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Si vous n’êtes pas de vrais pro-N, sachez qu’un Nintendo Direct a été diffusé hier soir. Outre les nombreuses infos sur les jeux à venir, Nintendo en a profité pour dévoiler la remasterisation de The Legend of Zelda : Majora’s Mask sur 3DS. Fanboys, vos prières ont été entendues (allez, on repose les cierges !).

Tout ce que l’on peut dire, c’est que l’on aura sûrement droit au même traitement que Ocarina of Time 3D : une légère refonte graphique, un meilleur framerate (les versions originales piquent la rétine) et une interface repensée pour mieux gérer son inventaire via l’écran tactile.

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Que vois-je ? Une édition Collector pour l’Europe ?

Comble du bonheur, une version collector a été annoncée dans la foulée avec :

  • un steelbook
  • un poster recto/verso
  • un badge en métal à l’effigie du masque de Majora
  • le jeu, bien évidemment

Nostalgiques comme novices, on ne peut que conseiller l’achat de cette pépite atypique idéale pour les petites sessions dans les transports… Courage, le printemps 2015 est encore loin.

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Pour le Serpent Retrogamer, je fausse compagnie à mes camarades testeurs et replonge dans un univers trouble, celui du sommeil. Pour cela, je remets la main sur LSD Dream Emulator. Je vous vois venir bande de cerveaux dérangés car non ce n’est pas un simulateur de drogue dure, mais un ovni pur et simple sorti sur Playstation en 1998. Il promet à quiconque y jouant de reproduire l’état ou tout est possible, celui des rêves. Vous vous sentez prêt ? Moi oui, je me prépare un verre de lait et ferme les yeux…

Dreamer (can you put your hands on your head…)

C'est plus beau que Ride To Hell, c'est dejà ça.

C’est plus beau que Ride To Hell, c’est dejà ça.

L’arrivée dans LSD est brutale avec ce qui s’apparente à un bad trip : une série de vidéos épileptiques digne d’Arte.  Je me trouve ensuite dans ma chambre seul tandis qu’une musique discrète se joue à chacun de mes pas. C’est plutôt étrange et je tente de sortir pour voir d’où ce son provient, mais à l’approche de la porte un flash m’aveugle et je me retrouve dans un village Japonais vide sous un ciel complètement blanc. Sur le chemin un taureau trainant un pousse-pousse me croise alors qu’un tambour géant se joue tout seul, ce qui me donne envie de fuir jusqu’à un nouveau flash. Maintenant ce sont des hommes morts dans une ville sombre, suivis d’un train cochon sur fond rose qui se présentent devant moi. Voilà le topo de LSD Dream Emulator sur PSOne (et maintenant je me demande si LSD ne veut pas vraiment dire drogue). Je me réveille pour expliquer, être plus clair : le jeu n’a pas de début, ni de milieu, ni de fin. Chaque rêve dure 10 minutes, vous laissant le choix d’aller où vous voulez de la manière dont vous voulez en vue FPS. Les environnements sont variés et vont du village au trou noir, en passant par une salle regroupant tous les monuments de la Terre. Et ces derniers peuvent être dans une ambiance joyeuse, neutre ou triste. De temps en temps on voit ce qui ressemble à une carte, mais comme le reste du jeu, on ne la contrôle pas et elle apparait quand elle veut. De manière générale, c’est comme dans un rêve : on ne contrôle pas où on va, ni ce qu’on va découvrir mais on avance comme si tout paraissait réel.

TOMAGIQUEweirddreamimageBienvenue dans la chronique où l’on souffle sur les braises de la mémoire pour raviver les émotions liées aux moments vidéoludiques qui nous ont marqué au fer rouge. Certains nous ont fait rêver, d’autres voyager, certains nous ont même terrifié, et d’autres enfin nous ont fait nous sentir…bizarre. Oui, c’est pas clair, pourtant, ceux qui ont joué à Weird Dreams à l’époque savent très spécifiquement de quel sentiment je parle.

