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Pourquoi Metal Gear Solid V m’a déçu… En voilà un appel du pied au clic, n’est-ce pas ? Et pourtant… Je dois bien avouer que c’est totalement vrai… J’ai été profondément déçu de la dernière production de notre bon vieux Kojima. Et tout le paradoxe réside dans le fait que je trouve aussi ce jeu tout bonnement exceptionnel, voire mythique. C’est un MGS qui aura su marquer son époque, mais qui a laissé un très fort goût amer dans ma bouche. Et si vous voulez savoir pourquoi, je vous invite à lire les lignes qui suivent. Mais faites attention, cet article est 100% spoils. Si vous ne connaissez pas les tenants et aboutissants de l’histoire, si vous n’avez pas fini ce monument, je vous conseille de faire demi-tour et de vous y mettre. Pour les autres, c’est parti.

Le cas Ground Zeroes

Metal Gear V Ground Zeroes : Arnaque ou véritable avant gout ? Mouais..

Metal Gear V Ground Zeroes : Arnaque ou véritable avant gout ? Mouais..

Comme on peut parfois le dire : « on ne va pas revenir dessus, c’est de l’histoire ancienne, il y a prescription ! » Hé bien, je ne suis pas d’accord et la situation de Ground Zeroes dans la saga MGS V fait partie du premier grief que j’ai à faire à Konami. Car oui, là tout de suite c’est bien à l’éditeur que je m’adresse et non pas à Kojima Productions. Car oui, il y a eu coupure artificielle. Ground Zeroes est le tanker de MGS V, la mission vertueuse de MGS 3. Bref, il n’y avait aucune raison scénaristique et/ou logique à couper la poire en dix. Car oui, Ground Zeroes ne représente que 1/10, et encore, de MGS V. Enfin, une raison il y en a une : l’argent et le bénéfice. Et c’est tout à fait compréhensible, Konami en ayant marre de payer des mille et de cents pour un jeu dont la date de sortie n’était pas encore annoncée, et dont le créateur voulait peaufiner les moindres détails. Le calcul est simple : je sors beaucoup d’argent, j’en rentre peu, et je doute que les gains des ventes du jeu comblent les dépenses que j’ai effectuées pour le réaliser. Clair, net, précis, concis, pragmatique. Et certains fans vont même dans ce sens de l’histoire en donnant d’autres explications à cette coupure temporelle : Snake tombe dans le coma, le fait de laisser des mois entre le prologue et The Phantom Pain est en quelque sorte le coma du joueur… Mouais. Toujours est-il que Ground Zeroes demeure ma première frustration.

Le cas de la version PS3

La différence est flagrante en jeu, voir indécente

La différence est flagrante en jeu, voir indécente

Avant de passer à ce qui fait réellement foi dans ma déception, je tenais à revenir sur un point un peu plus technique, dont Yannou a déjà parlé dans son test. Désolé mes petits farfadets comme pourrait dire notre ami Jean-Marie Ganesh, nous nous sommes faits entuber. Car oui, en prolétaire que je suis, je ne me suis pas encore saigné pour passer à la Next-gen, PS4 en tête. J’ai donc dû jouer à ce pauvre bougre sur la version du pauvre, celle de la PS3. Et que dire… Que dire mis à part que je suis réellement outré de cette réalisation. Si le frame rate n’atteint pas les 60 fps de la version PS4, on reste sur du bon vieux 30 fps quasi-constant. Le problème ne vient pas de ce côté-là, mais bien de la réalisation technique en elle-même. Le jeu est très souvent moins beau que MGS 4 pourtant sorti en 2008, et même parfois, pour certains points, moins beau que MGS 2 voire MGS 1 ! Et je ne blague vraiment pas. Deux moments m’ont plus particulièrement choqué. La première fois, lorsque l’on voit Big Boss dans l’hôpital, sa barbe est tellement pixelisée qu’on se croirait dans un remake HD de Pac-Man sur Virtual Boy. La seconde est la première fois que j’ai utilisé mon sniper pour zoomer au maximum : les textures au loin étaient du niveau de la PS1, et je ne blague clairement pas… On dirait concrètement une bonne vieille configuration PC d’un jeu récent, downgradé en 600×480, sans ombre, sans détail, sans rien… C’est tout simplement une honte et je n’ai pas peur du mot. Toujours est-il que cela n’entache en rien le gameplay fluide et le plaisir de jeu, mais disons que cela fait des travailler les yeux…

