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Teenage Mutant Ninja Turtles

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Teenage Mutant Ninja Turtle, un souvenir douloureux pour une génération de joueurs. La réputation de ce titre sur NES est si impressionnante qu’elle inspire des envies masochistes à quiconque souhaite faire “juste une partie”, même parmi les plus chevronnés. Je n’y ai personnellement pas échappé plus jeune et, pour le Serpent Retrogamer et le début de la semaine spéciale sur les comics, je me remets dans le bain. Voici la journée de test sans a priori, ou presque…

PARIS, H + 0

Le seul moment tranquille.

Le seul moment tranquille.

Au démarrage de la console, le logo Konami est suivi par une petite introduction sur chacun des personnages avec leur transformation de simple animal à tortue ninja, pour terminer sur le titre du jeu. Le tout se passe sur le célèbre thème de la série et mon enthousiasme est au maximum, ayant joué avant au plutôt bon Fall Of The Foot Clan sur Gameboy. Pour le jeu en lui-même, ça se passe en vue de dessus dans ce qui ressemble au New York des aventures habituelles des tortues avec un Splinter qui nous donne des ordres. D’ailleurs on peut choisir entre les 4 champions, mais à part la couleur du mini sprite central, rien ne semble changer. En rejoignant les plaques sur la carte, le jeu passe en vue de côté dans les égouts. Pour quelqu’un qui a grandi avec la série de FR3, les graphismes sont plutôt jolis, même s’il y a peu de couleurs et la musique accroche un max, ce qui augure que du bon. On peut voir maintenant les différentes capacités des tortues, représentant chacune une vie pour le joueur. Donatello a un gros bâton (de style), Leonardo se ballade avec ses katanas, Raphaël prend ses Saïs et Michael-Angelo joue des nunchakus. Mais le plus important reste de savoir comment se débrouillent nos tortues au combat, j’avance dans les égouts et tente d’abattre les premiers ennemis devant moi…

PARIS, H + 2

Les premiers méchants de mon enfance expédiés en 2/2, ça sent le pâté.

Les premiers méchants de mon enfance expédiés en 2/2, ça sent le pâté.

Bon ça fait 5 fois que je recommence le 2ème niveau, mais à limite les jeux 8 bits ne sont pas réputés pour leur facilité. Le premier boss va surement être un petit clin d’œil à la série, connaissant le savoir-faire de Konami. La réalité est différente, on a bien un clin d’oeil, mais expédié à la va-vite. Le cochon Beebop fonce de manière bête et méchante sur moi comme un Goomba tandis que Rocksteady surveille la greluche d’April. Une fois battu, je poursuis April jusque dans un hangar où Rocksteady ne dure pas longtemps sous les coups des tortues. C’est franchement frustrant comme dirait un illustre collègue que le sauvetage de la demoiselle et la défaite des deux bad guys se fasse aussi vite, et malheureusement le reste de l’aventure, sauf le Technodrome et Shredder, n’est pas aussi bien conçu que le début. Mais pour le moment je continue mon aventure, et je fouille chaque recoin de la ville de New york pour récupérer des cordes, des fusées et également récupérer les camions et dirigeable de l’équipe. Je fais en quelque sorte le postier de service tandis qu’April prend la place de Splinter. Et chaque niveau que je traverse est toujours plus rempli de larbins, avec parfois tout l’écran rempli de bestioles comme les mousers ou les membres du foot clan…et merde je suis encore mort… C’est la que je me rend compte qu’à défaut de 4 vies j’en ai que 2. Mike et Raph sont juste des gros figurants, avec la même efficacité que Crash Bandicoot les mains dans le dos. Il y a bien des objets comme des shurikens à prendre mais….je ne peux PAS les utiliser, je suis mort.

PARIS, H + 6

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Et merde, il me reste que les cas sociaux.

