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J’ai passé quelques minutes à savoir comment entamer ce test et quelques mois depuis la sortie du jeu à savoir comment le remplir… pour être le plus objectif possible. A titre d’introduction et afin d’apporter quelques explications sur mon point de vue, je vais vous parler de ma vie (oui c’est chiant mais c’est comme ça). Je ne suis pas un grand fan de ces jeux en 3ème personne où le but est de se faire un trou dans la pègre d’une ville, genre appelé GTA like depuis l’explosion de la série avec GTA 3 (dernier auquel j’ai joué plus d’une heure). Si le maître en la matière à souvent été copié en variant les thèmes abordés (Saint Row, Watch Dog, Sleeping Dogs, Mafia, True Crime) il a rarement été égalé. Pourtant s’il m’a été impossible de compléter les deux derniers GTA, j’avais totalement été happé par Mafia 2. Le jeu, pourtant pas exempt de défauts, m’avait séduit par son ambiance fin des années 40 début des années 50, avec une histoire proche des films de gangster des années 30. Les missions, cohérentes, s’enchainaient avec fluidité en faisant avancer l’histoire, le gameplay, dans les standards de l’époque, était tout à fait correct et l’IA même si un peu aux fraises, faisait le job quand même avec quelques missions assez épiques. Bref tout ça pour dire que j’étais particulièrement saucé par ce Mafia 3 et que mes débuts sur le jeu se sont fait avec une attente toute particulière, en lien avec mes souvenirs de son prédécesseur…

Un accueil mémorable

La bande originale de Mafia 3 est mythique tout simplement

Débuter un jeu sur une bande son aussi extraordinaire que ça, ça ou encore ça avec en back-up, sans citer tout le monde : Aretha Franklin, Elvis Presley, The Kooks, Johnny Cash, Dusty Springfield… je peux vous affirmer que la B.O. de Mafia 3 est parmi les meilleures que j’ai pu entendre dans un jeu vidéo. Celle-ci s’intègre parfaitement dans l’époque de fin des années 60 début des seventies, en pleine période de guerre du Vietnam, dans une ville imaginaire de la Nouvelle-Orléans. L’univers est bien retranscrit au point où avant le début du jeu les développeurs ont glissé un mémo au joueur sur la violence du langage qui sera employé dans le jeu. Nous sommes dans le sud des Etats Unis dans les années 70, Martin Luther King a été assassiné et les personnes de couleur sont victimes d’un racisme violent et omniprésent. Certaines zones leur sont interdites et si un incident arrive dans les quartiers noirs, les flics mettront le double de temps à intervenir… s’ils se déplacent.

Les cinématiques façon interviews/documentaire sont bien rendues

Le démarrage du jeu se fait avec des témoignages de personnes face caméra façon interview racontant une histoire, votre histoire. Ces phases d’interview sont entrecoupées de flash-back old school qui vous donneraient presque l’impression d’être devant un très vieil épisode d’une émission d’investigation. Les doublages sonores sont particulièrement bons en V.O avec des voix et accents qui renforcent bien l’immersion, même si je ne suis pas un grand fan de VF. Les acteurs ne s’en sortent pas trop mal, avec forcément moins de cachet que leur homologues. Mais assez blablaté, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Bienvenue une nouvelle fois sur la chronique qui tente de démystifier le jeu de plateforme. Durant les derniers mois, nous avons pu voir que le genre a ses propres règles, et qu’il repose grandement sur le saut. Mais comment distinguer un Super Mario d’un Contra ou un Megaman d’un Temple Run? En essayant de définir tous les sous-genres possibles. Entre ces derniers, il peut y avoir un minuscule changement ou une redéfinition du gameplay, mais le mieux c’est de rentrer dans les détails. C’est parti!

