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Episode #6 – Metal Gear Solid

Pour ceux qui nous suivent depuis quelque temps vous savez que ce jour est important. Les Archives Oubliées s’intéressent aujourd’hui à Metal Gear Solid, la série qui passionne vos serviteurs ! Avec ce monstre du jeu vidéo, Hideo Kojima n’a pas seulement crée une saga mythique aux messages profonds, il a mis au monde un cas d’école de la communication.

En alternant l’épique d’un trailer hollywoodien et l’humour moisi si propre à la série, Metal Gear a toujours su surprendre et nous revenons avec notre regard d’aventuriers des archives sur les diverses faits d’armes du marketing de Konami.

Bon visionnage à tous !

greyfox0957

New York MGS11

New York est, depuis Metal Gear Solid 2, une ville symboliquement incontournable dans la saga d’Hideo Kojima et ceci jusqu’à des événements très récents. Qui n’a pas en mémoire le plan initial du George Washington Bridge ou le final sur le toit du Federal Hall ? Et pourtant la grosse pomme réserve encore d’autres symboles qui permettent de lire et d’interpréter la série. Pour ma première venue à New York, vous imaginez bien que je n’ai pu résister à l’envie de voir de mes propres yeux les lieux que j’avais découvert plus de dix ans auparavant, l’occasion pour moi de partager avec vous mes photos accompagnées de quelques analyses parfois déjà connues mais qu’il est bon de raviver.

Le George Washington Bridge

Un plan initial qui a marqué toute une génération.

Comment oublier l’une des séquences d’introductions les plus mythiques du jeu vidéo ? Ce plan sur le George Washington Bridge, que vous retrouvez de jour sur la photo (une façon d’imiter la version du trailer de Ground Zeroes par beau temps diffusée il y a peu par Kojima Productions) ouvre le chapitre du Tanker de MGS2 et par la même occasion le retour de Solid Snake après les événements de Shadow Moses. Or cette scène comporte un élément fondamental pour les équipes de Kojima, quelque chose qui jusqu’alors n’a plus jamais été fait : la copie de lieux réel pour mettre en scène l’action d’un jeu. Même si on peut trouver dans MGS4 une tentative d’imiter des lieux du monde entier, on se retrouve bien plus avec un cliché régional qu’avec la véritable reproduction d’une ville ayant une identité aussi forte que celle de New York. Le George Washington Bridge est donc le pont le plus au nord de Manhattan, sur l’Hudson qui longe l’île par l’Ouest et la sépare de l’Etat du New Jersey. Notez dès lors cette première référence au personnage historique de George Washington qui abrégé en GW donnera son nom à l’IA des patriotes.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

Vue en plan plus large depuis Manhattan.

On peut dès lors contextualiser les événements de MGS2, l’Hudson est une voie fluviale commerciale majeure qui relie le Saint Laurent (qui passe par Québec et Montréal) aux Grands Lacs et donc à Chicago et Toronto. Or si on garde à l’esprit que la région des lacs est un centre névralgique de la construction automobile et du marché du blé, il n’est pas étonnant de voir défiler d’importants navires de transport sous les ponts de l’Hudson. Les Marines n’ont donc pas eu de mal à dissimuler une cargaison secrète tout en passant l’air de rien à côté d’une des plus grandes villes du monde. De plus, l’invasion des soldats de Gurlukovich par hélicoptère est également très cohérente compte tenu du nombre de ces appareils qui survolent en permanence la ville.

AAALa vidéo vient de tomber pendant le dernier showcase de Kojima Production, un petit trailer du mystérieux MGS 5 Ground Zeroes au cours de laquelle, surprise, on découvre notre bon vieux Snake à la mode 32 bits, tout de polygones vêtu. Colonel est-ce que tu me reçois !?! Une feature forcément indispensable qui rapellera bien sûr un certain passage du quatrième opus de la saga où on rejouait une partie du premier volet lors d’une sieste de notre vieil ami. Malheureusement uniquement dispo sur la future version PS4 (Xbox One va te..), ce genre de clin d’oeil sous forme d’une mission bonus nommée « Déja vu » sent bon la naftaline et est un réel plaisir et devrait à mon goût se généraliser dans plus de jeux tant ça tend à renforcer l’image d’une saga, le fait de mixer le rétro et le néo ça nous parle forcément chez Le Serpent Retro :). D’ailleurs je vous invite à relire cette petite réflexion de notre ami Totof à propos des références dans le JV.