J’en …peux…plus….littéralement. J’ai déjà entendu des tests insister sur la difficulté extrême de la majeure partie du jeu. Ce n’est pas exactement mon avis, je pense plutôt au fait qu’ils n’ont jamais engagé de bêta testeur. Il m’est impossible de penser que quelqu’un de passablement sain d’esprit ait pris le temps de faire le jeu en entier en disant « ça va passer » ; plus difficile, c’est bugué. Le pire reste quand d’un étage sur l’autre on au choix un ennemi qui lance des projectiles à tête chercheuse en haut, et un parterre de pics juste en dessous. Dans la catégorie fesse-moi avec des orties, vous vous souvenez du fait que chaque tortue représente une vie, donc 4 en tout ? Eh bien dans certaines phases de jeu, une seule tortue morte et c’est le game over directement. Oui sans aucune nouvelle chance, je dois passer par la case continue, au nombre incroyable de 2. Ce qui donne une certaine paranoïa, renforcée par ce son immonde quand je vais mourir (je vous laisse chercher, je veux rester sain). Ca y est ! j’en ai marre je ressort sur la map vu de haut car… MAIS NON BORDEL JE SUIS MORT. En fait même sur la map on peut de faire écraser, et c’est du one shot….gneuh. Je…je…je te souhaite les pires sévices avec ton animal de compagnie. CE JEU EST UN PUR IMMONDICE, et la fin est bien pire. Les ennemis sont quasi invicibles, il y a un labyrinthe, la tortue saute comme Philippe Croizon! et ce son de fin de vie est encore là! Ca y est j’en ai marre, je suis en train de péter un cable!!!

A retenir

Ahem…on se calme. Teenage Mutant Ninja Turtle est un jeu bien réalisé, très fidèle au format d’origine, mais dur au-delà du supportable sur beaucoup de phases. Deux tortues sur quatre sont complètements inutiles et les ennemis remplissent littéralement l’écran en réapparaissant en boucle, ne laissant que peu le temps de respirer. Si on ajoute des sauts erratiques et des passages obligatoires qui ne le sont pas tant que ça, on sent que la réputation ne s’est pas faite sur de bonnes bases. Un jeu « culte » pour une génération de masos (vous remarquerez que j’ai fait le test sans parler du niveau du bar…aaaaaaaaaaaah !!!)

Informations sur le jeu

Plateformes : NES – Virtual Console

Genres : Action – Plateforme

Développeurs : Konami

Éditeur : Konami

Date de sortie : 1989

Badge Correct

Flbond

 

 

Naruto Ultimate Ninja Storm 4

Après 3 épisodes principaux sur la génération précédente, il était temps pour Namco de clôturer le bal. Si l’animé est encore en cours, le manga lui est bien terminé, et ce nouvel opus (et dernier dans ce genre ?) permet aux joueurs les plus impatients de découvrir en mouvement et en couleur la fin de la saga. Pour rappel, le studio en charge du titre a surtout brillé par sa capacité à en mettre pleins les yeux, notamment grâce à une maîtrise sans faille de l’animation, du spectacle et des effets spéciaux.

téléchargementNaruto Ultimate Ninja Storm 4 se découpe en deux modes de jeux solos principaux : le mode histoire, permettant de revivre pendant environ 5 ans la fin de la grande guerre ninja (du combat contre Obito jusqu’à la toute fin), et le mode aventure, permettant de revivre plus légèrement les combats cultes de la série depuis le tout début tout en laissant au joueur la liberté de défiler comme bon lui semble dans plusieurs lieux et de faire des quêtes annexes.  Dans le mode histoire, pas de liberté, le but étant de faire revivre une partie du scénario sans concessions, sans tromperie, sans écart et sans fioriture. La partie narrative s’axe sur deux modes d’affichage : des plans fixes repris de l’animé, et des cut scenes faites avec le moteur du jeu. Le but étant de jouer sur la fibre nostalgique avec les plans fixes pendant les phrases de dialogues, et d’en mettre pleins les mirettes avec les cut scenes pendant les phases de mouvement. Ces phases passives du joueur sont un régal tant le respect de la série est posé, accompagné en plus d’une OST à tomber. Si les développeurs n’ont encore une fois pas eu la licence pour la bande son, ils ont, comme pour les autres opus réussis à trouver une OST quasi similaire, dans le même ton, au bord de la tromperie.

