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Kitaro le Repoussant, Kenshiro le Survivant, qu’est ce qui lie ces deux oeuvres. Bah, rien en fait ! Si ce n’est que ce sont des oeuvres qui proviennent d’un manga. (et que j’ai que des jeux de mots tout pourris…)

Peu de personnes connaissent l’oeuvre mettant en scène Kitaro, enfant né dans une tribu de morts-vivants chargée de régler les conflits entre Yokai (esprit du folklore Japonais) et humains. Pourtant au Japon, le personnage créé par Shigeru Mizuki existe depuis 1960, dans un premier temps en manga et par la suite à travers bon nombre d’anime, jeux vidéos et films live.

Et aujourd’hui je vais m’attarder sur un des titres de la Nintendo, j’ai nommé :

« Gegege No Kitarou – Youkai Dai Makyou » sur Famicom

Traduit par
« Spooky Kitaro in the Yokai World  » ou aux Etats Unis par « Ninja Kid »

 

Père Castor, raconte nous une histoire !

Oui, mais non… Le jeu démarre directement après l’écran titre. Heureusement vous allez me dire, mais en fait on sait pas pourquoi vous êtes la, donc la trame scénaristique pour le coup, elle est inexistante, mais le but du jeu va très vite se dessiner. Avec un peu d’imagination et de logique, c’est délivre le royaume des Yokai, bats le boss…

Mais comment ça se passe dans le jeu !?

Vous démarrez sur une mappemonde qui vous offre la possibilité de visiter des royaumes (niveaux) disposés d’une manière aléatoire sur la carte. Monde 1 = 3 niveaux + Boss, Monde 2 = 3 niveaux + Boss, monde 7 = 5 niveaux. Arrivé au niveau 15, on atteint les 7 niveaux… Au delà, pour être honnête, je ne sais pas, car le titre joue toujours sur le même principe avec des adversaires possédant un seul moveset, mais de plus en plus compliqué qui demande de meilleur réflexe et … C’est lassant… Je me demande même si il y a une fin.

Les niveaux étant différents, autant sur le tileset et le gameplay, vous allez trouver en  tout, 3 missions. Soit tuer 10 ennemis, ou ramasser 10 esprits (sous forme de nuage) ou encore rallumer 10 bougies à l’aide d’une petite flamme qui vous suit. Quand vous avez fait votre quota, deux portes s’offrent à vous, si vous trouvez un item avant la récolte des 10, vous pouvez trouver une sorte de mascotte, qui vous indiquera quelle porte prendre pour vous ramener sur la map du jeu afin de poursuivre. Par contre si vous n’avez pas la mascotte, vous avez une chance sur deux de tomber sur un niveau avec un Yokai géant qui se présente sur un niveau vertical. Une fois vaincu, vous retournez sur la map et rebelote. Quand vous avez fait les niveaux du monde, vous activez la lanterne (qui, si j’ai bien compris, vous donne des alliés contre le chef) et vous allez au temple battre le boss et ainsi de suite.

Rentrons en détail dans les niveaux. Il faut bien reconnaître que le jeu présente une certaine variété, temple, forêt, cimetière et j’en passe. Les niveaux se déroulent sur un scrolling horizontal qui se relient d’un bout à l’autre et se font sur des plateformes de différentes hauteurs, vous aurez aussi certains niveaux qui se déroulent sur un Yokai « tapis volant » qui rend le niveau assez difficile façon Shmup (mais en moins bien). Les niveaux contre les Yokais géants quant à eux se présentent sur des niveaux verticaux.

C’est bien beau tout ça, mais ça donne quoi, manette en main ?

Tout d’abord, j’ai quoi pour me défendre contre les méchants Yokai ? Eh bien, grosso modo, 3 vies et aucun continue (Oui oui, vous allez cracher du sang), une arme de base qui lance jusqu’à 3 projectiles à l’écran et 4 objets que vous ramasserez, dont une boule de feu et… euh… En fait je sais pas ce que représente les autres armes (la magie du pixel).

Et donc, quid de la prise en main ? C’est un jeu bien old school, une touche pour le saut, une pour l’attaque et select pour utiliser vos armes ramasseées. Les commandes ne répondent pas dans l’immédiat par contre, il faut anticiper un tout petit peu les sauts et ‘faut dire qu’il glisse aussi un peu, le bonhomme ! Les phases sur le Yokai volant sont vraiment pénibles car il est long à réagir.


Conclusion :

C’est un jeu qui présente très peu d’intérêt aujourd’hui, même s’il demande une certaine dextérité et un bon défi. Mais la répétitivité du titre vous fera lâcher la manette avant de voir la fin (s’il y en a une…) Une hitbox rageante lorsque l’on se baisse, un personnage qui glisse un chouia, c’est un titre qui malgré tout est difficile à juger au vu de son année de sortie.


Plateformes : Famicom
Genres : Action/Plateforme
Développeur : TOSE
Éditeur : Bandai
Date de sortie : 17 Avril 1986

En général, les histoires de famille, c’est assez chiant. Et surtout mieux vaut pas s’en mêler. Mais quand cette famille est aussi particulière et déjantée avec un goût prononcé pour l’inavouable, on finit par se laisser approcher, puis séduire et finalement conquérir. Dans la famille « complètement secouée », je voudrais le père fou à lier, la mère sado-maso, la grand-mère foldingue, la fille obséquieuse, le fils gentiment toqué, l’oncle hautement perché et le majordome façon créature de Frankenstein.

Avant toute chose, quelques considérations diverses. Nés de l’imagination fertile de Charles Addams, les distingués membre de cette famille de barges ont démarré en bande dessinée, puis ont connu leur série télévisée, au casting duquel on retrouve entre autres Jackie Coogan qui campe l’oncle Fester (son seul rôle vraiment marquant depuis son immortelle interprétation du gamin dans The Kid de Charlie Chaplin en 1921…où il a formé avec Charlot la plus pure définition de l’émotion au cinéma). Puis en 1991, Barry Sonnenfeld eut l’idée de réaliser une version grand écran des tribulations de cette famille très spéciale. Le film de mister Sonnenfeld brille par plusieurs aspects : l’excellence de son casting (un hommage au regretté Raul Julia qui incarne un Gomez fantasque et délirant, qui remettra ça en 1993 avant de quitter la scène en 1994 après un ultime film dont je préfère passer le titre sous silence), Anjelica Huston en femme fatale, Christopher Lloyd qui abandonne ses « nom de d’Zeus » et ses rêves d’anéantissement de Toontown pour un rôle encore plus déjanté et Christina Ricci qui ferait passer l’infirmière Mildred pour une enfant de choeur…. Les dialogues sont exceptionnels aussi, et à ce propos j’ai une théorie : vous avez sans doute noté la graphie très particulière du générique…Et bien, elle est identique à celle du formidable avatar de Stanley Kubrick, Docteur Folamour : Ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe, un film cynique et magistral qui brille aussi par des dialogues savoureux…La même graphie sera reprise dans Les Valeurs de la Famille Addams en 1993. Coincidence ?

La salle des portraits, avec un oncle Fétide qui ressemble à quelqu’un que je connais…

L’histoire est simple : Gomez a perdu la trace de son frère Fester (rebaptisé Fétide en VF) et se met en tête de le retrouver…Un homme d’affaires, chargé de la gestion de l’immense fortune des dingues qu’il pense plumer, tente par ce biais de faire main basse sur le patrimoine de la famille. Et pour ça, il usera d’un sosie de l’oncle Fétide…Mais la vérité finira par donner à l’entreprise de spoliation une dimension tout à fait inattendue. Autant le film était à mon sens excellent, autant on pouvait se méfier de son adaptation en jeu vidéo…Car c’est bien connu, 90% des jeux à licence puent comme mes chaussettes ou les dessous d’un nonagénaire frappé d’incontinence. Mais il y a heureusement quelques infirmations à ce principe, et assurément, The Addams Family sur Super Nintendo en fait partie. Car ce jeu est rien moins qu’excellent. Une excellence qui ne passait pas inaperçue au point même que certains magazines comme Super Power (le jeu est testé dans le numéro 2 de cet excellent canard) y voyaient rien moins que le seul concurrent de Mario. Et une fois encore, c’est à cette époque (Septembre 1992) qu’avait démarré la légende de la Super Nintendo avec la déferlante de megahits qu’on avait peut-être pas tout à fait conscience de vivre à l’époque…Mais qui aujourd’hui est devenue la légende. Ah, l’âge d’or ! Bordel de diarrhée, pourquoi cette époque est-elle révolue ?