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Bloodevil

mgs-twin-snakes-bVoici une nouvelle qui a réjouie les fans de Metal Gear Solid pendant quelques heures, presque une journée : Hideo Kojima aimerait faire un remake du premier épisode en utilisant le nouveau Fox Engine ! Une vrai surprise pour le coup puisqu’ Interrogé lors d’une table ronde à propos de Metal Gear Solid V, Kojima aurait indiqué son envie d’effectuer un remake du premier épisode de Metal Gear Solid et cherche actuellement un studio externe pour s’occuper de cette adaptation. Mais voilà, j’utilise bien le conditionnel… Car on entends souvent ce que l’on veut entendre, et cette annonce, relayé sur beaucoup de site, n’est en fait qu’une fausse rumeur… Kojima lui même a annoncé, via son compte Twitter, que rien de tout ça n’est d’actualité, la rumeur ayant été surement lancé à cause d’une erreur de traduction… Dommage… On y a cru…

Snatcher Box

Hideo Kojima est bien connu pour son chef d’œuvre dont nous fêtions il y a peu les 25 ans, la magnifique série Metal Gear Solid. Mais à vrai dire, que connaissons-nous en occident comme jeu de Kojima qui ne soit pas un Metal Gear ? Certains citeront Zone of The Enders, plus ou moins à raison puisque Kojima ne s’est pas chargé de la réalisation de cette série. La vérité est pourtant là, aucun Hideo Kojima Game n’est sorti chez nous qui ne soit pas un MGS. Mais Kojima a eu une autre vie qu’il serait bien dommageable de ne pas connaître et celle-ci prend corps avec Snatcher, sorti en 1988, un an après Metal Gear  sur MSX2 et PC-88. Véritable hit au Japon, ce « jeu d’aventure cyberpunk » comme le stipule le boitier, Snatcher a été réédité et remasterisé de nombreuses fois sans (presque) jamais traverser ni la mer du Japon ni l’océan Pacifique. J’ai écrit « presque » car il existe bien une version du jeu, adaptée de la réédition PC Engine du début des années 90 sur le Mega-CD (ou Sega-CD) mais celle-ci dénature beaucoup le jeu d’origine. Si vous m’avez suivi jusque là on va enfin pouvoir parler du jeu en lui-même, et de sa toute première version s’il vous plait. Ce jeu est un tel chef d’œuvre qu’il me semblait impossible de ne pas en parler durant cette semaine spéciale des coups de cœur de la rédaction. Notez que c’est grâce à une fan-traduction qu’il est aujourd’hui possible de jouer en anglais à Snatcher.

Une œuvre d’anticipation cyberpunk

La catastrophe a lieu en 1991 et fait disparaître la majorité de la population de l'Eurasie.

La catastrophe a lieu en 1991 et fait disparaître la majorité de la population de l’Eurasie.

Beaucoup connaissent le penchant d’Hideo Kojima pour le cinéma mais sachez que dans les genres qu’il affectionne la science fiction figure probablement dans les premiers rangs. Snatcher est le premier jeu de Kojima qui se situe dans un univers SF, bien avant ZoE et ses méchas il y avait Snatcher et son univers plus sérieux, d’une grande maturité et empreint de nombreuses références croisées entre Terminator et Blade Runner. Snatcher se déroule dans un Japon futuriste, à Neo Kobe précisément, une cinquantaine d’années après une catastrophe bactériologique qui a décimé la population de l’Europe et s’est arrêté aux portes de la Chine. Dans cette métropole futuriste, dont la population est majoritairement d’origine étrangère (ce qui sonne comme un idéal à atteindre dans un Japon actuel assez xénophobe), commence à se dévoiler un phénomène préoccupant : des biorioids prennent la place de membres haut placés de l’administration. Ces robots nommés Snatcher sont capables de prendre forme humaine, ils tuent discrètement leur victime et prennent sa place dans la société. Ils peuvent saigner, transpirer et ainsi paraître absolument indiscernable de leur victime. Personne ne sait qui sont ces robots ni ce qu’ils veulent et face à l’alerte déclenchée par la découvertes de plusieurs Snatcher à des postes clefs du gouvernement l’Etat décide de créer la JUNKER ou Japanese Undercover Neuro-Kinetic Elimination Rangers chargée de régler le problème.

L'introduction et ce plan en particulier rappelle Blade Runner, tout comme le thème des robots humanoïdes.

L’introduction et ce plan en particulier rappelle Blade Runner, tout comme le thème des robots humanoïdes.

