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Un des premiers succès de la PlayStation, Adidas Power Soccer, jeu vidéo de football développé et édité par Psygnosis en 1996, est resté dans la mémoire collective avant tout pour ses extravagances et les distances qu’il prenait avec ce que l’on appelle une simulation sportive. Entre autres, son mode arcade proposait des tirs dits spéciaux, dont le Predator Shoot, faisant par la même occasion l’éloge du modèle de chaussures homonyme. Surtout, un bug permettait presque systématiquement de marquer un but depuis le milieu de terrain via une combinaison arrière-passe longue très simple à exécuter. Ce genre de défauts, l’histoire du jeu vidéo de football en regorge et ils ont grandement participé à créer une culture autour des titres concernés en particulier, et du genre en général.

Tirez c’est marqué

Adidas Power Soccer.

Electronic Arts a lancé sa célèbre et toujours vivante série FIFA avec le titre FIFA International Soccer en 1993 dont la vue 3D isométrique a été une révolution peu pérenne. Si le gardien de but de ce cru savait plonger, il le faisait souvent pour la forme et pour égayer les ralentis. En effet, les frappes croisées aux abords de la surface avaient une fâcheuse tendance à trouver son petit filet, voire sa lucarne. Mais cette anomalie n’était pas systématique et demandait quand même de se mettre en bonne position et de gagner du terrain sur l’adversaire. Elle sera suivie lors d’éditions suivantes par des tirs croisés à mi-hauteur dans la surface sur lesquels le gardien était souvent battu (FIFA 97) ou par de monstrueuses frappes depuis le milieu de terrain tellement puissantes que même la caméra avait du mal à les suivre (FIFA 95). Avant les titres de EA, Euro 92, qui s’appuyait pourtant sur une inspiration directe du mythique Kick Off aussi bien dans sa représentation du jeu que dans son gameplay, offrait des tirs dont les effets étaient exagérés et la trajectoire semblait accélérer au fur et à mesure de sa progression.

Challenge “Thomas Price”

World Cup Italia 90′.

Plus que ses cousins trouvant la lucarne à une fréquence suspecte (World Cup Italia ’90 plaide également coupable dans ce procès avec sa manipulation diagonale haut gauche-frappe), le tir très lointain peut afficher un taux de réussite assez improbable, compte tenu de sa difficulté d’exécution et de sa faible efficacité dans le monde réel. Ainsi, même Pro Evolution Soccer 3, pourtant régulièrement cité comme l’une des plus grandes simulations de football de tous les temps, souffrait d’un bug permettant à un joueur excentré au milieu de terrain de profiter de la position avancée du gardien pour le surprendre d’un tir chargé à pleine barre et passant au niveau de son premier poteau. Détail d’autant plus amusant quand on sait la propension à s’élever très haut dans les airs que pouvaient avoir des tirs a priori moins puissants et exécutés depuis une position arrêtée. Dans la même catégorie, le très arcade Virtua Striker aimait récompenser les joueurs qui partaient en diagonale et décochaient des tirs avec un corps placé de trois quarts voire de profil par rapport au but qui se trouvait, lui, à une trentaine de mètres de là.

Comme chaque année, on a le droit au sempiternel duel entre deux licences bien connues des fans de ballon rond, et je vous rassure, c’est pas cette fois qu’on va y échapper. L’année dernière, FIFA avait été acclamé par la presse, et PES encore une fois décrié. Il faut dire que l’on commence à être habitué à ce scénario, car FIFA a nettement pris le devant depuis l’arrivée des consoles actuelles. Mais qu’en est-il de cette année ? PES a-t-il définitivement rendu les armes ? N’est-il juste qu’un épisode de transition sans grand intérêt ? Début de réponse dans ce test.

Gameplay, le charme du jeu

Soyons clair, PES et FIFA sont deux jeux bien différents, quoi qu’on en dise. Bien que le but du jeu reste le même, les deux licences possèdent un gros écart de gameplay, ce qui fait la force et la faiblesse des deux softs. En effet, c’est bien le gameplay qui s’avère le principal intérêt de cet opus 2013 car contrairement à son concurrent, il est beaucoup plus exigent et largement axé simulation. Ainsi, lorsque vous démarrez un match pour la première fois, vous remarquez directement que le gameplay est lent, ce qui signifie qu’il va falloir soigner ses passes, ses tirs, et surtout la construction du jeu sans quoi vous n’arrivez pas à gagner. Konami a poussé le détail assez loin dans le réalisme des matchs, vous pouvez voir que les animations des joueurs sont bien détaillées, les collisions qui n’ont rien a envier à l’impact engine de FIFA et surtout, une physique de balle très réaliste et exigeante. A ce propos, on remarque lors de passes entre joueurs que le ballon saute sur la pelouse dû à l’irrégularité du gazon, comme dans la réalité. Classe. La physique de balle, parlons-en.

