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New York MGS11

New York est, depuis Metal Gear Solid 2, une ville symboliquement incontournable dans la saga d’Hideo Kojima et ceci jusqu’à des événements très récents. Qui n’a pas en mémoire le plan initial du George Washington Bridge ou le final sur le toit du Federal Hall ? Et pourtant la grosse pomme réserve encore d’autres symboles qui permettent de lire et d’interpréter la série. Pour ma première venue à New York, vous imaginez bien que je n’ai pu résister à l’envie de voir de mes propres yeux les lieux que j’avais découvert plus de dix ans auparavant, l’occasion pour moi de partager avec vous mes photos accompagnées de quelques analyses parfois déjà connues mais qu’il est bon de raviver.

Le George Washington Bridge

Un plan initial qui a marqué toute une génération.

Comment oublier l’une des séquences d’introductions les plus mythiques du jeu vidéo ? Ce plan sur le George Washington Bridge, que vous retrouvez de jour sur la photo (une façon d’imiter la version du trailer de Ground Zeroes par beau temps diffusée il y a peu par Kojima Productions) ouvre le chapitre du Tanker de MGS2 et par la même occasion le retour de Solid Snake après les événements de Shadow Moses. Or cette scène comporte un élément fondamental pour les équipes de Kojima, quelque chose qui jusqu’alors n’a plus jamais été fait : la copie de lieux réel pour mettre en scène l’action d’un jeu. Même si on peut trouver dans MGS4 une tentative d’imiter des lieux du monde entier, on se retrouve bien plus avec un cliché régional qu’avec la véritable reproduction d’une ville ayant une identité aussi forte que celle de New York. Le George Washington Bridge est donc le pont le plus au nord de Manhattan, sur l’Hudson qui longe l’île par l’Ouest et la sépare de l’Etat du New Jersey. Notez dès lors cette première référence au personnage historique de George Washington qui abrégé en GW donnera son nom à l’IA des patriotes.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

On peut dès lors contextualiser les événements de MGS2, l’Hudson est une voie fluviale commerciale majeure qui relie le Saint Laurent (qui passe par Québec et Montréal) aux Grands Lacs et donc à Chicago et Toronto. Or si on garde à l’esprit que la région des lacs est un centre névralgique de la construction automobile et du marché du blé, il n’est pas étonnant de voir défiler d’importants navires de transport sous les ponts de l’Hudson. Les Marines n’ont donc pas eu de mal à dissimuler une cargaison secrète tout en passant l’air de rien à côté d’une des plus grandes villes du monde. De plus, l’invasion des soldats de Gurlukovich par hélicoptère est également très cohérente compte tenu du nombre de ces appareils qui survolent en permanence la ville.

Vilain petit canard de la saga Metal Gear Solid, ce Sons of Liberty rend perplexe. Tellement méprisé par certains joueurs… Tellement adulé par d’autres, ces quelques gamers vouant un culte sans bornes à ce qu’ils semblent considérer comme le plus grand jeu du 21ème siècle. Explications.

Dans la toile de H.Kojima

Hideo Kojima, une ambition vraiment à part dans l’industrie du jeu vidéo.

Metal Gear Solid 2 est de ces jeux qui canalisent énormément d’enjeux. Prendre la relève du saint Metal Gear Solid 1, en faisant entrer la saga dans une dimension supérieure, faite d’actions et de cutscenes toujours plus percutantes ; mais aussi révolutionner le jeu d’infiltration, ou encore porter sur ses épaules l’identité de la toute jeune PS2. Trois ans après le cataclysme MGS1, Konami et Monsieur Kojima tentent ainsi une récidive. Première annonce concrète, lors de l’E3 2000. Un trailer de 9min passe régulièrement sur l’écran central du salon. A chaque diffusion le salon semble s’arrêter, toutes les attentions, journalistes, exposants, ou staff sont tournées vers cette fameuse vidéo. On y voit un moteur 3D révolutionnaire, des effets d’éclairage jamais vus, Snake sur un tanker, et pas mal d’explosions. Pas grand chose de concret, mais on devine déjà un ton légèrement « arty », s’écartant doucement de l’efficacité dépouillée de son grand frère, et de tout ce pragmatisme, de toutes ces maladresses attendrissantes qui vont avec. Ce sera la marque de fabrique de la très maniérée mise en scène « kojimesque », ce mélange de style en perpétuel équilibre entre le nanard dans tout ce qu’il a de plus beau, et la grande classe. Un travail de funambule plus ou moins marqué ou réussi au fil des épisodes. Allez, coupons court, MGS2 est probablement le couillu de la série à ce niveau là. Revenons à notre E3 2000. A la sortie du salon, tout le monde ne parle que de ça, quittant Los Angeles des rêves de Snake et de tanker plein la tête. L’année d’après rebelote, le jeu est sur le point de sortir,  nouvel E3, nouveau trailer, et encore une histoire de tanker, et de Snake en plein combat contre certains boss, comme Fortune, ou Vamp. On ne le savait pas encore, mais cette présentation culte nous impliquait directement dans un concept très spécial, une sorte de petit jeu que Kojima a joué avec nous à notre insu. Ce trailer, c’était un peu sa toile d’araignée, nous attirant, nous piégeant sans que l’on s’en rend compte, pour ensuite nous manipuler à sa guise. Concrètement cette vidéo était remplie de fausses pistes scénaristiques. Le jeu sort quelques semaines plus tard, prenant tout le monde à contre-pied.

