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Un brin de chauvinisme ne fait jamais de mal. Nous avions déjà évoqué le bon jeu vidéo à la française l’an dernier, à travers le mythique Flashback. Pour ce mois dédié aux aliens et aux mutants, quoi de mieux donc que de parler de Beyond Good and Evil, titre au succès d’estime ô combien fort, et surtout ô combien mérité. En route pour Hillys, petite planète aux monstres anthropomorphes, théâtre de l’aventure de Jade, reporter résistante face à l’invasion DomZ.

Faites chauffer le moteur

L’aspect le plus frappant de BGE est incontestablement sa créativité. Le développement, long de quatre ans, est le fruit du désir de Michel Ancel (qu’on ne présente plus et à qui on doit l’emblématique Rayman) de créer un monde d’espace et de liberté. Dans ce but est conçu un nouveau moteur graphique, qui fera notamment les beaux jours du cousin Prince of Persia: Les Sables du Temps. Ce moteur, c’est le Jade Engine, éponyme de la future héroïne, reporter indépendante de son état sur la planète Hillys. Un vaste monde presque entièrement recouvert d’eau, le choix de faire de cet élément naturel la pierre angulaire de l’univers ayant été induit par les premiers rendus aquatiques bluffants ayant enthousiasmé les équipes.

Au-delà de sa grandeur, et pour reprendre les termes du YouTuber At0mium, BGE est surtout un titre “dense” et d’une extraordinaire richesse, comprenant entre autres un mariage réussi de gameplays différents, une narration basée sur de nombreuses cinématiques (126 au total pour une durée cumulée de 53 minutes), une galerie de personnages hétéroclites et attachants, et aussi une exploration enchanteresse. Un grand soin est également apporté à la musique et aux bruitages, grâce à la participation d’acteurs plutôt célèbres (Emma de Caunes, Luc Bernard doubleur de Dolph Lundgren) et aux travaux de Christophe Heral et Yoan Fanise. Il en ressort même une influence mutuelle entre le développement du jeu et la composition de la bande originale, les violons d’ambiance arabisants ayant par exemple induit les connotations mauresques de la ville. Il en est ainsi également des paroles des chansons, piochant allègrement dans différentes langues et finissant de donner à BGE une identité multiculturelle qui fait voyager.

Résistance

Ces inspirations multiples se ressentent bien évidemment dans l’univers et le contexte du jeu. Membre du système solaire 4, Hillys est une petite planète minière éparpillée façon puzzle en plusieurs îlots, avec une biodiversité foisonnante, et dont la principale ressource est le cristal matéria. Elle est un jour attaquée par les aliens DomZ, qui commettent par la même occasion des kidnappings. Petit à petit, Hillys devient une dictature militaire, protégée par les sections Alpha et dont la propagande entraîne la création d’un groupe de résistance, le réseau IRIS. Jade, reporter indépendante, est responsable d’un orphelinat avec son oncle Pey’J, un homme cochon (ou porc Sus sapiens pour reprendre le jargon du jeu). L’institut se voit attaqué par les DomZ. Après avoir enrayé l’invasion, notre jeune et belle journaliste court à la rescousse des caisses de l’institut en acceptant un emploi pour le centre scientifique d’Hillys. Le but? Photographier un maximum d’espèces (57 au total). C’est donc le point de départ d’une aventure qui va aussi bien émerveiller pour les animaux que l’on va rencontrer, que pour la quête personnelle de Jade qui va devoir prendre position devant le vaste complot qui semble se tramer.

Hillys est ainsi un univers mêlant animaux anthropomorphes (Rhinoceros sapiens, Aquilus sapiens, Capra sapiens…), villes futuristes, voitures volantes, hydroglisseurs et invasion extraterrestre. Il ne faut donc pas chercher très loin pour y retrouver les influences de la saga Star Wars, voire du film Le Cinquième Ėlément notamment pour l’ambiance à la fois plus décontractée et plus rythmée, ainsi que la place centrale d’un personnage féminin. Au niveau gameplay, BGE puise dans l’infiltration à travers des phases qui demanderont principalement de se faufiler dans le dos des DomZ pour les neutraliser d’un bon coup de botte, dans la plateforme 3D, dans le jeu de course avec les poursuites et les parties en hovecraft. Le titre est une somme réussie de ces différentes approches, mariée avec maîtrise à une ambiance colorée qui en fait l’identité et le charme. Les moments creux dans le déroulement de l’histoire permettent de profiter des paysages et surtout, de la quête des perles et des espèces, qui donnent à BGE un équilibre rare dans l’intérêt à porter à son aventure principale et à ses objectifs secondaires. La jouabilité est très agréable, seulement gâchée par des petits soucis de caméra.

Autant d’ingrédients qui ont permis au jeu de recevoir de très bonnes critiques, principalement pour son atmosphère, son esthétique et son game design exemplaire. Cependant, les premières ventes sont en-deçà des espérances. Ce n’est pas tant la patte particulière de BGE qui est en cause que la compétitivité de cette fin d’année 2003 qui voit notamment Ratchet and Clank 2, Jak II ou… Prince of Persia: Les Sables du Temps rencontrer un grand succès. Une ironie de l’histoire que des rééditions viendront un peu atténuer, comme la version HD sortie en 2011 sur Xbox 360 et PS3. Surtout, c’est le succès d’estime qui témoigne du fait que BGE est un titre unique et aimé des joueurs. De même que l’attente suscitée par une suite qui se fait cruellement désirer depuis plus d’une décennie…

À retenir

Beyond Good and Evil fait indéniablement partie de ces jeux coups de cœur, dont on n’a de cesse de se souvenir avec émotion et une irrésistible affection. Le genre de titres un peu injustement oubliés du grand public, que l’on conseille au détour de conversations au coin du pad. Cependant, l’attente de la sortie du second volet est longue, faisant de BGE 2 une arlésienne dont on vient à se méfier. Surtout quand on sait les dernières annonces qui parlent d’une aventure solo au rabais. Allez, on croise les doigts et on essaie de se fier à la détermination sans faille de Jade pour croire à une nouvelle belle expérience sur les flots de la planète Hillys.

