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Senran Kagura Burst copertina PAL

Notre chef a l’art et la manière de nous pousser au test en jouant sur nos faiblesses. Lorsqu’il a reçu Senran Kagura Burst, il a probablement ricané intérieurement, en sachant d’office que je me jetterai dessus sans qu’il ait à insister. C’est donc en toute légèreté que le vil Serpent a balancé son mail de proposition, l’air de rien, choisissant quelques mots-clés au hasard parmi ceux lié au jeu : beat’em up, boobs, ecchi, niche, moe, et hop, j’étais ferré comme truite en surpoids. Il faut dire que ce jeu, je l’attendais un poil quand même, pour des raisons bien entendu inavouables, et pour d’autres aussi. Comment ça, je fais mon mystérieux ?! Mais non, la preuve, je vous révèle tout dans ce petit Temps Modernes de derrière les fagots!

Mode Niche, on !

Une des trèèèèès nombreuses visions du paradis mammaire façon SKB

Une des trèèèèès nombreuses visions du paradis mammaire façon SKB.

(…finesse, on a dit, hein!) Senran Kagura Burst est un jeu de niche, assurément. Bien entendu, cette expression ne veut quasiment rien dire, mais je n’y peux rien, c’est le cas. Et dans un contexte où le jeu vidéo japonais s’occidentalise et s’exporte mal, je suis content de voir des jeux comme ceux de Nippon Ichi Software, Gust, ou comme celui-ci oser l’aventure internationale! Parce que le formatage FPS/TPS et les clones d’Assassin’s Creed, j’en ai un peu raz-la-couenne, comme on dit! Donc oui, j’accueille les excentricités un poil borderline à bras ouverts, et je tente généralement le coup, parfois en me ramassant les dents de devant, avouons-le, mais toujours avec ce petit plaisir de découverte et cette satisfaction de voir un paysage vidéoludique plus varié qu’il n’y parait.

Oui, c'est bien un personnage habillé en soubrette dont la tenue est en train de se déchirer, pourquoi ?

Oui, c’est bien un personnage habillé en soubrette dont la tenue est en train de se déchirer, pourquoi ?

Senran Kagura Burst aurait très bien pu ne jamais réussir à sortir du Japon, voyez plutôt : un beat’em up où des lycéennes à très fortes poitrines s’affrontent dans des situations échappé du Petit Guide du Ecchi Illustré, donc à base de voyeurisme, de techniques qui déchirent les habits de nos lololitas même pas barely legal et de fan-service massif localisé en dessous de la ceinture, ça passe moyen par chez nous, généralement. Même dans Bravely Default, ils avaient dû booster l’âge des personnages pour ne point choquer le chaland européen, et pourtant, ça ne boobait pas des masses! Alors si en plus, ce condensé de grivoiserie paraît sur la portable de Nintendo, console a priori familiale par excellence – bref, une console Nintendo, quoi! (même si, comme pour sa grande soeur en son temps, la 3DS sait nous surprendre de par son audace et la variété de son catalogue) -, on peut se considérer chanceux de voir nos ninjettes déborder l’écran relief de notre console.

Boob’em up

Enfin, tout est relatif. Car le jeu, c’était prévisible, n’est pas une perle de réalisation soignée couplée à un gameplay d’une richesse à foutre Bayonetta au placard. Loin de là même. Car boobs mis à part, on a affaire à un beat’em up sympathique mais répétitif, où l’on enchaînera les mêmes coups encore et encore à travers des missions qui se suivent et se ressemblent. En fait, ces défauts m’évoquent un peu le croisement entre la licence Naruto ou Budokai (que je n’aime pas, affirmons-le bien haut!) et la série des Musou Tensei, aka Dynasty Warriors (pour qui j’ai une certaine tendresse). On se retrouve confronté aux même limites en terme de nombre de coups, les personnages étant uniquement singularisés par leur style originel, tant vestimentaire que martial, et leurs coups spéciaux (le pluriel est presque de trop), et ce manque de variété dans le maniement est compensé par un nombre confortable de personnages jouables, ainsi qu’un second fil narratif permettant cette fois de vivre l’aventure à travers les yeux des antagonistes, bref, on a de quoi faire en terme de durée de vie.

Ben oui, dans un Beat'em up, il faut des boss, quand même!

Ben oui, dans un Beat’em up, il faut des boss, quand même !

