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H5 jaquette

Nous y voilà. L’heure tant attendue du test d’Halo 5: Guardians, dernier volet en date de saga depuis la reprise par 343 Industries. Souvenez-vous, le 6 novembre 2012 sortait Halo 4, dont l’annonce un an plus tôt à l’E3 avait fait l’effet du bombe. Une horde de fans en délire n’attendait qu’une chose, revoir le Master Chief dézinguer du convenant à tout va tout en explorant cette mystérieuse planète que l’on apercevait dans la « cut scene » de fin d’Halo 3. Cependant, malgré une campagne moderne et intrigante ainsi que des graphismes somptueux, le jeu n’a pas été considéré comme portant la « Halo touch », la faute à un mode multijoueur hors-sujet. Aujourd’hui 343 Industries nous propose la suite de son vilain petit canard, dont Microsoft a su faire monter la hype avec une campagne marketing à vous rendre cardiaque. Ont-ils corrigé le tir ? Je vous propose de le découvrir avec ces quelques lignes.

Le gameplay revisité

MCDashCe qu’on entend généralement en premier lorsqu’on parle à un « djeuns » de Halo, c’est une phrase du type « ah le FPS au gameplay préhistorique? ». Parce que oui Halo est le genre de jeu dont le gameplay n’a pas énormément évolué au fil des années sous la tutelle de Bungie. Quelques équilibrages d’armes par-ci par là, l’apparition du port de deux armes dans chaque main dans le second opus, des modules déployables dans Halo 3 dont la plupart n’apportaient rien au jeu.., bref c’était bien à l’époque mais de nos jours c’est lent! En effet, dans un monde où tout s’accélère et où on ne jure que par les doubles sauts et les dashs dans tous les sens,  le FPS phare de Microsoft fait tache et a grandement besoin d’un coup de boost. Nos chers amis de 343 Industries avaient déjà tenté l’opération à l’époque de Halo 4 mais d’une manière bien trop maladroite, adaptant des mécaniques de FPS populaires qui ne s’adaptent pas à ce gameplay particulier. Sprint, « kill streak’, paquetages d’armes, toutes ces mécaniques d’une célèbre franchise que vous connaissez bien on fait l’effet d’un séisme auprès des fans, et il y avait de quoi car l’esprit Halo avait disparu. Mais pour votre plus grand bonheur mes amis, vos prières ont été entendues et vos souhaits exhaussés! Dites bonjour aux packs propulseurs et autres escalades d’obstacles qui viendront dynamiser vos parties de Team Slayer pour votre plus grand bonheur. Ajoutez à ça le sprint et une visée intelligente (et non un « aim down sight » comme certains se l’imaginent) et vous avez un vrai Halo Next Gen. Je vous vois venir avec vos grands chevaux, vous allez dire que ça sent le Destiny amélioré, que ça va courir dans tous les sens sans avoir aucune once de stratégie. Détrompez-vous, le sprint est habillement géré, car il vous sera impossible de recharger votre bouclier en courant comme un dératé, impossible donc de fuir le combat! La visée intelligente quant à elle est une simple amélioration graphique de la visée à l’ancienne de Halo, si vous visez et vous essayez des tirs cela s’annulera. La seule différence avec sa grande sœur c’est qu’elle est disponible pour toutes les armes, bien qu’elle soit plus utile pour un DMR que pour un pistolet plasma. Ce qui déroutera certainement les aficionados de la saga c’est la configuration par défaut de la manette. En effet les nouvelles capacités de votre Spartan ont impliqué un « remapping » par défaut que certains ne trouvent pas forcément adapté, mais heureusement vous pourrez retrouver des commandes plus classiques dans le menu de configuration. Bien entendu tout ceci est subjectif et perd de son sens si vous avez remappé directement votre manette dans les paramètres de la console. En tout cas une chose est sûre, Halo est enfin rentré dans la Next Gen et c’est pas trop tôt!