Informations sur le jeu

Plateformes : NGC, PS2, Xbox, PC, PS3, Xbox 360

Genres : Action, Aventure, Infiltration

Développeur : Ubisoft

Éditeur : Ubisoft

Date de sortie : 14 novembre 2003

Avant toute chose, il faut que vous répondiez à ce sondage avant d’aller plus loin : Avez-vous jouer à Zelda Breath of the Wild AVANT ou APRES Horizon Zero Dawn ?

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Maintenant que vous avez répondu, et que vous voyez ce que les autres ont dit, sachez que j’ai joué à Horizon (et fini aussi) AVANT Breath of the wild, et ça a son importance. Car, après le dernier Zelda, rien ne sera jamais plus pareil… Car sans cette comparaison, Horizon Zero Dawn, le petit petit de Guerilla pourrait apparaître comme le meilleur jeu d’aventure à monde ouvert jamais sorti. Oui rien que çà. Mais entre temps… Zelda quoi…

Quand Ubi devient ringard

L’escalade des pseudo-girafes géantes pour débloquer des zones. Un classique made in Ubi

On a souvent dit que la génération PS360 était celle des mondes ouvert. La console a tout de même accouché de Red Dead Redemption, GTA5 ou Far Cry 3. On pensait donc, tout à fait légitimement, que l’arrivée de la nouvelle génération sonnait le glas de ce monde d’avant, et que quelque chose allait vitre prendre le relais. C’est un peu le cas avec le fameux « game as a service », représenté par Destiny ou The Division. Mais malgré tout, le monde ouvert est là, et encore bien là d’ailleurs. GTA5 est arrivé sur Next Gen et Ubi continu de sortir du monde ouvert à la pelle. Et c’est d’ailleurs dans cette optique que se place Horizon : c’est tout simplement un monde ouvert « à la ubi » amélioré. Car oui, les collectables sont bien là, les camps à capturer aussi, les points d’observations aussi. Mais le tout est distillé d’une manière à ce que le joueur ne se sente jamais lassé. Là où la boite bretonne inonde le joueur d’activités inutiles, les Hollandais dosent savamment les moments annexes de la quête principal, au point parfois de préférer se balader tranquillou, plutot que de tracer vers des tâches plus conformes à ce qu’on trouve dans un monde ouvert. Un peu comme dans un bon The Witcher, en mieux parfois même. Oui messieurs, les mondes ouvert Ubi, vous avez trouvé votre maître incontestable.

Quand The Witcher devient classique

Chasser des machines à dos de cheval mécanique, c’est grisant

Cette « flânerie » à coté des quêtes classiques est largement encouragée par l’univers que nous propose Horizon Zero Dawn. C’est simple, je n’ai plus senti une « suspension d’incrédulité » comme cela depuis bien longtemps. D’abord par ce que le jeu est magnifique. Il s’agit d’ailleurs probablement du monde ouvert le plus beau jamais sorti, et surtout le plus divers : on passe de la neige à la jungle, en passant par les déserts arides et les grottes « Skyrimesques ». Sans oublier bien sur l’atout principal du jeu : le bestiaire robotique et le système de combat adapté à un tel mon. Non franchement, le dépaysement est sacrément au rendez-vous, et le voyage n’en est que plus beau. Et on pardonne assez aisément l’incompréhensible ratage des animations faciales face à ce monde si vivant.

C’est finalement en cela qu’Horizon Zero Dawn se rapproche de The Witcher. Sans égaler sa qualité d’écriture et la complexités des enjeux et des personnages du Tolkien Polonais, il va s’en dire qu’Aloy est un peu le Geralt des terres sacrés du futur. Toujours est-il que le voilà le maître étalon que Guerrilla a voulu détrôner. Et bien que l’exercice était louable et que le jeu est de qualité, cet exercice est un échec. Non pas qu’Horizon soit moins bien que the Witcher 3 (c’est peu être même le contraire) mais la révolution du sorceleur ne vient pas tant de ses atouts ludiques. Non. Elle vient de se que le jeu a représenter au moment de sa sortie. Un tel bon en avant par rapport aux open-world précédents. Horizon n’a pas pris d’élan pour sauter un gouffre tout aussi grand, mais a préféré passer sur le pont dune solidité hors du commun construit par CD Project. Contrairement à l’inlassable concurrent Breath of the Wild qui, lui, à tout reconstruit pour faire de sa traversée un exploit.

Quand Zelda devient le maitre

Une carte classique dans un monde ouvert… Sauf dans Breath of the Wild

Et pourtant, malgré la qualité tout simplement exceptionnelle (dans son sens le plus stricte du terme « faire exception »), on ne peut s’empêcher d’avoir un arrière goût amère après ce bon repas. D’abord à cause du jeu en lui même et des défaut inhérents aux mondes ouverts de cette génération. C’est notamment le cas de la narration de l’histoire principale. Cette dernière, bien qu’intéressante sur le fond, est sabordée sur la forme puisqu’elle fait fi du caractère ouvert de l’aventure. C’est simple, toute l’histoire se déroule finalement au seins de zones couloirs, où tout est scripté, alors qu’il s’agit de l’antipode de la proposition de jeu. C’est également là faute à la liberté offerte par le titre. Bien que le monde soit dit ouvert, on ne peut s’empêcher de s’enfermer nous même dans des codes castrateurs. Pourquoi chercher toutes les statuettes banuks ? Pourquoi ne pas simplement escalader les plus hauts sommets du monde pour observer la beauté des lieux ? Pourquoi chercher tous les mugs ancestraux ? Si ce n’est pour assouvir notre soif de 100 %. C’est bien moins abrutissant que le jeu en ligne le plus excitant

Et là où on ne peut en vouloir à Horizon Zero Dawn, qui avait tout pour lui, c’est qu’un autre jeu, sorti au même moment, nous a montrer qu’il était possible de sortir de ces carcans nullissimes : The Legend of Zelda : Breath of the Wild bien sur. Ceci n’est pas une critique du Zelda de la Switch, mais tout de même ! Comment ne pas être empli de joie lorsque l’objectif au début de l’aventure est de « vaincre Ganon » ? La voilà la liberté. Le vrai sens du mot est ici appliqué à la lettre : Je peux faire ce que bon me semble tant que cela n’empiète pas sur la liberté de l’autre. Alors qu’Horizon nous propose de l’escalade totalement balisée, Zelda non. Alors que le scénario évolue dans des couloirs, Zelda pas du tout.