Creepy, kooky, mysterious and spooky, all together ooky : the Addams Family !

Le but du jeu est simple : le juge très copain avec Gomez qui ne le laisse jamais prendre un petit déjeuner tranquille à grand renfort de balles de golf a éparpillé les membres de la famille dans les moindres méandres du gigantesque manoir familial. La mission de Gomez : les retrouver et reprendre son bon droit sur la fortune du clan Addams. Le jeu est une énième déclinaison de tout ce qui fait le classicisme du genre plate-forme. Mais il brille par une réalisation comparable à celle d’un Super Mario World, indubitablement. L’aventure de Gomez commence dans le hall de la residence, où chaque porte mène à un niveau. A la façon d’un Megaman et plus tard d’un Super Mario 64, au joueur de choisir par quel niveau il souhaite démarrer son périple. Pas mal d’éléments rapprochent Gomez de Mario : la collecte de pièces est ici remplacée par celle de symboles « $ » qui vous donneront un extend tous les 100 collectés, et vous ajouteront un point de vie tous les 25. Gomez dispose également de transformations qui lui permettront de voler (la plume de Mario devient un chapeau à hélice, chapeau que Gomez porte dans le film) et la fleur de Mario devient une balle de golf que Gomez peut utiliser contre ses adversaires et tirer par salves de deux (ça ne vous rappelle rien, vraiment ?). Chacun des divers niveaux est très long. Oui, très long ! Et l’architecture du jeu est également très bien pensée avec plusieurs chemins et embranchements dont certains communiquent les uns avec les autres, comme les souterrains, la crypte Addams ou le cimetière. Pour le reste, chaque stage est composé d’une succession de salles et pièces toutes baptisées d’un nom fort à propos (certains noms ne manquent pas d’humour comme la salle finale de la cuisine de Granny qui se nomme Now that’s tasty) et ces niveaux sont un habile mélange de détails repris au film (normal pour une adaptation me direz-vous) et d’éléments exclusifs au jeu. Quelques exemples : là où plusieurs adaptations se contentent de reprendre un passage ou un autre du film est d’en faire tout un segment du jeu, ici c’est différent. Le contexte des stages est directement pris du film et immerge totalement Gomez, comme les passages dans la serre, dans la salle des chaines qui mène au trésor et le passage en gondole.

Le snowman vous rajoute un coeur de vie. Utile pour la suite.

Mais ceci fait office de contenant à tout un tas de détails succulents. Vous vous souvenez des carpettes qui mordent Tully Alford dans le film ? On les retrouve dans le jeu, dans le niveau du salon ou ces carpettes crachent des oursons en peluche sur Gomez. Le train de Gomez est également présent sauf que cette fois, ce n’est plus Gomez qui est aux commandes…Idem pour les gondoles qui mènent Gomez et Fétide dans leur jardin secret, ici elles amènent Gomez vers les tréfonds de la demeure…et le coffre familial. Un passage que j’aime beaucoup reste celui de la bibliothèque, où les titres des bouquins sont autant d’indications à suivre pour arriver à la sortie. D’ailleurs le jeu offre de nombreux indices apportés par La Chose elle-même dans des boites qui évoquent les haut-parleurs présents dans Super Mario World. A ce propos, la notice était excellente et très conceptuelle, car elle donnait elle-même des indices sous forme d’énigmes que mieux valait comprendre avant de s’attaquer au jeu…Honnêtement, des notices aussi intéressantes, je n’en ai pas vu beaucoup, même si comme 80% d’entre nous je pense, à l’époque j’ouvrais la boite, je sortais la cartouche et je l’enfonçais dans un geste lascif et décidé dans la fente de la console qui rougissait ensuite après mise sous tension…Et très souvent, il n’y avait pas que la console qui jouissait sous tension, le joueur que j’étais aussi. Le jeu ne se contentait pas de reprendre tout un tas de détails du film, il amenait également des séquences inédites et un bestiaire très varié et délirant, comme les cuisiniers hargenux, les étoiles broyeuses qui s’inspiraient directement des Thwompers de Mario, les flammes vivantes…De même que certains passages comme la cuisine (fours brûlants ou congélateur pour le moins frisquet et peuplé de manchots ) ou encore les entrailles volcaniques de la terre qui font office de cave… En gros, on a l’impression de jouer à un jeu à licence tout comme à un jeu inédit. Excellent choix de la part des programmeurs.

La crypte. Mon passage favori du jeu, magnifique, très technique et bourré d’ennemis bien tordus.

Le gameplay du jeu fut cependant dès le début une source de division entre les joueurs. Car là où Mario demeure contrôlable en toutes situations (hormis les niveaux gelés où on glisse un peu !), Gomez voit son maniement lié à une certaine inertie qui, disons-le, provoque au début quelques morts bien rageantes. De même, certaines salles comme la célèbre (si si, célèbre au moins parmi les joueurs de cette version) Jester’s Jump dans la crypte Addams réclament une précision démoniaque dans les sauts. Mais quand s’y habitue… Le jeu reprend pas mal d’éléments de la référence Mario : sauts plus hauts après rebond sur un ennemi, précipices abyssaux même si, chose étrange dans un jeu de plate-forme, il est impossible de mourir en tombant dans le vide, car si vous ratez un saut, vous chutez vers une autre partie du niveau…les sols hostiles sont composés de pics et de lave, mais on ne peut techniquement pas « tomber dans le vide », tout comme il n’y a guère de pièges « one-hit death » dans le jeu. Pour le reste, on retrouve toute une variété de plates-formes et la possibilité de grimper aux cordes et aux chaines. Les configurations parfois labyrinthiques des niveaux se matérialisent, outre les communications entre diverses parties du jeu, par une série de commandes et de manoeuvres précises comme actionner des interrupteurs ou reparcourir des salles qui s’ouvrent au fur et à mesure (les interrupteurs seront repris dans la suite du jeu, l’infernal Pugsley’s Scavenger Hunt ou dans le dantesque Mr Nutz (Adventure Park, Living Room, Fowl Kitchen). Après avoir secouru votre frère des mains de la sorcière (Fester retrouve dès lors la mémoire, comme dans le film), votre fille des mains du Goblin, votre fils des mains du scientifique timbré et la belle-mère du dragon « cool », la dernière phase du jeu commencera : sauver Morticia du Juge (c’est étonnant que ni Tully ni la fausse psychiatre Dr Pinder-Schlass n’apparaissent comme boss de fin, là où d’ailleurs tous les boss du jeu sont de pures créations ou en tous cas pas tirés du film). Après un passage dans un labyrinthe de chaines (« C’est-y pas marrant, mère ? »), des catacombes, la gondole et le coffre fort (et effectivement, chez les Addams on ne doit pas être gêné en fin de mois), vous voilà nez-à nez avec le juge qui décidément ne vous a pas pardonné l’intrusion de vos balles de golf dans son bol de céréales). Et voilà, vous avez sauvé votre famille et récupéré votre or.

La salle de jeux, bien mal fréquentée.