Konami a révélé les dates de sorties de deux de ses jeux remastérisés en HD, que j’attends personnellement beaucoup. Il s’agit évidemment de Metal gear solid HD et Silent hill HD. Comme nous le savons maintenant, le premier comprendra Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater et Metal Gear Solid : Peace Walker et sortira le 8 novembre pour la somme de 40 euros. A noter la présence à l’intérieur d’un code permettant de télécharger, via le PSN, le tout premier Metal gear solid gratuitement. En gros 4 jeux à 10 euros chacun, pas mal. Quant au second, Silent hill HD, il comprendra Silent Hill 2 et Silent Hill 3 pour le 11 octobre, moyennant 30 euros. Bon ben voilà, vous savez jusqu’à quand attendre… Çà va être long…

MAJ : Comme vous pouvez le constater, les infos du dessus sont un peu obsolètes… Mais nous mettons un petit peu de neuf ici ! Voici que Metal Gear HD collection, sorti récemment sur nos consoles Next-gen, va arriver aussi sur PSVita, cette été, sans plus de précision. Au delà du remastering graphique et sonore des opus, déjà présent sur Next-gen, Konami va instaurer de nouvelles fonctionnalités au gameplay. Martin Schneider, directeur général, en parle d’ailleurs :

« Nous sommes convaincus que les utilisateurs prendront plaisir à tirer parti des nouvelles innovations que Kojima Production a mis en place dans la nouvelle version sur PlayStation Vita, offrant une expérience de jeu unique et passionnante sur cette nouvelle plateforme. »

Voici une vidéo qui sert à vous allécher. Je vous laisse en sa compagnie.

Le Serpent

Si je vous dis infiltration et jeux vidéo à priori la première chose qui vous vient à l’esprit c’est Metal Gear Solid, à la limite Splinter Cell pour les plus jeunes et Call of Duty pour ceux qui n’ont pas bien compris de quoi on parlait… La série de « Mécanisme Métallique Solide » débute en 1987  sur MSX2 et NES sous la direction de Hideo Kojima. Ce dernier cherche à en faire un jeu d’action survitaminé mais, limité par les capacités techniques de l’époque, il décide que le joueur ne devra plus affronter les ennemis mais les éviter, d’où la notion de furtivité. Un Metal Gear 2 sortira 3 années plus tard sur NES mais c’est le reboot de la série à la fin des années 90 avec Metal Gear Solid qui donnera ses premières lettres de noblesse au titre. Qui dit succès dit… oui pognon, mais surtout suite, ça sera fait avec en 2001 Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty et en 2004 avec Metal Gear Solid 3 Snake Eater. Tous les opus auront droit à leur réédition , le premier sur Game Cube en 2004 avec une refonte du système de jeu en adéquation avec les améliorations apportées par MGS2:SoL ainsi qu’évidemment une mise à jour graphique et tout particulièrement des cinématiques. Les 2 suites se verrons réédités respectivement avec les suffixes Substance et Subsistence avec de nombreux bonus, ce sont d’ailleurs ces versions ++ que l’ont retrouve dans cette compilation en Haute Définition, accompagnées par l’un des épisodes « Solid » de la console portable de Sony, Peace Walker.  Le dernier « épisode » de la série, Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots, est sorti sur console next gen en 2008.  Bien il est temps d’enfiler son bandana, de se peindre la tronche en vert, de prendre un stock de fléchettes tranquillisantes, de se mettre dans un carton et d’aller se frotter à des faisceaux de caméras.