A retenir

Horizon Zero Dawn est bien. Il est même excellent, et sans contexte le plus beau monde ouvert jamais sorti. Mais il est déjà dépassé. Dépassé un peu à cause de lui, mais surtout à cause d’un autre : Breath of the Wild, avec qui il ne tient pas la comparaison. Non pas sur la qualité du titre en lui même, mais sur l’apport qu’il incarne au regard de la playhistoire. Horizon exécute très bien des recettes éculées, alors que Breath of the Wild invente une nouvelle manière de manger. C’est aussi simple que celà. Et pourtant, j’ai passé un excellent moment en compagnie d’Aloy, dans les déserts et glaciers que j’ai traversé en sa compagnie. Certains moment m’ont même rappelé la grandissime Red Dead Redemption. Alors, et si vous êtes en manque de The Witcher 3 après avoir platiné les deux extensions, je vous invite à jeter votre dévolu sur Horizon Zero Dawn. Mais gardez en tête qu’à coté de ce géant de Guerrilla, se dresse le Titan de Nintendo.

Informations sur le jeu

Plateformes : PS4

Genres : Open-World (Action, infiltration RPG, etc.)

Développeur : Guerrilla

Éditeur : Sony Entertainment Computer

Date de sortie : 1er mars 2017 

 

Amis du gore et du glauque, bienvenue !  Si vous êtes un joueur, vous connaissez sûrement Frédérick Raynal. Un grand nom du jeu vidéo à l’origine des codes du survival moderne avec Alone In The Dark en 1992, et grande inspiration pour une série sans prétention : Resident Evil. Après quelques  jeux tels Little Big Adventure ou encore Toy Commander, le game designer prend du recul à partir du milieu des années 2000, restant consultant pour quelques autres développeurs….jusqu’en 2014, date à laquelle ce dernier souhaite revenir à ses premières amours. Le jeu s’appellera 2Dark et est vite financé par la plateforme Ulule, avant de plonger dans 3 ans de développement. Est ce que le génie de l’horreur va réussir à réinventer le genre? 

2Dark

Comme dans toute introduction d’oeuvre noire qui se respecte, nous plongeons dans le passé de M.Smith en 1969. Ce jeune père de famille passe du bon temps au bord du lac avec sa femme et ses enfants quand ces derniers se font sauvagement kidnapper. Ce drame plongera la famille dans l’horreur et tandis que Mme Smith ne croit plus jusqu’à sa mort que ses enfants sont toujours vivants, son mari fait le serment de les retrouver quoi qu’il en coûte. Il garde son but des années plus tard, quand il constate avec effroi que les informations télévisées se ressemblent jour après jour, racontant les drames d’enfants disparus aux abords de plusieurs endroits de la ville. C’en est trop, il va sauver ces enfants avant qu’il ne soit trop tard, même s’il n’est plus inspecteur. Cette quête va se traduire pour le joueur en une série de plusieurs missions à réaliser dans le repaire des pires psychopathes de la terre, pour sauver le plus d’âmes perdues.  Dès les premières minutes on expérimente le pire du genre humain, avec des thèmes plutôt lourds tel le viol, la pédophilie ou encore toutes les maladies psychiques connues sur Terre. Et au delà des habituels clichés du film d’horreur, le jeu s’essaye à des scènes installant le malaise plus que le gore, pour un résultat plutôt bon. Pour le jeu en lui-même, on déambule dans les endroits où sont capturés les enfants dans un jeu en 2D en vue plongeante.

 

Et plusieurs contraintes sont là pour nous causer des problèmes. Il va falloir faire preuve de discrétion, et dans cette optique, chaque pas est millimétré, et il n’est pas permis de se faire repérer. Les moyens pour se défendre ne sont pas nombreux, et même si un pistolet à munitions limitées est présent, un simple coup suffit à rameuter tout le monde. On devra donc trouver des pieds de biche ou autres armes de poing pour surprendre les ennemis par derrière…si on arrive à y voir dans les lieux. En effet, 2Dark est un jeu noir dans tous les sens du terme, et la bougie sera souvent le seul moyen d’avancer dans l’obscurité. Une lampe est également disponible mais avec un usage limité également, et la lumière qu’elle propage peut également attirer l’attention. L’aventure est donc plutôt complexe, et c’est autrement plus stressant une fois les enfants trouvés. Au gameplay classique s’ajoute alors une phase ou grâce à des bonbons on doit accompagner les enfants jusqu’à la sortie. Et chaque enfant a son caractère, restant parfois sur place, pleurant au risque d’attirer les psychopathes ou encore voulant aller voir les bêtes du cirque. La tension est alors à son maximum et seul la sortie totale du niveau permet de se reposer avec la mission accomplie.  Un ambiance et une progression stressantes qui vous demanderont une attention de tout instant.