Une entreprise…familiale

La difficulté du jeu a longtemps été source de frustration pour bon nombre de joueurs. Pour cela, il y a deux ou trois techniques à savoir. Tout d’abord, ne comptez pas aborder les entrailles du manoir avec vos deux miséreux petits points de vie originaux. Commencez d’abord par sortir dans le jardin et allez casser le bec du piaf en haut de l’arbre, vous gagnerez un 3ème coeur. Puis allez au frigo et faites-vous le Snowman (un homme gelé mais pas sans coeur comme vous le dira La Chose), et après, rebroussez chemin, allez dans la serre et trouvez les « Centipèdes ». Et voilà, avec 5 coeurs en stock, le jeu est déjà plus abordable ! Le grand prodige du jeu, outre ses décors qui vont du très beau au carrément sublime (les gargouilles dans la crypte ou la salle des portraits sont de vrais chefs d’oeuvre), c’est d’arriver à concilier éléments adaptés et éléments propres, et évidemment de retranscrire l’esprit « Addams » avec brio…où la salle de jeux est meublée de guillotines, la serre de pots de fleurs explosifs, bref de l’humour noir même adapté aux gamins ! Quant aux sons, les plus pointus d’entre vous auront noté, outre la présence du thème de la famille elle-même, pas mal de clins d’oeils aux musiques de la série classique et des effets d’écho impeccables (quand Gomez se cogne la tête dans les combles ou dans les salles voûtées de la chapelle Addams). De plus, les bruitages sont volontairement saugrenus, comme les ennemis qui pètent (Prout !) quand on les écrase ou encore le bruit de freinage quand Gomez ralentit son déplacement). Vous vous souvenez de la scène où Gomez se bat au fleuret contre Tully ? Ce fleuret est présent et les bruitages qui l’accompagnent auraient rendu jaloux Guy Williams lui-même !

Sous l’arbre pour arriver à la crypte. Farfouiller, toujours farfouiller.

Un must play comme j’en voudrais toute ma vie

Le jeu est en tous cas très addictif et concentre tout ce qu’il faut pour rendre un soft de plate-forme rien moins qu’indispensable, tant et si bien qu’il sera adapté bien plus tard sur MD et sur GB sous le titre trompeur de Pugsley’s Scavenger Hunt (le premier Addams Family sur GB était une version différente du jeu et moyennement convaincante, là où Addams Family sur NES était à mon goût tout à fait raté). Le one-life est faisable, je l’ai fait, mais j’avoue que ce fut une sacrée gageure et que seule une connaissance pointue de tous les passages du jeu aura été nécessaire.Pour ceux qui veulent faire une promenade, le password suivant : 11111 vous octroiera 99 vies…Entrez-le, puis suicidez-vous et, ô surprise ! Merci qui ? De rien, vils et honteux tricheurs ! B

Bref : ce jeu est un chef d’oeuvre. Beauté des environnements, succès des ambiances, longueur et variété des divers tableaux, et un générique de fin très sympa et original que je ne vous dévoilerai pas (vous pouvez jouer aussi, non ?) et un jeu traduit en français, chose rare à l’époque font de ce Addams Family un des meilleurs jeux de plates-formes du support, qui s’il rivalise de qualité avec Super Mario World, ne doit sa défaite dans ce duel face au plombier bouffeur de risotto qu’à sa longueur évidemment moindre bien que tout à fait honorable (comptez environ 2 ou 3 heures pour le torcher d’un bout à l’autre, en considérant que vous connaissiez les chemins à emprunter). Mais il mérite de figurer aux cotés de Mario World, Donkey Kong Country, Skyblazer, Yosh’is Island, Mario All Stars et Super Castlevania IV dans la liste des tops du genre sur la 16 bits de Big N.

Le boss final. Une vraie carpette.

Informations sur le jeu

Plateformes : Super Nintendo/Megadrive/PC

Genre : Plates-formes

Développeur : Ocean

Éditeur : Ocean

Date de sortie : 1992

 

Sorti à l’origine sur Game Boy Advance en novembre 2003, Mario & Luigi: Superstar Saga est le troisième jeu typé RPG à mettre en scène le célèbre plombier de Nintendo, après Super Mario RPG: Legend of the Seven Stars sur Super NES et Paper Mario sur Nintendo 64. Surtout, il constitue le premier volet de cette dynastie où on le voit flanqué de son frère, le seul et unique Luigi. Voici cette itération Superstar Saga de retour dans un très bel écrin, augmentée d’une quête secondaire aux manettes des Minions de Bowser, pour ce qui constitue un remake de qualité pour la Nintendo 3DS, décidément bien fournie en la matière.

Au Royaume Champignon, on sait recevoir mais les invités sont loin d’être irréprochables et sont même plutôt ingrats. L’ambassadrice de Végésia, une certaine sorcière nommée Graguémona, débarque et chope ni une ni deux la voix de la Princesse Peach. Tranquille, la meuf. C’est donc la panique chez les champignons, et Mario et Bowser embarquent rapidement pour récupérer ce bijou oral de la couronne. Une alliance contre-nature, mais pour les beaux yeux de Peach, ils sont prêts à tout. Même Luigi, qui veut pourtant s’éclipser en loucedé, est récupéré sur le chemin. Comme la grande tortue va rapidement tomber entre les griffes des Végésiens, ce sera évidemment au duo de plombiers frangins de s’occuper d’explorer ces terres voisines du Royaume Champignon. Végésia est une contrée plutôt riche en termes de paysages, composée de plateaux, de villages et d’îles. Le voyage promet de durer quelques dizaines d’heures.

La voilà, je la tiens, notre sabotageuse !

Disséminés ça et là, des tuyaux permettent de se téléporter à certains endroits de la carte. Mais globalement, même si Mario & Luigi: Superstar Saga se veut un RPG avec des mécaniques de combat au tour par tour et un système d’évolution (simple) des personnages, il reste quand même dans son ADN et dans sa construction un jeu de plateforme. Le gameplay repose essentiellement sur le saut et le timing. Lors des phases d’exploration, il faudra user des différentes combinaisons possibles : ici Mario devra monter sur les épaules de Luigi pour atteindre une corniche trop élevée, là les deux frères tournoieront pour passer un pont brisé ou se déplacer plus loin que s’ils avaient été seuls. D’autres fois, il s’agira de coordonner ou d’alterner dans le bon rythme les sauts pour récolter toutes les pièces disponibles dans un cube, changer la taille des protagonistes ou jouer des éléments (eau, feu, électricité) pour débloquer les passages.

Ces mêmes mécaniques d’entraide et de plateforme se retrouvent évidemment lors des combats. Comme cela se fait classiquement dans la série, il s’agira globalement d’être dans le bon timing. En attaque, pour rebondir sur les adversaires ou se synchroniser avec le bro et maximiser les dégâts ; en défense, pour éviter ou contrer les offensives adverses à l’aide de marteaux et éléments. Les attaques frères demandent par exemple des combos plus précis et plus fournis, sans tomber non plus dans des mécaniques à la Valkyrie Profile. L’éventail des compétences n’est pas ce qui se fait de plus riche en matière de RPG, mais elles bénéficient de plusieurs versions différant par les indications apportées au joueur, les consommations de points et les dégâts infligés. Le plaisir est ailleurs, notamment dans cette approche très plateforme et réactive du gameplay, qui intègre parfaitement cette série dans l’univers Mario. Le soft est doté de cette ambiance unique, faite de couleurs sublimées par ce passage à une 3D mignonne et expressive qui transcende la réalisation originale, et surtout d’un humour délirant, reposant sur des gags et des borborygmes en italien, dont Luigi est le principal étendard. Il confirme, si besoin était, que le meilleur des deux frères, ce n’est pas Mario.

C’était déjà beau. Ça l’est encore plus.

Comme son infiniment sympathique descendant Voyage au Centre de Bowser, dont on peut voir avec le recul les bases qu’il lui a fournies, Superstar Saga est un jeu facile, aidé en cela par un nombre important de consommables récoltés çà et là. Une orientation offensive des builds permet également d’arriver rapidement à un niveau d’attaque intéressant et écourtant significativement les joutes. On rappelle qu’il est également possible d’éviter les combats car les ennemis sont visibles sur la carte, et que l’on peut bénéficier d’un avantage initial en leur sautant dessus. De plus, le système de sauvegarde permet d’enregistrer sa partie n’importe où, n’importe quand. Cette facilité, pas forcément un défaut puisque le but assumé ici est le fun dans un contexte tranquille, cartoon et décalé, est compensée par quelques énigmes qui demanderont un peu de se réveiller et de chercher la solution, histoire de combler toutes les formes de plaisir et d’étoffer l’expérience. On regrettera par contre que le soft prenne un peu trop son temps pour introduire toutes ses mécaniques. Les premières heures ressemblent à un long tutoriel, ce qui nuit au rythme de l’aventure.

Pour terminer, quelques mots sur le contenu additionnel offert par cette version, et donc intitulé Les Sbires de Bowser. Comme son nom l’indique, il met aux commandes de troupes de Bowser, dans une histoire complètement parallèle qui prend suite à l’explosion du vaisseau de la tortue la plus redoutée à l’ouest du Royaume Champignon. Disponible seulement après quelques heures de jeu, cette aventure permet de jeter un regard en coulisses, de recruter des monstres dans le but de reconstituer l’armée de Bowser sous l’impulsion d’un Goomba dévoué. Nouvelles têtes en perspective, mais aussi changement de gameplay de combat puisqu’il s’agit ici plutôt de phases de stratégie se basant sur un principe pierre-feuille-ciseaux en ce qui concerne les différents types de guerriers (assaillant, tireur, personnage volant). Le joueur a une mainmise moins forte que pour l’aventure principale, puisque son contrôle se limite aux coups spéciaux et critiques. Dès lors, les unités se tapent dessus allègrement de manière automatique. Un contenu sympathique, d’une durée de six heures environ, qui malheureusement ne raccroche pas aux wagons de l’histoire principale.

À retenir

Mario & Luigi: Superstar Saga est resté le même jeu fun, déjanté et doté d’un humour inimitable et implacable, avec sa proposition unique de mariage entre RPG et plateforme. Avec ce remake 3DS, il bénéficie d’un très joli lifting qui en fait l’égal sur le plan technique de ses homologues Dream Team Bros. et Paper Jam Bros. sortis sur la même console. Les Sbires de Bowser viennent apporter un contenu additionnel complètement inédit en termes de gameplay, malheureusement un peu court et détaché de l’aventure principale. Qu’importe, le plaisir est bel et bien là.

Informations sur le jeu

Plateformes : 3DS, 2DS, New 3DS

Genres : RPG/Plateforme

Développeur : Alphadream

Éditeur : Nintendo

Date de sortie : 6 octobre 2017

Nous sommes en 2002, quelques mois après la sortie de la Nintendo Gamecube sur notre territoire. L’incroyable et désormais cultissime Resident Evil Rebirth enthousiasme les joueurs par sa refonte graphique, ses multiples ajouts par rapport à la version d’origine et bien entendu, son ambiance angoissante. Faire de Resident Evil une exclusivité est alors un véritable tour de force de la part de Nintendo, notamment auprès d’un public plus mature, contrairement aux habitudes de la firme de Kyoto. Bluffé comme tant d’autres malgré mes allures juvéniles de l’époque, je n’en étais pas moins traumatisé, d’où ma réticence éphémère de succomber aux sollicitations de nouveaux jeux du genre. Quant au sujet qui nous intéresse, à savoir Eternal Darkness, le projet de Silicon Knights profite de l’arrivée de la NGC pour s’exporter sur le récent support de Nintendo. Vendu comme un survival horror justement, on lui prédisait le pire, notamment parce qu’il devait succéder au déjà classique mastodonte du genre, de quelques mois son aîné. Stratégie astucieuse, s’il en est, d’espacer les deux sorties de quelques mois, histoire que les joueurs puissent s’adonner aux joies que procurent le titre de Capcom avant d’en faire le deuil, une fois pleinement achevé, et de se tourner vers un nouveau jeu de ce type. Nouvelle exclusivité NGC, Eternal Darkness, renommé Eternal Darkness: Sanity’s Requiem semble alors définitivement être le signe d’une volonté de toucher un public plus mature, étant le premier jeu vidéo estampillé Nintendo affublé de la classification « Mature ». Découvrant le jeu deux ans après sa sortie, je vous préviens d’emblée : angoissant mais pas moins surprenant, Eternal Darkness : Sanity’s Requiem aura marqué mon parcours de joueur par une originalité que j’essaierai de vous détailler. 

De la 64 à la NGC

Développé par le studio canadien Silicon Knights, notamment connu pour le jeu Legacy of Kain: Blood Omen qu’on ne présente plus, Eternal Darkness était à la base un projet prévu pour la Nintendo 64. L’homme à la baguette, Denis Dyack, voulait faire d’Eternal Darkness un jeu différent des habituels survival horror. En versant dans l’horreur sans pourtant porter le label correspondant, le jeu se devait donc d’être authentique. D’ailleurs il était peu enclin à catégoriser le projet de ce côté-ci. Finalement présenté par le studio comme un thriller psychologique, Eternal Darkness devait apporter avec lui cette dimension et la transmettre au joueur par le biais de ses personnages. C’est pourquoi le jeu se focalise sur la raison des joueurs en titillant avec habileté leurs limites mentales. Le jeu se voit cependant lancé sur le cube au détriment de la N64 afin de booster le catalogue vidéoludique de la cadette. Malheureusement, la transition n’a pas fait que des heureux. Le rendu graphique, bien qu’honorable à l’époque, souffre de la comparaison avec Resident Evil. Les décors, variés et j’y reviendrai, restent plaisants mais n’arrivent malheureusement pas à la cheville de ce dernier. Les moyens n’étaient certainement pas les mêmes, il faut le souligner. En revanche, s’arrêter à ce petit détail relèverait de l’hérésie tant les atouts d’Eternal Darkness résident bien ailleurs. Stay tuned…

Un roman vidéoludique

Les influences sont nombreuses.

Alors, vous me direz, que je ne cesse de comparer. Mais conscient de la pauvreté de mes références de l’époque en matière de jeux d’horreur, je ne peux que comparer ces deux jeux pour vous exprimer mon ressenti de l’époque, l’équation était donc simple. Si les graphismes sont un point pris par Resident Evil, en termes d’écriture, Eternal Darkness remporte la manche haut la main. Le sentiment qui décrit le mieux ces premières heures passées demeurera toujours la surprise. Un manoir, un meurtre, du sang et des bruitages angoissants, la suite semblait être toute tracée. Et bien, que nenni. Le scénario se déroule sur 2000 ans d’histoire à travers une mise en abyme ingénieuse et un suspense insoutenable. Nous incarnons Alexandra Roivas qui, suite à la mort mystérieuse de son grand-père, se décide à enquêter d’elle-même sur les raisons qui l’ont amené à quitter ce monde, bien malgré lui. Dans son manoir à Rhode Island, où se déroule l’histoire, de nombreuses énigmes nous attendent. Quel cachottier ce papy. Edward Roivas était un homme secret, ce qu’Alexandra découvre en tombant sur le Livre des Ténèbres Éternelles que gardait le bougre dans son bureau secret. Référence au Nécronomicon de Lovecraft, ce dernier nous donnera le ton. Non, ce jeu n’aura rien à voir avec Resident Evil. Les monstres, les flingues, les herbes médicinales, le sang et l’action pure seront remplacés par la folie, les manifestations de l’incompréhensible, le tâtonnement dans l’obscurité et la fusion des réalités. Ainsi, le joueur devra composer avec trois jauges : une barre rouge de vie, une bleue de magie et une verte de santé mentale, le Sanity Meter. C’est d’ailleurs une si bonne idée que Nintendo l’a faite breveter. La suite, on la connaît : il n’y en a pas.

The tome of Eternal Darkness, la clé du mystère

Mais revenons à nos moutons. Si vous vous attendiez à parcourir le manoir de fond en comble, y trouver des ennemis et résoudre des énigmes, et bien c’est partiellement vrai et donc partiellement faux. Vous devrez parcourir le manoir pour trouver les pages manquantes du livre des Ténèbres Éternelles – Ou the tome of « Eternal Darkness » si vous êtes un brin tatillon. Chaque page renferme en fait un chapitre durant lequel vous allez incarner un nouveau personnage afin de progresser dans l’histoire et de compléter le puzzle scénaristique mijoté par les développeurs. Durant ces chapitres, vous serez donc dans la peau d’un nouveau personnage et ce, dans plusieurs lieux différents. Même si vous revenez plusieurs fois à certains endroits, le temps aura fait des siennes. Chaque nouvelle page s’incorpore délicieusement au rendu final afin de remplacer l’incompréhension initiale – je plaide coupable – par un mélange de satisfaction et d’ébahissement. Notez qu’il faut finir trois fois le jeu afin de débloquer la véritable fin.

Original et bien pensé, le scénario du jeu ne laisse point indifférent et je préfère donc ne pas trop en dévoiler si ce n’est qu’il s’agira de mettre à mal les rêves de domination de la Terre d’un être surnaturel. On peut néanmoins se demander quelle est l’importance du joueur jusqu’au dénouement final tant il subit les événements de l’histoire – qui sommes-nous donc pour altérer l’histoire ? – et se place en tant que cobaye et victime des pages du livre des Ténèbres Éternelles.

Si vous avez plus de 23 ans, vous avez sûrement connu les joies de la 2d et le passage mémorable à la 3d avec l’avènement de consoles dédiées à ce support : Playstation, Nintendo 64, Dreamcast. Pour le pire comme pour le meilleur, d’ailleurs. Car des séries qui se sont cassées les dents lors de cette alternance de génération, on en compte des dizaines. En revanche, parmi celles qui ont réussi à adapter leurs qualités ludiques à une toute nouvelle conception du Jeu Vidéo, on en connaît encore de nombreuses qui figurent toujours dans les rayons des magasins et certaines sontaujourd’hui encore considérées comme les plus emblématiques du genre vidéoludique. C’est dire si la performance a marqué les joueurs à cette époque et qu’aujourd’hui encore, ils sont redevables aux concepteurs d’avoir matérialiser leurs rêves dans un monde en trois dimensions. Je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur ce sujet qui pourrait faire l’objet d’un dossier à part mais parmi ces merveilles, un titre a gravé au fer rouge son empreinte dans ma mémoire. Etant nintendomaniac de naissance, je n’ai pas échappé aux dommages collatéraux qu’a provoqué l’explosion de Ocarina of Time sur Nintendo 64.

Hyrule Prend Du Volume

La merveilleuse Forêt Kokiri d’où se dégage une impression de magie unique.

Je vous remets dans le contexte. J’ai seulement 8 ans à l’époque, GameOne n’existe pas encore, Marcus ne présente pas son émission fétiche et ma culture du milieu du Jeu Vidéo se limite donc aux quelques jeux qui me font passer le temps sur ma Super Nes : Donkey Kong, Super Mario All Stars, The Legend of Zelda : A Link to the Past…Tiens, justement en parlant du loup, j’avais ouïe dire que sa suite serait adaptée sur la nouvelle console de la firme du Big N et à l’époque, je n’arrivais pas à concevoir à quoi pouvait ressembler ce dernier tout en 3d. Autant vous dire que j’étais particulièrement excité à l’idée de voir débarquer chez moi cette cartouche alors que je ne savais pas du tout à quoi je devais m’attendre. Et c’est quand vous voyez pour la première fois Navi la Fée se déplacer le long d’un couloir menant à l’Arbre Mojo et pénétrer dans une forêt merveilleuse, immense ( pour l’époque ) que vous comprenez enfin à quoi peut ressembler un Zelda avec du volume.  Une impression grandiose se dégage d’un univers magique, propre à séduire les yeux les moins habitués à une technologie qui avait déjà fait ses preuves mais dont les inspirations préféraient les nuances de gris au vert enchanteur de la Forêt Kokiri. C’est aussi l’occasion de voir pour la première l’ami Link de haut en bas, de gauche à droite, avec une épaisseur, des expressions faciales certes sommaires mais qui suffisait à donner de l’ampleur à un personnage qui pourtant fait partie des plus livides de l’Histoire, même s’il s’agissait d’une constante propre à beaucoup de héros emblématiques des débuts. Ce dernier fait d’ailleurs preuve d’une étonnante agilité. Il est désormais capable de sauter, chose qu’il ne pouvait faire sans aide d’une plume auparavant, de faire des pas de côté afin d’éviter les coups portés par les ennemis et de se battre comme un homme, un vrai, l’épée en main, de frapper sur les flancs ou viser la caboche… Bref, notre petit elfe est un véritable épéiste aguerri.

Ocarina fait nous (re)découvrir Hyrule !

L’arbre Mojo va annoncer sa mort imminente…

C’est donc avec Ocarina of Time que le monde de Zelda prenait un vrai poids. Là où je m’amusais à tourner en rond dans Hyrule dans A Link to the Past, profitant de la grandeur de l’espace, la première mouture N64 permet de voir la hauteur des monuments, d’apprécier la majesté d’arbres centenaires capable de raison et de dialogue, d’admirer les eaux d’un lac source des plus grands secrets d’une mythologie naissante, commençant à prendre forme par le biais des légendes contées par les différents personnages que vous croiserez durant votre aventure. Evidemment, le jeu reprend la formule qui a fait le succès de la saga à travers les âges. Vous contrôlez toujours un héros chargé de traverser le pays d’Hyrule de fond en comble, d’explorer des donjons chargés en monstres mais aussi en trésors à la valeur inestimable dont les fameux équipements (arc, bombes, grappin…) qui vous permettront de découvrir des zones d’apparence inaccessible. Ce voyage autour du monde est d’ailleurs le prétexte pour s’aventurer dans des lieux toujours aussi extraordinaires, peut-être plus encore tant une certaine magie se dégage de l’univers de Ocarina of Time. Il est vrai que s’enfoncer dans un volcan en éruption, nager au coeur d’un temple caché au fond d’une source, pénétrer dans les ombres les plus noires des terres ou traverser le désert mythique et impitoyable du peuple Gerudo, tout cela à de quoi griser le joueur plus habitué à dégainer un flingue et à prendre en joue des militaires chargés de surveiller une station abritant une bombe atomique, par exemple.

L’Aventure Moderne

Les boss d’Ocarina font parti des plus réussis de la série.

Comme à son habitude, Nintendo a conçu sa dernière console pour exploiter au mieux les possibilités proposées par ses licences phare comme Super Mario 64. Autant vous dire qu’ils ont réussi à reprendre les spécificités de la manette à trois branches pour offrir la meilleure maniabilité possible par rapport à d’autres jeux. GoldenEye, par Rareware, était parvenu à profiter des caractéristiques de ce pad, Ocarina of Time en fait tout autant en proposant cette fois-ci ce qui va servir de standard ou de référence à beaucoup d’autres jeux de ce style, des titres avant tout basés sur l’exploration, la résolution d’énigme… L’aventure, quoi ! Beaucoup se sont demandés à quoi pourraient bien servir ces quatre pauvres boutons jaunes sur la droite. Et bien, c’est tout simple, à chacun d’entre zux, affiliez une arme de votre inventaire et vous aurez la possibilité de très vite switcher entre les équipements pour accomplir sans pause intermittente une énigme exigeante ou d’abattre un boss pour lequel l’usage de plusieurs de ces objets est nécessaire. Pour recadrer la caméra derrière soi, rien de plus simple, une petite pression sur le bouton Z situé à l’arrière de la manette. Mais là où l’on voit l’ingéniosité des concepteurs, c’est dans le système de combat. Je ne sais pas si le lock on a été inventé avec Ocarina of Time en tout cas, c’est depuis cette version qu’est démocratisé un principe qui sera repris quasi-systématiquement dans beaucoup de jeux d’aventure et d’action. En quoi consiste-t’il ? Avec un bouton de tranche, vous ciblez un adversaire que vous ne quitterez dès lors plus des yeux. Vos coups vont directement s’orienter vers l’ennemi ce qui propose un très grand confort de jeu durant les combats.

Une Longue et Belle Légende

Non, encore lui !!!

Mais se focaliser sur le gameplay et l’aspect technique de Ocarina of Time serait une insulte au lyrisme naissant des jeunes adolescents que nous étions, bercés par l’impression de grandeur que dégageait ce volet révolutionnaire de la saga. Qui n’a jamais été émerveillé durant la traversée de la vaste plaine d’Hyrule à dos de cheval ? Ce sentiment de liberté n’a encore jamais été reproduit dans mon esprit et ne le sera sûrement jamais, à mon plus grand regret. Et puis, ces musiques ! Koji Kondo est encore une fois à la baguette et Dieu sait que ce compositeur est bourré de talent. Que ce soit le chant du Moulin, celui de Saria, le thème des Gerudos ou de l’Arbre Kokiri, tant de partitions bercent encore mes oreilles. Aujourd’hui, on dirait des personnages que leur background est nul, leur caractère inexistant, leur intérêt imperceptible. N’écoutez pas ces gens là. Jamais Zelda n’a conquis pour la personnalité des seconds couteaux mais en attendant, Sheik, Darunia, le chef Goron, et Ruto, la fiancée Zora, font désormais partie de la légende de la saga, et malgré leur minimalisme, l’enfant que j’étais est ravi de revoir ces compagnons là, tous liés de près à l’aventure de ce cher Link.

A retenir

De toutes manières, Ocarina of Time reste et restera un jeu « culte ». Je le concède, le mot est utilisé de manière bien trop fréquente. Mais je pense que s’il y a un titre que je devrais emmener avec moi sur une île déserte, c’est bien celui-ci. Je m’excuse d’avance auprès de ceux qui attendent un vrai test de cette oeuvre magistrale mais quel est l’intérêt de rejuger la qualité d’un titre qui commence à graphiquement dater ? Aucun. Si ce n’est que tout y est extraordinaire : l’ambiance merveilleuse qui se dégage de ces lieux grandioses, ses musiques magnifiques et mémorables, ce gameplay aux petits oignons, encore précis de nos jours… Il n’y a pas grand chose à rajouter si ce n’est que Ocarina of Time aura su marquer cette période majestueuse et malheureuse de la transition 2d – 3d avec une très grande habileté, emportant la saga dans un nouveau monde, un monde où cette flûte vectrice de souvenirs nous rappelle que fut un temps, le meilleur jeu d’aventure sévissait sur Nintendo 64. Pour le plus grand bonheur des fans de cette époque… et la plus grande impatience de ceux d’aujourd’hui.

Informations sur le jeu

Plateforme : Nintendo 64 – GameCube, 3DS

Genres : Zelda like – Action aventure

Développeurs : Nintendo

Éditeur : Nintendo

Date de sortie : Décembre 1998

Mythique

 

Sirocco

pokemon-bleu

Allez camarades de la fin des années 1980, plongez au plus profond de vous, là où sont enfouis vos souvenirs. Essayer de faire remonter à la surface quelques moments magiques que vous avez pu passer dans la cour de récréation de l’école. Oui c’est ça, vous y êtes presque. Le football, les Pogs, les cartes DBZ… Les cordes à sauter, 1-2-3 soleil… Oui encore un effort… Les échanges Pokémon grâce au câble Link. Oui ! Vous y êtes arrivés ! Ces séances, au mois de juin, lorsque le programme est bouclé est que les « maîtres et maîtresses » nous laissent jouer dans la cour. Carapuce contre Salamèche. Sulfura contre Leviathor… Vous y êtes : Pokémon bleu, rouge, et jaune. C’est parti pour un instant de pure nostalgie.

Le nouveau souffle de la Game Boy

Pléthore de produits dérivés et jeux ont contribué à relancer la GameBoy

Pléthore de produits dérivés et jeux ont contribué à relancer la GameBoy

Nous sommes en 1996, et la GameBoy est mourante. En tout cas, si elle ne l’est pas, elle souffre le martyr. Il est vrai que cette brique monochrome semble en fin de cycle, après 7 années de bons et loyaux services à user nos piles (et surtout nos yeux). Certains jeux sont devenus des légendes, tels que « Gargoyle’s Quest », ou « The Legend of Zelda : Link’s Awakening ». Mais c’est un temps révolu. Il n’y a plus rien d’intéressant qui sort. La dèche totale. Et c’est à ce moment qu’un génie, un certain Satoshi Tajiri, autiste de son état, adorant massacrer des insectes pour son plaisir personnel (oui oui, complètement dingo), a l’idée de créer, et de sortir, le jeu qui va à la fois relancer les ventes de la relique de Nintendo, mais aussi devenir la référence de tous les gamins des cours de récré. Il va d’ailleurs faire de ce coup d’essai, de ce pari, une licence lucrative. C’est ainsi que voient le jour Pokémon Rouge et Vert chez les japonais, Rouge et Bleu chez nous, deux ans plus tard. Oui mesdames et messieurs, nous avons été servis les derniers, comme souvent, et la GameBoy n’en a duré que plus longtemps.

 Jaquette-de-Super-Smash-Bros-Melee

Dans mon histoire de gamer, la Game Cube est surement ma console de cœur. Peut-être est-ce parce que c’est la première console que j’ai pu me payer avec mes trois roupies de lycéen, peut-être parce qu’elle a été un des supports les plus boudés par le grand public ou peut-être tout simplement parce qu’elle a accueilli mon jeu préféré. Quoi qu’il en soit, comme toute console Nintendo qui se respecte, elle a accueilli toutes les exclusivités habituelles de la firme et le second épisode de la série Smash Bros. Pour les nazes… hum, les gens pas au courant, Super Smash Bros est un jeu de combat regroupant toutes les figures emblématiques de Nintendo. Mario, Peach, Bowser, Kirby, Link, Pikachu en passant par Captain Falcon, Fox ou encore Donkey Kong se sont regroupés non pas pour se taper une banane sur un circuit ou faire des mini jeux, mais bien pour se mettre sur la tronche sévère. Après un premier épisode qui pose les bases du gameplay, Nintendo, aidé par les capacités fournies par la Game Cube, explose toutes les attentes des joueurs pour produire un titre monumental. Certes ça ne laisse pas trop planer le doute sur mon état d’esprit à l’écriture de ce test, mais je vais vous expliquer en quelques chapitres pourquoi ce jeu est juste un « must have » vidéoludique.

Une fluidité sans faille…

60fps? Ca va chier!

60fps? Ca va chier!

60 fps… Oui messieurs-dames, alors que nos PS4/Xbox One ont eu besoin de leurs versions vitaminées Pro et X, la mamie GC pouvait afficher un grand nombre de ses jeux en soixante frames par seconde (Mario Kart entre autre). Pour expliciter la chose, ces jeux là tournent avec une image qui se « rafraichit » 60 fois par seconde, ce qui est la norme américaine (NTSC), notre ancien système français (péritels SECAM puis PAL) ne permettant pas d’afficher une telle fréquence sans une adaptation du système. Bref pourquoi parler technique pour commencer ce test ? Parce que Smash Bros est un vrai foutoir visuel à l’écran : quatre personnages à l’écran en simultané (jusqu’à plus d’une dizaine dans certains modes), niveaux dynamiques (Mute City, Stade Pokémon, Brinstar etc), des objets dans tous les sens, des explosions, des caisses, des expulsions, de l’invisibilité… mais aucune baisse de framerate.

…au service d’un gameplay solide

bas + B, et BAM fatal foudre de Pikachu!

bas + B, et BAM fatal foudre de Pikachu!

Certes c’est le bordel dans les premiers moments de jeu, juste le temps de se familiariser avec les commandes. Au cas où vous auriez raté le test de Smash Bros 64 nous allons faire un rapide rappel du principe fondamental du jeu. A l’inverse d’un jeu de combat habituel où il faut mettre des beignes à votre opposant jusqu’à ce que mort s’en suive, ici il faut cogner vos adversaires pour monter leur pourcentage de dégât. Plus votre barre s’approche des 100% et plus vous les faites décoller haut, un smash bien placé et vous pourrez les éjecter définitivement, vous octroyant un point. Ce principe est simple et permet à tout le monde de prendre ses marques sans forcément se sentir impuissant. L’autre point renforçant ce sentiment est la simplicité des coups spéciaux de chaque personnage. Le bouton A correspond au coup simple, plusieurs pressions fait un combo, une direction en plus donne un coup spécifique, pressez la direction en même temps que le bouton et vous réalisez une attaque smash, chargeable quelques secondes pour plus de puissance. Si cette manipulation est trop difficile pour vous, basculer le stick C de la manette réalisera automatiquement une attaque smash niveau 1 de la direction choisie. Le bouton B vous servira aux coups spéciaux, seul ou avec une direction, il vous permettra de prendre l’avantage sur vos ennemis ou de vous sauver d’une chute (le coup haut et B est un coup vous propulsant le plus souvent vers le haut). Comme ne faire qu’attaquer finit par faire mourir, les boutons R ou L vous permettront de vous protéger à l’aide d’un bouclier « bulle ». Lorsque vous êtes protégé, dirigez le stick dans une direction pour esquiver. Abuser du bouclier n’est pas non plus une bonne solution, chaque coup diminue sa résistance jusqu’à l’implosion, vous étourdissant quelques secondes, prêt à ramasser une cartouche mémorable. De même le bouclier ne vous immunisera pas contre la chope, utilisable en pressant le bouton Z. Alors certes énuméré comme ça, cela peut sembler compliqué, mais en résumé 2 boutons d’attaque, 1 bouton de défense, 1 bouton de chope, le stick directionnel et le stick raccourci smash, c’est à la portée de tout glandu avec 5 doigts à chaque main.

SMB30

Il était une fois, les aventures d’un plombier moustachu, qui après deux aventures appréciés du public allait atteindre les sommets. Il était une fois, une console 8 bits sur la fin qui allait être poussée dans ses derniers retranchements. Il était une fois un petit garçon qui, content d’avoir reçu sa première console avec 20 jeux de ses parents, allait se prendre une méga claque ludique.  Bien sur, je vais vous raconter l’histoire d’une perle : Super Mario Bros 3. 

DANS UN INSTANT, CA VA COMMENCER

SMB32Après être sorti de deux épisodes très différents, me voilà devant un rideau de théâtre prêt à se lever. Les deux plombiers se présentent devant moi tels deux acteurs se préparant à la pièce de leur vie. Cela veut il dire que ce qui va se passer n’est que dans l’imagination de Mario? personne ne sait. Je rentre donc en scène et me retrouve dans une carte du monde représentant le monde 1. Grand ajout de Super Mario Bros 3, cela me donne l’impression d’être plus dans une grande aventure qu’une série de niveaux. Mais pas de temps à perdre je me précipite, impatient, vers le premier niveau. Et c’est une grosse claque comparé à ses ancêtres : sprites plus détailles, effet dessin animé plus présent, plus d’éléments à l’écran. La NES est une 8 bit qui veut montrer qu’elle sait tous les utiliser. Le musique est également….unique, reprenant un thème jazzy qui collé au 8 bits rentre dans la tête pour ne plus jamais en ressortir. et devenant l’un des thèmes les plus marquants de la console. Mais assez parlé de ce que je ressens, j’avance dans le niveau. Les contrôles ont des grandes bases communes avec le premier Mario : je cours, je saute, tout est précis. Quelques objets comme le champignon et la fleur font également leur retour, ainsi que les éternels koopa troopa/goombas/plantes carnivores du royaume champignon. Dans le mode deux joueurs, on alterne entre Mario et Luigi avec comme condition de passage de flambeau la perte d’une vie. Mais pour le reste ce n’est que des nouveautés, beaucoup BEAUCOUP de nouveautés.

 

DES IDÉES, DES IDÉES PARTOUT

smb3-01Et comme nouveauté, celle qui est visible le plus rapidement est la queue de raton laveur. Grâce à elle, si je cours suffisamment pour remplir la jauge « P », je peux m’envoler le plus haut possible dans les airs. Les limites semblent alors disparues entre le départ et l’arrivée. Et chaque niveau grâce à son level design renferme ses propres idées. je le vois avec le niveau 4 où le scrolling est automatique et me force à avancer, le niveau du château avec un boss de mi parcours ou encore une mini partie contre les frères marteaux. Mais le plus dur pour le gamin de l’époque que je suis  est le château de fin de monde, ou le roi local a été transformé par une puissance maléfique. Pour le sauver il faut retrouver le sceptre magique coincé sur un bateau volant rempli de dangers, et battre l’enfant de Bowser. Une fois la progéniture tuée, c’est au tour du monde du désert de se présenter, et ainsi de suite. Mais pour chaque monde un réel travail est fait pour que je trouve toujours un thème différent (plaine, désert, tuyaux, glace, etc…). Mon préféré reste le monde des géants, ou tous les ennemis et le décor sont représentés par des sprites énormes ou encore les niveaux ou le passage par une porte change complètement la disposition des obstacles. Pour attaquer tous ces niveaux j’ai également pour la première fois un inventaire à ma disposition pour stocker tous les power up différents, et il y en a un paquet. En plus des étoiles/champi/fleur, je peux avoir le costume de raton laveur pour voler, le costume de grenouille pour le sous marin, le costume de tanooki pour me transformer en statue, les costume de frère marteau pour enfin faire payer ces salauds, etc…. Cela donne encore plus de possibilités pour traverser les niveaux. Dans les mondes il y a également la maison de toad pour faire le plein d’objets, et les cases piques pour jouer à un alignement de panneaux pour gagner des vies. Celà fait dejà de nombreuses choses que Super Mario Bros 3 a apportés, et c’est loin d’être fini.

J’ai une histoire particulière avec Kōichi Ishii. En effet, réalisateur et designer de Secret of Mana, il a largement contribué à ce charme irrésistible que je lui trouve encore aujourd’hui sur ma petite Snes Mini. L’homme à la baguette des plus grandes heures de la série Seiken Densetsu, après avoir lancé sa propre équipe de développement, a également produit l’un des jeux que je considère encore à l’heure actuelle comme l’un des meilleurs remakes de tous les temps : le fameux mais étonnamment controversé Sword of Mana, le remake de Mystic Quest, sorti sur Gameboy en 1991 (mais pas avant 1993 chez nous) et premier jeu de la série Seiken Densetsu. Finalement, ce seront les trois seuls jeux de la série auxquels j’aurai eu l’opportunité de jouer. 

En 2007, il quitte finalement Square Enix après les derniers épisodes de la série Mana, non concluants, pour diriger le studio Grezzo, fondé quelques mois plus tôt. Leurs principaux faits d’arme sont d’avoir participé au développement des remakes de The Legend of Zelda : Ocarina of Time 3D et The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D.

Concept qu’il avait en tête depuis quelques années déjà, Ever Oasis est donc un pur produit de la maison. Vendu comme un Seiken Densetsu-like, il a su attiser la curiosité des fans dans le monde entier. Alors, réussite ou non ? Nous le découvrons ensemble.

Désert & Destinée

L’histoire de Ever Oasis se déroule dans le désert du monde de Vistrahda. Les forces du mal se font de plus en plus pressantes et les habitants de ce monde fictif se rassemblent dans des havres de paix que l’on appelle des oasis. Après quelques péripéties, le personnage – masculin ou féminin – que vous incarnez se verra attribuer la lourde tâche de fonder sa propre oasis. En effet, ces dernières se font de plus en plus rares, à tel point que celle que vous allez vous efforcer de créer et diriger constituera le dernier espoir des habitants du désert. Pour cela, une sorte de pacte est conclu entre notre nouveau chef d’oasis et l’esprit de l’eau Esna. La relation entre les deux protagonistes permettra donc de créer cette nouvelle oasis, source de calme et de paix dans un monde en proie au chaos. Le héros, issu de la tribu des Granéens, devra donc gérer cette oasis et y rendre la vie prospère. Un comble au milieu du désert. (D’où le nom de Granéen, telle une graine de plante, pour lesquelles il est difficile de survivre en plein désert)

La relation entre Esna et le héros est primordiale

Le but du jeu est donc de parcourir le monde qui s’offre à nous afin de peupler notre oasis pour que tout voyageur s’y arrêtant puisse y trouver ce qu’il ou elle cherche. Le scénario de base est dans l’ensemble agréable à suivre et la narration légère contribue énormément à ce sentiment de paix qui règne dans l’oasis durant les moments d’accalmie du jeu. Peu bavard pour un RPG, le jeu réussit son pari d’offrir les plein pouvoirs aux joueurs sans que ces derniers ne se sentent oppressés ni par les enjeux ni par la menace du Chaos.