La puissance du marketing..

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Le veilleur éternel, un boss qu’on aurai voulu voir moins souvent…

Ah le marketing! De nos jours, quel produit culturel aux milliers de fans n’as pas sa superbe campagne marketing dont le budget ferait tourner la tête de n’importe quel saint d’esprit ? Cela ne vous aura pas échappé, Microsoft ayant tellement fait monter la hype autour de son titre que la tension s’est ressentie jusque sur Requiem (du moins ce qu’il en reste). Allez avouez le, vous aussi vous n’attendiez qu’une chose, c’est de connaître la vérité derrière tout ça ?! Que va-t-il se passer ?! Parce que oui, on vous annonce dans un premier temps que Master Chief part venger Cortana avec un premier trailer dans le désert, puis on sème le doute en introduisant Spartan Lock sur la jaquette et enfin on vous perd en présentant deux trailers identiques mais aux fin alternatives, avant de vous achever avec un trailer annonçant la mort de Master Chief. Y’a de quoi exploser une durite! Et puis bon c’est beau, parfaitement mis en scène, ça vous fait participer sur les réseaux sociaux en vous disant de « traquer la vérité » et ça vous donne qu’une envie c’est d’acheter le jeu et de vous lancer corps et âme dans la campagne. D’ailleurs la première cinématique est d’une badassitude totale! Voir une équipe de Spartan IV massacrer toute une flotte Covenant, ça a la classe, on se sent puissant lorsqu’on en prend le contrôle. Et que dire de la célèbre équipe Bleue, suivre l’intrigue de la légendaire escouade de Master Chief vous donne la chair de poule. Dès les premières minutes on est pris dans l’action qui monte crescendo. On a même des combats de boss, depuis Tartarus qu’on avait pas vu ça! Et bien je vais vous faire une confidence – sans vous spoil bien entendu -, je n’ai jamais été aussi dupé sur un jeu vidéo de toute mon existence! Premièrement la campagne tourne autour du pot sans vraiment rentrer dans les détails, on ne comprend rien à ce qu’il se passe et pourquoi on se retrouve là. Et au moment où on se dit que l’intrigue va vraiment démarrer, tout s’arrête. Ajoutez à ça des méchants au charisme d’un panda mangeant du bambou et vous avez certainement la campagne la plus décevante de toute la saga. Au bout du compte vous passez du sentiment de frustration de vouloir à tout pris connaitre le fin mot de l’histoire, à celui de vouloir anéantir toute la profession du marketing d’un simple coup de laser Spartan. Encore une fois, 343 Industries a visé à côté et marque définitivement la virage à 180° avec Bungie, on en regretterai presque que cette dernière se nomme encore Halo, tellement la campagne insulte cette saga légendaire. Mais c’est comme ça, il faut s’y faire, espérons qu’ils rattraperont convenablement leur numéro de jonglage avec le dernier volet à paraître, quand on voit la « cut scene » de fin du mode légendaire on se dit que ça vaudra peut être le coup. Mais du coup, Marketing ou pas?

[toggle title= »Émerveillement où es-tu? M’entends-tu?  » load= »show »]Souvenez-vous de ce bon vieux Marathon, le premier bébé de Bungie sorti sur Mac en 1994. Pour vous refaire un topo rapidement, dans ce FPS en 3D-isométrique vous incarniez un agent de sécurité dont la mission était d’escorter des colons vers un vaisseau sobrement baptisé Marathon. Bien entendu des méchants vilains Pfhor  vous cherchaient des noises, et vous vous en débarrassiez à bon coup bastos. Marathon

Bon pour l’époque on faisait déjà mieux, un an auparavant sortait GoldenEye sur N64 qui proposait de la vrai 3D, mais ça avait le mérite d’être coloré, les aliens avaient de la gueule et on avait envie de progresser dans le Dédale. A cette époque, le marketing était quasi inexistant (tout du moins n’avait pas autant de poids qu’aujourd’hui) et on ne fantasmait pas sur le scénario. On prenait ça pour argent comptant et c’était pas plus mal. Nostalgie quand tu nous tiens…[/toggle]