LES SIDE SCROLLER

RAJ4scrollOn rentre dans le plus connu des sous-genres, qui représente à lui seul la définition même du jeu de plate-forme. Cela sera également le moteur de l’âge d’or du genre. A l’inverse d’un écran fixe, le décor défile avec le personnage, ce qui rythme l’action et permet toute une mise en scène du jeu. Le scénario peut être présent mais n’est pas primordial.  Si vous suivez la chronique, vous avez pu voir les débuts du genre avec Pac-Land et son envolée avec Super Mario. Mais justement après l’énorme succès du plombier, et mis à part SEGA qui cartonnera avec Sonic, la première moitié des années 90 verra arriver une avalanche de titres (bons ou moins bons). Parmi eux, Chris Sorell lance sa propre mascotte : James Pond. Dans un mélange de parodie et de monde aquatique, le jeu de plateforme est sorti majoritairement en 1989 sur ordinateurs ( Amiga / Atari ST/ Archimèdes) mais également sur la toute nouvelle 16 bits de SEGA (la Megadrive). Les niveaux s’enchaînent avec des objectifs toujours liés au massacre de poissons ennemis ou de sauvetage de phoques, et la formule prend. Une suite sous titré « CodeName Robocod » (photo) sort l’année suivante, et est adaptée sur 12 systèmes différents (dont la Playstation 2 en 2003). La raison? Le jeu est une grande réussite. Au Pôle Nord, James doit arrêter le Docteur Maybe qui menace de faire exploser toutes les fabriques de jouets. Les graphismes sont très bons pour l’époque, l’OST travaillée, et de nombreuses idées de gameplay sont proposées. Le jeu fait de très bonnes ventes, mais va complètement faire perdre pied aux développeurs. Persuadés qu’ils ont un concurrent sérieux à Sonic et Mario, ces derniers répètent à qui veut l’entendre que leur prochain jeu sera le jeu de plateforme parfait, un croisement entre Super Mario World et Sonic 2. Mon dieu, on en était loin! Car quand « James Pond 3 :Operation Starfish » est sorti, la déception était là. Pour son voyage dans l’espace, James récupère une maniabilité ignoble et glissante. Cette dernière, associée à un level design pauvre, ainsi qu’un scrolling mauvais, ne donne déjà pas vraiment envie, mais l’obtention de l’objet ultime casse tout espoir. En effet, un power up permet de récupérer…un pogo stick. Le jouet qui permet de rebondir, rend ici l’action injouable avec un écran devenant fou. Au final, le jeu décevra et ne se vendra pas vraiment, coupant l’envie aux développeurs de continuer l’aventure. On peut aussi citer le renard Bubsy, qui après des épisodes 2D honnêtes passera par l’accident industriel pour l’épisode 3D.  Si on rajoute tous les jeux Infogrammes, les adaptations de dessins animés, les films, etc… Le jeu de plate-forme était l’idée principale pour faire un jeu grand public, et tenter de concurrencer Mario et Sonic. Mais ces deux derniers avaient une longueur d’avance et n’ont pas été rattrapés. La fin des plateformers 2D est arrivé avec la 3D, avec soyons chauvin, le meilleur représentant en la personne de Rayman, mais avec également des perles comme Gex et Mr Bones. Après une période de vaches maigres, l’explosion de la scène indé dans la fin des années 2000 voit revenir les jeux 2D. Même les développeurs traditionnels s’y remettent, notamment Capcom avec Megaman IX et X. En résumé, le side scroller EST le jeu de plateforme, avec une histoire entière à lui. Peut être que la chronique s’y intéressera plus en détail. Mais, avant cela, voyons d’autres genres.

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AP : Cet article sera plus un historique avec des jeux vidéo clés du studio que d’une histoire qui raconte le côté inside du studio, une rétrospective classique dans sa forme sachant que Neversoft n’a pas vraiment participé au jeu des questions réponses avec la presse, les infos sont très rares, et la seule vidéo que j’ai d’eux, c’est quand ils font de la propagande type « kecégénial » de travailler sur COD Ghosts, c’est pas vraiment exploitable et ni brillant pour un studio qui en avait beaucoup plus dans le slip. L’article mérite quand même votre attention rien que pour les jeux qu’on réussit à pondre ce studio sous le giron d’Activision

Quel est la pire sensation à supporter selon vous ? Pour Bardot c’est le mépris, pour Cassel c’est la haine, moi personnellement, c’est de me sentir délaissé, abandonné qui me touche le plus dans ce bas monde. Imaginez de monter votre propre compagnie, un truc qui vous passionne où vous mettez toute votre énergie et votre créativité pendant plus de vingt ans. Bien sûr comme dans toute entreprise qu’il se doit, vous connaissez les hauts et les bas auxquels vous mettez les bouchées triples pour vous sortir la tête de l’eau. Sauf qu’un jour, vous vous faites enfler, genre grave enflé, on vous dépossède purement et simplement tout ce que vous avez entrepris en deux décennies en une trace de stylo.

Chris Ward est l’exemple prototype de ce sentiment, c’est avec joie et félicité qui l’emporte le prix de l’emplumé de l’année 2014, c’est un faite, il s’est fait entubé par Activision, son studio Neversoft vient de disparaître quelques semaines auparavant pour se fusionner avec Infinity Ward, l’un des 3 studios qui font vivre la licence agonisante Call of Duty. Tous les ex-employés de la boîte ont rejoint les bureaux aseptisés de la ville d’Encino, sauf l’ancien patron, lui, il est allé se faire foutre. L’histoire ne nous dira pas si Mr Ward s’est fait virer à la Patrice Desilets par la maison mère, ou le départ s’est fait à l’amiable. Dans les deux cas, la conclusion de l’histoire de Neversoft ne me surprend pas plus que ça finalement, car ce studio en signant avec l’éditeur le plus putassier dérrière EA, l’ancien Game-Designer de Tony Hawk savait pertinemment avec qui il jouait.

La galère des premières années

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C’est quand même un hasard à la con que le studio meurt à cet instant, deux mois auparavant j’ai planché sur Spiderman, l’un des jeux ayant popularisé le talent de Neversoft aux yeux du monde, sorti en 1999 sur Playstation, il était un excellent jeu dans mes souvenirs de petiot, là de savoir que ce studio passe l’arme à gauche alors que j’en avais écris des lignes dessus il n’y a pas longtemps me fait dire qu’il faut que je change de PC, il ressemble beaucoup trop à un Death Note Hi-tech. Pour commencer l’histoire, Neversoft avant son affiliation à Activision était une société de développement indépendante de jeu vidéo monté en 1994 par d’anciens employés d’Acme Interractive, une branche jeu vidéo d’un éditeur de comics basé à Malibu. Joel Jewett, Mick West (parti du système vidéoludique depuis) et Chris Ward se lancent pour leur propre compte. Au début, ils n’étaient pas prévus qu’ils fassent du Tony Hawk virtuel, non, la stratégie du petit groupe était de commencer en faisant des contrats avec diverses sociétés pour porter des jeux sur console, en exemple fortiche, ils ont réussi en 1997 à porter MDK sur PlayStation, jeu third person shooter sur PC, alors que les journalistes se foutaient d’eux en disant que ça serait impossible d’arriver à un résultat satisfaisant, et non, ils ont réussi l’exercice haut la main, des journaleux vidéoludiques ayant tort ? C’est surprenant.

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Après un premier jeu en 1996 pas folichon adapté du dessin animé Skeleton Warriors. Ils se sont tiré une balle dans le pied après plusieurs projets foirés avec Sony et Crystal Dynamics, ils avaient sur le dos un moteur de jeu qu’ils souhaitent vendre les services à d’autres éditeurs. Janvier 1998, soit quatre ans après l’ouverture du studio, avec seulement un jeu et un portage au C.V, Neversoft commence à dire merde à la banque. Sauf qu’un coup de bol arrive à leur porte, j’ai nommé, Bruce Willis. Enfin, la voix de Bruce Willis, digitalisé pour un jeu vidéo d’action prévu sur PS1 et PC dont le développement s’était foiré dans les studios d’Activision. Impressionné par la démo de leur moteur de jeu, Activision signe avec Neversoft pour finir le jeu d’action décervelé Apocalypse. De fil en aiguille, content du boulot effectué sur le projet, Activision rachète Neversoft et leur donne une toute nouvelle licence entre les mains : Tony Hawk’s.