TOMAGIQUEWeirddreamsjacketSi Lewis Carroll rencontrait Abbie Hoffmann (l’homme qui a découvert le LSD) et décidaient de faire un jeu, ça pourrait être Weird Dreams. Les idées étranges pullulent, les scènes marquantes s’enchainent (en fait, les scènes non marquantes sont exception dans ce petit chef-d’oeuvre) sans jamais se ressembler, et le joueur sombre lentement dans un délire fébrile, dans les replis de l’inconscient d’un héros sur une table d’opération, se perdant dans ce labyrinthe de cauchemars colorés squattés par un démon, si l’on en croit la nouvelle qui fait office d’introduction au jeu.

Evidemment, je n’avais pas lu la nouvelle incluse dans la boite à l’époque, ayant l’excellente habitude de ne pas ouvrir les notices des jeux que j’achetais (à moins que, à ma grande honte, je n’ai eu qu’une « copie de sauvegarde » sous la main, impossible de me souvenir, mais je crois que je l’ai acheté) (…sérieux, je vous assure!). C’est donc complètement cul nu que je débarquai dans cet univers étrange, plus qu’étrange même, carrément cinglé, malsain, et en même temps séduisant, confortable, vraiment à la manière d’un rêve inquiétant et cotonneux, dont on aime se souvenir au réveil, mais qui n’était pas forcément agréable à rêver car trop intense, trop hors normes pour pouvoir s’y sentir chez soi. Les énigmes perverses se succèdent, se soldant généralement par une mort violente, dans des décors magnifiques.

TOMAGIQUEWeirddreamsfootDans le déroulement des choses, on pourrait presque penser parfois à du Dragon’s Lair, tant l’action est scriptée d’une part, mais aussi dans la mesure où la qualité de l’ensemble évoque le dessin animé. Chaque tableau est une énigme millimétrée, et l’on croisera une grosse dame en tutu en sautant sur des touches de piano avec un bout perverti de Casse-Noisette de Tchaikovsky en musique de fond, des guêpes géantes dans une machine à barbapapa non moins gigantesque, des miroirs dans le désert, des ennemis obscènes qui tomberont sous les coups de poisson (oui, à ce moment, vous serez armés d’un poisson, seulement l’un des nombreux objets loufoques que vous serez amené à utiliser) toujours dans une terre aride, entre autres. Mais comme beaucoup de joueurs, c’est une scène en particulier qui s’est gravée à jamais dans ma mémoire.

TOMAGIQUEweirddreamrosesVous arrivez à un moment dans une sorte de jardin anglais aux couleurs chatoyantes et contrastées, carrément magnifique, avec un beau rosier au milieu du chemin. En avançant vers ce dernier, les fleurs deviennent carnivores, bougent et grandissent. Si vous réussissez à passer l’obstacle en savatant ces roses mangeuses d’hommes à coups de bâton, vous croiserez ensuite une petite fille qui veut jouer au ballon avec vous. Vous échangerez quelques passes, non sans avoir cru remarquer une bouche très « dentue » apparaître sur la balle. Vous vous ferez certainement bouffer par la balle quelques fois avant de trouver le bon endroit pour jouer avec elle. Mais au bout d’un moment, vous louperez votre passe, renvoyant la balle trop loin. La petite fille avancera vers vous avec un sourire malsain et un grand couteau caché derrière elle, arrivera doucement à votre portée, puis vous charcutera allègrement. Je suis resté bloqué un sacré bout de temps sur cet écran, avant de capter la combine et me débrouiller pour que la baballe change de cible et boulotte la gamine plutôt que moi. Deux écrans tout simples, tout bêtes, mais qui cristallisent l’essence de l’ambiance générale de ce jeu décidément pas comme les autres.

TOMAGIQUEWeirddreambaballeWeird Dreams est souvent oublié dans les listes des meilleurs jeux du monde, et pourtant, malgré une certaine raideur dans les maniements, il reste très certainement un jeu unique en son genre, entre le pseudo point’n click et le puzzle game cinglé avec une dose de plateforme. Sans précédent, sans successeur, les vrais continuent à penser à Weird Dreams, à frissonner en pensant à la petite fille, aux monstres, aux docteurs penchés sur vous, à plus forte raison si vous réussissez à finir le jeu…

TOMAGIQUEweirddreamdocEt c’est donc ici que je vous abandonne, en espérant vous avoir donné des sueurs froides et quelques cauchemars, et en vous donnant évidemment rendez-vous dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig