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Si nos news sont désormais relayées essentiellement sur Facebook, de temps en temps, il faut savoir s’accorder une petite entorse à la règle, lorsque l’occasion le justifie. Et ça tombe bien, c’est complètement le cas ici! Après avoir abordé la saga Final Fantasy, le VS Fighting 2D puis le jeu de course, la collection Game History nous gratifie d’un nouvel opus dédié à un genre gravé dans nos coeurs de retrogamers : le jeu de plateforme!

L’ouvrage est beau, joufflu, avec plus de 300 pages colorées embrassant le genre de ses prémices à nos jours, à travers une avalanche d’articles dédiés aux jeux qui ont marqué l’histoire du jeu de plateforme – et sans négliger les outsiders et les petites perles trop rarement mentionnées comme le magnifique Wardner -, des chapitres entiers et exhaustifs les séries-phare, une série d’articles sur les spécificités du genre suivant les supports, ordinateurs comme consoles, bref, un travail d’amour et de recherche rien moins que massif, fruit d’un travail collectif – auquel nous sommes fiers à LSR d’avoir humblement contribué, sur une petite poignée d’articles – orchestré de main de maître (tyrannique) par notre émérite collègue Yace, qui s’est investi corps et âme dans la rédaction de l’ouvrage, comme en témoigne le nombre d’articles signés de sa plume.

Game History IV – Histoire du jeu de Plates-Formes sent bon le papier et le pixel et parlera tant à ceux qui s’intéressent à l’histoire du jeu vidéo qu’aux amateurs du genres, un ouvrage que se lit, se consulte, se feuillette, et a sa place dans toute bibliothèque de gamer! Il prolonge une collection qui nous rappelle que les joueurs francophone amoureux du medium vidéoludique ont de la chance, entre les excellentes publications de chez Pix’n Love, Omake Books, parmi une poignée d’éditeurs qui, malgré la phase difficile du support papier dans notre domaine de prédilection, que l’on parle de presse journalistique ou du monde de l’édition de livres/mooks, osent affirmer leur passion et offrir au lecteur des ouvrages de qualité tant en terme de fond que de forme. Et ça, c’est juste beau.

Vous pouvez acheter l’ouvrage en question, ainsi que les anciens numéros de Game History ici, juste là.

 

 

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Nous avions achevé la précédente saison de Biblio-Rétro l’an dernier par la revue de Zelda, Chronique d’une Saga Légendaire, tout en laissant entendre qu’elle pourrait revenir de façon ponctuelle et devenir une rubrique à part entière du site. C’est donc chose faite, avec aujourd’hui le premier volume de Level Up, un livre de Third Editions, maison récemment fondée par Nicolas Courcier et Mehdi El Kanafi, d’ailleurs également auteurs de l’ouvrage sur la saga de Link. Un premier mook sur l’histoire du RPG, dont la qualité de contenu, de ligne et de présentation est simplement indéniable.

Tous les RPG

L’éditorial l’annonce clairement, et avec une passion agréable et non feinte. L’ambition de la collection Level Up, dont il s’agit ici du premier volume, est de parler de tous les RPG. Comprenez donc occidentaux et nippons inclus, aussi bien solo que MMO. En effet, ce premier volume aborde différents thèmes et sur la plupart des genres et sous-genres qui constituent ce type de jeu vidéo si particulier, pour reprendre les mots des auteurs. Des rédacteurs (Fabrice Colin, Franck “Fox” Extanasié, Pierre-Yves “PyRex” Franck, Georges “Jay” Grouard, Rémi Lopez, Raphaël Lucas, Pierre Maugein et Damien Mecheri) qui constituent ce qui se fait de mieux en la matière en France, d’après leurs dires. A la lecture de cet ouvrage, ils n’ont effectivement peut-être pas tort. Si la documentation est très prégnante et très appréciable, on sent surtout, à travers et au-delà la maîtrise du propos, la profonde culture RPG des auteurs. Toujours rigoureux, les articles se teintent également souvent de subjectivité jamais mal venue, soit au détour de quelques mots ou allusions, soit de façon plus marquée comme dans le dossier central de cinquante-quatre pages sur la saga Baten Kaitos.

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Contrastant volontairement avec les autres articles beaucoup plus courts (de une à dix pages, mais avec une moyenne autour de quatre), ce dernier consacre une analyse très complète sur les titres de tri-Crescendo et Monolith Soft. De la conception à l’univers, en passant par les personnages et le gameplay, tout est disséqué avec profondeur et précision. L’hommage est fort, si bien que si l’on associe ce dossier aux élans d’amour de notre Garr national pour cette série, on a très envie de s’y essayer à l’issue de la lecture, de mesurer la portée qu’on a tendance à lui prêter. Il y a forcément des spoilers, mais il semble difficile de s’en passer dans une tentative d’analyse du background et du scénario qu’il est impossible de regretter, quand elle peut se targuer comme ici d’une très bonne construction. Plus généralement, les articles de ce premier volume de Level Up sont très fournis en anecdotes sur le développement des softs et la vie des studios. Une forme d’investigation et de recherche qui se couple bien avec les différentes réflexions menées (le J-RPG est d’ailleurs plus -et bien- traité sous cet angle que son homologue occidental). Il est juste dommage que l’argumentation dans ces dernières manque parfois de diversité.