MGSMGS

Si vous suivez l’actualité cela ne vous aura pas échappé et la news a sonné comme un véritable séisme sur la planète jeu vidéo, je parle bien sûr du divorce entre Hideo Kojima et la firme Konami quelques semaines avant la sortie de leur dernier bébé, Metal Gear Solid 5 : The Phantom Pain. Si comme moi vous êtes un fanatique de ce monument vidéo-ludique alors vous êtes également en proie à l’inquiétude. Pas au niveau de MGS 5 non, qui lui va très certainement exploser tous les records de vente (aucune idée à l’heure où j’écris ces lignes), mais au niveau de l’avenir de la série car, même si de nos jours, la conception d’un jeu vidéo est l’oeuvre d’une équipe de plus d’une centaine de personnes, l’essence même de la série repose en un seul et unique homme qui se nomme Hideo Kojima. C’est pourquoi aujourd’hui nous allons nous interroger sur la « Kojima Touch », sur tous les éléments qui font que cette saga a une saveur si particulière et qui nous remplissent d’inquiétude quand on se tourne vers le futur (parce que bon vous savez comme moi que tout bon magicien ne révèle jamais ses secrets!). Et va également vous dire pourquoi on ne peut pas être optimiste quant à l’avenir de nos chères Big Boss et Solid Snake.

Le message derrière le jeu

Peace WalkerSi l’oeuvre de notre cher ami Kojima est très certainement l’un des travaux culturels les plus aboutis de ces dernières années, peu de personnes sont au courant du message que l’auteur cherche à faire passer à travers les pixels. En effet, derrière le cerveau à l’origine des scénarios de guerres nucléaires et d’espionnages qui nous plaisent tant se cache l’un des pacifistes les plus engagés de cette planète, et si vous êtes de fins observateurs vous avez pu constater que Kojima, dans son grand talent, aborde le sujet des armes et des soldats d’une fort belle manière. Commençons déjà par le héros principal de cette saga, enfin plutôt les héros, car oui pour ceux qui ont du mal avec ça le héros de MGS 1,2 et 4 (et accessoirement Metal Gear et Metal Gear 2 : Solid Snake sorties sur MSX2 à l’époque) n’est pas tout à fait le même que dans MGS 3, Peace Walker et 5. Dans ces trois derniers, vous incarnez Big Boss le soldat ultime, dont les origines sont légèrement obscures mais dont on sait que le peu d’émotions et d’humanité qu’il lui reste sont balayés par les différents événements qu’il traverse. Tandis que dans les premiers épisodes cités, vous incarnez l’un des trois clones de Big Boss, résultats du programme « Les Enfants Terribles » visant à créer une armée à l’image du soldat suprême. Autant vous dire qu’entre une coquille vide et le résultat d’une expérience ratée que vous êtes loin d’incarner un « héros », et je ne vous parle pas du blondinet, aka Raiden, que l’on incarne dans les deux tiers de MGS2 qui, à défaut d’être paumé, est complètement manipulé et dépassé par les événements. Si l’on s’intéresse de plus près aux soldats ennemis, on se rend compte que Kojima s’est servi du stéréotype classique, mais ô combien efficace, du soldat sans cervelle se laissant berner par une simple boite en carton et ayant peur d’un pistolet tranquillisant. Soldats qui, par moments, ne deviennent plus que de simples machines programmées pour tuer, ou sont également le résultat d’expériences ratées les privant de tout sentiment humain. Concernant les armes, le constat est tout aussi flagrant, vous démarrez soit complètement désarmé, soit seulement équipé d’un pistolet tranquillisant et devez trouver vos armes sur le terrain, une manière pour Hideo de dire : »Je ne t’ai pas mis d’armes létales dans les mains, c’est toi qui les a trouvées et utilisées », car oui ce sont bien vos choix de gameplay qui transforment le « héros » en arme de guerre ou non. Car oui, dans la majoritéKojima des jeux MGS, il vous est possible de choisir votre manière de progresser, soit de passer en toute discrétion sans blesser un seul garde, soit prendre le premier flingue que vous trouvez et dézinguer tout ce qui bouge. Même les boss peuvent être battus sans les tuer à partir de MGS2, grâce à l’apparition de la barre d’endurance qui ne diminue que si l’on utilise une arme tranquillisante. Et d’ailleurs, dans les opus récents le joueur se voit récompenser (succès, médailles, trophées) s’il réussit à finir le jeu sans tuer un seul soldat, prouesse d’autant plus dure à réaliser quand vous portez sur vous tout un attirail d’armes et autres explosifs qui vous permettraient de passer une zone sans difficulté en faisant preuve d’une barbarie sans nom.. Et oui c’est ça le game design à la Kojima, vous montrer qu’il est facile d’être pris dans les rouages (« Gear » au passage en anglais!) de la guerre et que les grandes distinctions ne s’obtiennent que par le chemin ardu de la paix. Ce paragraphe pourrait faire office à lui tout seul de réflexion, tellement il y a de choses à décortiquer là-dessus, mais on peut dire que l’essence même de la saga qui réunit des millions de fans à travers le monde provient de l’engagement d’un seul homme, et on a du mal à croire que le message continuera a être diffusé de la sorte sans son émetteur..

L’infiltration, la finesse, l’élégance, le style Kojima

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Pas vu pas pris!

Mais le MGS d’Hideo Kojima, ce n’est pas qu’un message dans une bouteille jetée à la mer, c’est également un divertissement, un game design, un scénario, une psychologie des personnages dont lui seul a le secret. On joue tous à MGS pour des raisons différentes, on aime les jeux d’infiltration, les jeux qui parlent de la guerre, les scénarios mieux ficelés qu’un rôti de porc, le réalisme du jeu, mais on est tous d’accord sur un point, on y joue parce qu’il a un style unique qui est celui de Kojima. Il est l’un des rares développeurs a savoir parfaitement insérer des situations comiques dans des contextes parfaitement sérieux. Franchement, qui ici aurait pensé une seule seconde à introduire des posters de japonaises en petites tenues dans les casiers d’un tanker transportant une arme nucléaire de dernière génération? (quoi que vu les tordus qu’on a la rédaction on aurait certainement pu le faire!). Sans compter les points d’interrogations et d’exclamations gigantesques qui apparaissent au-dessus des soldats lorsque ces derniers repèrent quelques choses, comme s’ils avaient découvert le feu, ou bien les célèbres boites en carton pour passer inaperçu devant les gardes (parce que c’est bien connu, une boite en carton qui apparaît au milieu d’une pièce c’est pas suspect du tout..). Ce sont toutes ces scènes qui dédramatisent le contexte dans lequel s’inscrit le jeu et qui font qu’on prend plaisir à jouer. On en arrive même à faire passer au second plan l’intrigue principale et à spéculer sur le prochain clin d’œil douteux de la cinématique suivante tellement on aime ce genre de scènes. Puisqu’on parle de scènes burlesques parlons infiltration, car oui cette mécanique de jeu est à elle seule un élément comique, tellement comique qu’on en vient à chercher l’endroit le plus improbable pour traverser la zone sans se faire repérer et faire passer les gardes pour de véritables aveugles (avec tout le respect que j’ai pour les aveugles!), ou faire preuve d’ingéniosité à la McGyver pour déjouer des systèmes de sécurités sophistiqués, un véritable jeu dans le jeu. Sans compter les différentes sortes de boites en carton déjà évoquées, parce que bon pourquoi se cacher dans une boite estampillée « Munitions » ou « Armes » quand on peut se cacher dans une boite qui contenait des pastèques ou toute autre sorte de fruit exotique? Ou bien encore les différents magazines « olé olé » vous permettant de faire ressortir le coté primitif des gardes soit disant formatés pour la guerre et n’exprimant aucun désir. Bref on pourrait là aussi tergiverser pendant des heures sur les différentes manières comiques de s’infiltrer dans cette saga tellement c’est complet, et vous l’aurez compris cela donne une vraie force aux jeux car l’on a du mal à refaire 10 fois la même chose. Kojima est un petit comique mais il sait également être fin et élégant, surtout quand il s’agit de psychologie de personnages et plus particulièrement des boss que vous aimez tant. Car pour Kojima, les « clichés » ça va cinq minutes mais on s’en lasse vite et s’il a bien compris une que pour accrocher le joueur il faut des boss originaux. Prenez Psychomantis, certainement LE boss qui vous a tous marqués, il est l’exemple même de ce que je veux souligner. Pour rappelle, Psychomantis est un télépathe, il est capablPsycho-mantise de lire dans vos pensées et d’anticiper le moindre de vos mouvements en plus de léviter comme tout boss de science fiction un peu à l’aise avec son cerveau, sauf que lui ajouter une tenue en cuir moulante, un masque à gaz et une voix à la Dark Vador le rend tout de suite moins banal, surtout quand on s’intéresse un peu au background du personnage. Rajoutez à ça une mécanique de jeu novatrice (je parle bien évidemment du changement de port de manette pour interrompre le lien télépathique) et vous avez un boss élégant, intrigant et parfois même énervant. On pourrait faire la même analyse avec chaque boss du jeu, chacun ayant sa part de « noirceur élégante » qui explique ses actes et la mécanique de jeu qui lui est propre, ainsi que sa fine touche d’originalité qui font qu’on a qu’une envie, c’est de s’y frotter. Rares sont les développeurs à avoir trouvé les proportions parfaites entre comique et sérieux, et c’est ça la « Kojima Touch » qu’on aime tant et qu’on a peur de voir disparaître des futurs opus. Et je ne vous ai même pas parlé des centaines d’easter eggs présents dans la saga, car oui Hideo aime les easter eggs et les caméo, mais ça sera certainement pour une autre fois!

Quoi de mieux, de plus juste pour fêter l’arrivée du MGS nouveau que de tester son épisode canonique, LE Metal Gear Solid originel ? Les fines bouches peuvent objecter que la série a commencé sur MSX, mais elle s’appelait Metal Gear tout court, à l’époque, et si la patte Kojima était déjà là, si l’on trouvait trace des intentions du maître dans ce creuset brut originel, ce n’est qu’avec MGS premier du nom et les capacités révolutionnaires pour l’époque de la Playstation que la créativité de Kojima allait pouvoir s’exprimer et faire entrer la série dans la Playhistoire, la vraie, la grande. 

Mais vous vous doutez bien qu’avec un nom comme Le Serpent Retrogamer, le test, il a été fait depuis belle lurette! En 2012, deux ans après la naissance du site. C’était Yannou, notre athlète de service, qui s’en était chargé, avec la maestria, la verve et le franc-parler qu’on lui connait. Mais comme à LSR, on aime chouchouter nos lecteurs, voici non seulement le test de notre Yannou national, mais en plus, en guise de petite gâterie finale, un Grain de Burve, comme ça, juste pour vous. Je vous laisse entre les mains expertes de Yannou – à vos risques et périls, bien sûr – et je vous retrouve donc dans deux pages. 

t.b.

La légende Metal Gear, apparu en 1987,  revient 11 ans plus tard sur la nouvelle console de Sony et entièrement 3D. Concrètement c’est une refonte par rapport aux opus précédents et un des seuls sur cette console à proposer de l’infiltration, ou même de la stratégie pour aborder des situations sous un autre angle. Mesdames et Messieurs voici un monument de l’histoire du jeu !!!! Lire la suite

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Alors que les communs des mortels que nous sommes, nous humains qui vivons dans un monde porté par la pop-culture plutôt que de l’Art avec un grand « A ». Nous pensons que les superpouvoirs sont une justification pour porter un slip rouge par-dessus un pantalon bleu mal assorti qui certes est un déguisement ridicule, mais permet de pécho facile au lieu d’aller chasser à la dure en boîte ou « discothèque » pour le terme des papas et autres mamans. Certaines oeuvres ont essayé de démythifier ces symboles en justifiant ces pouvoirs surnaturels par leurs origines. Wolverine et son expérience scientifique qui a mal tourné par exemple, donne une image à connotation dramatique de ces-dits pouvoirs. En 2004, le monde du jeu vidéo s’est vu arriver à quelques mois d’intervalles deux jeux qui ont démonté des pouvoirs sois-disant « cool » en tares non-souhaitées qui peuvent détruire la vie de plusieurs personnes, dont le héros lui-même. Ces deux jeux sont Psi-Ops et Second Sight, portant tous les deux sur le même sujet, les pouvoirs télépathiques. L’un est pas terrible et l’autre non plus, mais Second Sight, s’en tire tout de même avec quelques qualités non négligeables.

