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Jaquette-Halo

Halo ne marqua pas seulement le lancement de la Xbox première du nom, ou par là même l’arrivée redoutée de l’américain Microsoft dans le monde des consoles. Le titre de Bungie Software est certes ce que l’on nomme un killer app, tant il a su démontrer les qualités graphiques de la boîte en noir et vert. Halo, c’est surtout une nouvelle démonstration que le FPS console est possible, que le gameplay au pad a sa place dans le milieu. Il est également la réconciliation de votre humble serviteur avec un genre qui l’avait fait saturer depuis de nombreuses années.

He has a halo…

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Loin de la narration ou du level design vertical et labyrinthique d’un Half-Life, Halo est surtout une ode au spectacle et à la puissance. Force de frappe, profondeur de champ, (très) large palette de couleurs, impacts bruts de feu ou de particules énergétiques de laser, l’expérience s’inscrit dans des environnements ouverts pour la plupart et dans un rythme quasiment toujours soutenu. Le Master Chief est assez rarement ce soldat parti anéantir tout seul les aliens, à tel point que la campagne peut se jouer à deux en mode splitté. Mais quand il l’est, dans des phases d’exploration des vaisseaux Covenant pas contents des velléités colonialistes des humains, Halo sait également renouer avec les lettres de tension qui font, entre autres, la noblesse du FPS – si ce n’est l’inverse. Ceci dit, peu de puzzles à se mettre sous la dent, ce n’est pas tellement le genre de la maison. Ni son objectif du moment, probablement, ni celui du client du projet qui doit lancer un produit dans des conditions d’accueil pas des plus chaleureuses.

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Parce qu’il faut évidemment se remettre dans le contexte de la sortie en 2002 du soft de Bungie Software. Censé être le porte-étendard de la Xbox, Halo se devait d’éclabousser par ses gros muscles et montrer que le carrosse cachait un moteur graphique à même de faire pâlir la concurrente PS2, sortie déjà quelques mois auparavant. La réalisation de ce shooter galactique impressionne, avec des effets bluffants sur les boucliers, les camouflages et les éléments naturels. L’histoire retiendra que ni la Xbox, ni le GameCube ne rattraperont leur retard sur la machine de Sony, bien trop confortable dans sa succession tranquille de la PlayStation et ses licences exclusives. Mais le constat est là: même les plus sceptiques (qui étaient souvent aussi les plus craintifs de voir leurs habitudes et leurs certitudes être mises à mal, il faut l’avouer) vis-à-vis de ce nouveau venu doivent bien reconnaître sa maîtrise. Bungie Software n’avait certes pas ici une auréole, mais bien son propre halo de lumière pour le guider dans ces premiers pas bien délicats.