images (2)Passé ce moment de nostalgie, le combat se lance. Si certains épisodes ancestraux (Gekitou Ninja Taisen 4 sur Gamecube) offraient un gameplay technique, ce naruto propose une fois de plus un gameplay totalement facilité mais assumé. Point de technique difficile à apprendre ou de combinaison différente pour chaque personnage. Les coups sont peu nombreux et simples à sortir, mais le déroulement est rapide, jouissif et sans faille. On court et rush sur l’adversaire très rapidement, on se téléporte et esquive en un clin d’œil, et les coups spéciaux tous plus impressionnants les uns que les autres sortent en un éclair. Et comme si ce n’était pas suffisant, un mode éveil (lorsque le personnage a perdu trop de vie) permet de se transformer et d’acquérir des pouvoirs complètements surhumains. Jouer Gai en mode éveil avec sa vitesse supersonique et sa force de frappe décuplée est absolument merveilleux, même si encore une fois il ne faudra pas chercher une quelconque technicité à côté. Bref, les combats du mode histoire, couplant techniques ultimes et QTE suivis de scènes éclatantes, sont passionnants. Et comme si ce n’était pas suffisant, plusieurs combats un peu spéciaux (contrôler des invocations, ou de battre dans les airs) jonchent le jeu de part et d’autre afin de varier les plaisirs. Bref, pour tout fan de la série, tout y est. Respect de l’animé, voix japonaises, OST très proche de la série, plans fixes, cut scènes, QTE endiablées et combats vifs et explosifs, tout est mis en place pour satisfaire le joueur.

[LES TEMPS MODERNES] Yaiba Ninja Gaiden Z, La Politique des Auteurs

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La politique des auteurs, théorie établie par François Truffaut alors qu’il n’était que critique pour les pages du Cahier du Cinéma avant qu’il devienne un des réalisateurs émerites de la nouvelle vague cinématographique pendant les années 60’s. Sa politique judicieusement inventée démontre qu’un réalisateur est par-dessus tout l’auteur du film qu’il entreprend et ainsi faisant partie intégrante de sa filmographie personnelle. En exemple facile, vous pouvez prendre la filmographie de Stanley Kubrick, ce sont des films où des centaines de personnes ont œuvré dessus, mais ils sont tous marqués par la marque du barbu britannique. Le perfectionnisme sur l’esthétique et l’ambiance, ces jeux d’acteurs si particuliers, les thèmes abordés, on pouvait aisément comprendre que c’est monsieur Kubrick qui avait le pouvoir et non les autres. Cette théorie bien qu’inventé dans les années 50 spécifiquement pour le cinéma est désormais utilisée à foison dans tous les domaines culturels où la branlette intellectuelle est admise.

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Pourquoi cette politique dans un jeu aussi con que celui-ci ? Simple, le jeu est mauvais, mais fallait que je trouve quelque chose pour remplir cette critique, enfin, je ne parle pas de cinéma et d’auteurs de façon purement aléatoire. Avez-vous déjà joué à un Dead or Alive ou un Ninja Gaiden auparavant les enfants ? Quels sont les termes qui vous ressortent généralement lors de vos sessions de jeu ? BOOBS, BASTON et SANG, exactement jeune padawan. Appelons cette règle inhérente des productions de la Team Ninja, la règle BBS. Dans Yaiba Ninja Gaiden Z, on retrouve les sujets si profonds et intellectuels qu’aime aborder le studio formé par Tomonobu Itagaki en 1995. À titre d’information, je vous rappelle que Tomonobu s’est fait virer en 2008 par ses supérieurs pour cause de harcèlement sexuel, la règle BBS fait sens, encore une fois. Qu’est-ce que ce Ninja Gaiden Z alors ? C’est grosso modo la Team Ninja qui a créé un ersatz de Wario, Yaiba un frère cupide injustement traité comme une sous-race par le reste de son clan et dont le pire ennemi est… vous le tapez dans le mille, Mario aka Ryu Hayabusa. En essayant vainement de l’affronter, Yaiba meurt haché menu. Après un séjour en enfer à se taper toutes les succubes qu’il se croise sur son chemin, il se retrouve en 2013 ressuscité et recréé façon ninja cyborg sans charisme, sauf que l’expérience à tellement bien marché que des zombies sont eux aussi dans les rues, réclamant du sang et des boobs.