Apocalypse-Playstation

Bonjour et bienvenue dans notre petit coin de chaleur nostalgique où il fait bon se replonger dans nos souvenirs de gamers. Aujourd’hui, comme c’est la semaine spéciale sur les différentes façons de jouer, il a fallu choisir, trancher, cruellement. J’aurais voulu parler de Rhythm Tengoku sur DS et de sa façon d’utiliser le stylet définitivement hors-norme et son ergonomie sans faille, mais je l’ai déjà testé ici. Idem pour Beat.Trip Beat, qui aurait eu légitimement sa place ici. Il y avait aussi WarioWare en lice, condensé de génie et de gameplays hallucinants à travers une myriade de micro-games, mais comme je vous concocte un dossier dessus, je l’ai mis de coté aussi. Et comme on est ici pour se replonger dans nos souvenirs, ceux qui nous mettent la larme à l’oeil, qui touchent à nos racines de gamers, je me suis simplement demandé quel était ma première expérience avec un gameplay autre que le joystick ? Et là, je me suis souvenu du terrible Space Gun.

TOMAGIQUEspacegunForcément, même si je n’avais pas de NES chez moi, Duck Hunt ne m’était pas inconnu, mais comme mon entourage proche, lors de la phase 8-Bits, était plus Sega que Nintendo, je n’ai pu y jouer que tard, lorsque j’étais au collège. Donc le premier flingue vidéoludique que j’ai pu prendre en main, tout tremblant, c’était celui de Space Gun, un des premiers rail shooter, peut-être même le premier, puisque Cabal, défouloir jubilatoire de quatre ans son ainé, se jouait sur un plan fixe où il fallait défourailler tout ce qui bougeait (ainsi que tout ce qui ne bougeait pas). Bref, je n’y mettrais pas ma main à couper, mais ce qui est sûr, c’est que c’était mon premier rail-shooter, et ma première expérience avec un flingue. Et dans la foulée, avec un jeu d’horreur, car Space Gun distille une ambiance à faire trembler les genoux et mouiller son short Petit Bateau! Dans une ambiance claustro, avec une musique pesante, vous avancez dans un vaisseau, arme en main, tendu comme un slip trois tailles trop petit… Quand soudain, un laser d’autodéfense vous canarde. Hop, vous le torchez vite fait en ricanant… Puis le premier alien fond sur vous du fond de la pièce! Et là, vous ne rigolez plus, la tension est à son comble. Parce que non seulement ils sont plutôt résistants, mais c’est qu’en plus ils font flipper, ces aliens, avec leurs quatre bras, leurs têtes insectoïdes, leur façon de vous charger! Et plus ça avance, plus il y en a! Si on rajoute à ça les survivants à sauver, ça devient vite chaud!

TOMAGIQUEspacegunattaqueQuand j’ai commencé ma première partie de Space Gun, le reste de la salle d’arcade a disparu quasi littéralement, j’avais basculé dans ce vaisseau étouffant, j’étais traqué par des aliens, je vivais l’aventure, flingue à la main. C’était magique (eh oui, il fallait bien que je case « magique » quelque part, non ?). Aujourd’hui, avec le recul, je réalise que le soft a très bien vieilli, et qu’il était impressionnant pour l’époque. Déjà, il était très bien réalisé, les graphismes envoyaient du bois, et on ressentait bien l’impact des balles sur les ennemis, mais en plus, les dégâts étaient ciblés, vous pouviez shooter les bras des aliens un par un (c’était d’ailleurs conseillé, si vous vouliez les réduire en tas de chair avant qu’ils ne vous attaquent)… Ca ne vous rappelle rien ? Eh oui, c’est clairement le précurseur de Dead Space, toutes proportions gardées. D’ailleurs, la série Dead Space se fendra d’un rail-shooter sur Wii, bavard, mais de bonne facture. Et si l’on ajoute à ça le fait que vous réduisiez les aliens en chair à pâtée sur un mode qui évoque de loin Splatterhouse, on a un pur jeu d’horreur sur borne arcade, un vrai, et on retrouvera ses influences directes ou détournées dans bon nombre de jeux contemporains.

cadeau bonus, une photo de la magnifique borne arcade, avouez qu'elle claque, quand même!

cadeau bonus, une photo de la magnifique borne arcade, avouez qu’elle claque, quand même!

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, mais ne vous inquiétez pas, on se retrouve comme d’habitude dans sept jours, pas plus, pas moins, pour clore enfin mon mini florilège des puteries des programmateurs au sein de perles vidéoludiques.

toma überwenig