C’est ici que commence notre aventure, nous incarnons Gilian Seed, un homme amnésique retrouvé récemment par une équipe de recherche dans l’actuelle Sibérie avec sa femme, Jaime. Evidemment il ne se souvient pas son histoire avec elle et on note déjà une première clef scénaristique importante. Gilian, à son arrivée à Neo Kobe, a décidé, pour une raison qu’on ne mentionne pas, de rejoindre la JUNKER, ce qu’il fait au début du jeu. On lui explique alors toutes les règles inhérentes au travail de cette unité spéciale à savoir qu’il est strictement interdit d’ouvrir le feu sans avoir eu la confirmation absolue du caractère. Je vous invite à prendre la mesure de la densité de l’intrigue, c’est bien ici le doute le plus absolu qu’installe chez nous Kojima. Si tout le monde est susceptible d’être remplacé, qui croire ? Et croyez bien que malgré l’âge du jeu ce nœud d’intrigue est parfaitement bien rendu et la mise en scène très sombre et glauque sert d’une façon unique la peur. Plusieurs séquences m’ont même fait sursauté mais comme ce test est avant tout destiné aux trop nombreux joueurs qui ne connaîtraient pas le soft je me garderai bien de les dévoiler. Voici donc l’avenir dystopique dans lequel Snatcher s’insère, et ceci n’est que le début, l’intrigue étoffera par la suite cet univers très fort et cohérent.

Metal-Gear-Solid logoSalut tout le monde et bienvenue pour une nouvelle aventure suivie qui portera sur Metal Gear Solid, le jeu cultissime de la playstation qui a fait connaitre la série au grand public, et certainement mon jeu favori de la génération.

Nous commencerons ce walkthrough tranquillement avec le long briefing de mission qui met tout de suite dans l’ambiance si particulière de la saga, un grand moment de jeu vidéo…

PS : J’ai oublié de le montrer mais Solid Snake se coupe les cheveux à la fin pour se différencier de Liquid 😉

TEMPSMODERNEzoecover

La mode des version HD a tendance à énerver les puristes, à tort ou à raison. Mais qu’on salue leur présence ou qu’on les déteste secrètement comme autant de coups commerciaux défigurant nos souvenirs de jeunesse, pas le choix, les versions HD des succès de la PS2 débarquent en force, point final! Après l’honorable compilation MGS HD Collection (malheureusement amputée de l’épisode originel, mais disposant des deux tout premier Metal Gear (pas Solid donc) sur MSX), c’est à une autre série du maître Kojima de pointer son nez dans la cour des grandes : Zone of the Enders, ou ZOE pour les intimes. Bien qu’éclipsée partiellement par le rayonnement de Metal Gear, ceux qui lui ont donné sa chance à l’époque, que ce soit par bon audace, bon goût ou par erreur (en achetant le jeu pour goûter à la démo de MGS2) s’en souviennent, et pas qu’un peu. Retour sur une série qui n’a pas usurpé sa place dans le panthéon des jeux légendaires.

Prologue-reflexion-bonus : remakes HD, retrogaming, et next gen

Juste pour le plaisir des yeux m'sieudames!

Juste pour le plaisir des yeux m’sieudames !

A la base, je voulais carrément faire un petit dossier-réflexion sur les remake HD, pesant le pour et le contre, dénonçant la façon dont le fan est utilisé comme pompe à fric…etc. Mais finalement, là, en intro, c’est pas plus mal, et ça permet d’aller à l’essentiel. Car à la base, retrogamer dans l’âme, le remake HD une pratique qui me fout en rogne… Enfin, pour être précis, qui m’a foutu en rogne un bon bout de temps. Car aujourd’hui, j’ai une relation plus nuancée à ce pan de moins en moins négligeable de la production vidéoludique. Lorsque l’on écoute ou participe aux débats, c’est souvent la même rengaine qui tourne, le pauvre fan exploité, les jeux à peine lissés sans bonus, les collections incomplètes…etc. Plus intéressant est l’argument de la trahison artistique, du fait qu’un jeu créé sur un support à été pensé pour ce support. On touche ici une vraie question de fond : est-ce qu’un remake HD trahit le jeu, ou permet-il d’avoir le rendu qu’il méritait ? Quand on regarde la version HD de Okami, on a l’impression de découvrir le jeu tel qu’il était pensé, enfin dans la version qu’il méritait dès l’origine (même si le jeu était déjà à couper le souffle sur PS2!). Mais c’est un cas à part, car c’est un jeu tardif qui dansait d’une certaine manière avec les limites de la console, comme en témoignent les quelques ralentissements et autres (rares) problèmes d’affichage. Mais cette notion de trahison m’avait néanmoins interpellé. Car ce qu’on oublie en disant cela, c’est que la plupart des jeux réédité ont été créé avant la démocratisation des écrans HD. Lorsqu’on jouait à la PS2 sur un écran, même gigantesque, à tube cathodique, l’ensemble était lisse, harmonieux, et c’est dans ce contexte que les jeux sont sortis! Donc au final, ce qui m’a fait virer ma cuti quant aux versions HD est un postulat simple : et si, au lieu de trahir les jeux, les remakes permettaient au contraire une transposition fidèle de l’expérience vidéoludique dans un présent habité par d’impitoyables écrans trop précis ? Au final, il est possible que ces remakes HD soient devenu le moyen exclusif pour que les générations actuelles puissent profiter des jeux passés via une expérience analogue à celles des joueurs d’antan, et non plus à travers des relations déséquilibrées entre écrans ultraprécis et consoles datées. Et comme l’essence d’un jeu réside en l’expérience vécue par le joueur plutôt que dans son évaluation « objective », c’est tout naturellement que j’en suis venu à accepter la nécessité de ces remakes aujourd’hui – en plus du fait qu’ils rendent des jeux parfois devenus rares à nouveau disponibles et cassent l’impératif de collectionnite. Ca ne m’empêche en aucun cas de prendre plaisir à jouer à la PS2 sur mon écran HD. Simplement je comprends (enfin) (oui, il y en a qui mettent du temps, je sais) la fonction des portages HD. Dans cette perspective, je considérerai réussie une version HD lorsqu’elle parviendra à restituer sans le ternir le l’expérience originelle, le plaisir originel. Et à cet égard, ZOE HD collection est une réussite. Ceci étant dit, passons aux jeux, à proprement parler !