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Du sang oui il y en a les mecs, des boobs un peu moins, des vannes foireuses beaucoup. Avez-vous déjà pensé vous retrouver face à un prêtre zombi qui sort d’un sex shop en feu après que vous avez envoyé quelques secondes plus tôt un camion entre les deux jambes équipés de jarretelles qui sert d’enseigne au bâtiment ? La blague en dessous de la ceinture improbable, bien joué les gars. Ok je ne vais pas vous énumérer tout ce qui ne va pas dans le traitement du jeu, il y a trop de points où ça part en vrille. L’humour du jeu, ce côté subversif et provocateur est complètement à la ramasse pour plusieurs détails. L’humour global du jeu se veut salace, je n’ai rien contre, beaucoup de jeux réussissent le coup de me faire rire comme un con avec ce genre d’humour, en preuve le dernier gros épisode interactif de South Park, mais ici le manque de créativité se ressent à chaque ligne de dialogue ou d’événements scriptés. Le jeu est partiellement développé par la Team Ninja, mais la majorité a été mise à contribution par le studio californien Spark qui ont fait l’énorme nanar difforme Turning Point : Fall of Liberty en 2008. Délocaliser et accorder à des Occidentaux de reprendre une licence japonaise et de l’occidentaliser est un exercice casse-gueule, nous nous souviendrons des deux derniers Silent Hill (Homecoming & Downpour) pour confirmer le côté perte et fracas, de l’autre il est possible que l’exercice soit réussi comme le reboot de DMC. Non là c’est mauvais, réussir à donner confiance et confier un jeu à un studio dont le meilleur « boulot » était un add-on de COD en 2004, c’est un indice pour le CEO de Tecmo/Koei de se dire qu’il faudrait commencer à botter des trains dans les bureaux.

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[TEST] Shinobi

Shinobi

A la fin des années 80, Sega écrit ses lettres de noblesse sur bornes d’arcade avec des titres forts et mémorables. Parmi ceux-là, il y a les premières aventures du ninja Joe Musashi narrées dans Shinobi, sorti en 1987. Un an plus tard, un portage est réalisé sur Master System, première console de salon de Sega. Bien que cette version ne soit pas la meilleure, elle n’en reste pas moins un des premiers grands jeux de la mythique 8-bits.

Cinq sur cinq

images_Shinobi est un jeu 2D d’action/plate-forme divisé en cinq chapitres de quatre niveaux chacun, sauf pour le premier qui n’en contient que trois. Avant chacun, une carte avec la photo du boss et le plan de la zone (successivement des bas-fonds, un port, une base logistique, un camp d’entrainement et une résidence) apparait, et à la fin, elle sera tamponnée. Le but est d’infiltrer l’organisation Zeed qui a kidnappé les enfants apprentis ninjas de son clan. Au dernier niveau de chaque chapitre, un boss imposant attend Joe. Successivement, il faudra se défaire de Ken-Oh, un samuraï géant pouvant envoyer des boules de feu, de Black Turtle, un hélicoptère d’attaque, de statues de Mandala pilotées par un ordinateur, de Lobster, un immense combattant portant un casque avec un symbole en V, et enfin du Ninja masqué, qui n’est en fait personne d’autre que… Nakahara Musashi, le mentor de Joe. Le salaud. Comme tous ceux qui tenteront de vous barrer la route: les gars armés de pistolet, les sabreurs, les loubards au look cyberpunk, qui peuvent en plus se cacher derrière des caisses pour se protéger des projectiles de Joe. Si ce dernier délivre les enfants idoines, il pourra essayer de gagner des pouvoirs et des vies lors de stages bonus qui ont fait la patte Shinobi et qui consistent en des séquences de tirs de shurikens où il faut toucher des petits ninjas qui courent avant qu’ils ne parviennent à s’échapper. Malheureusement, ce titre se termine par un pauvre écran noir Game Over qui n’a pas fini d’énerver les joueurs ayant sué sang et eau pour venir à bout du soft. Pour compenser, il y a toujours ce code à exécuter lors de l’écran-titre qui permet de carrément choisir son niveau.

