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[CONSOLE] La PSP : Réhabilitation d’une console novatrice

Il y a des signes qui ne trompent pas. Lorsqu’une personne spécialiste dans un domaine essaye de décliner ses compétences sur des dérivés, cela marche toujours. Regardez, prenons la voiture. D’un, nous sommes passé à plus d’une centaine de modèles. Ford a fait son temps, les Japonais sont rentrés dans le marché et les Allemands construisent du haut de gamme. De fait, lorsque BMW crée une grosse berline, elle peut la décliner en petite taille. Même puissance, même base, mais en plus petit. C’est un peu ce qu’a fait Sony, en sortant en 2004, l’année même de son annonce à l’E3, sa Playstation Portable.

La promesse de départ

Une qualité Graphique PS2 sur console portable, c'est possible

Une qualité Graphique PS2 sur console portable, c’est possible

La PSP marque un tournant dans l’utilisation des consoles portables. Alors que Nintendo misait (et mise toujours) sur la stratégie de l’obsolescence programmée – utiliser des matériaux obsolètes, mais maitrisés et bon marché – Sony veut faire de sa console portable un outil haut de gamme. Ils nous vendent du Rêve et Kaz Hirai, la grand gaillard qui dirigeait la partie entertainment de Sony à l’époque l’a clairement dit : la PSP sera une Playstation 2 de poche. Le pavé est lancé et l’attente est intense. Si on y réfléchi, qu’est-ce que signifie « Playstation 2 dans la poche » ? Est-ce que je pourrai regarder des films ? Est-ce que je pourrai écouter de la musique. Est-ce que je pourrais jouer à des jeux en 3D avec des graphismes aussi impressionnants que ceux de Final Fantasy X ? Peut-on jouer en réseau (fonctionnalité très peu développé sur Playstation 2 à l’époque) ? Sony, qui a révolutionner l’approche du jeu vidéo en lançant sa Playstation semble pouvoir réitérer l’exploit pour le marché de la console portable. La bête arrive sur le marché Européen le 1er septembre 2005. Alors les fromages qui puent, promesses tenues ?

 Le Dieu contre la DS

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Deux consoles tellement différentes

 L’idée de départ de Sony est plutôt intéressante. En plus d’ouvrir un nouveau pan dans l’utilisation des consoles portables, la PSP ne se positionne pas en concurrence directe avec la DS de Nintendo. Alors que la DS joue à fond sur l’originalité, l’accessibilité, et surtout l’innovation parallèle (retour du double écran, écran tactile), la PSP se veut une bête de puissance, un outil multimédia qui va bien au-delà du simple support de jeu vidéo. Niveau jeux, la PSP, surtout durant les premières années de commercialisation, se dote d’un nombre incalculable d’adaptations depuis des versions de sa grande sœur, la PS2. On voit donc arriver des versions PSP de FIFA et PES forcément, mais aussi de licences variés, comme ce fut le cas avec Digaea. Plus que d’adaptation pure et dure, et encore contrairement à de rares cas pour la DS, la PSP se positionne comme un super complémentaire de la PS2 en accueillant des suites, préquelles, et spin-off de jeux sortis sur PS2 et plus tard, PS3. Que ce soit pour Killzone, God of War, Gran Turismo, ou Metal Gear Solid, les stars de Sony ont tous connu leur épisode sur PSP. Avec plus ou moins de succès d’ailleurs. Ce hobby de convertir des succès de consoles de salon sur portable n’est pas anodin. Sony disait : « une Playstation 2 de poche », et c’est le cas, du moins dans les expériences proposées. Le support et l’écran sont plus petits mais la durée de vie, les gameplays, les sessions de jeux, sont sensiblement les mêmes. A priori, Sony tient ses promesses : La PS2 dans la poche, ce n’est pas un rêve.

[EVENEMENT] Masterclass de Hideo Kojima et Yoji Shinkawa : 25 ème anniversaire de Metal Gear

Dans toute l’histoire du jeu vidéo la saga de Metal Gear est celle qui a su créer un véritable engouement au sein du public parce que quoi qu’on en dise, Metal Gear, on aime ou on aime pas, ça ne laisse personne indifférent. Tout simplement, le jeu propose un gameplay révolutionnaire à son époque et maintes fois repris aujourd’hui (avec plus ou moins de succès). Mais même avec ses rivaux (Splinter Cell) la saga a su traverser les époques sans prendre une ride et surtout en s’améliorant constamment pour proposer au joueur une expérience qui le transportera dans un univers qui le marquera pour le restant de son expérience vidéoludique.