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Réveillé dans un laboratoire à l’esthétique aseptisée et ressemblant à n’importe quel laboratoire expérimental du méchant gouvernement américain, John Vattic, protagoniste chétif et pataud, adopte la plus grosse gueule de bois que seul un héros de jeu vidéo puisse avoir, il ne se souvient de rien de ce qui lui est arrivé. Sauf qu’il découvre en posant ses deux pieds par terre qu’il a la faculté d’ouvrir les portes sans les toucher et faire voler les deux à trois éléments du décor qui sont dotés de moteur physique. « Mon dieu truc de guedin » se dit notre protagoniste, en sortant de sa chambre, il croise un garde et commet une exaction en le faisant virevolter de l’autre côté du couloir. Après le scrupule qu’éprouve notre héros en ayant tué un personnage qui ressemble aux trois cents autres employés du laboratoire, il prend la tangente par le biais d’un ascenseur, une migraine virulente lui prend alors la tête et nous nous plongeons tous ensemble dans un flashback qui nous envoie quelques mois plus tôt. Nous retrouvons John Vattic, scientifique émérite avec des lunettes de papy et sans alopécie, à effectuer un entraînement militaire intensif de dix minutes à la veille d’une opération dangereuse et importante pour le bien de l’humanité. L’objectif de cette mission devient plus clair après un briefing avec l’équipe qu’on pourrait résumer avec un simple post-it sur le réfrigérateur :

Chers amis,

Nous partons à la recherche d’un méchant scientifique russe qui lui aussi possède un laboratoire expérimental aseptisé caché dans les montagnes de Sibérie et fait probablement des saloperies de communiste avec des pouvoirs télépathiques. Vous savez tous comment le communisme peut détruire plus de vies que le capitalisme, soyons fiers mes frères, j’ai convié pour la réussite de cette opération un scientifique n’ayant que dix minutes d’entraînement en expérience militaire, une psycho rigide spécialiste en paranormal et quatre gugus voulant devenir les nouveaux Expendables dans un remake d’Inception. L’opération WinterICE (parce qu’on est dans la neige et dans les montagnes capiche ? LOL) sera une mission non approuvée par le gouvernement américain, enfin un peu, mais pas trop, on aura quand même le droit aux marines avec des guns en hélicoptère à la fin de la mission pour finir sur un plan final à la Michael Bay.

Bisou,

Le Général Samuel « Wannabe » Jackson

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Après cette première heure trépidante et originale à s’en taper le crâne contre votre table, pour la critique de Murdered : Souls Suspect, vu que je savais déjà grâce à mon fameux sixième sens du routard pataud du jeu vidéo qu’il n’allait pas être terrible. Je me suis dit, pourquoi pas prendre un jeu que j’avais adoré durant mon adolescence, le genre de jeu que je pouvais écrire quatre pages dessus avec passion sans cracher allègrement sur la tronche des développeurs, le souvenir d’une oeuvre qui m’avait pris aux tripes, un jeu excellent et sans défauts probants en somme, décidément, le temps est un enculé, c’est pas comme si le jeu est réellement mauvais mais le temps, mon jugement et les standards que j’avais étant ado ont évolué en 10 ans.

Second Sight a été développé par les créateurs de la saga Time Splitters aka le studio Free Radical dont je vous avais parlé de la formation et de l’histoire du studio pour la critique de Time Splitters 2. À l’origine, le jeu dans son état initial en 2000 se nommait « Redemption » (qui est d’ailleurs le nom du dernier chapitre du jeu), l’idée du jeu était de vivre l’aventure d’un héros qui pouvait changer le futur au fur et à mesure de sa progression. Redemption devait être le premier jeu du studio après sa création par les anciens développeurs star de chez Rare. Mais l’idée était trop ambitieuse et les finances ne suivraient pas le développement de l’oeuvre, ils se sont contentés alors de commencer avec le premier Time Splitters. Une fois le succès affirmé des deux premiers jeux et de la possibilité de faire deux équipes de développement l’un sur le troisième volet de la saga déjanté et l’autre sur leur projet laissé en plan.

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Évoquer Metal Gear Solid 3, c’est raviver des souvenirs impérissables et authentiques. C’est parler d’un titre à la richesse et à l’intelligence exceptionnelles. C’est se replonger dans une ambiance 60s aux couleurs et aux contours parfaits. C’est avoir le cœur serré en pensant au destin de The Boss. C’est avoir le sourire aux lèvres en se remémorant les prémices et les promesses du jeune Ocelot. C’est à la fois entendre le bruit des oiseaux et sentir le poids du silence lors du combat contre The End. C’est baigner dans une aventure unique, entière et complète. C’est tout simplement rendre hommage à très certainement le meilleur jeu d’action de tous les temps.

Pour survivre à la guerre…

234Le contexte de ce troisième épisode est la période de la Guerre Froide. Naked Snake est envoyé en mission de reconnaissance et d’exfiltration d’un scientifique nommé Sokolov sur le territoire soviétique. On est le 24 août 1964 et le soleil va se lever. L’agent américain est parachuté dans la forêt de Tselinoyarsk dans une scène de saut magistrale de montée en puissance, servie par une composition idoine de Harry Gregson-Williams qui offre tout le long de l’aventure une partition exemplaire. L’ambiance est posée et la maîtrise de Hideo Kojima est toujours là, comme il avait su le faire dans MGS 2. “Spread your wings and fly! God be with you!” Le Major Zero vient d’envoyer avec sa bénédiction sa jeune pousse vers une mission “vertueuse”, dans laquelle il découvrira pourtant à ses dépens bien des vices.