[MOMENT TOMAGIQUE] Shinobi (Arcade, 1987)

Amateurs de plaisirs coupables sous le signe du Pixel Sacré, bienvenue dans la chronique où l’on mesure l’état de l’économie en nombre de crédits par pièces de cinq francs (nouveaux, hein, faut pas pousser non plus!). Et c’est de l’époque bénie des trois crédits pour cinq francs, huit pour dix dont nous allons parler aujourd’hui, de l’an de grâce 1987, l’année du (double) Dragon, riche en perles vidéoludiques. Parmi elles, une réussite incontestable sur tous les plans, un des trois ninjas les plus cool de l’histoire du jeu vidéo, je parle bien évidemment (encore plus évidemment si vous avez lu le titre de cette chronique) de Shinobi.

TOMAGIQUEshinobipageComme vous le savez certainement si vous suivez cette chronique (et vous êtes des fidèles, je n’en doute pas) (oui, c’est à vous deux que je parle) (oui, les deux, là-bas) (oui, vous!), j’ai été élevé au bon grain de la ferme, à coups de bornes arcade et de fumée de clope dans des bouges cradingues. Mais j’ai eu aussi droit à mon petit stand à la fête patronale d’Ars sur Moselle, une caverne au trésor qui a abrité les meilleurs perles de la deuxième moitié des 80’s. Le mec qui tenait le stand m’avait à la bonne, amusé de voir un bout de fesse de neuf ans tâter de la borne arcade, et j’avais donc droit à des parties gratuites (et aussi des bonbons… attends voir…) et des prix de gros, bref, que du bonheur. C’est donc à cette fête foraine que j’ai découvert le gigantissime Shinobi, qui figure encore aujourd’hui dans mon top ten rétro.

TOMAGIQUEshinobiarcadeDéjà à l’époque, c’était par la musique que j’entrais dans l’univers des jeux, et honnêtement, quand dès le premier stage on se prend une telle lampée d’epicness sonore, impossible de ne pas tomber sous le charme. Si en plus le héros est un mystérieux ninja qui bute entre autres punks et sosies de Karnov à coups de shurikens, de katana, de flingue, qui sauve des otages en détresse, qui maîtrise différents types de magie, et qui, pour ne rien gâcher, a juste une classe d’enfer, le joueur a de quoi se prendre au jeu, non ? Mais c’est pas tout, car Shinobi ne serait pas un jeu de légende s’il ne reposait que sur son excellente musique et sur le charisme de son personnage principal. Entre une difficulté dosée aux petits oignons, suffisamment progressive pour ne pas décourager, mais assez hardcore pour présenter un vrai challenge, un rythme effréné, une maniabilité simplement parfaite, un stage design excellent avec quelques petits relents de puterie qui le font bien, et bien sûr l’indispensable pointe de violence pour corser le tout, et on a un jeu qui continue de mettre les joueurs à genoux encore aujourd’hui. Et pourtant, on pourrait éventuellement lui reprocher des graphismes pas forcément top – comme quoi, il serait temps que les concepteurs de jeux captent le fait que la claque visuelle ne suffit pas, qu’il ne sert pas à grand chose d’en mettre plein la vue, si ce n’est que pour masquer le vide des autres aspects du jeu…