S’il y a un point difficilement critiquable (et malheureusement, il n’y en a pas beaucoup dans le jeu) c’est la manière dont se comporte le ballon. On sent réellement le poids de la balle, que ce soit dans une frappe ou dans une passe aérienne ou à ras-de-terre. Et c’est ce point qui est vraiment jouissif car chaque passe doit être millimétrée sous peine de voir l’adversaire s’emparer du ballon. Même chose pour les frappes, il faut doser correctement même si certains buts semblent parfois facile à inscrire, défaut dont souffre également FIFA mais de façon beaucoup plus visible. Ce qui est appréciable, c’est que cette richesse de gameplay amène toujours des buts différents, pousse à varier son jeu, et à défendre scrupuleusement. D’ailleurs la défense n’est pas irréprochable. En effet, elle réagit parfois étrangement, se fait facilement feinter par l’attaquant adverse, mais surtout, et c’est un gros point noir, a souvent du mal sur les passes en profondeur adverses, et laissera le ballon passer, sans raison. Heureusement, c’est assez rare. Le placement des joueurs n’est pas non plus très convaincant. En phase offensive, on attend parfois bêtement qu’un coéquipier parte en profondeur mais… ne part pas. Du coup, on se retrouve souvent à faire la passe à dix sans trouver de solution. Pas top. Le jeu de tête demande soit beaucoup d’entrainement, soit beaucoup de chance, au choix. On se prend souvent des buts sur corner sans que l’on puisse faire quoi que ce soit et en revanche, il est très dur de marquer sur corner lorsque l’on en a un !

Les amis, j’ai pris du retard. Du coup, je vais terminer cette chronique plus tôt que prévu et vous livrer deux billets cette semaine pour boucler la boucle. Le hasard faisant bien les choses, je vais donc commencer par un podium pour la catégorie… Sport. La médaille de bronze va à l’éternel Super Mario Kart, roi du jeu en multi (à ce titre, je dois préciser que California Games, présenté la semaine dernière, se jouait plutôt en alternance qu’en simultané). Que de plaisir avec ce soft si simple dans la conception et si fun dans le gameplay. Je me souviens même avoir passé des heures à battre mes records personnels en Time Trial dans le niveau fantôme. A la place du dauphin, je mets ISS Pro Evolution, le titre qui, le premier, m’a fait dire: « Putain de bon jeu de football! Je suis en train de penser comme si j’étais sur le terrain. » Que de matches mythiques disputés en Ligue des Masters et/ou avec mon meilleur pote, à nous marrer avec les Wiltordu, Pirus et autres Anilkar, et à nous prendre des taules contre cette équipe d’Italie qui ne devait pas être programmée de la même manière que les autres. Une histoire d’amour avec les Winning Eleven qui ne faisait que commencer et qui a connu son pic ultime de passion avec Pro Evolution Soccer 3. Je pourrais passer des heures à vous en parler, mais je vous renvoie à ma réflexion sur les jeux de football pour plus de précisions techniques. Je dirais juste que cela reste mes plus beaux moments de sport vidéoludique, aussi et surtout parce que le gameplay m’allait parfaitement et que j’avais atteint certainement mon meilleur niveau sur une simulation de football.

Totof

Nous sommes au début de ce millénaire, plus précisément en 2001. Ma passion pour les jeux vidéo, qui s’était un peu calmée avec les moyens de mes parents et mon intérêt très poussé pour mon autre grande passion (le football), connaît depuis quelques mois des soubresauts qui la mèneront à retrouver la place qui était la sienne, et certainement bien plus encore. N’ayant malheureusement pas vraiment connu l’âge d’or des 16 bits, je m’approprie petit à petit la PlayStation prévue à l’origine pour mes petites sœurs. La découverte de ISS Pro Evolution notamment me poussera à me remettre sérieusement aux joies manette en main. Ainsi, durant l’été 2001, je cherchais du taf pour me faire quatre sous avant la rentrée, comme beaucoup d’autres étudiants. Ne voulant pas retourner dans le magasin de bricolage de mon daron, je me risque à dénicher un job par mes propres moyens. Et c’est dans le Score Games (Game de nos jours) de Grand Littoral Marseille que je le décroche. Le défi est alléchant mais difficile, parce que comme dit plus haut, j’avais perdu un peu en cours de route ma culture jeu et pour pouvoir être crédible en tant que vendeur, il me fallait me documenter et poser des questions. Et c’est durant ce court CDD que j’entends parler pour la première fois de Max Payne, qui sort d’ailleurs le 25 juillet cette année-là. Mon collègue d’alors m’en parle comme d’une révolution, avec ces fameuses phases de tirs à deux mains au ralenti. Mais comme l’histoire l’aura démontré, ce n’est pas un franc succès commercial; ayant connu son arrivée sur le marché de l’autre côté du miroir, je peux en témoigner. A l’époque, je me souviens surtout avoir vendu beaucoup de Game Boy Advance et des jeux PlayStation, et assisté à la lente mais inéluctable mort de la magnifique Dreamcast. Le seul gars qui m’en aura vraiment parlé est donc ce collègue gamer jusqu’au bout des ongles et qui possédait une culture geek incroyable. Cet exemple renvoie donc à l’image que Max Payne a auprès du public. Pour ma part, le titre de Remedy reste avant tout un mythe, à la fois parce que je n’y ai jamais joué (mais je pense le faire sous peu avec le dernier épisode sur PC) et parce qu’il a marqué l’histoire en proposant un nouvel élément de gameplay fantastique qu’est le bullet-time. Complètement dans la mouvance de l’époque marquée deux ans plus tôt par Matrix, on peut affirmer que Max Payne a su arriver au bon moment, du moins dans l’évolution de son médium.

Totof