L’attente

Arrivée sur les lieux aux alentours de 19h00 à la bibliothèque François Mittérand dans le 12ème arrondissement de Paris. Il n’y a pas grand monde à l’intérieur, juste des amateurs de cinéma, mais rien n’indique que ce jour-là, un pionnier du jeu vidéo est dans cet endroit. Nous apercevons juste une file d’attente : nous comprenons d’emblée que c’est ici que commence notre périple. Intégrés et pas décidés à bouger, nous constatons que la file commence à prendre de l’ampleur, le personnel de VP COM passe dans les rangs pour le recensement du personnel présent. 19h50 : nous entrons dans une salle de conférence accueilli par le thème principal de Metal Gear Solid : Peace Walker, l’ambiance opère. Avec le Serpent, nous nous mettons au 3ème rang pour ne rien rater de la conférence, nous observons qu’il y a beaucoup de journalistes, entre autre ceux de Nolife (avec le jolie Suzuka), BFMTV, Jeux Vidéo Magazine et les représentants des divers sites internet, Gameblog, Ultime Metal Gear et bien d’autres. 20h00 : les lumières s’éteignent, l’écran nous passe quelques extraits de tous les MG et MGS existant et là, la foule en folie applaudit ; il ne nous en faut pas plus pour être en transe ! Après cette courte vidéo, les lumières se rallument pour nous dévoiler les guests de ce soir en compagnie du staff de Konami France. Sous la clameur des fans apparaissent Monsieur Hidéo Kojima, Monsieur Yoji Shinkawa, Monsieur Florent Gorges, responsable des éditions Omake Books et faisant également office de traducteur grâce à sa maîtrise parfaite du japonais, et enfin le staff Konami France : Madame Stéphanie Hattenberger, directrice marketing et communication, et Monsieur Pierre Ghislandi,  chef de produits.

Articulation de la conférence

La conférence se déroule comme un Masterclass, mais qu’est ce qu’un Masterclass, du coup ? En fait, c’est une interview réalisé par une tierce personne  (en l’occurrence, c’était Julien Chièze de Gameblog qui à réalisé l’interview), et ce devant le public composé de journalistes ou référents de site internet amateurs, et pose  ses propres questions à l’invité. Le Masterclass se déroule en  5 parties englobant la jeunesse, les passions et le parcours de Kojima au sein de Konami, le concept de l’infiltration et du futur de MG mais aussi de la partie artistique de Yoji Shinkawa. Tout ceci fut traité en plus de 1h30 dans une ambiance détendue et propice à la rigolade. Maintenant il est temps de parler des points qui ont été abordés pendant ce Masterclass. Attention, la rédaction de ces parties est un condensé succin : il ne représente qu’une partie de ce qui a été abordé. Les moments d’aparté ou autre ne sont pas retranscrits, seul ce qui est important a été rédigé.

[TEST] Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty

Vilain petit canard de la saga Metal Gear Solid, ce Sons of Liberty rend perplexe. Tellement méprisé par certains joueurs… Tellement adulé par d’autres, ces quelques gamers vouant un culte sans bornes à ce qu’ils semblent considérer comme le plus grand jeu du 21ème siècle. Explications.

Dans la toile de H.Kojima

Hideo Kojima, une ambition vraiment à part dans l’industrie du jeu vidéo.

Metal Gear Solid 2 est de ces jeux qui canalisent énormément d’enjeux. Prendre la relève du saint Metal Gear Solid 1, en faisant entrer la saga dans une dimension supérieure, faite d’actions et de cutscenes toujours plus percutantes ; mais aussi révolutionner le jeu d’infiltration, ou encore porter sur ses épaules l’identité de la toute jeune PS2. Trois ans après le cataclysme MGS1, Konami et Monsieur Kojima tentent ainsi une récidive. Première annonce concrète, lors de l’E3 2000. Un trailer de 9min passe régulièrement sur l’écran central du salon. A chaque diffusion le salon semble s’arrêter, toutes les attentions, journalistes, exposants, ou staff sont tournées vers cette fameuse vidéo. On y voit un moteur 3D révolutionnaire, des effets d’éclairage jamais vus, Snake sur un tanker, et pas mal d’explosions. Pas grand chose de concret, mais on devine déjà un ton légèrement « arty », s’écartant doucement de l’efficacité dépouillée de son grand frère, et de tout ce pragmatisme, de toutes ces maladresses attendrissantes qui vont avec. Ce sera la marque de fabrique de la très maniérée mise en scène « kojimesque », ce mélange de style en perpétuel équilibre entre le nanard dans tout ce qu’il a de plus beau, et la grande classe. Un travail de funambule plus ou moins marqué ou réussi au fil des épisodes. Allez, coupons court, MGS2 est probablement le couillu de la série à ce niveau là. Revenons à notre E3 2000. A la sortie du salon, tout le monde ne parle que de ça, quittant Los Angeles des rêves de Snake et de tanker plein la tête. L’année d’après rebelote, le jeu est sur le point de sortir,  nouvel E3, nouveau trailer, et encore une histoire de tanker, et de Snake en plein combat contre certains boss, comme Fortune, ou Vamp. On ne le savait pas encore, mais cette présentation culte nous impliquait directement dans un concept très spécial, une sorte de petit jeu que Kojima a joué avec nous à notre insu. Ce trailer, c’était un peu sa toile d’araignée, nous attirant, nous piégeant sans que l’on s’en rend compte, pour ensuite nous manipuler à sa guise. Concrètement cette vidéo était remplie de fausses pistes scénaristiques. Le jeu sort quelques semaines plus tard, prenant tout le monde à contre-pied.