MetalGearSolid2S’il est une série qui n’a jamais failli dans sa mission de nous servir des jeux d’une extrême qualité, Metal Gear Solid est un très sérieux prétendant au titre. Sons Of Liberty est un des jeuxles plus marquant de l’ère 128 bits. Certes, il fut beaucoup critiqué à cause de sa caméra fixe et de son passage rigide à la première personne pour viser, mais une fois ce détail de gameplay acquis, Metal Gear Solid 2 vous emmènera à la fois découvrir des personnage extrêmement poussés et charismatiques, une histoire en béton pleine de rebondissements et surtout… Surtout une fin d’une grandeur ! J’ai attendu avant de vous faire partager ce « moment Serpentmagique ». Seul les vrais comprendront toute la philosophie qui se cache derrière cet épilogue. Pour toutes informations complémentaires demandez à Greyfox0957, il saura vous renseigner !

metal-gear-solidQui a eu l’occasion de se farcir TOUS les Metal Gear ? Pas grand monde… La faute à un problème de possession de machine, à des cartouches usagées, des disques rayés, etc… Mais tout cela va bientôt être corrigé. En effet, un pack ultime de la série Metal Gear vient d’être confirmé par Konami, soulignant que tous les jeux de la série depuis le premier Metal Gear sur MSX seront intégrés à l’offre. Mais monsieur, comment se fait-il alors que la compil’ s’appelle MGS : The Legacy Collection ? Et bien mon garçon, parce que MG 1&2 sont accessible depuis MGS3 : Subsistence. Une sortie qui fait plaisir aux passionnés mais qui n’est pas simplement source de délivrance : cela permet de ne pas oublier la saga et de préparer la sortie de MGS5 qui s’annonce bbbiiigg.

Bon, plus précisément, cette galette sera exclusivement disponible sur Playstation 3 et comprendra : Metal Gear Solid, Metal Gear Solid 2 : HD Edition, Metal Gear Solid 3 : HD Edition (incluant les versions MSX de Metal Gear et Metal Gear 2 ), Metal Gear Solid 4 : Trophy Edition, Metal Gear Solid : VR Missions et Metal Gear Solid : Peace Walker HD, et les romans graphiques de Woods. Il manque donc tous les Acid et autres portables Ops, Ghost Babe, et Snake’s Revenge, considérés souvent comme des Spinn-Off. Le tout devrait sortir en Juin au pays d’Obama. Et oui, toujours rien d’officiel pour l’Europe…

tumblr_lj4mpquIo41qhjqx7o1_500MAJ : Nous avons la date de sortie et le prix Japonais pour ce bundle monstre ! Mais je ne vous le dirai pas… Non non… Bon Ca va Toma lâche moi je balance… Le jeu sortira au Japon le 11 juillet au pays du soleil levant pour la modique sommes de 7980 Yens, soit… 61 € ! Oui si peu ! Alors certes, nous les fromages qui puent, on va avoir droit à une petite augmentation… Mais même à 70 ou 80 euros, n’est-ce pas une affaire ?! Ah oui, toujours rien d’officiel en Europe…