TESTGODOFWARbonusVoilà voilà, une chronique sur la magie des jeux qui ne parle pas d’une légende comme Shinobi serait bien piètre, mais le mal est réparé, et on peut passer à autre chose, mais pas tout de suite, dans sept jours, pas plus, pas moins.

toma überwenig

 

[TEST] Tenchu 2

 

Les assassins de l’ombre ont toujours connus une certaine popularité dans le monde du jeu vidéo, ambigus, sombres, discrets, ils fascinent. Et depuis Shinobi en particulier, ils deviennent même les héros de certaines série emblématiques comme Ninja Gaiden notamment (Shinobi aura aussi droit à quelques suites, mais seules les jeux d’arcade et leurs adaptations sauront faire briller la série). Souvent cantonnés aux beat’em all acrobatiques, une série se démarque de ses pairs pour s’aventurer avec brio dans un genre squatté par un Serpent à succès (non, pas notre chef bien-aimé, un autre encore), l’infiltration, et réussir à s’imposer discrètement comme une alternative à la série des Metal Gear. Avant de se faire trucider par les fans de MGS, rebranchons mentalement la PS1, et voyons en quoi Tenchu 2 a non seulement offert une alternative au monde du ninjitsu vidéoludique, et en quoi son audace et sa qualité lui permettent de ne pas avoir à (trop) rougir aux cotés du pourtant excellent MGS.

Un mouvement dans l’ombre…

C’est en jouant à Saboteur sur CPC que je découvrais mon premier ninja vidéoludique, mais le premier à jouer le pickpocket avec mon argent de poche, c’est évidemment (évidence en tout cas pour ceux de ma génération) Shinobi, un des meilleurs jeux d’arcade de tous les temps, avec des musiques inoubliables dès le premier stage, une efficacité sans faille, et un héros qui balance des shurikens, tue d’un coup de katana bien rapide et vicieux (ou d’un coup de pied) lorsque l’ennemi s’approche trop, et maîtrise la magie. Pure bombe, Shinobi bénéficie d’adaptations qui tiennent la route et entre rapidement dans la légende, mettant du même coup le ninja sous les projecteurs. Est-ce l’ambiguité du ninja qui séduit, son coté implacable, maître en combat et dans l’art du camouflage (encore qu’il faudra qu’on m’explique comment un ninja blanc peut réussir un assassinat discret ailleurs qu’au Groenland, et en quoi le costume rouge arboré par certains adversaires relève du camouflage (le vert, encore, peut s’avérer utile sur une pelouse…)), assassin aux lisières du surnaturel, il y a de quoi faire travailler l’imagination. Ce qui est sûr, c’est que le ninja dans le monde du jeu vidéo devient « bankable ». Sega exploite le filon Shinobi, et la série des Shadow Warriors (à ne pas confondre avec Shadow Dancer, la suite arcade de Shinobi), ancêtre direct des Ninja Gaiden, voit le jour un an après et enchaîne les suites, et… Et bien en fait, les deux séries perdurent avec plus ou moins de bonheur, existent encore aujourd’hui (avec un peu de difficulté en ce qui concerne Shinobi), mais l’arrivée de la Playstation crée un vide. Tout se relance avec la PS2, ou la Xbox, mais pendant le règne de la PS, les deux majeures séries de ninjas se volatilisent dans un nuage de fumée et attendent peut-être tapies dans l’obscurité… C’est en tout cas de cette dernière qu’émerge un guerrier de l’ombre pour combler le vide, et ce dernier n’est pas du même acabit que ses prédécesseur. C’est un ninja, un vrai, prêt à tuer l’adversaire par derrière, utilisant artefacts divers pour se camoufler, assassinant sans pitié. Tenchu débarque, et offre tant au jeu de ninja qu’au jeu d’infiltration un souffle singulier.