinois. Heureusement notre chez Ryo, bien le fils de son père, se débrouille pas trop mal avec l’ensemble de ses membres, nous verrons comment dans la seconde partie.

gta-3Grand Theft Auto… Défouloir attitré de nombreuses personnes, meilleure cible des détracteurs du jeu vidéo de par les nombreuses polémiques qu’il a pu suscité, cette série ne laisse pas indifférente. Lancée initialement sur Playstation avec les classiques 1 et 2 puis un ersatz « London » peu inspiré, GTA tente sa résurrection sur Play 2 au début des années 2000, avec succès. Si ce bond graphique est son principal argument, GTA propose t’il plus que ses homologues de la génération précédente? Et bien pas tant que ça d’un point de vu scénario. En effet vous jouez un truand lambda parachuté dans une grande ville ou le système mafieux est développé sur forme de clan (comme avant). Votre premier contact vous donnera des missions à faire pour son clan vous permettant de gagner en réputation auprès du monde mafieux et ainsi débloquer des missions pour le compte des autres clans. L’avantage est que dorénavant les missions ne sont plus linéaires. Passé un certains stade, plusieurs missions se proposeront à vous permettant de varier les genres et de repartir sur autre chose après un échec. La force du jeu reste cependant de pouvoir s’appuyer sur son monde ouvert pour proposer un terrain de jeu de débauche au joueur qui ne voudrait pas rester dans le confort du script des missions. Qui n’a jamais lancé un petit GTA juste pour tenter de survivre le plus longtemps aux flics en mode 5 étoiles? De trouver le tank et de faire un maximum de dégâts, de taper les cheat code pour avoir tout l’arsenal avec maximum munitions et semer le chaos jusqu’à ce que la mort vous rattrape? Mentez pas je vous vois… Bref si Rockstar Game à très vite rétabli le coche du scénario dans les épisodes suivants pour arriver dernièrement à la triplette d’histoires dans GTA 5, leur objectifs sur ce premier jeu en 3D était clairement de réussir leur transition technique avant d’apporter plus au genre. On va voir si le pari est réussi avec l’analyse du gameplay.

GTA 3

Les jeunes gamers ayant connu le succès croissant de la licence GTA le doivent en contrepartie à ce 3ème opus, première apparition d’un épisode tout en 3D sur la nouvelle console de Sony (la PS2). Sorti au tout début de son règne, GTA 3 a provoqué un séisme par sa liberté et son environnement toujours pas égalé à l’époque, faisant de lui et depuis des années le maître du GTA-like. Souvent associée à la génération FIFA ou Call Of, la licence a su attirer la jeunesse mais aussi des vieux gamers qui ont fait leurs armes sur Pitfall sur Atari 2600 (Uber clin d’œil) (NDÜ : clin d’oeil noté et überapprécié, Yannou!). La saga en profite (comme de nombreux titres à cette époque) pour faire peau neuve, fini la vieille vue du dessus, les contrôles « robot ». Vous pouvez vous balader où vous voulez, écraser qui vous voulez, tuer qui vous voulez vous n’avez pas de limite sauf la police. Ici c’est Marseille, euh, Liberty City pardon…

Petit gangster deviendra grand

Le personnage principal manque cruellement de charisme

Le personnage principal manque cruellement de charisme.

L’histoire nous propulse directement au cœur d’un braquage, une scène cinématique met en scène des braqueurs dont notre héros qui se fait trahir et laisser pour mort. On le retrouve plus tard dans un camion de police pour un transfert en prison mais le fourgon devient la cible  de malfrats et vous en profitez pour vous faire la belle, quoi de plus logique après tout. De là commence votre périple, vous enchaînez les contrats de larbins qui au fur et à mesure deviendront des contrats d’homme de main. Cet opus nous fait commencer tranquillement en suivant les galères de notre personnage pour suivre son évolution au sein de la pègre, nous montrant ses diverses frasques et les nombreux personnages qui seront amis ou ennemis. Votre argent amassé servira entre autre à vous fournir en munitions et en gilet pare-balles, pas de maison ni de vêtement, l’évolution ne se marquera pas par des ajouts visuels (comme pour les autres opus) mais par l’avancement de votre personnage en nous ouvrant les deux autres îles qui sont inaccessibles au début, à vous de faire vos preuves pour avancer tout au long de votre périple. Fun et cynique, GTA 3 vous marquera déjà par l’orientation prise dans le gameplay, avec une immersion déjà plus profonde et une caméra qui est descendue de 50 étages pour revenir se centrer sur le personnage principal, ce qui facilite vos mouvements et reste beaucoup plus agréable quand on y joue. Le changement de plateforme permet au personnage de faire des actions qui sont plus claires comme le combat à main nue qui s’enrichit de quelques gestes, mais aussi la visée simplifiée ce qui évite les cercles de la mort en voulant atteindre votre cible. La conduite est beaucoup plus fluide mais reste arcade pour le plaisir de tous. Ce qui fait la marque de fabrique des GTA c’est le personnage central qu’on apprécie généralement par son charisme et son humour, mais ici, ce n’est pas le cas. Déjà, votre personnage ne parle pas de tout le jeu, pas un mot, rien, en mode FF des anciens temps. Pourquoi me direz-vous ? Je n’en ai aucune idée, le fait que votre perso ne dise rien est-il une volonté des développeurs ? En tout cas on a du mal à l’apprécier, mais même si ce type ne parle pas, les personnages secondaires, eux, n’en restent pas moins charismatiques et font preuve d’une décadence caricaturale piquée aux films et bourrée d’archétypes (choix voulu) mais terriblement efficace, et c’est ce qui fait la force de la saga et sa marque de fabrique au fur et à mesure de ses sorties dans le temps. Ah, un progrès de plus : le jeu s’enrichit d’une carte, d’un didacticiel et de vraies explications, enfin!!! Ça fait plaisir de savoir que les développeurs ont entendu nos voix frêles.