MGSGZ Box

J’arrive un peu après la bataille et je dois vous avouer que ça me plait. Il faut dire que de l’encre a coulé depuis la sortie, en Mars dernier, de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes déjà annoncé par ses détracteurs comme l’arnaque sans nom, dernier coup bas de Kojima et de son éditeur vénal, Konami. Mais ne croyez pas que je vais simplement venir mettre de l’huile sur le feu en favorisant aveuglément l’un ou l’autre camp. Metal Gear est pour moi un jeu très particulier et j’espère qu’avec l’achèvement de cette semaine spéciale à laquelle j’ai massivement contribué, vous aurez compris qu’il ne s’agit pas d’un simple bon jeu mais d’une œuvre immense qui a marqué l’ensemble de ma vie depuis ce jour où j’ai placé la galette fraîchement achetée d’occasion dans ma PSone flambant neuve. Transformant mon plaisir d’adolescent en chemin initiatique avec MGS2, Kojima me faisait mettre les choses en perspectives pour la première fois et de fil en aiguille par les hasards de la vie, m’amenait à rencontrer Le Serpent et à rejoindre ce site. Mais trêve de bavardage sur ma sensibilité, au moins vous saurez que c’est un fan qui écrit cet article, pour autant je ne vais pas écrire avec ma sensibilité, ni parler de jouissance ou d’orgasme pour décrire mon expérience de jeu comme l’ont déjà fait certains sur d’autres sites. Non, j’essayerai de vous montrer pourquoi le jeu n’est pas tel qu’on l’a décrit, une démo payante, ni le chef d’œuvre complet d’un créateur qui n’a pas dit son dernier mot. Ground Zeroes est à part dans la saga, et probablement à part au sein du monde vidéoludique, un futur cas d’école sans doute, mais comme toujours, il n’a pas fini de nous faire parler.

Et alors, est-ce qu’on en a pour son argent ?

Il n'y a pas que la mission Ground Zeroes qui vous attend dans le jeu et vous aurez fort à faire pour venir à bout de tout le contenu une première fois (environ 10h).

Il n’y a pas que la mission Ground Zeroes qui vous attend dans le jeu et vous aurez fort à faire pour venir à bout de tout le contenu une première fois (environ 10h).

Je ne vais pas rejeter cette question comme bon nombre de journalistes qui soutiennent le jeu. Pourquoi ne pas en parler ici alors que partout on aborde la question de la durée de vie confrontée au prix ? Il n’y a aucune raison d’éviter ça. Tout dépend réellement de ce que vous êtes venus chercher avec ce prologue, car de prologue il sert à de multiples endroits. D’abord prologue scénaristique, Ground Zeroes fait en effet le lien entre la fin de Peace Walker (PW), qui se déroule en 74 et le début du futur The Phantom Pain (TPP) qui se passe lui en 1984, mais aussi prologue de gameplay en se plaçant comme le chaînon manquant entre un gameplay divisé en missions contenant de petits lieux clos dans PW et un open world dans TPP. Dès lors il convient de signaler un élément fondamental, si vous êtes venus trouver avec cet opus un Metal Gear traditionnel, contenant de longues cinématiques et des heures d’épopée hollywoodiennes, eh bien vous serez déçus car la seule mission scénarisée du jeu se boucle en environ deux heures lors de votre première partie (il m’a fallu précisément 1h19 pour en venir à bout). Mais là où la plupart des journaleux s’arrêtent en disant que c’est là la durée de vie de base du jeu, j’aimerais ajouter un petit élément.

L'open world est grand mais pas forcément immense et ce n'est pas vraiment un problème compte tenu des différents objectifs de mission.

L’open world est grand mais pas forcément immense et ce n’est pas vraiment un problème compte tenu des différents objectifs de mission.

En effet, Ground Zeroes se compose de 6 missions au total qu’on appelle souvent « missions annexes » mais qui en vérité composent bien l’expérience principale du jeu. Chacune contient un petit scénario comme c’était le cas dans Peace Walker avec leurs moments mémorables, leurs qualités et leurs défauts ainsi que des éléments à récupérer pour en apprendre plus sur les événements qui se déroulent dans la mission « principale ». En ne suivant donc que le chemin critique, vous en aurez pour environ une dizaine d’heures pour voir le terme de l’expérience sans avoir à refaire quoique ce soit (en excluant la nécessité de débloquer la dernière mission en récupérant les patchs de la mission Ground Zeroes, ce qui pousserait à une douzaine d’heures environ). Une dizaine d’heures de contenu pour un jeu triple A vendu 30 euros maximum, c’est donc tout sauf une arnaque en soi à condition bien sûr d’être venu chercher une introduction au gameplay de The Phantom Pain, car Ground Zeroes est finalement bien plus un prologue gameplay que scénaristique. Beaucoup des commentaires négatifs que le jeu a reçu viennent en fait de fan frustré de ne pas avoir accès à une expérience scénaristique plus large sans voir qu’une expérience gameplay intéressante d’une dizaine d’heures vendues 30 euros n’est finalement pas si mauvaise en rapport quantité prix quand on voit qu’un shooter avec 7 ou 8 heures de durée de vie est aujourd’hui vendu 70 euros.