 

La gestion au cœur du désert

Il est difficile de classer Ever Oasis dans une catégorie unique au vu de ses caractéristiques loin d’être singulières mais qui se combinent à merveille pour nous offrir un mélange peu commun. Entre jeu de gestion, A-RPG, aventure & exploration, Ever Oasis ne sait sur quel pied danser et élimine les frontières séparant ces différents genres. Si vous vous attendiez à un jeu similaire à un Secret of Mana, il n’en est rien. En tant que chef de l’Oasis, il vous incombe donc de devoir peupler cette dernière en la rendant attrayante. Le but premier est donc de recruter des marchands, la présence de ces derniers attirant les voyageurs. Votre oasis progresse selon des niveaux que vous acquerrez en accomplissant diverses actions permettant de remplir la jauge d’expérience de l’oasis. Vous pouvez choisir de disposer ce qu’on appelle des Boutifleurs, ces boutiques tenues par nos amis marchands qui ont décidé de s’installer dans l’oasis. Chaque niveau gagné vous permettra de disposer de davantage d’emplacements pour y placer des Boutifleurs. Mais comment faire pour qu’un voyageur lambda veuille rester avec vous pour toujours et vous aider dans votre quête ultime ? Et bien, il suffit simplement de remplir les tâches que ces derniers vous donnent.

Les Boutifleurs attirent les voyageurs du désert

En sus de ces tâches, ils peuvent également au bout d’un certain temps vous demander de leur apporter de nouveaux objets afin qu’ils puissent développer leur commerce en proposant de nouveaux produits. Chaque Boutifleur a trois niveaux de développement. Très pénibles, ces tâches vous envoient aux quatre coins de la map afin d’y trouver les objets désirés. Par ailleurs, au bout d’un moment, les stocks des Boutifleurs s’épuisent jusqu’à rupture de stock totale. Il vous faut donc continuellement fournir vos boutiques en matériaux divers permettant de reprendre ou poursuivre la vente des produits. Et chaque jour, vous pouvez récolter une partie des recettes.

Heureusement, une fonctionnalité permet ensuite de remplir les stocks des Boutifleurs à partir d’un comptoir centralisant toutes les livraisons.

Un potager est également à votre disposition afin d’y faire pousser différents légumes, plantes, etc. Cependant, vous pouvez, au bout d’un certain temps, déléguer les tâches et plus particulièrement celle de la culture du potager.

Notons également qu’Ever Oasis se base sur un cycle jour/nuit et que chaque jour, il faudra recommencer cette petite routine. A part si bien sûr vous n’êtes pas sur place. Les voyageurs vont faire dodo à l’hôtel tandis que vous pouvez aller vous reposer dans l’arbre qui vous sert de maison. (Mais vous n’êtes pas obligés. Le chef de l’oasis n’a pas l’air d’avoir besoin de se reposer).

Vous l’aurez compris, la gestion de votre oasis est primordiale et constitue l’un des points essentiels du jeu. Néanmoins, le tout s’avère limité. Entre gérer ses boutiques, la disposition de ces dernières, l’accueil des voyageurs, le potager, etc, il y a certes de quoi faire mais rien n’est poussé à l’extrême et on n’a finalement qu’un bref aperçu de ce qu’il serait véritablement de gérer de A à Z cette grande oasis.

Commençons par un aveu semi-honteux : j’aime le premier épisode de la série des Dr Kawashima. C’était l’bon temps, la découverte des possibilités ludiques de la DS et son écran tactile, des mini games qui testaient vos capacités, des évaluations qui commençaient par vous humilier via celle de votre âge cérébral, pour ensuite vous flatter la croupe en vous rajeunissant de jour en jour, bref, un Wii Fit version cérébrale. Evidemment, personne n’était réellement dupe, mais comme nous étions plusieurs à se tirer la bourre sur les mini-jeux plutôt bien pensés, après avoir tout débloqué, rajeuni jusqu’à un âge sympathique, les grilles de sudoku et autres nous ont encore tenus en haleine un petit moment. Bref, j’ai de bons souvenirs du premier Kawashima. Le second ne renouvelait rien de la formule et les nouveaux jeux n’étaient pas vraiment au niveau, mais bon, la recette fonctionnait toujours à peu près. Donc quid de cet épisode 3DS, après quelques années d’absence. Est-il vraiment infernal ? Réussit-il à retrouver son mojo ? Les réponses, tout de suite!!

Devil Kawashima

Le bon docteur Kawashima, qu’on s’amusait à tripatouiller du stick sur les premiers opus est allé s’isoler loin de l’écran tactile, pour proposer un modèle 3D relief efficace, ainsi qu’un double maléfique, car le titre nous le rappelle : l’entrainement va être INFERNAL! Les sessions de jeu sont effectivement plutôt éprouvantes, chaque jeu imposant un run de cinq longues minutes, avec une évolution constante de la difficulté, pour flirter avec la limite du joueur. On retrouve les évaluations vachardes de l’âge, de la vitesse d’exécution, le principe de déblocage d’épreuves, rangées en catégories spécifiques : Entrainement Infernal, la zone principale « pour exercer la mémoire de travail », Soutien Infernal, un jumeau de l’Entrainement Infernal « pour améliorer la vitesse de la mémoire de travail », Entrainement Cérébral, quelques mini-games  » pour garder votre cerveau actif », et l’espace Détente, plus orienté ludique. Et déjà dans le descriptif des zones, on sent comme un petit problème, cette obsession de la mémoire de travail… Mais on y reviendra dans quelques lignes.

Kawashimou

Dieu que c’est laborieux!!! C’est un défaut inhérent à la série, certes, mais aujourd’hui, il est vraiment difficile de se plier au rythme infernalement lent de la mise en place du jeu! Il a toujours été bavard, notre professeur, mais à l’époque, il n’était pas doublé, donc le défilement du texte était un peu moins lent. On a beau avoir à nouveau un bouton qui double la vitesse de blabla de ce cher Kawashima, intégralement doublé, l’effet est assommant, là où lorsqu’on accélérait le texte des anciennes éditions, son défilement était soumis à une vitesse potentielle de lecture, autrement plus rapide qu’une mise en scène en lip-sync, avec pauses, intonations, effet de voix… etc. Cet épisode se retrouve victime paradoxale du soin apporté à sa production. Les sessions de « jeu » ne sont pas plus joyeuses, d’ailleurs. Car Kawashima, en revendiquant haut et fort son statut d’entraînement infernal, a oublié d’être ludique. Et c’est précisément là que le bât blesse.

Le jeu se prend au sérieux. Les leçons qui précèdent certaines séances d’entraînement nous parlent du monde du travail, des performances scolaires, d’amélioration effective de la mémoire de travail. Or, la force du premier Kawashima – et c’est un constat que l’on peut étendre au jeu vidéo dans son entier, c’était de nous faire apprendre en s’amusant, pour reprendre une phrase galvaudée au possible. C’était ludique, malgré nombre de défauts. De même que l’on a pu s’améliorer en anglais à cause de jeux non localisés chez nous, augmenter notre réactivité sur des shmups cossus et des run & gun impitoyables, bosser notre mémoire pour se souvenir des séquences d’apparition des plateformes dans Megaman 2, donc effectuer un apprentissage oblique, ludique, Kawashima premier du nom n’oubliait pas d’être un jeu, de fasciner par sa performance technique – on pouvait écrire des choses et le professeur savait les décrypter!!! si c’est pas la classe, ça ?!! -, de proposer des secrets, des trucs, des machins, on y revenait de bon cœur.