Un pour tous et seul contre tous…ou pas

La série Metal Gear s’étale sur plus d’un demi siècle en comptant le dernier opus réalisé sur PS3. Snake Eater prend place en pleine Guerre froide (1964), Peace Walker lui emboite le pas dans les années baba cool (1974) tandis que Sons of Liberty se déroule à la suite de l’épisode premier du nom à notre époque (2007-2009).  Et là en viens presque un choix cornélien avant même d’insérer la galette, par quoi commencer? L’ordre chronologique de sortie des épisodes ou l’ordre chronologique de déroulement des évènements? La logique vidéoludesque (si je puis me permettre d’inventer des mots) m’a personnellement poussé à suivre le second ordre. L’histoire de Sons of Liberty se déroule en deux blocs, Tanker et Plant, la première animée par notre ami Snake et la seconde rythmé par le non moins (voir plus) charismatique Raiden. A vrai dire Snake n’est ici qu’en « guest star » puisque le scénario s’attarde essentiellement sur l’histoire de ce nouveau personnage, ce fut d’ailleurs la principale critique faite à l’encontre de ce jeu, les fans étant particulièrement attachés à leur serpent favoris. D’ailleurs le jeu vous demande si vous avez déjà jouer à MGS1, une réponse négative fera simplement disparaître l’histoire de notre ami snake… Mais alors… Pourquoi avoir omis d’inclure Metal Gear Solid premier du nom??? La première partie du jeu est donc en lien direct avec l’opus précédent et ne pourra être assimilée qu’avec les informations inhérentes à la progression de l’histoire du 1. Dans cette partie Solid-Snake infiltre un tanker (navire-citerne) en partance du port de Manhattan, soupçonné de transporter un nouveau prototype de Metal Gear. Ce qui devait être une simple mission de reconnaissance prend vite une autre tournure quand un groupe armé investit à son tour le navire et en prend le contrôle. 2ans après ces évènements, une usine de décontamination « Big Shell » a été construite sur le lieu de l’incident et est prise d’assaut par un groupe terroriste. Raiden aura pour mission de neutraliser les terroristes et de libérer les otages, bien évidemment en solo. Snake Eater prend place dans un contexte historique plus marquant puisqu’en plein guerre froide et plus spécifiquement en pleine crise de Cuba (crise qui plaça le monde au bord d’une guerre nucléaire suite à la découverte de missiles russes pointés sur le territoire américain depuis l’île de Cuba). Les Etats Unis gèrent la crise en rendant à l’URSS un homme, Sokorov, un ingénieur soviétique. Pièce maitresse de la course à l’armement, cet homme devient la cible de toutes les convoitises au point qu’une mission d’extraction est organisée. L’unité Fox est chargée de mettre à bien cette « Mission Vertueuse » par le biais d’un agent, Naked Snake. Épaulé par radio par le Major Zero, Para-Medic et son ancien chef et mentor The Boss, Snake ne tardera pas a atteindre sa cible et à se rendre compte que la loyauté n’est plus ce qu’elle était. Peace Walker s’inscrit en temps que suite directe de ces évènements, en 1974. Suite au passage d’ogives nucléaires au Costa Rica, le pays se tourne vers les services d’une armée de mercenaire dirigée par un ancien héros, Naked Snake (affublé d’un autre surnom propice au spoil). Si je reste volontairement discret sur l’histoire de chaque opus c’est parce que le scénario est la substantielle moelle de ces jeux clairement inspirés du 7ème art.

Un mythe…

Chaque jeudi Elemuse vous propose ses ost.

Alors là, je sais que je vais faire plaisir à plus d’un ! Et c’est vrai que les fans invétérés de l’ost de Metal Gear n’ont pas tort ! Il n’en faut pas beaucoup pour adorer… dès les premières notes, il est déjà trop tard ! =) Une adrénaline puissante est projetée par cette musique. Et pour cela nous remercions ce jour : Harry Gregson-Williams compositeur de musique de films et de jeux vidéo.

Elemuse

C’est la semaine Metal Gear ici-bas, vous l’aurez compris, je suppose. Pourquoi ne pas consacrer un épisode de la chronique à cette saga grandiose du Jeu Vidéo, sûrement parmi les plus emblématiques de son média, allez-vous me dire ?

Je ne vais pas vous le cacher, des fans de Metal Gear, il y en a beaucoup sur ce site et j’en fais d’ailleurs partie. Nombreux sont ceux à vénérer le culte de Solid Snake, de Hal Emmerich (Otacon), l’intello associable totalement névrosé, Meryl, la nièce d’un ami colonel, garçon manqué en quête de reconnaissance…

aaronminier

Qui plus est, nombreux sont ceux à vénérer le camp adverse et ceux qui l’incarne : Revolver Ocelot, évidemment, le cowboy russe expert en maniement des Colt, le Metal Gear, cette créature « bipède » armée d’une ogive nucléaire et particulièrement dangereux, Psycho Mantis, cet adversaire mémorable qui lit les informations contenues dans votre carte mémoire…

onez82

Mais sont plus nombreux encore ceux qui adhérent à un scénario pointu, plein de rebondissements, addictif, parfois même traumatisant…qui ne laisse pas insensible, qui touche à des problèmes véritables de société tels que la gestion du nucléaire, la numérisation de l’information, la privatisation des groupements militaires…qui nous touchent tous de près ou de loin.