Comme son prédécesseur, Snake Eater est en deux temps: une première mission pour poser les jalons et les nouveautés du gameplay, ainsi que les bases du scénario. Quand dans MGS 2, on découvrait notamment la possibilité de “freezer” les ennemis en se déplaçant silencieusement derrière eux et en les surprenant, dans cet épisode, on se délecte des joies du CQC, forme de close combat. Une pression prolongée du bouton rond permet ainsi à Snake d’agripper un opposant, puis de lui faire ce que l’on veut: le relâcher, l’étrangler, l’égorger, le jeter à terre pour ensuite le braquer, l’utiliser comme otage face à ses petits copains et surtout, l’interroger en le menaçant. On pourra ainsi avoir de précieuses informations et indications sur des secrets à dénicher. A noter qu’il est également possible de jeter directement à terre un ennemi en ajoutant une direction à la commande.

Autre grande nouveauté de ce MGS 3: le camouflage. Ainsi, il faudra user de différentes panoplies et peintures faciales pour devenir une sorte de caméléon qui s’adapte à son environnement minéral. Un taux de camouflage est ainsi indiqué en haut à droite de l’écran et bien entendu, plus grand il imagessera, plus difficile sera pour les soldats de détecter Snake. Si cet aspect du gameplay est amusant, il souffre malheureusement du fait de devoir passer par le menu Pause et subir ainsi des temps de chargement dont Snake Eater souffre au final beaucoup. Mais c’est certainement pour offrir des décors et des graphismes d’une beauté époustouflante, chaque niveau bénéficiant d’une attention au détail qui est à saluer. Quiconque a pu s’essayer à MGS 3 en 60 Hz s’est arrêté quelques instants pour admirer la qualité des lumières et des textures, notamment les structures de béton, qui poussent la PS2 dans ses derniers retranchements.

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Les Reboots ou les Remakes, les industries culturelles semblent s’être bloqués à la mode Revival, entre Carrie et RoboCop au cinéma par exemple, le jeu vidéo est également touché par cette folie nostalgique. Celui qui est passé Ninja légendaire en la matière, c’est bien Square Enix, grâce notamment à l’acquisition des licences de la regrettée entreprise britannique Eidos suite à son rachat en avril 2009 par la firme nippone. Thief est la quatrième licence à se faire remanier façon Reboot dans l’air du temps, après Deus Ex, Hitman et Tomb Raider, que j’ai personnellement tous plus ou moins détestés. Alors oui, Thief part déjà avec un handicap émotif avec un Rédacteur Pro-mélenchon au poste, mais ne dépouillez pas Mamie tout de suite, Thief est plus intéressant que les autres cités, mais à sa manière.

« Ne laissez pas thief vous volez 50 dollars », « Vol au-dessus d’un nid de Cons-Cons », c’est la fête des accroches entre Kotaku et le JDG, des brimades parmi tant d’autres pour le plus mal-aimée de la classe. Thief est un peu comme le gosse moche au fond de la salle de 6ème, il a de la personnalité, mais il ne sait absolument pas comment le montrer aux autres, maladresse sur maladresse, tout le monde le rejette et ce fait passer pour un naze aux yeux du monde. Pauvre Thief, il avait tout pour lui pourtant, des parents riches et audacieux, des gênes plutôt prometteur, fait avec amour et passion, sauf que la sage-femme qu’est Eidos Montréal a fait goûter le sol de la médiocrité pendant l’opération. Les accidents, ça arrive parfois, ce n’est pas un drame, Deadly Premonition est sorti d’un accouchement difficile et pourtant il est cool. Sauf que c’est la deuxième fois que Eidos Montréal nous livre à nos bras tendres et aimant un jeu affreux et handicapé, Deus Ex : Human Revolution qui est l’aîné de 3 ans n’était pas plus glorieux. Chéri ! La prochaine fois on adopte !

thief_1381329344Thief reprend le compte de Robin sans les Bois façon Dark-Fantasy/Steam Punk , la direction artistique aussi douteuse et lourde que le casting des boss de Deus Ex HR vous plonge dans un Londres en pleine révolution industrielle dévasté par le cousin de la peste aka « la grisaille ». Tout est noir et morbide, les habitants gentils, mais pauvres ont peur de la mort, les habitants riches sont les méchants et les gardes qui quadrillent la ville n’aime pas vraiment les mecs qui se baladent en Sweat-Burqa, pourquoi ? On ne le saura jamais. Reste que l’histoire se concentre sur un de ces « addicts » du Sweat-Burqua, malgré les apparences, il est très gentil et il s’appelle Garret, il est voleur, parce que le scénariste lui dit d’être voleur, il se retrouve dans une histoire de complot maléfique dont les scénaristes ont oublié les tenants principaux. Ce n’est pas dramatique, tant qu’on reste dans une histoire manichéenne narrant le duel « Bien vs Mauvais », le joueur bête qui englobe la majorité des consommateurs de jeu vidéo trouvera cette histoire, cette version française et ses dialogues d’une rare profondeur.

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Ce qu’on essaye vainement de vous vendre.