Ce coup de gueule a presque faillit me faire oublier de vous parler de durée de vie, qui n’excédera pas 6 à 8 heures en mode légendaire solo si vous êtes habitué, une dizaine si vous êtes débutant. Les crânes, les renseignements et les succès n’augmenteront malheureusement pas de beaucoup cette dernière, et dire qu’on nous a annoncé une campagne deux fois plus longue que celle d’Halo 4, là encore on s’est fait avoir…

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Halo ne marqua pas seulement le lancement de la Xbox première du nom, ou par là même l’arrivée redoutée de l’américain Microsoft dans le monde des consoles. Le titre de Bungie Software est certes ce que l’on nomme un killer app, tant il a su démontrer les qualités graphiques de la boîte en noir et vert. Halo, c’est surtout une nouvelle démonstration que le FPS console est possible, que le gameplay au pad a sa place dans le milieu. Il est également la réconciliation de votre humble serviteur avec un genre qui l’avait fait saturer depuis de nombreuses années.

He has a halo…

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Loin de la narration ou du level design vertical et labyrinthique d’un Half-Life, Halo est surtout une ode au spectacle et à la puissance. Force de frappe, profondeur de champ, (très) large palette de couleurs, impacts bruts de feu ou de particules énergétiques de laser, l’expérience s’inscrit dans des environnements ouverts pour la plupart et dans un rythme quasiment toujours soutenu. Le Master Chief est assez rarement ce soldat parti anéantir tout seul les aliens, à tel point que la campagne peut se jouer à deux en mode splitté. Mais quand il l’est, dans des phases d’exploration des vaisseaux Covenant pas contents des velléités colonialistes des humains, Halo sait également renouer avec les lettres de tension qui font, entre autres, la noblesse du FPS – si ce n’est l’inverse. Ceci dit, peu de puzzles à se mettre sous la dent, ce n’est pas tellement le genre de la maison. Ni son objectif du moment, probablement, ni celui du client du projet qui doit lancer un produit dans des conditions d’accueil pas des plus chaleureuses.

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Parce qu’il faut évidemment se remettre dans le contexte de la sortie en 2002 du soft de Bungie Software. Censé être le porte-étendard de la Xbox, Halo se devait d’éclabousser par ses gros muscles et montrer que le carrosse cachait un moteur graphique à même de faire pâlir la concurrente PS2, sortie déjà quelques mois auparavant. La réalisation de ce shooter galactique impressionne, avec des effets bluffants sur les boucliers, les camouflages et les éléments naturels. L’histoire retiendra que ni la Xbox, ni le GameCube ne rattraperont leur retard sur la machine de Sony, bien trop confortable dans sa succession tranquille de la PlayStation et ses licences exclusives. Mais le constat est là: même les plus sceptiques (qui étaient souvent aussi les plus craintifs de voir leurs habitudes et leurs certitudes être mises à mal, il faut l’avouer) vis-à-vis de ce nouveau venu doivent bien reconnaître sa maîtrise. Bungie Software n’avait certes pas ici une auréole, mais bien son propre halo de lumière pour le guider dans ces premiers pas bien délicats.

Ça a un mois et un peu plus de 120 000 vues via Youtube, et comme son nom l’indique, ça reprend la franchise Halo. Un vieux type se rappelle du pire jour de sa vie et le raconte à la caméra. Avec flashbacks. Comme souvent, les effets spéciaux laisseraient à désirer pour une production hollywoodienne mais sont plus que corrects étant donné le budget amateur. On regrette aussi le jeu assez peu convaincant (et, oserais-je dire, convaincu) du vieil homme. Mais c’est un prologue, alors à suivre ?

Karrie