Sirocco

Chaque mardi, Totof vous propose un jeu de son top 50, le tout classé par catégories

Alors, voici le premier numéro 1. Le jeu d’action que j’emporterais avec moi pour l’éternité. Et je choisis ce qui reste pour moi le chef-d’oeuvre de Hideo Kojima: Metal Gear Solid 3. Je considère ce titre comme l’apothéose des idées de ce créateur de génie, de sa direction artistique, de sa maestria en termes de mise en scène et de chara-design, de la puissance graphique de la PS2 (je me suis souvent arrêté juste pour admirer les décors, impressionnants de beauté, spécialement dans les phases urbaines du jeu)… La richesse de Metal Gear Solid 3 réside aussi, et surtout, dans sa capacité à surprendre le joueur encore et encore, même si c’est la cinquième fois qu’il le recommence. Pour moi qui l’ai terminé à sept reprises (avec chaque fois un objectif différent, du genre ne tuer personne et manger végétarien), pour au final plus de cent heures passées durant mon temps libre offert gracieusement par ma paresseuse maitrise de mathématiques, cela a été une expérience faite de découvertes et de surprises. A chaque fois que je me posais la question: « Et si je fais ça à ce moment-là, est-ce qu’il va se passer quelque chose de différent? », je pouvais être sûr que Mr Kojima y avait pensé et me réservait une surprise. Comme sur ces failles dans les murs qui donnaient des angles imparables pour abattre les soldats, au moment où ils s’immobilisaient durant leur ronde. Tout est fait pour le plaisir du joueur; beaucoup avaient reproché au soft sa caméra handicapante en l’absence de radar, ou encore son impossibilité d’avancer en tirant, je ne me souviens pas que cela m’ait gâché l’expérience. Metal Gear Solid 3 avait su prendre chez son concurrent Splinter Cell ce qui lui manquait, en mettant l’accent sur le camouflage et le Close Quarter Combat qui permettait de neutraliser et d’interroger les ennemis. Pour ce qui est des anecdotes et des moments cultes, il y en a à foison dans ce titre: la séquence d’introduction magistrale (j’espère que notre rédacteur en chef chéri en parlera dans sa chronique), l’arrivée du jeune Ocelot à Rassvet (vidéo n°1) suivie de cette phase de chasse à l’homme que je refaisais juste comme ça pour le plaisir, le décolleté de Eva, les phases de CQC entre Snake et Ocelot (vidéo n°2), le combat au sniper face à The End (vidéo n°3), le beat’em all disponible en chargeant une partie sauvegardée juste après la torture, le duel predatorien face à The Fear, la mythique course-poursuite en moto sur la piste d’atterrissage (vidéo n°4) et sous la pluie battante (vidéo n°5) servie par une composition incroyable de puissance de Harry Gregson-Williams, l’évasion (qui n’est pas sans rappeler Le Fugitif et sa fameuse scène du plongeon) suivie de la lente procession aux côtés de The Sorrow (vidéo n°6) d’autant plus longue que l’on aura tué des ennemis, et enfin, The Boss, véritable héroïne de l’histoire, femme forte au passé dramatique et à la classe folle qui font d’elle l’un des personnages les plus marquants de l’histoire vidéoludique. Putain, que de nostalgie, ça donne envie d’y rejouer !
Totof

Parce qu’elle est lente. Parce qu’elle résulte d’une attente interminable. Parce qu’elle est belle aussi. Parce qu’elle met en scène Big boss. Il y a plein de raison de voir dans la scène d’intro de Metal gear solid 3 : Snake eater, un prémices de ce que va être le jeu : lent, bien ficelé, et drôlement bien mis en scène. Le générique style James Bond 1970’s donne le ton du grand cru qu’est cet épisode. Nous voilà donc partis pour enchainer séquences d’anthologie et d’autres plus quelconques. La grande force de ce Metal gear solid, s’il reste à le signaler, réside dans l’interactivité de ces phases cultes, à l’opposé de la tradition passiviste de la saga. L’impact et l’empreinte de ces scènes dans notre cerveau n’en est que plus grand. Ceux qui ont mis du temps à appuyer sur R1 savent de quoi je parle. Bonheur et introspection quand vient le générique de fin soit dit en passant. Je vous laisse en bonne compagnie !

Le Serpent