[COUP DE COEUR] [MAJ] Metal gear solid HD sur PSVita

Konami a révélé les dates de sorties de deux de ses jeux remastérisés en HD, que j’attends personnellement beaucoup. Il s’agit évidemment de Metal gear solid HD et Silent hill HD. Comme nous le savons maintenant, le premier comprendra Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty, Metal Gear Solid 3 : Snake Eater et Metal Gear Solid : Peace Walker et sortira le 8 novembre pour la somme de 40 euros. A noter la présence à l’intérieur d’un code permettant de télécharger, via le PSN, le tout premier Metal gear solid gratuitement. En gros 4 jeux à 10 euros chacun, pas mal. Quant au second, Silent hill HD, il comprendra Silent Hill 2 et Silent Hill 3 pour le 11 octobre, moyennant 30 euros. Bon ben voilà, vous savez jusqu’à quand attendre… Çà va être long…

MAJ : Comme vous pouvez le constater, les infos du dessus sont un peu obsolètes… Mais nous mettons un petit peu de neuf ici ! Voici que Metal Gear HD collection, sorti récemment sur nos consoles Next-gen, va arriver aussi sur PSVita, cette été, sans plus de précision. Au delà du remastering graphique et sonore des opus, déjà présent sur Next-gen, Konami va instaurer de nouvelles fonctionnalités au gameplay. Martin Schneider, directeur général, en parle d’ailleurs :

« Nous sommes convaincus que les utilisateurs prendront plaisir à tirer parti des nouvelles innovations que Kojima Production a mis en place dans la nouvelle version sur PlayStation Vita, offrant une expérience de jeu unique et passionnante sur cette nouvelle plateforme. »

Voici une vidéo qui sert à vous allécher. Je vous laisse en sa compagnie.

Le Serpent

[PINCEAU DE SIROCCO] Ashley W.

La semaine Metal Gear est terminée ici-bas, vous l’aviez compris. Mais elle ne l’est sûrement pas pour les actifs du site et pour ceux qui passent encore beaucoup de temps sur le très complet Metal Gear Solid HD Collection. Votre humble serviteur est d’ailleurs dans cette situation.

Et il est totalement sous le charme du travail de Ashley Wood, l’artiste responsable des scènes cinématiques dont le trait éblouit. Difficile de trouver un autre mot. A la fois clair et riche, très stylé, il faut l’avouer, Peace Walker surprend agréablement de ce côté là et concilie visiblement le hardware plus limité de la PSP avec une direction artistique, à la fois originale et parfaitement intégrée.

En tout cas, pour les quelques heures que j’ai passé sur le jeu, je peux vous affirmer que cette nouvelle approche des cinématiques apporte un véritable changement dans les habitudes de la série et ce n’est pas du tout pour me déplaire. Qui plus est, on ne se lasse pas du talent du personnage qui parvient à donner une telle classe aux personnages de Yoji Shinkawa. Une petite merveille, tout simplement.