Je n’ai touché aucune fois aux jeux orignaux développés par Looking Glass Studios (dont Warren Spector en faisait partie) qui était sorti sur PC il y a bien 15 ans maintenant, mais je sens déjà comme si toute la vision et le parti pris des premiers épisodes avaient été honteusement remplacé par ce qui se fait le « mieux » (j’y tiens aux guillemets, j’y tiens), c’est-à-dire en reprenant l’essence d’Assassin’s Creed et Dishonored et en virant tout ce qui faisait le charme des premiers. Ma déduction n’est pas venue juste par l’expérience que j’ai vécu avec le jeu, mais avec la globalité de ce que j’ai enduré avec les productions occidentales antérieurs made in Square Enix. Excepté le Sleeping dogs (Ex-True Crime) en demi-teinte, toutes les productions AAA portées sur le marché occidental étaient tous des reboot sans âme ni particularité marquante. Notons Tomb Raider qui est à deux doigts d’être une copie conforme d’Uncharted avec des boobs (alors qu’Uncharted s’inspirait des premiers Tomb Raider, ironie quand tu nous tiens), Hitman Absolution qui est devenu de l’infiltration linéaire comme Splinter Cell : Conviction et Deus Ex : Human Revolution qui est devenu l’ombre de lui-même en simplifiant tout ce qui faisait du premier opus un chef-d’oeuvre vidéoludique.

Ce qu'il est vraiment...

Ce qu’il est vraiment…

Thief fait figure d’un cas d’école, il est encore plus raté que ses collègues et illustre parfaitement la chute qualitative des jeux vidéo de ces dernières années. Je veux bien comprendre qu’on puisse s’inspirer de ce qui marche pour vendre un produit et faire survivre son entreprise. Sauf qu’un joueur (consommateur en premier lieu je le rappelle également) demande à ce que son jeu soit bien fait. Même si mon expérience s’est faite sur Playstation 3 considérée comme la version du pauvre, beaucoup de défauts (excepté les graphismes sans être exceptionnels, les chutes de framerate dégueulasses sur les cutscenes et Ingame également l’alliasing inhérents aux versions old-gen) se retrouvent très certainement sur les versions PC et Next-gen. Thief reprend la sauce infiltration de ses aînés où le but et de voler les riches pour pouvoir évoluer, le concept de base est là, les affrontements direct avec les gardes sont mortels, la fuite et avancer dans l’ombre sont les deux seuls moyens de progresser, on peut se faire compromettre si on fait du bruit en marchant sur de l’eau ou des bris de verre, même les animaux peuvent nous faire repérer. Toute la base est bonne finalement, j’ai été tellement conditionné par les retours négatifs de nos autres collaborateurs que le jeu m’avait agréablement surpris au début, jusqu’à la seconde heure de jeu où là, les plus gros problèmes sont venus à ma rencontre sans même dire bonjour.

AAA

L’amour, c’est assurément mieux à deux, voire plus. Mais le héros dans le jeu vidéo? Préfère-t-il être seul ou est-il plus fort avec des copains? Quel genre n’a pas essayé les différentes facettes ? Batman: Arkham Origins est à l’honneur cette semaine, avec pour principal atout le gameplay de la relativement jeune série dédiée à l’incarnation de la surpuissance du Chevalier Noir. Dans le comics original, l’homme chauve-souris se savoure sous toutes les coutures: seul dans l’obscurité, flanqué de sidekicks qui sont au final des faire-valoir qui ne le font que plus briller, aidé par Alfred ou Barbara. Super-héros, plombiers bedonnants, agents secrets: les savoure-t-on mieux quand ils sont seuls ou accompagnés ?

Héros = joueur

Solid Snake est un personnage particulièrement apprécié des gamers, et ce n’est pas ici que cette assertion sera contredite. Homme fort et charismatique, agent froid et taciturne, il a tout ce que d’aucuns appellent la classe. Le joueur, qui commande à ses péripéties, vit à travers lui les séquences d’infiltration, la peur, l’angoisse, mais aussi et surtout la maîtrise des mouvements et des événements. Quoi de plus gratifiant au final que d’être pleinement le sprite, avec ses forces et ses contraintes. Hideo Kojima poussa le culte de son personnage principal dans une direction inattendue dans Metal Gear Solid 2: Sons of Liberty, en prenant le joueur à contre-pied et en le faisant incarner un jeune premier, Raiden, et contempler le grand héros depuis une position de spectateur. Plus généralement, le plaisir de l’infiltration est un genre à forte connotation solitaire, offrant des douceurs sadiques comme peu d’autres. La saga Arkham puise sa principale force dans cette incarnation réussie de Batman, de son agilité silencieuse à sa puissance tranquille et prodigieuse dans le combat à mains nues. Et si certains titres, comme Splinter Cell: Pandorra Tomorrow, ont tenté et réussi un mode multi pour donner une tendance inédite au genre, d’autres ont fait le chemin inverse. Les simulations de football ont depuis déjà quelques années intégré un gameplay purement solo, où l’incarnation et la carrière d’un personnage sont les uniques motivations du joueur, permettant l’écriture d’histoires particulières. Le héros digital n’est que l’expression et l’extension du contrôleur humain. Quand bien même il n’en est que ses yeux dans le FPS, genre ô combien immersif, ou dans le god-game où l’entité au-dessus de tout est finalement aussi absente que fusionnelle avec le joueur. Les open worlds se dégustent mieux à l’échelle de l’être vivant, comme pour mieux sentir le poids de l’univers à parcourir et à découvrir de ses yeux et par ses propres moyens. Et même si l’on peut multiplier les points de vue, comme dans le récent GTA V, ou faciliter les transports (Skyrim). Le Versus Fighting, quant à lui, est plus une question d’affinités, de style, de personnalisation, de signature.

Metal-Gear-Solid logoSalut tout le monde et bienvenue pour une nouvelle aventure suivie qui portera sur Metal Gear Solid, le jeu cultissime de la playstation qui a fait connaitre la série au grand public, et certainement mon jeu favori de la génération.

Nous commencerons ce walkthrough tranquillement avec le long briefing de mission qui met tout de suite dans l’ambiance si particulière de la saga, un grand moment de jeu vidéo…

PS : J’ai oublié de le montrer mais Solid Snake se coupe les cheveux à la fin pour se différencier de Liquid 😉