Le Serpent Retrogamer commence à se faire un nom. Et certaines personnalités du milieu commencent à nous considérer. Florent Gorges est en cela un précurseur qui, je l’espère, sera largement suivi. Historien des jeux vidéos et co-fondateur de Pix’n’love, il est aujourd’hui à la tête d’une nouvelle maison d’édition qui traite de problématiques plus larges que l’histoire du jeu vidéo. Dans cette première partie nous allons vous présenter ce personnage, atypique et en quelque sorte initiateur, de la fin de son adolescence, jusqu’à la sortie du premier tome de l’Histoire de Nintendo, qui a propulsé Florent au devant de la scène. Nous l’aimons bien, Florent, nous, retrogamers !

Le départ de Florent

Florent Gorges était Coordinator for International Relations au Japon

Le Serpent : Tu t’es dirigé, d’abord, vers une carrière dans le domaine du sport, mais à 17 ans tu es parti au Japon, Qu’est-ce qui a motivé ce choix et ce changement ?

Florent Gorges : J’étais sportif de haut niveau dans un lycée, un sport-étude en internat pour pratiquer le basket à haut niveau. A 17 ans, ma croissance était terminée et je n’avais plus aucun espoir de percer dans le sport. Je me suis alors recyclé. J’étais passionné par le Japon depuis tout petit, même si je ne lisais pas de manga, d’abord parce que je n’avais pas de sous pour me les procurer, et puis parce que, de toute façon, il n’y en avait pas tant que ça ! Et puis les jeux vidéo bien sûr ! J’étais donc passionné par la culture Japonaise dans son ensemble, un amour du Japon bien général, de la culture avec un grand C d’ailleurs. J’ai donc fait échange scolaire, avec mon lycée, j’ai passé mon bac à Tokyo en candidat libre. J’apprenais la langue en autodidacte, mais en partant, je ne connaissais que les mots et expressions de bases, rien qui ne me permette de tenir une conversation.

Le Serpent : A ce que je comprends tu es parti là-bas sans arrière pensées vidéoludiques, mais qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Qu’est-ce qui a transformé notre Florent Gorges en celui que l’on connait aujourd’hui ?

Florent Gorges : J’ai un peu lâché les jeux vidéo à partir de la Playstation. J’ai un peu raté la Playstation 2 et les 128 bits puisque j’étais dans ma période « il faut que tu apprenne le Japonais coûte que coûte pour devenir bilingue ! » Ce qui me laissait peu de temps pour mes loisirs, vidéoludiques qui plus est ! Ce qui m’a fait replonger… C’est quoi ? Mince alors ! En fait, lors d’un séjour au Japon au milieu des années 1990, j’ai appris que Nintendo, la société pour laquelle j’avais un affect particulier, était une société vachement vieille ! Je savais qu’avant les jeux vidéo elle produisait des cartes à jouer, mais je ne savais pas qu’elle était vieille de plus d’un siècle d’existence. Ça m’a intrigué. J’ai commencé alors à faire des recherches. Et sans internet, ce n’était pas facile ! En me disant, « mince alors, on connait tous Nintendo sans connaitre son histoire pour autant ! ». Et de fil en aiguille, j’ai commencé des recherches bien plus sérieuses à son sujet.

Les premiers écrits

Total Cube, une des premiers magazines où Florent Gorges à rédigé

Le Serpent : Cette intégration dans l’écriture sur le jeux vidéo est-elle donc, dès le départ, seulement basée sur des recherches sur Nintendo ?

Florent Gorges : Ouais. J’ai écris dans pas mal de magazines spécialisés au Japon, dès début des années 2000, mais ma première contribution pour un magazine de jeu vidéo « rétro », c’était un article sur la Famicom, dans un magazine qui s’appelle total cube, pour la Gamecube donc. J’ai alors créé une section rétro en 2003. J’adore Nintendo, mais aussi la Pc Engine, du coup je ne suis pas un fan-boy, c’est à dire que je ne vais pas jouer seulement à des jeux de la société de Kyoto, mais je suis réellement passionné par son histoire. C’est une différence importante. En ce moment je suis à fond sur la Xbox 360.

Le Serpent : Je rebondis sur ta dernière remarque, c’est amusant comment certaines personnes peuvent voir les rétrogamers comme nous. Nous jouons aussi aux consoles actuelles ! N’est-ce pas ?

Florent Gorges : Tu as raison ! Les gens (enfin certaines personnes), nous catégorisent d’emblée comme une catégorie de joueurs rétrogrades, alors que nous ne le sommes bien évidemment pas ! Nous jouons bien plus aux consoles modernes ! Les seules différences c’est que nous aimons bien rejouer, parfois, à de bons vieux jeux, et que nous nous intéressons davantage à l’histoire du média jeux vidéo, qui constitue aussi notre passion. Honnêtement, il y a vraiment très peu de gens qui affirment que c’était mieux avant, en tout cas moi je n’en connais pas. Et puis, il y en a certainement, mais je pense que c’est surtout un effet de formule, ça fait « on est des rebelles », et ça peut donner une importance à une communauté très marginale de joueurs. Avec un peu de recul, peu de gens voudraient revenir à ce qui se faisait avant.