box art Rising

Dans l’univers des spin-offs on retrouve deux types de jeu, le premier est souvent accueilli avec un intérêt modéré et fait assez peu de vagues dans sa communauté, le second est au contraire sujet à de multiples débats et semble briser comme un tabou. Car rappelons qu’un spin-off est nécessairement le propre d’une saga, il se définit comme l’élément hors de l’esprit général du reste des opus, et donc doit se confronter à la communauté qui entoure cette saga. Or les communautés de fans sont de bien drôles d’animaux, à la fois gage d’une réussite commerciale pour tout ce qui porte le nom de sa saga fétiche, mais aussi parfois le pire ennemi des éditeurs et des développeurs. Metal Gear Rising appartient à cette seconde catégorie, d’abord présenté comme un opus canonique, il a subit de front la critique de sa communauté sous prétexte qu’il ne respectait précisément pas l’esprit de la série, si bien que Kojima Productions l’a finalement estampillé spin-off en même temps qu’il externalisait son développement chez Platinium Games. Alors que la première mouture nous offrait un système d’infiltration ninja, le jeu s’est ensuite concentré sur le genre du beat’em all plus traditionnel mais en conservant ce qui dès le départ s’était annoncé comme l’originalité du titre, la possibilité de découper librement la plupart des ennemis et objets du jeu. Mais quant à savoir désormais si ce jeu en vaut le coup, j’aurai une certaine exigence dans la réponse. Certains auront remarqué que chacun de mes articles se ponctue d’une référence à la saga Metal Gear pour la simple raison que celle-ci est très importante pour moi dans ma vie de gamer et dans ma vie tout court aussi ! Je chercherai donc également à savoir s’il faut radier Metal Gear Rising du reste de la série comme l’ont proclamé certains ou si malgré son statut particulier il a le droit au strapontin à l’assemblée des dieux de la saga.

Un vrai-faux Metal Gear

Vous en souvenez-vous ? Un bref aperçu de ce qu'aurait été Rising s'il avait finalement été développé par Kojima Productions.

Vous en souvenez-vous ? Un bref aperçu de ce qu’aurait été Rising s’il avait finalement été développé par Kojima Productions.

Et pour bien faire, pourquoi ne pas justement commencer par cette question qui me taraude ? La réponse est simple : Rising est un vrai-faux Metal Gear ; ce qui l’est moins, c’est de comprendre ce que j’entends par là. Car avant de parler de spin-off, encore faut-il savoir ce que l’on dit quand on parle d’esprit général d’une série. Pour certains, Metal Gear se définit principalement par son gameplay, l’infiltration et ses revendications pacifistes, pour d’autre ce sont les longues cinématiques et les histoires alambiquées qui en sont le propre, d’autres enfin pensent qu’un Metal Gear mêle forcément une intrigue à la philosophie. A mon humble avis, c’est un peu tout cela en même temps, même si à mon goût c’est le dernier élément qui prime, alors évidemment, lorsqu’on nous propre un jeu d’action nerveux avec un ninja qui découpe ses victimes en rondelles, on comprend que certains se méfient, moi le premier. Mais loin de décevoir les fans, le jeu dans sa version finale est même plus que surprenant dans sa façon de combler nos attentes. Certes, il lève le pied au niveau de l’infiltration et des histoires alambiquées, mais il me semble que l’esprit Metal Gear est pourtant bien présent. Alors qu’il semble aussi reculer sur le pacifisme de la saga, un pacifisme qu’Hideo Kojima nous a toujours appris à la dure, comme en témoigne cette réplique de Liquid Snake dans Metal Gear Solid : « tu aimes ces tueries, voilà pourquoi! » ; Rising aussi nous met en face de nos contradictions car plus que jamais on va aimer couper du cyborg, jusqu’à en oublier que ces cyborgs sont avant tout des humains passés sur le billard. Plus encore, ceux qui auront l’impression que le scénario est un peu léger auront le droit d’ouvrir la mine d’or qu’est le codec, véritable mise en abîme du scénario pourtant absolument facultative mais que tout fan serait bien déçu de manquer. La dernière question à laquelle il me semblait importante de répondre est celle du statut de l’intrigue : spin-off scénaristique ou non ? Il n’y a pas de réponse stricte ici car bien que fondé sur la véritable chronologie de la saga, on ne verra sans doute jamais d’épisode canonique après Metal Gear Solid 4, aussi rien ne pourra confirmer et infirmer que les évènements de ce spin-off sont à prendre en compte dans la timeline officielle.