On va donc s’amuser à level-grinder les différents personnages en admirant les atours mammaires de ceux-ci – et à cet égard, c’est carrément Noël (un Noël mammaire donc (et oui, j’ai déjà fait un four avec cette vanne sur le forum de shmupemall, et je récidive ici, sans honte aucune) ) -, dans un jeu finalement plutôt old-school dans ses mécaniques, beat’em up 2D pur jus, avec une dynamique plutôt bonne, des enchaînements qui nous propulsent dans les airs avec des combo counts bien gras comme les fans de Mussô les aiment, des coups spéciaux agrémentés de séquences où le relief est, disons, bien mis à profit, des passages en mode « Hyper » avec changement de tenue bien Magical Girl dans l’âme à l’appui. Ajoutons à ça les passages où sous le feu des coups de l’adversaire, les habits de nos héroines se déchirent, et on a une quantité d’eye candy Otaku-style à pleurer du kulfi pour le restant de nos jours. A noter que lors des séquences de combat, la 3D se désactive d’elle-même, choix plutôt intelligent adapté à la fois au genre – on peut faire la bagarre sans se soucier de l’alignement avec l’écran, un vrai bon point! – et aux limites du soft, qui souffre déjà sans 3D de problèmes récurrents de chute de framerate. Chaque courte mission permet un retour à l’école, où vous pourrez essayer les tenues débloquées – un petit conseil, soufflez sur l’écran, par curiosité -, les nouvelles coupes, les lunettes d’étudiantes, les bikinis, les tenues de soubrettes…etc.

 

Les assassins de l’ombre ont toujours connus une certaine popularité dans le monde du jeu vidéo, ambigus, sombres, discrets, ils fascinent. Et depuis Shinobi en particulier, ils deviennent même les héros de certaines série emblématiques comme Ninja Gaiden notamment (Shinobi aura aussi droit à quelques suites, mais seules les jeux d’arcade et leurs adaptations sauront faire briller la série). Souvent cantonnés aux beat’em all acrobatiques, une série se démarque de ses pairs pour s’aventurer avec brio dans un genre squatté par un Serpent à succès (non, pas notre chef bien-aimé, un autre encore), l’infiltration, et réussir à s’imposer discrètement comme une alternative à la série des Metal Gear. Avant de se faire trucider par les fans de MGS, rebranchons mentalement la PS1, et voyons en quoi Tenchu 2 a non seulement offert une alternative au monde du ninjitsu vidéoludique, et en quoi son audace et sa qualité lui permettent de ne pas avoir à (trop) rougir aux cotés du pourtant excellent MGS.

Un mouvement dans l’ombre…

C’est en jouant à Saboteur sur CPC que je découvrais mon premier ninja vidéoludique, mais le premier à jouer le pickpocket avec mon argent de poche, c’est évidemment (évidence en tout cas pour ceux de ma génération) Shinobi, un des meilleurs jeux d’arcade de tous les temps, avec des musiques inoubliables dès le premier stage, une efficacité sans faille, et un héros qui balance des shurikens, tue d’un coup de katana bien rapide et vicieux (ou d’un coup de pied) lorsque l’ennemi s’approche trop, et maîtrise la magie. Pure bombe, Shinobi bénéficie d’adaptations qui tiennent la route et entre rapidement dans la légende, mettant du même coup le ninja sous les projecteurs. Est-ce l’ambiguité du ninja qui séduit, son coté implacable, maître en combat et dans l’art du camouflage (encore qu’il faudra qu’on m’explique comment un ninja blanc peut réussir un assassinat discret ailleurs qu’au Groenland, et en quoi le costume rouge arboré par certains adversaires relève du camouflage (le vert, encore, peut s’avérer utile sur une pelouse…)), assassin aux lisières du surnaturel, il y a de quoi faire travailler l’imagination. Ce qui est sûr, c’est que le ninja dans le monde du jeu vidéo devient « bankable ». Sega exploite le filon Shinobi, et la série des Shadow Warriors (à ne pas confondre avec Shadow Dancer, la suite arcade de Shinobi), ancêtre direct des Ninja Gaiden, voit le jour un an après et enchaîne les suites, et… Et bien en fait, les deux séries perdurent avec plus ou moins de bonheur, existent encore aujourd’hui (avec un peu de difficulté en ce qui concerne Shinobi), mais l’arrivée de la Playstation crée un vide. Tout se relance avec la PS2, ou la Xbox, mais pendant le règne de la PS, les deux majeures séries de ninjas se volatilisent dans un nuage de fumée et attendent peut-être tapies dans l’obscurité… C’est en tout cas de cette dernière qu’émerge un guerrier de l’ombre pour combler le vide, et ce dernier n’est pas du même acabit que ses prédécesseur. C’est un ninja, un vrai, prêt à tuer l’adversaire par derrière, utilisant artefacts divers pour se camoufler, assassinant sans pitié. Tenchu débarque, et offre tant au jeu de ninja qu’au jeu d’infiltration un souffle singulier.