Sirocco

[LES TEMPS MODERNES] Metal Gear Solid HD Collection

Si je vous dis infiltration et jeux vidéo à priori la première chose qui vous vient à l’esprit c’est Metal Gear Solid, à la limite Splinter Cell pour les plus jeunes et Call of Duty pour ceux qui n’ont pas bien compris de quoi on parlait… La série de « Mécanisme Métallique Solide » débute en 1987  sur MSX2 et NES sous la direction de Hideo Kojima. Ce dernier cherche à en faire un jeu d’action survitaminé mais, limité par les capacités techniques de l’époque, il décide que le joueur ne devra plus affronter les ennemis mais les éviter, d’où la notion de furtivité. Un Metal Gear 2 sortira 3 années plus tard sur NES mais c’est le reboot de la série à la fin des années 90 avec Metal Gear Solid qui donnera ses premières lettres de noblesse au titre. Qui dit succès dit… oui pognon, mais surtout suite, ça sera fait avec en 2001 Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty et en 2004 avec Metal Gear Solid 3 Snake Eater. Tous les opus auront droit à leur réédition , le premier sur Game Cube en 2004 avec une refonte du système de jeu en adéquation avec les améliorations apportées par MGS2:SoL ainsi qu’évidemment une mise à jour graphique et tout particulièrement des cinématiques. Les 2 suites se verrons réédités respectivement avec les suffixes Substance et Subsistence avec de nombreux bonus, ce sont d’ailleurs ces versions ++ que l’ont retrouve dans cette compilation en Haute Définition, accompagnées par l’un des épisodes « Solid » de la console portable de Sony, Peace Walker.  Le dernier « épisode » de la série, Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots, est sorti sur console next gen en 2008.  Bien il est temps d’enfiler son bandana, de se peindre la tronche en vert, de prendre un stock de fléchettes tranquillisantes, de se mettre dans un carton et d’aller se frotter à des faisceaux de caméras.

Un pour tous et seul contre tous…ou pas

La série Metal Gear s’étale sur plus d’un demi siècle en comptant le dernier opus réalisé sur PS3. Snake Eater prend place en pleine Guerre froide (1964), Peace Walker lui emboite le pas dans les années baba cool (1974) tandis que Sons of Liberty se déroule à la suite de l’épisode premier du nom à notre époque (2007-2009).  Et là en viens presque un choix cornélien avant même d’insérer la galette, par quoi commencer? L’ordre chronologique de sortie des épisodes ou l’ordre chronologique de déroulement des évènements? La logique vidéoludesque (si je puis me permettre d’inventer des mots) m’a personnellement poussé à suivre le second ordre. L’histoire de Sons of Liberty se déroule en deux blocs, Tanker et Plant, la première animée par notre ami Snake et la seconde rythmé par le non moins (voir plus) charismatique Raiden. A vrai dire Snake n’est ici qu’en « guest star » puisque le scénario s’attarde essentiellement sur l’histoire de ce nouveau personnage, ce fut d’ailleurs la principale critique faite à l’encontre de ce jeu, les fans étant particulièrement attachés à leur serpent favoris. D’ailleurs le jeu vous demande si vous avez déjà jouer à MGS1, une réponse négative fera simplement disparaître l’histoire de notre ami snake… Mais alors… Pourquoi avoir omis d’inclure Metal Gear Solid premier du nom??? La première partie du jeu est donc en lien direct avec l’opus précédent et ne pourra être assimilée qu’avec les informations inhérentes à la progression de l’histoire du 1. Dans cette partie Solid-Snake infiltre un tanker (navire-citerne) en partance du port de Manhattan, soupçonné de transporter un nouveau prototype de Metal Gear. Ce qui devait être une simple mission de reconnaissance prend vite une autre tournure quand un groupe armé investit à son tour le navire et en prend le contrôle. 2ans après ces évènements, une usine de décontamination « Big Shell » a été construite sur le lieu de l’incident et est prise d’assaut par un groupe terroriste. Raiden aura pour mission de neutraliser les terroristes et de libérer les otages, bien évidemment en solo. Snake Eater prend place dans un contexte historique plus marquant puisqu’en plein guerre froide et plus spécifiquement en pleine crise de Cuba (crise qui plaça le monde au bord d’une guerre nucléaire suite à la découverte de missiles russes pointés sur le territoire américain depuis l’île de Cuba). Les Etats Unis gèrent la crise en rendant à l’URSS un homme, Sokorov, un ingénieur soviétique. Pièce maitresse de la course à l’armement, cet homme devient la cible de toutes les convoitises au point qu’une mission d’extraction est organisée. L’unité Fox est chargée de mettre à bien cette « Mission Vertueuse » par le biais d’un agent, Naked Snake. Épaulé par radio par le Major Zero, Para-Medic et son ancien chef et mentor The Boss, Snake ne tardera pas a atteindre sa cible et à se rendre compte que la loyauté n’est plus ce qu’elle était. Peace Walker s’inscrit en temps que suite directe de ces évènements, en 1974. Suite au passage d’ogives nucléaires au Costa Rica, le pays se tourne vers les services d’une armée de mercenaire dirigée par un ancien héros, Naked Snake (affublé d’un autre surnom propice au spoil). Si je reste volontairement discret sur l’histoire de chaque opus c’est parce que le scénario est la substantielle moelle de ces jeux clairement inspirés du 7ème art.